A quelques semaines de l’édition 2025 du plus ancien festival de jazz au monde, qui aura lieu à Nice du 24 au 27 juillet, l’adjoint au maire, délégué à l’Evénementiel, à la Jeunesse et à l’Egalité des chances a répondu à nos questions sur cet événement majeur qui revendique sa riche histoire tout en regardant vers l’avenir.
Votre festival fut le premier au monde à se consacrer à cette musique pourtant venue des États-Unis. Comment cela s’est-il produit ?
C’est une histoire incroyable, l’un des rares héritages heureux de la Seconde Guerre mondiale. Les troupes américaines ont aidé à libérer la ville devenue un lieu de vacances pour beaucoup d’entre eux. Ils nous ont laissé le chewing-gum, la cigarette, et le jazz ! En 1948, pour les remercier est organisé un concert extraordinaire de Louis Armstrong, au magnifique Opera de Nice, conçu par Garnier, entré depuis dans la légende. Louis Armstrong, en formidable ambassadeur, a parlé de Nice à beaucoup de ses collègues de La Nouvelle-Orléans. Bien plus tard, ça nous a permis d’accueillir des têtes d’affiche comme Nina Simone, Herbie Hancock et bien d’autres, et de vivre cette aventure géniale. C’était la première fois que le jazz était démocratisé et positionné comme le divertissement qu’il est devenu en France et en Europe.
Depuis, les lieux de votre festival ont souvent évolué et vous avez beaucoup travaillé sur l’expérience festivalière. Est-ce que le cadre est aussi important que la programmation ?
Aujourd’hui cette dimension est très importante, et certains festivals vont parfois jusqu’à reléguer leur programmation au second plan par rapport à ça. Ma vision, c’est que l’expérience est à égalité avec la dimension artistique et esthétique du festival, mais il y a aussi beaucoup d’autres choses qui comptent : s’assurer que les festivaliers ne fassent pas la queue pendant 25 minutes à la buvette, penser une décoration avec des thèmes et des couleurs, installer des sanitaires propres et accessibles… Un festival réussi, du moment où vous arrivez jusqu’à votre départ, c’est une addition de bonnes nouvelles. Si tout est compliqué et que la scénographie et la thématique ne sont pas abouties, même si vous assistez au concert d’un artiste que vous adorez, l’expérience sera contrastée voire négative !
“Un festival réussi, c’est une addition de bonnes nouvelles.”
Quelle est la philosophie de votre programmation, et est-ce que l’attractivité touristique de la région niçoise joue un rôle dans ce que vous proposez ?
Le Nice Jazz Fest, comme le festival de Montreux ou d’autres, est une institution. Les habitués représentent une grande part de notre public, et il m’arrive de croiser des gens dont c’est la 20 ou 25ème édition. La part de spectateurs venus principalement pour faire du tourisme doit être de 10 à 15%.
Notre philosophie, c’est d’abord de proposer souvent des choses avant les autres, et de trancher par certains choix avec ce qu’il se fait ailleurs. On a souvent fait des paris sur l’avenir, par exemple en faisant jouer très tôt Gregory Porter. Cette année, on sera un des rares festivals à programmer, dans un tel cadre, Freddie Gibbs & El Michels Affair, ou Raye qui ne tourne pas beaucoup cet été en Europe, et en qui on croit beaucoup. Je pourrais aussi citer Mustard, qui a produit pour Kendrick Lamar. On a l’exigence de ne faire que des artistes live et pas d’electro ou de DJ set ce qui est devenu très rare. Et quand on invite des artistes qui vont aussi se produire dans d’autres festivals, c’est avec un spectacle qu’on ne verra pas ailleurs. Avec des artistes comme Daoud ou Monsieur Mâlâ, on va chercher une scène qui incarne une nouvelle tendance. Enfin, on monte des concerts sur-mesure, comme le Jazz Celebration avec China Moses, Hugh Coltman ou Pablo Campos, un autre pour le centenaire d’Oscar Peterson au théâtre de Verdure avec le trio de Sullivan Fortner. Tout ça participe d’une offre inédite.
