Fred Goaty, Author at Jazz Magazine

Oups : dans notre Guide Officiel des Festivals 2026 figurant dans le nouveau numéro de Jazz Magazine, nous avons annoncé un concert de Fabrice Martinez à Capbreton qui a eu lieu… l’an dernier ! Qu’on se rassure : on pourra voir le trompettiste dans la commune du Triadou dans le Jazz à Junas le 5 juin à la tête de cette « formation éclectique-électrique où l’on remarque notamment la présence de l’excellente claviériste Bettina Kee », pour réinventer avec maestria la musique de ce génie nommé Stevie Wonder, au moment où l’on s’apprête à célébrer le cinquantenaire de son chef-d’œuvre absolu, “Songs In The Key Of Life”.

Fabrice Martinez Quintet, Hommage à Stevie Wonder, avec Raymond Doumbé, basse, Julien Lacharme, guitare, Bettina kee, claviers, Romaric Nzaou, batterie.
Vendredi 5 juin, 21h, Parc de la Plaine, Le Triadou.
Photo : Maxim François.

 

Le succès extraordinaire du quatrième album d’Eagles fit entrer le groupe de Glenn Frey, Bernie Leadon, Don Felder, Randy Meisner et Don Henley dans une autre dimension. Visite guidée de la “Deluxe Edition” qui vient de paraître.
Par
Julien Ferté

The Long Goodbye, Act III : c’est ainsi que se nomme la tournée actuelle d’Eagles aux États-Unis, celle d’un groupe aujourd’hui composé de Don Henley, Joe Walsh, Timothy B. Schmit, Vince Gill et Deacon Frey et qui, comme Fleetwood Mac ou Journey est devenu une vénérable institution, une icône de la culture populaire, au-delà même de la musique. Seule différence avec les années 1970 et 1980, décennies de leurs suprématie artistique et commerciale : Eagles ne règne désormais que par la grâce du live. Sortiraient-ils aujourd’hui un chef-d’œuvre que son impact serait sans doute minime comparé à leur capacité à continuer de rassembler des foules XXL pour leurs concerts.

When Eagles could fly...
When Eagles could fly… Photo : Norman Seeff.

En revanche, la ressortie de leurs classic albums continue de procurer un plaisir incomparable. Ainsi, neuf ans après la “40th Anniversary Edition” d’“Hotel California”, leur “Thriller” à eux (leur plus gros succès commercial restera cependant pour toujours leur “Greatest Hits” de 1982 : plus de 40 millions d’exemplaires vendus !), c’est “One Of These Nights” qui bénéficie du traitement de faveur “‘Deluxe”.
Et l’on (re)découvre avec ravissement les huit chansons et le fameux instrumental Journey Of The Sorcerer – sorte de cadeau d’adieu de Bernie Leadon – dans un nouveau mix somptueux, à déguster sur le CD ou le blu-ray, en Atmos ou en hi-res stereo.
Et il faut bien l’avouer : cinquante ans après, “One Of These Nights” n’a absolument rien perdu de sa magnificence. “Hotel California” est aussi un chef-d’œuvre, l’album le plus populaire du groupe grâce à sa chanson-titre, mais la pureté musicale de ce quatrième opus est incomparable : songwriting on ne peut mieux ciselé (on pourrait citer toutes les chansons), qualité des arrangements (ah !, les cordes dans Journey Of The Sorcerer) et de la production (Bill Szymczyk, of course), distribution parfaite des rôles côté chant (les cinq desperados s’y collent tous au moins une fois), équilibre idéal entre rock, country et pop.
Les CD 2 et 3 contiennent un concert capté à l’Anaheim Stadium le 28 septembre 1975 et remarquablement enregistré. Parmi les guests, un certain Joe Walsh venu chanter son Rocky Mountain Way (sans sa talk box), qui n’allait pas tarder à remplacer Bernie Leadon, usé, pour ne pas dire carbonisé par le rock and roll lifestyle.
Pourvu que peu à peu les autres albums d’Eagles soient réédités avec autant de soin !

CD ou LP Eagles : “One Of These Nights Deluxe Edition” (Asylum Records / Rhino, éditions 3 CD/1 blu-ray ou 3 LP).

