Quelques jours avant son concert au Bal Blomet le 19 octobre prochain pour présenter son nouvel album “Vishuddha”, le saxophoniste et chanteur de flamenco enfin en passe d’être reconnu à sa juste valeur en France revient en exclusivité pour Jazz Magazine sur cinq de cinq albums de chevet.

Kenny Garrett
Pursuance: The Music Of John Coltrane
Warner Bros., 1996
J’adore cet album. Kenny est l’un des saxophonistes qui m’a le plus influencé et il joue ici de manière incroyable. Pat Metheny génère des atmosphères super spirituelles et très personnelles. Et Brian Blade est aussi l’un de mes batteurs préférés. Ces trois-là, accompagnés de Rodney Whitaker à la basse font de cet album une chef d’oeuvre.

John Coltrane
Ballads
Impulse, 1963
Il est difficile de choisir un disque de John Coltrane comme favori, car il est passé par plusieurs étapes, et dans chacune d’elles il nous a laissé des choses remarquables, mais sur cet album il y a quelque chose de spécial. On retrouve son quartette avec MacCoy Tyner, Roy Harrison et Elvin Jones, et l’album a un arôme, évoque une paix, un sentiment qui le rend vraiment agréable à écouter et invite en même temps à une réflexion profonde et à une rencontre avec soi-même.

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Cannonball Adderley
Somethin’ Else
Blue Note, 1958
Un autre de mes saxophonistes préférés, avec la collaboration de Miles Davis, Hank Jones, Sam Jones et Art Blakey. Cannonball enchaîne des solos qui relèvent du pur génie, la section rythmique avance comme un train, et Miles Davis ajoute la cerise sur le gâteau… un summum d’excellence.

Jorge Pardo y Chano Domínguez
10 de Paco
Milestone, 1995
Dans cet album, Jorge Y Chano, accompagnés d’un merveilleux groupe de musiciens, revisitent dix chansons de Paco de Lucía et réalisent peut-être plus que dans tout autre disque, une rencontre parfaite entre le jazz et le flamenco. D’un côté nous avons les compositions de Paco, et de l’autre, les arrangements et improvisations de Jorge et Chano, qui élèvent cette musique à son apogée. Cet album est, depuis sa sortie en 1994, un de mes préférés du genre.

Camarón De la Isla
Viviré
Philipps, 1984
Camarón De la Isla est le chanteur de flamenco le plus influent de tous les temps. Je suis né dans la même ville que lui, à San Fernando, ce qui fait que sa carrière me semble très proche et qu’il m’a vraiment influencé. Sur cet album il chante à merveille, Paco de Lucía l’accompagne merveilleusement bien et ajoute quelques parties instrumentales qui sont aujourd’hui devenues des sortes d’hymnes dans le monde du flamenco. Un chef-d’œuvre de A à Z. Au micro : Yazid Kouloughli (Merci à Vincent Thomas). Photo : DR / Cristal Records.
En ce mois d’octobre, le bassiste électrique le plus célèbre du jazz donnera deux concerts de grande envergure dans nos contrées : le 20 au Mans, et le 21 à Tours.
Que vous l’ayez déjà vu à la grande époque de ses aventures avec Miles Davis ou au cours de l’une des nombreuses tournées qui l’ont mené en France ces dernières années, un concert de Marcus Miller est toujours un rendez-vous majeur dans l’actualité des concerts.
Rendez-vous est donc pris à 20h30 le 20 octobre au Palais des Congrès et de la Culture du Mans puis le 21 octobre à Tours (Le Vinci-Palais des Congrès) pour profiter encore de l’art de de la manière de ce leader hors-norme, maître du slap doublé d’un compositeur de renom.
Photo © Bengt Nyman / Wikimedia
Notre grand entretien avec Marcus Miller lors de la sortie de son dernier album en date, c’est ici !
La vocaliste est attendue pour deux soirs à Paris pour son spectacle unique en son genre Jubilä.
Depuis ses débuts, Leïla Martial n’a jamais cessé de nous surprendre ni de pousser toujours plus loin une quête de liberté artistique qui l’a amenée à explorer, ces dernières années, de plus en plus de formes d’expressions différentes.