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Les exigences du public ont-elles évolué avec l’accessibilité grandissante de la musique en ligne, et ressentez-vous également un besoin d’être accompagné dans leurs découvertes ?
On sent une envie culturelle forte et un besoin de passer du temps ensemble, de se retrouver. Sur l’ensemble des événements que j’organise, j’observe des taux de remplissage excellents alors que c’était beaucoup plus dur il y a quelques années. En même temps, il y a une exigence qui n’existait pas hier, notamment sur le soin apporté à l’esthétique du festival et la qualité du son. C’est aussi dû à la richesse de l’offre de spectacle vivant, les gens comparent. C’est pour ça que l’enjeu est de proposer quelque chose d’unique. Le Nice Jazz Fest a une histoire, une âme, une signature. A l’inverse, la standardisation des festivals n’est pas la voie à suivre, notamment parce que ça encourage la surenchère sur les cachets des artistes.
“Si la France est ambitieuse et bien organisée sur le jazz à l’avenir, les artistes du monde entier voudront y venir”
Comment envisagez-vous l’avenir du festival, notamment compte tenu des menaces qui pèsent sur la culture aujourd’hui ?
Je suis résolument optimiste : le jazz, mais aussi la soul et même le funk qui se font aujourd’hui sont d’un très haut niveau. Il faut garder l’esprit ouvert, car même quand on produit du hip-hop, dès lors qu’il y a un groupe live, c’est compatible avec le jazz. Le public nous a souvent surpris par son envie d’écouter aussi des choses assez pointues, de découvrir. Ces derniers temps, je vois se mélanger des publics séniors avec des gens beaucoup plus jeunes sur certains concerts.
Pour organiser un festival, il faut être passionné et avoir une bonne équipe mais aussi être un peu business(wo)man. Il y a des modèles à penser et des paris à faire. On a l’ambition de faire du Nice Jazz Fest l’un des 5 plus gros festivals de jazz au monde à moyen terme. On compte passer des 40-50 000 spectateurs actuels à 90, 100 ou 110 000. On veut enrichir l’offre artistique – cette année, on passe de 3 à 4 artistes par soir au Théâtre de Verdure –, j’ai créé un nouvel espace expérience, La Merenda (le casse-croûte en niçois) que j’ai confié à Joey Starr et les Live Soldiers, j’ai créé une scénographie autour de La Nouvelle Orléans et les Caraïbes, mais aussi un espace de garderie pour les festivaliers qui ont des enfants. Nous avons une très grande offre de restauration, une plage horaire qui va de 17h à 4h du matin, des jams ouvertes au public où les artistes se retrouvent après les concerts. Actuellement, les partenariats public-privé sont très rares dans les festivals et c’est une vraie piste. Il faut aussi décloisonner et s’associer à d’autres, et je pourrais très bien travailler avec un autre producteur ou un autre festival par exemple. On va entrer dans une phase de consolidation des festivals où il faudra structurer une offre encore plus forte. Si la France est ambitieuse et bien organisée sur le jazz, les artistes du monde entier voudront y venir en tournée et les amoureux de musique ont tout à y gagner. Au micro : Yazid Kouloughli. Photo : X/DR
Le festival, dont Jazz Magazine est fier d’être partenaire a réuni un aréopage de stars internationales pour une édition très haute en couleurs !
Le jazz ne connaît pas de frontières et les festivals du monde entier le prouvent. Dont acte avec l’édition 2024 de Jazz Canarias où le meilleur de la production européenne et mondiale se réunit du 5 au 25 juillet. Jugez plutôt : on y retrouvera des vétérans comme la chanteuse argentine Roxana Amed, qui publie ces jours-ci un nouvel album attendu après la réussite d’“Unanime” en 2022, l’incontournable Chucho Valdès avec Irakere 50 pour un hommage cubain de haut vol, ou la désormais célèbre Cécile McLorin Salvant, dont l’aura ne cesse de grandir à chaque album et au fil de tournées qui la consacrent toujours un peu plus comme la grande vocaliste de sa génération.
