Antoine Pierre inédit - Jazz Magazine
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Publié le 22 Oct 2026

Antoine Pierre inédit

Le batteur belge Antoine Pierre invitait hier au 38 Riv’ ses amis parisiens au sein d’un quartette inédit : Olga Amelchenko, Tony Tixier et Florent Nisse.

Antoine Pierre au 38 Riv’, ça ne se manque pas ! Je le croise avant le début du concert de 21h30 et il me reconnaît pour m’avoir vu à Jazz Ahead, vitrine de la scène belge. Je ne m’en souviens pas. Ça doit bien faire 15 ans ! Mais je me souviens de son album “Urbex” enregistré en 2015 et du groupe du même nom que j’avais beaucoup aimé retrouver en concert à Paris dans le cadre de Jazz sur le vif au Studio 104 de Radio France en 2020. Dans mes tiroirs, je découvre trois albums du même Urbex : 2015, 2018, 2020. Serait-ce un bonne idée de les réécouter au moment de rédiger ma chronique ? Pas sûr. S’il compose toujours sa musique, on est loin de la fusion qu’il pratiquait à l’époque, notamment dans son hommage au Miles des années 1969-1970. Jazz acoustique et pourtant irréductible à quelque modèle.

Ce qui me frappe d’emblée, c’est son jeu de batterie. Mon souvenir est trop lointain pour le comparer à celui de ses groupes électriques au sein desquels son élégance me réjouissait déjà. N’est-ce pas pour elle que je suis là ce soir. Est-ce la même élégance ? En tout cas, le terme d’élégance vient toujours sous la plume, me réconciliant avec un instrument qui me fâche souvent, comme s’il était sous-traité, voire maltraité par beaucoup jeunes batteurs de la scène hexagonale, y compris parmi les plus brillants ou les mieux médiatisés. J’aime cette dynamique que permettait hier ce recours alterné aux baguettes, aux balais, aux mailloches, voire aux fagots, parfois différant son choix d’une main à l’autre. D’où une dynamique constante, un respect des autres instruments dans l’espace acoustique très intime que constitue le 38 Riv’, une mise en valeur tant des solistes que des compositions, autant d’histoires qui s’y racontent, la batterie racontant elle-même des histoires qu’il est passionnant de voir se développer sur les cymbales et les peaux, celle de la caisse claire pas systématiquement timbrée.

J’échange à la fin du concert avec Florent Nisse dont j’ai admiré la complicité, et le sens de l’espace dans une écoute qui semblait mutuelle. Il m’apprend qu’il connaît depuis longtemps Antoine Pierre, et combien il aime jouer avec lui, et combien il a aimé le voir évoluer ces qualités qui sont désormais les siennes. Quelques mots avec Tony Tixier, toujours plus elliptique à l’oral qu’au piano et rarement auto-satisfait (mécontent de ce deuxième set moins tight – serré, compact, dense – que le premier), mais d’une présence admirable tant dans l’accompagnement que dans le solo. Olga Amelchenko– qui présentera son nouveau disque “Touching the Invisible” le 31 octobre au Périscope de Lyon, le 5 novembre au Duc des Lombards et 14 au festival Jazzdor –… Olga Amelechenko, donc, habite ce répertoire nouveau pour elle, avec ce sens de la ligne claire et du cheminement qui semble gagner en intensité dans la dernière pièce, à moins que ce ne soit moi qui ait gagné en qualité d’écoute au fil du set. Franck Bergerot

PS : Ce soir au 38 Riv’, un autre batteur, Gauthier Garrigue entouré d’Adrien Sanchez, Nelson Veras et Sylvain Romano. Pour info, en cas de fermeture de stations sur les ligne 1 ou A autour de Châtelet, j’ai accédé au 38 Riv’ par la station Saint-Paul non concernée par cette mesure.