Pour Jubilä, dont vous vous souvenez forcément si vous l’avez déjà vue et entendue, elle efface les frontières qui séparent tous les chants du possible (lyrique, scat, rock ou même hip-hop), les langues, celles qu’on connaît et celles qu’elle a inventées, et les arts, de celui des sons à celui des gestes, du jazz au clown, des pygmées au classique, sans jamais se départir d’un sens de l’humour et d’une inventivité qui par les temps qui courent, sont de plus en plus salutaires.
Une place pour y assister ? C’est par ici !
Au début des années 1980, Serge Gainsbourg avait fait une demande inattendue à Martial Solal… Le pianiste se souvient, au moment où la Maison Gainsbourg ouvrira ses portes le mercredi 20 septembre et où l’on y découvrira notamment des cassettes très, très rares…
« Gainsbourg descendait quelquefois au Club St-Germain, et j’ai en mémoire sa présence derrière moi pendant que j’y jouais. Il aimait beaucoup le piano, le jazz ; il n’était pas encore une star à cette époque, mais il commençait à être connu. Mon véritable souvenir de Serge Gainsbourg est plus personnel : il y a quelques années, au début des années 1980 je crois, il a demandé par l’intermédiaire de mon agent de l’époque de lui donner un concert privé pour essayer chez lui, rue de Verneuil, un piano droit Yamaha mécanique qui reproduisait très fidèlement, après enregistrement sur une cassette, la musique jouée avec tous les mouvements effectués sur le piano. Il tenait à me payer comme pour un concert. J’ai accepté, l’histoire m’amusait. C’était très étrange et très sympathique à la fois : Serge et sa nouvelle femme [Bambou, NDR] étaient assis tout près du piano pendant que je jouais, immobiles et silencieux pendant deux heures. Je ne me souviens pas de ce que j’ai joué, mais probablement quelques standards qu’il connaissait. Ce piano était très lourd, à la limite du jouable, j’ai fait ce que j’ai pu. Il m’a ensuite fait visiter sa belle maison, rangée avec un ordre immuable, m’a t-il dit. Puis nous avons dîné ensemble dans un restaurant où il avait ses habitudes. Une très étonnante aventure dont j’ai gardé un bon souvenir. Quelque temps après, j’ai lu dans une interview de Gainsbourg qu’il se vantait de posséder la “cassette la plus chère du monde”. Et c’était probablement vrai… » Au micro : Franck Bergerot
Postlude : Ces cassettes sont en réalité au nombre de trois et exposées à la Maison Gainsbourg, située au 14, rue de Verneuil, Paris 7ème.
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les amours jazz de Serge Gainsbourg, et bien plus encore dans notre numéro spécial !

L’Association Jazzé Croisé fêtait récemment deux décennies de promotion du jazz de France à travers son dispositif unique qui a contribué à révéler des artistes français(e) parmi les plus captivant(e)s de notre époque. Un documentaire retrace retrace ce passionnant parcours.
Hier Leïla Martial, Emile Parisien puis Novembre, No Tongues, Un Poco Loco (avec le tromboniste Fidel Fourneyron), La Litanie des Cimes, aujourd’hui Suzanne, Rouge, ou Coccolite : les artistes liés à l’histoire de Jazz Migration sont nombreuses et nombreux, et beaucoup continuent d’écrire les plus belles pages du jazz de France.
Un documentaire publié le 25 septembre, réalisé par Josselin Carré raconte l’histoire d’un dispositif qui après avoir fêté ses vingt ans, est reparti de plus belle pour, espérons le, encore au moins aussi longtemps.
Le 11 octobre prochain, le contrebassiste Kyle Eastwood est attendu dans la célèbre salle parisienne pour y rendre hommage à son père en réinterprétant la musique de ses plus grands films.
Le contrebassiste sera entouré de son fidèle quintette (Piano : Andrew McCormack, Batterie : Chris Higginbottom, Saxophones : Brandon Allen, Trompette et bugle : Quentin Collins) mais aussi de l’Orchestre symphonique de la Garde Républicaine, pour un hommage en grand format au versant musical de l‘œuvre de l’un des plus grands réalisateurs du cinéma américain, dont les bandes-originales se sont toujours distinguées par leur force et leur caractère mémorable, voire intemporel.