Avant le très attendu concert du 10 juin à Paris de Beat, supergroup kingcrimsonien réunissant le bassiste Tony Levin, le batteur Danny Carey, le guitariste Steve Vai et son confrère Adrian Belew, ce dernier a bien voulu se raconter pour le Salon de Muziq.
Par
Fred Goaty

Depuis que les artistes étrangers ne viennent plus systématiquement en France pour accorder des interviews, le Zoom est devenu le moyen privilégié pour dialoguer avec eux. L’océan qui nous sépare devient un simple écran, et si la connexion ne fait pas des siennes, l’impression d’avoir le musicien quasiment at home n’est pas si désagréable.
Ainsi Adrian Belew s’est récemment retrouvé dans notre pièce à musique, au milieu des dizaines de disques sur lesquels il posé sa griffe depuis la fin des années 1970 : ceux de Frank Zappa, son découvreur, de David Bowie, de Talking Heads, du Tom Tom Club et, bien sûr, de King Crimson, le fabuleux groupe protéiforme de Robert Fripp dont il fut à maintes reprises et à différentes époques l’un des membres essentiels : “Discipline” (1981), “Beat” (1982), “Three Of A Perfect Pair” (1984), qui forment la fameuse trilogie culte “rouge, bleue et jaune”, puis “Thrak” (1995), “The Construkction Of Light” en 2000 et “The Power To Believe” en 2003 n’auraient pas pu exister sans lui, sa voix envoûtante, ses talents hors norme de songwriter et son jeu de guitare extraordinaire, si complémentaire de celui de Fripp.
Sans doute nostalgique de cette période dorée de sa vie de musicien, Adrian Belew a décidé au sortir des années Covid de rejouer le répertoire kingcrimsonien, avec la bénédiction de Robert Fripp – mais sans sa participation –, et sous le nom de Beat.

Tony Levin, Steve Vai, Adrian Belew, Danny Carey, alias Beat.
Tony Levin, Steve Vai, Adrian Belew, Danny Carey, alias Beat.

L’idée de départ était de réunir la section rythmique de la trilogie tricolore évoquée plus haut : Tony Levin à la basse et Bill Bruford à la batterie. Ce dernier déclina poliment : plus envie « de jouer à la rock star » et de « passer son temps à attendre ses bagages à l’aéroport ». Place, donc, au batteur de Tool, Danny Carey, qu’Adrian Belew avait déjà convié à participer à deux de ses albums solo au début des années 2000.
Pour s’asseoir sur le trône laissé vacant par Robert Fripp, seul un sacré client pouvait postuler. Bienvenue, dès lors, à un autre ex-sideman de Frank Zappa, le stunt guitarist du Génial Moustachu, connu – et vénéré dans le monde entier – pour ses contributions mémorables aux disques de Public Image Limited, Alcatrazz, David Lee Roth et Whitesnake : le seul et unique Steve Vai.
Le double CD/blu-ray paru l’an dernier, enregistré live le 10 novembre 2024 à Los Angeles, a brillamment répondu à toutes les attentes : oui, ces quatre virtuoses pouvaient parfaitement jouer ensemble et faire honneur à la musique de King Crimson, qui entre leurs mains plus qu’expertes n’a absolument rien perdu de son pouvoir de fascination.
Allez, il est temps de cliquer sur le lien Zoom…

Hello… Hello, Adrian Belew ? Je vous entends mais je ne vous vois pas… Et vous, vous me voyez ? Oui, très bien, mais je ne suis pas très Zoom… Ça ne fait rien, moi je vous vois ! D’ailleurs, votre visage m’est familier…

Nous nous sommes rencontrés en 2017, je vous avais interviewé avec Stewart Copeland pour la sortie de l’album de Gizmodrome…
Mais oui, ça me revient. Aah, Gizmodrome… J’adore Stewart, mais sans doute y avait-il trop de très bons musiciens dans ce groupe… comme dans Beat ! [Rires.] Je plaisante…

Adrian Belew, vous avez 76 ans, et dans “Neon Heat Desease Live In Los Angeles”, le premier album de Beat, vous chantez exactement comme dans les années 1980 et 1990. Le temps ne semble pas avoir de prise sur vous. Quel est votre secret ? Je n’ai pas de secret. J’ai toujours pensé que ç’avait à voir avec le fait d’être créatif et de jouer de la musique. Ça me procure tant d’amour et de joie – quant à notre public, la manière dont ils participent lors des concerts, wow… Chaque jour, j’essaye de penser à faire quelque chose de précis, d’être créatif. Ça m’occupe l’esprit. Et physiquement, ça va, j’ai un bon poids, je fais de l’exercice quotidiennement, je ne prends aucune drogue, je bois très peu d’alcool, j’essaye tout simplement de vivre une vie saine ! Les autres membres du groupe aussi. Ça me fascine de constater que nous avons atteint un âge où on aurait, sinon dû arrêter, du moins ralentir, mais nous ressentons tous un désir profond de jouer, nous adorons faire ça, j’adore faire ça. Non, non, rassurez-vous, je n’arrêterai jamais !

Votre style de jeu, qui n’est pas basé sur vitesse, la vélocité, la performance, c’est aussi ça qui vous a permis de passer le cap des ans sans encombres… Je crois oui. Pour moi, tout a toujours été une question de son, tout procède d’une certaine vision, d’une conception, de directions que je voulais prendre. Pas tant les notes, et certainement pas la vitesse.

