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Publié le 16 Sep 2023

« Les Jours rallongent » à Malakoff

https://peeweelabel.com/fr/videos/pause

« Les Jours rallongent », c’est nom du trio et/ou le titre de l’album dont la tromboniste Christiane Bopp, la pianiste Sophia Domancich et le batteur Denis Charolles célébraient la publication ce vendredi 15 septembre au studio Sextan.

Concert presque privé devant un public intime où l’on reconnaît notamment Anne Montaron pour l’émisssion de qui (L’Improviste sur France Musique) le trio joua pour la première fois, le 12 février 2018. Concert acoustique au plus près du son – une réalité qui se perd avec la généralisation de l’écoute au casque ou de l’assommoir des sonos –; concert filmé par Igor Juget pour Les Musiques à ouïr à fin de promotion, dans ce studio où Sextan, le label Pee Wee et l’école de vidéo EMCD propose périodiquement des mini-concerts dans la série « Pause ».

La chronique du CD « Les Jours rallongent » a fait l’objet d’une chronique sous ma plume dans notre numéro d’août et je suis frappé comme le charme opère de manière similaire, se dérobant à tout autre description que de pure métaphore. Rouvrant les pages d’août pour les comparer au premier jet de cette chronique, j’y retrouve les mêmes facilités métaphoriques, avec des impressions d’intimité et de plein air où alternent apaisement et menace mais où même la violence se fait discrète, entre les deux pièces initiale (Evening de Sophia Domancich) et finale (As Sleigh Bells de Christiane Bopp). Evening a ce côté doux amer du crépuscule lorsque nous y abandonne le coucher de soleil, avant que de ne s’impose la secrète sauvagerie de la nuit ici traquée par les harmonies infra-rouges de Sophia Domancich. À l’issue de cet abandon à la rêverie auquel nous sommes invités, As Sleigh Bells (qui n’est pas la pièce finale du disque) plante une sortet d’enclos secret de verdure sauvage où s’est perdue une âme signalant sa présence par une complainte éperdue mêlée au chant que fait la chaine de quelque puits éolien, tandis que sous les feuillages (sur les peaux et métaux de Denis Charolles) se devine une intense activité de vies minuscules qui soudain s’exacerbe comme si quelque drame venait de détruire la grande fourmilière. Franck Bergerot