Pour patienter jusqu’au jour J, vous pouvez d’ores et déjà savourer l’album intitulé “Eastwood”, publié tout récemment chez Discograph (distribution Pias). Rendez-vous le 11 octobre !
Le trompettiste s’apprête à débuter une résidence à la Petite Halle de la Villette : chaque mois du 13 octobre au 15 décembre, un concert différent pour expérimenter avec des personnalités du jazz, du hip-hop et de l’electro.
On suit avec intérêt les aventures d’Antoine Berjeaut depuis plusieurs années, et ce n’est pas son dernier album en date, le superbe “Chromesthesia” publié en DATE sur le label Menace, qui nous a donné des raisons de douter de la qualité de son travail à venir.
A partir du 13 octobre, le trompettiste convie la crème de la scène jazz, mais ausis electro et hip-hop à une série de concerts (en entrée libre) intitulée Beat Map Sessions, soit l’occasion d’expérimenter et de créer ensemble de la musique au carrefour d’esthétiques dont la complémentarité est certaine, mais qui ont encore beaucoup à s’offrir les unes aux autres.
Programme :
- 13 octobre : Salomon Faye (voix, MPC), Giani Caserotto (guitare), Sylvain Daniel (bass), Severine Morfin (violon alto), Julien Loutellier (batterie), Antoine Berjeaut (trompette, synthétiseur, composition).
- 17 novembre : Canblaster (electronics, modulaire), Antonin Leymarie (batterie), Csaba (guitare), Julien Ponvianne (sax, clarinette), Adele Viret (Cello), Antoine Berjeaut (trompette, composition).
- 15 décembre : Lorenzo Bianchi (electronics), Haime Isaacs (voix), Kate Stables (voix, guitare), Sylvain Lemetre (percussions) Gauthier,Toux (synthétiseur), Antoine Berjeaut (trompette, composition).
Photo : Mido
INFOS PRATIQUE La Petite Halle :
211 Avenue Jean-Jaurès, 75019, Paris
Métro : Porte de Pantin (ligne 5)
Tramway : Porte de Pantin – Parc de la Villette (ligne 3B)
Entrée libre !
Dès aujourd’hui et jusqu’au 15 novembre, Radio France & Jazz Magazine vous ouvrent les portes d’une exposition unique pour découvrir les archives photos de votre magazine préféré.
Occasion immanquable de voir les femmes et hommes qui ont fait l’histoire du jazz à travers une sélection de clichés unique au monde et de couvertures rares et pour beaucoup cultes d’anciens numéro de Jazz Magazine, cette exposition en entrée libre dans la Nef et le Hall de la Maison de la Radio et de la Musique s’adresse à tous les passionnés de musique, de photographie et d’histoire.
Le photographe Christian Rose, fidèle et regretté collaborateur de Jazz Magazine, sera également à l’honneur à travers une sélection d’images intitulée Jazz au 104.
La 37ᵉ édition du festival se déroulera du 4 au 15 octobre 2023 à Toulouse. Au programme, de prestigieux concerts de talents français mais aussi beaucoup d’activités annexes. La musique sera partagée ou ne sera pas !
La 37ème édition du Festival de Haute-Garonne proposera près de 60 concerts et événements mettant en avant le jazz sous toutes ses formes. Au programme, les frères Belmondo, le saxophoniste Sylvain Rifflet ou encore Naïssam Jalal porteront haut les couleurs du jazz français, tandis que des invités internationaux immanquables sont également attendus.