Je sais que c’est un peu cliché, mais votre façon de jouer me fait songer au travail d’un peintre… C’est exactement comme ça que je vois les choses ! D’ailleurs, je me suis vraiment mis à peindre ces quinze dernières années, et j’ai réalisé que peindre et créer de la musique, c’est la même chose. Ce sont les mêmes éléments qui entrent en jeu : vous avez des tons comme des couleurs, une profondeur, des compositions… Tant de choses en commun ! C’est comme pousser les mêmes boutons dans votre esprit. J’ai vraiment beaucoup peint, et notamment pendant le Covid, je me suis mis à la peinture digitale, sur iPad. On peut faire ça partout, dans le train, dans l’avion… Peindre est vraiment très bon pour moi, car toute ma vie j’ai pensé en ces termes. Je pense que la plupart des musiciens ont eu, enfant, une certaine attraction pour l’art, le dessin. C’est quelque chose de naturel je crois.

Quand Frank Zappa vous a découvert à Nashville et a instantanément été séduit par votre jeu, qu’a-t-il aimé en premier à votre avis ? Je ne sais pas… Il pensait beaucoup de bien de moi… Moi je me concentrais sur sa musique, qui était si difficile à jouer… Frank aimait ma voix aussi, l’idée d’avoir un guitariste qui savait aussi chanter.

Justement, pensez-vous être suffisamment reconnu en tant que chanteur et auteur-compositeur ? J’aimerais dire que ça n’a pas d’importance, mais d’une certaine manière ça en a. Quand on fait beaucoup d’efforts au cours de sa vie, on a besoin, c’est vrai, d’une certaine reconnaissance. Mais on n’a ce qu’on mérite. Cela dit, je suis très heureux comme ça, heureux d’être allé là où je suis allé, d’avoir accompli toutes ces choses, et si d’aucuns n’ont aucune idée de ce que j’ai fait, je suis comblé d’avoir pu travailler avec toutes ces personnes formidables. Je suis fier de mon héritage, c’est tout ce que je peux dire.

Vous pouvez effectivement l’être… Merci, c’est gentil.

Mais c’est un fait : votre discographie parle pour elle-même ! [Il rit.] Quand “Beat” est sorti, la même année que “Lone Rhino’”, votre premier album solo, difficile de ne pas prendre conscience de vos talents de singer songwriter… Être chanteur et songwriter, c’était une part importante de mon rôle aux côtés de Robert, avec King Crimson. Vous savez, avant même que je fasse partie de ce groupe, King Crimson avait toujours eu ce genre d’équilibre, entre musique instrumentale très sérieuse et chansons écrites de manière plus classique – souvenez-vous de I Talk To The Wind. Ça les a rendus bien meilleurs que s’il n’avaient été qu’un heavy instrumental band, ou juste un pop band. Quand je suis arrivé, je connaissais bien leur tradition, et je me suis dit que je devais la prolonger. Mais j’avoue que j’ai été surpris quand Robert [Fripp] m’a donné les rênes – façon de parler –, mais au bout du compte je me suis dit qu’on devait continuer ainsi. C’était bien plus intéressant comme ça.

Vous avez aussi appporté une dimension soul dans votre chant, R&B… C’est vrai. J’ai grandi en écoutant cette musique, elle passait à la radio, quand vous êtes un gamin blanc qui grandi en Amérique, vous essayez d’être soulful[Rires.] Pour Heartbeat, le côté soul que vous entendez, je suis tout à fait d’accord…

Dans Neurotica, il y a même un côté rap… Mais oui, exactement ! Le rap des débuts… Avec le jeu jazz de Bill [Bruford]. Nous aimions tous tant de musiques différentes… Robert a appris avec un prof jazz. Mais, tout simplement, c’est de la musique ! Nous y mettions tout ce que nous avions en nous, et c’est pour ça que ça sonnait ainsi. C’est la même chose avec Beat.


Beat sur scène en 2024.

Vous commencez d’ailleurs les concerts de Beat avec Neurotica. C’est une sorte de manifeste ? Oui. Je me suis dit qu’on devait frapper d’emblée très fort, en pleine face [rires], avec les deux premiers morceaux, montrer que nous étions là, qu’on ne plaisantait pas, et à partir de là, on avait le droit d’aller là où on voulait aller, sans pression. Avec des chansons plus douces notamment, Man With An Open Heart, Heartbeat. Dans la première partie, il y a quelques chansons familières, mais aussi d’autres que les gens n’ont jamais entendues live : Model Man, Dig, Industry… La seconde partie est plus consacrée aux classiques… Choquon d’abord, et ensuite installons les gens dans quelque chose de plus confortable ! [Rires.]

En juin prochain, sera-ce plus ou moins la même set list ? Oui. Car pour nous cette histoire est encore récente. Tony Levin serait le premier à vouloir changer, mais il est ravi, car nous n’avons pas encore eu un vrai moment pour s’asseoir et se dire : « Ok, faisons autre chose… » J’ai donc dit aux autres, après les dates européennes, qui en quelque sorte bouclent la boucle – nous avons déjà tourné en Amérique du Sud, aux États-Unis et au Canada –, que je voulais tourner d’autres pages du songbook, jouer  Dinosaur, car il faut bien que “Thrak” soit à l’honneur aussi. Il me tarde, mais il faudra patienter… Mais ça va être fantastique, croyez-moi. Nous sommes ravis de nous retrouver.

