Film#16/2 Didier Levallet 5tet au Cim - Jazz Magazine
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Publié le 7 Juin 2026

Film#16/2 Didier Levallet 5tet au Cim

Trois jours après avoir été accueilli en duo avec Jean Querlier au Théâtre Présent par Alain Guerrini (Film#14/2, Didier Levallet élargissait la formule à un quintette dans le cadre des concerts hebdomadaires du Cim.

Un nouveau quintette ? Il était en tout cas la veille à l’affiche du festival Jazz & Blues de Lons-le-Saunier et une semaine plus tard au programme de la soirée de clôture du festival du Mans, dont la deuxième édition ne s’intitulait pas encore Europajazz. Didier Levallet était un activiste du jazz, toujours sur la brèche, à la tête depuis 1977 du festival et stage de Cluny, inventeur d’orchestres : Confluence, Swing Strings System, le trio Instants Chavirés et ce quintette dont il ne reste pas d’enregistrement officiel, sinon sous la forme d’un quartette enregistré l’été suivant à L’Ouest de la Grosne, vitrine locale légendaire du jazz et d’un certain progressive rock, à proximité de Tournus (“Ostinato”, In & Out) : soit Jean Querlier (as, fl), André Jaume (ts, fl, bcl), Didier Levallet (b) et Jean-Claude Montredon (dm) auxquels s’ajoutait pour faire quintette le baryton de Jef Sicard. Est-ce à la tête de ce quintette que Levallet se produisit au festival de Nîmes cet été-là, illustré notamment d’une belle photo signée par un vrai professionnel, Jean-Marc Birraux, et montrant le contrebassiste en pleine action devant deux doubles pages de partitions préservées du Mistral par une demie douzaine de pinces à linge dans le numéro de septembre 1981 ? Le compte-rendu pour Jazz Magazine du festival de Nîmes par Christian Tarting qu’elle accompagne n’en dit rien.

Didier Levallet à Jazz à Nîmes juillet 1981.
Vu par un vrai photographe: Jean-Marc Birraux (Jazz Magazine n°300, septembre 1981).

La front line de ce quintette sans piano ni guitare disait quelque chose d’une décennie qui venait se fermer, comme on tourne une page de livre, avec encore en tête ce que l’on vient de lire mais dont certaines silhouettes tendront à s’estomper au fil des paragraphes et des chapitres. C’est le cas de Jean Querlier, dont la trace se fait incertaine dans les discographies sitôt ce quintette dissout. Jef Sicard que Querlier avait déjà côtoyé au sein du Machi Oul Big Band des frères Villaroel appartient à la légende d’un certain “free” français (Fullmoon Ensemble, Dharma), puis traversera les décennies suivantes au fil d’une discographie en leader discrète mais régulière après un quasi silence des années 1980. Quant à André Jaume, il s’était imposé dès le milieu des années 1970 avec deux disques marquants produit par Jef Gilson sur Palm : “Dans le Caprice amer des sables” par le trio Nommo (avec Raymond Boni et Gérard Siracusa) et surtout “Le Collier de la colombe”, disque solo entre saxophone ténor et clarinette basse, témoignage d’une approche très onirique de la musique. Il reste par la suite un figure influente sur les musiques qui s’improvisèrent par la suite entre l’Ajmi d’Avignon et le Grim (Groupe de recherche et d’improvisation musicales) de Marseille, tout en multipliant les échanges outre-Hexagone avec Joe McPhee, John Tchicai ou Jimmy Giuffre.

De gauche à droite: Jef Sicard, André Jaume et Jean Querlier. Au fond à gauche, dans l’encadrement de la porte : Alain Guerrini.

À la batterie, un pupitre dont Didier Levallet a toujours soigné le recrutement de Merzak Mouthana à François Laizeau, en passant par Christian Lété, Tony Oxley, Tony Marsh ou Jacques Mahieux), on trouvait Jean-Claude Montredon disparu il y a un an, grandi à la Martinique et que l’on croisa plus tard notamment avec Alain Jean-Marie.

Faute de disque, il ne me reste pas de souvenir de la musique de ce quintette, sinon ce que je peux imaginer de la ferveur que pouvait apporter à cette section d’anches Jef Sicard tel que je me l’imagine encore cinq ans après sa disparition et telle devait le stimuler le tempo caraïbe de Montredon. Franck Bergerot