Les étoiles montantes ne sont pas en reste, entre le prodige Harold Lopez Nussa, le London Afrobeat Collective, le bassiste électrique Ernesto Hermida, le formidable saxophoniste et chanteur de flamenco Antonio Lizana ou encore la révélation du jazz vocal Veronica Swift.
Ils sont encore très nombreux à découvrir avant le grand jour, alors n’hésitez plus et réservez dès aujourd’hui !
Du 10 au 18 août, dans l’écrin du Parc Naturel Régional des Vosges du Nord à La Petite Pierre, le festival, dont Jazz Magazine est partenaire, célèbre le jazz et les musiques du monde sous toutes leurs formes.
Des vétérans du jazz ouvert et créatif (Vincent Peirani & François Salque, Erik Truffaz ou encore Baptiste Herbin et son Django Trio) aux références internationales et incontournables (Kenny Garrett), des jeunes instrumentistes qui commencent tout juste d’éclabousser la scène hexagonale de leur talent (le pianiste Gaël Rakotondrabe, qui se produira en trio et invite le guitariste Hugo Lippi, le saxophoniste Antonio Lizana), aux stars de la pop et de l’electro (Jeanne Added) ou du blues et du rock venues de l’autre bout du monde (Moonlight Benjamin ou Keziah Jones), le célèbre festival vosgien annonce la couleur avec une programmation de haut vol.
Mais il vous reste encore beaucoup de surprises à y découvrir : rendez-vous donc dès à présent sur le site du festival Au Grès du jazz pour prendre connaissance de toutes les dates et réserver vos places !
Les 18 et 19 mai prochains, le festival organisé par la Fondation Banque Populaire revient avec une nouvelle édition sous la direction artistique de Rodolphe Bruneau-Boulmier.
Au programme des concerts bien sûr (l’étoile montante de la trompette Romain Leleu), mais aussi une conférence du prestigieux fabriquant de trompette Adrien Jaminet, une bagatelle d’accordéonistes de luxe (Fanny Vicens, Vincent Lhermet, Théo Ould, Ambre Vuillermoz, Basha Slavinska, Yohann Juhel, Jean-Etienne Sotty) ou encore les Lauréats du tremplin Génération Fondation Banque Populaire.
La billetterie est d’ores et déjà ouverte, cliquez sur le lien ci-dessous pour découvrir l’intégralité du programme et réserver !

Du 25 au 27 juillet, dans le cadre du festival Marseille Jazz des Cinq Continents se dérouleront quelques concerts parmi les plus excitants de la période estivale.
C’était à prévoir : certains concerts, comme ceux des têtes d’affiche Samara Joy ou Gilberto Gil sont déjà pleins à craquer. Mais il reste largement de quoi s’émerveiller, notamment avec certains des noms prometteurs de la prochaine génération de jazz(wo)men inspirés !
25 juillet :
- Marie Carnage (Jardins du Palais Longchamp, 19h30)
- Jazz Club 222 : Ishkero (Conservatoire Pierre Barbizet, 22h00)
26 juillet :
- Emile Londonien (Jardins du Palais Longchamp, 20h30)
- Nubya Garcia (Jardins du Palais Longchamp, 20h30)
- Michael Leonhart Orchestra & JSWISS (Jardin du Palais Longchamp, 20h30)
- Jazz Club 222 : Elliavir (Conservatoire Pierre Barbizet, 22h00)
27 juillet :
- Jazz Club 222 : Grand Bal de Clôture – Raphaël Imbert et ses ami·e·s (Conservatoire Pierre Barbizet, 22h00)