Quand vous jouez avec Steve Vai, qu’est-ce qui est le plus difficile et le plus “simple” ? C’est très naturel, nous sommes frères, même si on ne s’était jamais vraiment rencontrés auparavant. Steve aurait tous les droits du monde pour être un prima donna, mais ce n’est absolument pas le cas : c’est une personne merveilleuse, il est doux et intelligent. Nous avons tissé des liens très, très vite. Quasi instantanément. Donc, rien de difficile : que de la joie.

Quand avez-vous découvert les livres de Jack Kerouac, qui a tant inspiré vos chansons dans “Beat” de King Crimson ? Au tout début des années 1980, son style, et celui Neal Cassidy, m’ont effectivement inspiré dans mon écriture… [Neal And Jack And Me est la seconde chanson de la set list de Beat…] Je lis beaucoup, je lis tout le temps, parfois des heures durant. Je veux épuiser chaque sujet, je suis comme ça !

Je n’ai pas d’autres questions Zappa, pas de questions Bowie ni de questions Talkin Heads, mais j’ai une question Herbie Hancock : vous souvenez-vous de The Twilight Clone, l’instrumental que vous avez enregistré avec lui en 1981 et qui fugure dans l’album “Magic Windows” ? Très bien, oui. C’était vraiment fun de jouer avec lui. C’est lui qui avait eu l’idée de m’appeler. Au début des années 1980, il était venu assister à plusieurs concerts de King Crimson, je me souviens notamment de lui, backstage, au Greek Theater à Los Angeles. Il était très amical, très agréable. Je n’aurais jamais pensé qu’il ferait appel à moi un jour ! Mais vous savez ce qu’il a fait ? Il faut le souligner : après avoir ajouté ma signature sonore sur ce morceau, avec juste lui et moi dans un studio plein de claviers – la musique était déjà prête –, il m’a donné un crédit de compositeur ! Personne ne fait ça ! D’habitude, vous êtes payé, c’est tout. C’est le signe d’un grand gentleman. 86 ans ?! Il ne change pas. C’est fou.

Je crois que vous avez croisé Bill Bruford récemment… Oui, lors de la dernière Cruise To The Edge 2026. Nous mangions dans le même salon privé. Je l’ai tout de suite vu, et j’ai dit à mes musiciens : « Regardez, c’est Bill Bruford. » Il a bien ri… Je lui ai dit : « Bill, il y a une femme prête à payer quinze dollars pour nous photographier ensemble… » Il a ri encore plus. J’adore son trio avec [le guitariste] Pete Roth. Bill, c’était mon batteur préféré avec King Crimson avant que je fasse moi-même partie du groupe. Et je sais qu’au moment où je vous parle, il attend ses bagages quelque part… [Rires]

CONCERTS Beat avec Adrian Belew, Steve Vai, Tony Levin et Danny Carey le 10 juin à Paris, le 13 à Strasbourg (Salle Erasme).
CD / BLU-RAY “Neon Heat Desease Live In Los Angeles” (Inside Out, 2025).
Photos : John R. Luini / Chime, Alison Dyer.
Merci à Olivier Garnier.

L’incroyable Leila Martial vient de donner au Pan Piper un concert en technicolor fou et émouvant.

Ce n’était certes pas la première fois qu’on voyait la toujours sidérante et envoûtante Leila Martial sur scène, mais jamais on ne l’avait vue maîtriser avec une telle maestria toutes les facettes de son art, offrant avec Jubilä un spectacle total, entre improvisation et pantomime, chanson et beat-boxing, Edith Piaf et chants “folie-phoniques” habités par l’art des Pygmées Aka.
Entre irrésistible drôlerie, aussi – elle peut à tout instant se métamorphoser en clown, subtile et touchante, blagueuse façon « Baby comme Bach » – et émotion à fleur de peau : comment ne pas être bouleversé par une chanson comme À l’enfant que je n’aurai pas ? (C’est impensable.)
Ce spectacle mis en son et en scène avec fantaisie et délicatesse, ce tour d’enchantement d’une femme libre et sans complexe est une expérience à nulle autre pareille qu’on est heureux d’avoir vécue. En ces temps de repli sur soi et de glorification de “vivre ensemble” au moment où les fractures sociétales n’ont jamais paru aussi vives, voir une artiste aussi inventive et inspirée jouir sans entraves de tout ce que la scène peut apporter à celles et ceux qui savent en brûler passionnément les planches a quelque chose de profondément rafraîchissant et d’enthousiasmant. Fred Goaty

À ne pas manquer, les trois représentations parisiennes exceptionnelles du bouleversant documentaire de Benjamin Delattre.