Jeudi 5 octobre
- 18h30 : Billy Valentine & the Universal Truth – Pavillon République, Toulouse
- tarif : 5€
- 20h30 : Shoes de Lois Weber – Cinémathèque de Toulouse
- tarifs : de 4.50€ à 8€
- 20h30 : Kora Jazz Trio – L’Escale, Tournefeuille
- tarifs : de 15€ à 18€
- 21h30 : Kendra Morris – Pavillon République, Toulouse
- tarif : 5€
- 21h30 : Duo Réflections – Maison Nougaro, Toulouse
- tarif : 10€
Vendredi 6 octobre
- 18h30 : Léon Phal – Stress Killer – Pavillon République, Toulouse
- tarif : 5€
- 21h30 : Kamaal Williams – Pavillon République, Toulouse
- tarif : 5€
Samedi 7 octobre
- 20h30 : RP3 + Rémy Gauche – Pavillon République, Toulouse
- tarif : 8€
Dimanche 8 octobre
- 20h : Erik Truffaz – Rollin’ & Clap – Le Bikini, RamonvilleSaint-Agne
- tarifs : de 26€ à 27.50€
Mardi 10 octobre
- 20h30 : Gard Nilsen Trio – Acoustic Unity – Théâtre du Pavé, Toulouse
- tarifs : de 9€ à 14€
Mercredi 11 octobre
- 20h30 : Les Frères Smith – Salle Nougaro, Toulouse
- tarifs : de 15€ à 21€
- 21h30 : Tivon Pennicott Quartet – Pavillon République, Toulouse
- tarif : 5€
Jeudi 12 octobre
- 18h30 : Tocando Al Cielo – Rafael Pradal Quintet – Pavillon République, Toulouse
- tarif : 5€
- 20h30 : Lionel et Stéphane Belmondo Dead Jazz – L’Aria, Cornebarrieu
- tarifs : de 16€ à 28€
- 21h30 : Lakecia Benjamin – Pavillon République, Toulouse
- tarif : 5€
Vendredi 13 octobre
- 18h30 : Naïssam Jalal & Rhythms of Resistance – Pavillon République, Toulouse
- tarif : 5€
- 20h : Lilly Joel Plays The Organ : Sibyl Of the Rhine – Temple du Salin, Toulouse
- tarifs : de 8€ à 20€
- 20h30 : Ladaniva – Théâtre des Mazades, Toulouse
- tarifs : de 8€ à 12€
- 21h30 : JaRon Marshall & the Collective – Pavillon République, Toulouse
- tarif : 5€
Samedi 14 octobre
- 16h : Nanouk l’Esquimau de Robert Joseph Flaherty – Utopia Borderouge, Toulouse
- tarifs : de 4.50€ à 8€
- 17h : Rhoda Scott Lady All Stars – Halle aux Grains, Toulouse
- tarif : 10€
- 20h30 : Stogie T + Hancock en Stock – Pavillon République, Toulouse
- tarif : 8€
- 21h : The Jazzroom with Gones – Le Taquin, Toulouse
- tarif : 10€
Plus d’informations et réservations en cliquant ici
En marge des concerts, une série de concerts Bars-bars sur son 31 sera organisée pour aller à la rencontre des publics, des déambulations artistiques auront lieu dans les rues, des coups de cœur musicaux seront à découvrir à l’Espace Roguet, et divers concerts Club mettant en scène des artistes haut-garonnais auront lieu dans les salles des fêtes du département, mais aussi au Musée départemental de la Résistance & de la Déportation et au Théâtre du Grand Rond. Des spectacles spécialement adaptés aux familles seront proposés, notamment un spectacle musical à l’Espace Roguet et un ciné-concert à l’Utopia-Borderouge, sans compter un projet de sensibilisation au jazz des plus jeunes (concerts-découverte, fanfares dans des collèges locaux, ateliers d’éveil musical dédiés aux publics socialement fragiles).
Comme chaque année, un jury de professionnels à récompensé de jeunes talents aux esthétiques riches et variées.
Le jury composé de Sylvie Durand (attachée de presse), Franck Medioni (écrivain, journaliste), Didier Dippe (label manager, Art District), Sébastien Doviane (TSF Jazz) et Laurent Courthaliac (musiciens, label manager) a récompensé :
- AMG, pour Autophysiopsychic Music Gate : 1er prix de Groupe.
- Bouncing With Strawberries : 2ème prix de groupe.
- Le Quartet d’Antoine Brochot et le Central Park West Quartet, respectivement 1er et 2ème prix de composition.
- Le prix du meilleur soliste revient au batteur Mailo Rakotonanahary (membre de l’AMG Quartet), le deuxième au batteur Leo Tochon.
- La mention spéciale du jury revient à la chanteuse Margot Perry.
Bravo à l’ensemble des participants : Marwan Boulaid, Antoine Brochot Quartet, Florent Delommel Quartet, William Mendelbaum, Central Park West Quartet, Tea at Nine, Bouncing With Strawberries, Hanxin Chi Trio, AMG, ainsi que Overseas Quintet & Carlobello !