Tandis que dans le nouveau numéro de Jazz Magazine la BO du documentaire de Benjamin Delattre est récompensée d’un Choc, on pourra assister au Christine Cinéma Club (4, rue Christine, Paris 6ème, réservations ici) à trois représentations exceptionnelles avec trois invités différents : le 20 mai à 18 heures avec Daniel Humair, le samedi 23 à 14 heures avec Arnaud Merlin et le dimanche 24 à 14 heures avec Fred Goaty.

Le film sera également projeté à Rock This Town à Pau (le 2 mai) | à Jazz sous les Pommiers à Coutances (du 8 au 16 mai) | à Jazz en Comminges à Saint-Gaudens (du 13 au 17 mai) | à l’Institut de l’Image à Aix-en-Provence (le 27 mai) | au Festival Jazz Campus en Clunisois (le 30 mai) |  à Jazz à Marciac (du 20 juillet au 5 août) | à Ciné Jazz en Place à Dinan (le 24 août) | au Festival Cinezic de Vernoux-en-Vivarais (le 7 novembre) | au Festival D’Jazz à Nevers (le 11 novembre)…

Pré-commandez dès à présent l’album de la Bande originale du film, dernier témoignage phonographique de Michel Portal, en cliquant sur ce lien !

“5150” avait marqué début 1986 l’arrivée du chanteur Sammy Hagar au sein du groupe des frères Van Halen. Un coffret célébrant le quarantième anniversaire de cet album très populaire vient de sortir. Visite guidée.
Par
Julien Ferté

33-tours délicatement posé sur la platine, saphir into the groove première chanson, Good Enough, entrée en fanfare de Sammy Hagar : « Hello baaaaaby… » D’emblée, on savait où on allait avec le Van Halen nouveau (aussi attendu, chaque année, que le Beaujoulais). Bienvenue au Club des Poètes ? Comment, un opus proto-grunge ?! Du post-hard-rock expérimental ? Vous n’y êtes pas. L’arrivée du pétaradant Sammy, qui succédait à David Lee Roth, parti voguer solo dans la foulée du succès phénoménal de son EP “Crazy From The Heat”, ne signifiait en rien un changement radical de direction.
Bien au contraire : avec “5150”***, Van Halen continuait de creuser le sillon d’un hard-rock hédoniste et spectaculaire, sans nulle autre prétention que celle de donner du bon temps à ses fans, qui attendaient au tournant leur groupe chéri depuis le départ de “Diamond Dave”, après dix ans de bons et loyaux services.
Petit rappel des événements notables des années 1985-1986 :
Septembre 1985 Eddie Van Halen annonce au Farm Aid que Sammy Hagar est le nouveau chanteur de Van Halen ;
Novembre 1985 “VOA”, le neuvième album studio de Sammy Hagar, bossté par cette annonce et le classique instantané I Can’t Drive 55 devient disque de platine ;
Mars 1986 Sortie de “5150”, qui atteint le sommet du Billboard 200 un mois plus tard (une première pour Van Halen) et triple-platine en octobre ;
Juillet 1986 Sortie du premier album solo de David Lee Roth “Eat ’Em And Smile” (Warner Bros. Records).

Si vous n’avez pas au moins 50 ans, vous ne pouvez pas imaginer l’attente suscitée, en son temps, par la sortie de “5150”. Pour toute une génération de (quasi) boomers, le Van Halen Mark I avec David Lee Roth – et, faut-il le rappeler, Eddie Van Halen à la guitare et aux claviers, Michael Anthony à la basse et Alex Van Halen à la batterie – était une référence suprême.
Et même si l’excitation générée par la sortie de cet album crucial ainsi que celle, annoncée, du premier David Lee Roth, “Eat ’Em And Smile” (avec Steve Vai, Billy Sheehan et Greg Bissonette), une certaine forme d’inquiétude, sinon d’angoisse, régnait : Van Halen sans son bondissant frontman historique serait-il toujours Van Halen ? Quarante ans après, les débats sont toujours ouverts, et font parfois même rage entre les fans de la première heure : Van Halen ou Van Hagar ? Diamond Dave ou The Red Rocker au micro ? (« The Red Rocker » est le surnom de Sammy Hagar.)


Sammy Hagar, Eddie et Alex Van Halen plus Michael Anthony
= Van Halen ’86. Photo : Mark Weiss

Comme souligné plus haut, tout cela fut rapidement balayé par la qualité exceptionnelle de “5150”, sans parler de celle de d’“Eat ’Em And Smile” (ainsi, ce divorce avait multiplié le plaisir par deux). En neuf chansons coproduites non plus par Ted Templeman (retenu par D.L.R.) mais par un triumvirat composé d’Eddie Van Halen, l’ingénieur du son Don Landee et Mick Jones (non, pas celui de The Clash, de Foreigner !), Van Halen maintenait donc brillamment le cap. Fun fact : Nile Rodgers, Rupert Hine et… Quincy Jones avaient été envisagés pour produire “5150”.
Hard-rock surpuissant (Get Up, “5150”) hard-rock heavy-potache (Summer Nights, avec un solo ahurissant du surdoué en chef à la six-cordes, Best Of Both Worlds et son petit côté AC/DC serti d’un refrain stadier), hard-rock funky (Inside, Good Enough), hard-rock-pop so eighties (le tubesque Why Can’t This Be Love, le romantique Love Walks In, l’inoubliable Dreams et son clip à la Top Gun, avec Eddie plus inspiré que jamais au synthétiseur), chant exalté-exaltant (Sammy Hagar, sacré gosier s’il en est, a toujours su mélanger habilement fun solaire et robertplantismes savamment dosés), flair mélodique affûté, son d’ensemble poli-chromé-mais-pas-trop : on ne le savait pas encore, mais Van Hagar, pardon, Van Halen commençait son règne avec son meilleur album.

Que revoici donc lové dans l’un de ces coffrets “Deluxe” comme on les aime et auxquels on est donc habitués depuis que “For Unlawful Carnal Knowledge”, en 2024, et “Balance”, l’an dernier, ont également bénéficié de ce traitement de faveur éditorial. “5150” n’est pas en reste : à l’album original remasterisé sur le CD 1 (et le LP) s’ajoutent :
– Huit rarities dans le CD 2 (version Edit et, surtout, Extended Versions de Why Can’t This Be Love et Dreams, plus trois versions live de Best Of Both Worlds, Love Walks In et une reprise de Rock And Roll à faire pâlir Jimmy Page et sourir Robert Plant) ;
– Un “Live At The Veterans Memorial Coliseum, New Haven, CT, August 27, 1986” inédit avec une set list assez réjoussante : There’s Only One Way To Rock et I Can’t Drive 55 (extraits du songbook de Sammy Hagar), les meilleurs morceaux de “5150”, seulement deux classiques davidleerothiens, évidemment (Panama et Ain’t Talkin’ ’Bout Love), un Guitar Solo qui si besoin était nous rappelle au génie d’Eddie et deux reprises fort divertissantes, Wild Thing des Troggs (avec une sacrée passe d’armes entre Sammy et Eddie à la guitare) et Rock And Roll de Led Zeppelin ;
– L’intégralité de votre vieille VHS (ou de votre vieux DVD) de “Live Without A Net” en HD sur le blu-ray (concert d’anthologie), plus deux vidéos assez sages (les boyz de Van Halen négligeaient volontairement ce médium, laissant leur ex-lead singer faire le pitre sur MTV).
– Un beau livret avec photos et paroles, mais pas de liner notes.

Au « Hello baaaaaby… » évoqué au début de cet article avait quatre mois plus tard suivi le « Are you ready for a new sensation ? » lâché par Diamond Dave dans Yankee Rose, la première chanson de “Eat ’Em And Smile”. Hellooooo Warner Records, merci pour tout, mais sachez que nous sommes toujours prêts pour de new sensations : le coffret Deluxe d’“Eat ’Em And Smile”, suivi par celui de “OU812” (pour finir la saga Hagar) et, LE PLUS VITE POSSIBLE, par les rééditions “Super Deluxe” des six premiers albums de Van Halen. Duly noted ?

COFFRET Van Halen : “5150 40th Anniversary Limited Edition” (Rhino / Warner Records).
Photos : Bonnie Schiffman, Mark Weiss, Ross Halfin (Warner Music Group).

*** Pour info, cette précision dans la langue états-unienne : « The 5150 legal code allows “a person with a mental illness to be involuntarily detained for a 72-hour psychiatric hospitalization” »..

Alex et Eddie Van Halen, Michael Anthony, et Sammy Hagar en 1986.

Inlassable pasionaria et passeuse du jazz à Dunkerque, Françoise Devienne s’est éteinte ce jeudi 26 mars. Pascal Anquetil se souvient.

Suite à une maladie ignorée jusqu’alors et soudainement foudroyante, Françoise Devienne s’est éteinte après avoir dit à sa fille Sophie en un dernier souffle : « J’ai eu une belle vie » ! Oui, Françoise a eu une belle vie, grâce au jazz, son carburant de jouvence. Mais surtout grâce aux musiciens qu’elle a tant aimés et qui lui ont si généreusement bien rendu cet amour inconditionnel pour la note bleue. Ancienne institutrice, Françoise avait a mis toute son énergie et dévouement, obstination et passion au service du jazz club qu’elle avait créé en 1983 dans le sous-sol de la MJC Terre neuve de Dunkerque.
Le 1er octobre 2006, le Jazz Club déménageait dans un superbe nouvel écrin, un ancien cinéma remis à neuf attribué par la ville de Dunkerque au sein du Pôle Marine. Il disposait ainsi enfin d’une salle de concert de 199 places avec tout le confort moderne. J’y ai vécu avec mes amis musiciens et un public merveilleusement chaleureux de grands moments de bonheur musical et de convivialité joyeuse. Je la revois, toujours assise au premier rang, frémissante de plaisir, vibrer comme une jeune fille à chaque chorus des musiciens qu’elle avait programmés.
Françoise avait trouvé la formule magique : chaque mois, un orchestre programmé trois soirs de suite. Ce véritable lieu résidence permettait ainsi aux musiciens invités de tester un nouveau répertoire, un luxe devenu très rare aujourd’hui. Ce qui explique que le Jazz Club de Dunkerque fut élu “le meilleur club de France” en région dans un guide des clubs que j’avais rédigé et publié en janvier 2001 dans le magazine Jazzman.
Pendant plus de quarante- trois ans d’existence Françoise et son mari, le merveilleux Jean Devienne (décédé il y a six ans), ont permis à toute une famille de musiciens de jazz français de se réunir et s’épanouir au fil des années et des groupes dans lesquels ils jouaient. Quand le jazz club a traversé des tempêtes qui auraient pu le faire chavirer, ils ont toujours été très nombreux à manifester leur soutien et leur reconnaissance envers Françoise et Jean. Ils doivent tous être, comme moi, très tristes aujourd’hui.
En ce jour de deuil, je tiens à réaffirmer mon amitié à Françoise que pendant plus de vingt ans en tant que président du Jazz Club j’ai aimé « supporter » dans les deux acceptions du verbe ; car elle avait un sacré caractère obstiné !  Bravo et Merci Françoise !  
Photo : Serge Braem

Au même titre que Fred Beltran, la dessinatrice et graphiste Clémentine Campardou a magnifiquement contribué au nouveau numéro de Jazz Magazine, spécial “Prince au Piano”. En 2014, elle avait travaillé avec l’Artiste en personne…

Chaque matin, Clémentine Campardou consulte ses messages professionnels et son site : une commande, une vente, et c’est l’assurance d’une journée qui commence bien. Mais un beau matin de juin 2014, c’est le management de Prince qui l’avait contactée pour acheter l’une de ses images. Une vingtaine d’e-mails et deux semaines plus tard, l’affaire était conclue : Prince allait bien utiliser l’une de ses images. Puis une seconde… Et ce coup de cœur princier allait vite se transformer en véritable collaboration. La suite de cette belle histoire est à découvrir sur le site de Clémentine, https://prince.by.blule.fr/.


Prince, par Clémentine Campardou

Il va sans dire qu’à Jazz Magazine nous sommes très fiers d’avoir pu utiliser son magnifique dessin de Prince au piano pour illustrer la story de Thierry Guedj. Rendez-vous donc sans attendre sur son site blule.fr pour, à votre tour, tomber amoureux de ses belles images princières…

Mélange de captations live et d’inédits studio. “Bongo Fury” de Frank Zappa et ses Mothers marquait le retour de Captain Beefheart dans l’univers zappaïen. Sa réédition Super Deluxe du 50ème anniversaire est un événement.
Par Julien Ferté

Début 1975, la percussionniste Ruth Underwood et le batteur Chester Thompson quittent le groupe de Zappa. La première reviendra effectuer quelques piges de temps à autre mais ne sera vraiment remplacée que deux ans plus tard par Ed Mann ; le second, parti rejoindre Weather Report (et plus tard Genesis), laisse sa place au phénoménal Terry Bozzio. Le guitariste Denny Walley, spécialiste de la slide, est également intronisé Mother, le tromboniste Bruce Fowler revient et trois “anciens” bientôt sur le départ font de la résistance : le chanteur et saxophoniste Napoleon Murphy Brock, le claviériste George Duke et le bassiste Tom Fowler.



Zappa est ainsi de nouveau à la tête d’un groupe exceptionnel où l’incomparable Don Van Vliet, alais Captain Beefheart, alors empêtré dans des problèmes contractuels, fait donc une entrée fracassante. Leur vieille complicité – ils avaient commencé de faire de la musique ensemble à Lancaster dès la fin des années 1950 –  fait toute la singularité de “Bongo Fury”, que Zappa, au sortir d’une tournée américaine de trente dates, avait assemblé à partir de deux concerts donnés à Austin, Texas, ajoutant au passage  quelques “selected studio wonderment”.



Outre l’album original, ce coffret “50th Anniversary” contient ces deux formidables concerts dans leur intégralité, et quelques extraits captés au début de la tournée. Une fois de plus, comment ne pas être fasciné par l’incroyable capacité d’adaptation de Zappa et de ses musiciens ? Le vide considérable laissé par Ruth Underwood est d’une certaine manière comblé par la présence de Captain Beefheart, maître fou dont la voix hantée par celle d’Howlin’ Wolf fait merveille, notamment dans la toute première version de The Torture Never Stops, que Zappa réengistrera en 1976 pour l’album “Zoot Allures”. (Dans ses liner notes, Denny Walley, ami d’enfance des Zappa, dit toute son admiration pour le Captain, personnage hors norme s’il en est.)

À la guitare, le band leader est toujours aussi inspiré et habité, signant des improvisations délectables 
– ses interventions parlées, avant ou pendant les morceaux, sont du même tonneau –, dont celle effectuée avec un Ampeg Mini-Moog Controller dans le CD 3. La qualité de la prise de son est exceptionnelle, et si cette tournée ne fut qu’une parenthèse dans la saga musicale de Zappa, on en mesure mieux que jamais la valeur. Contrairement à ceux de Prince ces derniers temps, les admirateurs du natif de Baltimore sont décidément gâtés par ses ayants-droit. Pourvu que ça dure…

COFFRET Frank Zappa / Captain Beefheart / The Mothers : “Bongo Fury 50th Anniversary” (5 CD & 1 Blu-ray Zappa Records / Universal, sortie le 20 mars).

“Tentative Decisions : Demos & Live” regroupe moult raretés enregistrées en studio et sur scène au mitan des années 1970 par un jeune trio new-yorkais post-punk au devenir international.
Par
Julien Ferté

Ainsi, plus de vingt ans après la parution du mirifique coffret-intégrale “Brick”, devenu entre temps mega-collector, les fans de Talking Heads sont de nouveau aux anges depuis fin 2024 : pensez, les albums du groupe de David Byrne, Tina Weymouth, Jerry Harrison et Chris Frantz ressortent un à un en somptueuses versions Deluxe – “Talking Heads: 77” et “More Songs About Buildings And Food” ont déjà eu les honneurs de ce traitement de faveur éditorial, on guette la suite avec impatience, et notamment les deux chefs-d’œuvre que sont “Fear Of Music” et “Remain In Light”.
En attendant, voici donc “Tentative Decisions : Demos & Live”, sorte de complément des rééditions grand luxe citées plus haut. S’adressent-elles en priorité à celles et ceux qu’on nomme affectueusement les hardcore fanatics ? La réponse est oui. Si vous estimez donc faire partie de cette joyeuse tribu, vous allez adorer le contenu de ce triple CD digipack au design soigné et au format livre identique à celui de la réédition du légendaire live “Stop Making Sense” parue en 2024.


David Byrne, Chris Frantz et Tina Weymouth,
The Kitchen, Soho, New York, 6 mars 1976.
Photo : X/DR (Rhino)

Les deux premiers CD contiennent en tout vingt-huit démos enregistrées à la hussarde en 1975 et en 1976. David Byrne dixit, Talking Heads, que Jerry Harrison n’avait pas encore rejoint, n’était pas encore prêt à faire un vrai disque, mais tenait à documenter ses débuts dans une Grosse Pomme alors en pleine ébullition arty. Pas encore prêt, peut-être, mais déjà unique en son genre, mélange savamment dosé de mordant post-punk et de fébrilité poétique. Le style vocal nerveux, habité et déclamatoire de David Byrne le distinguait d’emblée de ses contemporains – sans parler de son jeu de guitare, dont on ne soulignera sans doute jamais assez l’originalité –, et ses compères traduisaient sans fioritures le minimalisme ligne claire de leurs premières années (le son d’ensemble sera largement étoffé-élargi à partir de 1979, mais c’est une autre histoire).  
Vous allez donc découvrir :
– Qui était J.R. Rost, mort écrasé par sa voiture tandis qu’il bricolait en-dessous ;
The Artistics, le groupe d’étudiants (à la Rode Island Island School) de David Byrne et Chris Frantz, dont les set lists comprenaient déjà la légendaire pop song entêtante-sautilante-un-rien-angoissante Psycho Killer (et ses fameuses paroles en français soufflées par Tina Weymouth) ;
–  Ce que les pontes de CBS découvrirent en 1975 sur les cassettes envoyées par ce groupe alors sans contrat d’enregistrement : la quintessence de leurs deux premiers albums, qui seront finalement publiés par le label de Seymour Stein, Sire Records.
– Dix-sept chansons captées live entre New York (au Max’s Kansas City le 9 octobre 1976) et Syracuse (au Jabberwocky Club le 26 janvier 1977), avant, donc, les grands débuts de la saga phonographique de Talking Heads.
Le livret de 28 pages est richement illustré par des photos qu’on jurerait de famille (Tina, David et Chris à la pistache…), et l’on a droit, aussi, à « a few words by Chris and Tina ».
Un dernier mot : le coffret sort le vendredi 6 mars, et sera suivi le 27 par un LP pas moins collector assorti d’un 45-tours et qui ne devrait pas squatter longtemps les bacs à disques… Vous voilà prévenus.

COFFRET Talking Heads : “Tentative Decisions : Demos & Live” (Sire / Rhino, sortie le 6 mars).
LP & 45-TOURS Talking Heads : “Tentative Decisions : Demos & Live” (Sire / Rhino, sortie le 27 mars).