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Au même titre que Fred Beltran, la dessinatrice et graphiste Clémentine Campardou a magnifiquement contribué au nouveau numéro de Jazz Magazine, spécial “Prince au Piano”. En 2014, elle avait travaillé avec l’Artiste en personne…

Chaque matin, Clémentine Campardou consulte ses messages professionnels et son site : une commande, une vente, et c’est l’assurance d’une journée qui commence bien. Mais un beau matin de juin 2014, c’est le management de Prince qui l’avait contactée pour acheter l’une de ses images. Une vingtaine d’e-mails et deux semaines plus tard, l’affaire était conclue : Prince allait bien utiliser l’une de ses images. Puis une seconde… Et ce coup de cœur princier allait vite se transformer en véritable collaboration. La suite de cette belle histoire est à découvrir sur le site de Clémentine, https://prince.by.blule.fr/.


Prince, par Clémentine Campardou

Il va sans dire qu’à Jazz Magazine nous sommes très fiers d’avoir pu utiliser son magnifique dessin de Prince au piano pour illustrer la story de Thierry Guedj. Rendez-vous donc sans attendre sur son site blule.fr pour, à votre tour, tomber amoureux de ses belles images princières…

C’est avec beaucoup de tristesse que nous apprenons la disparition de Francis Marmande, révélé au début des années 1970 dans Jazz Magazine, puis ardent militant de la cause des musiciens de jazz dans les colonnes du Monde.

C’était au début du siècle et, quel bonheur, j’avais raconté la vie de Jaco Pastorius à l’antenne de TSF Jazz, qui venait de naître, créée par Frank Ténot et Jean-François Bizot. De brefs épisodes, une dizaine de minutes, et pour le dernier, il était d’accord, lecture d’un (grand) extrait de La Housse Partie de Francis Marmande. Il y évoquait le séjour de Jaco à Fort-de-France, lors du festival de jazz créé par Fanny Auguiac. Jaco avait joué en duo avec Rashied Ali. Jaco ne voulait plus partir, Jaco avait volontairement raté son avion, Jaco s’était couché en travers de la route. Jaco par Francis : l’émotion.

La même année, j’avais supervisé l’édition d’un agenda jazz ; chaque mois, une fine plume de Jazz Magazine pour évoquer un grand nom. Philippe Carles, Jacques Réda, Philippe Méziat, Jacques Aboucaya, Thierry Quénum et Michel Laverdure, entre autres, y avaient contribué. Francis avait choisi Miles Davis : « Chaque période de Miles est sa dernière. Il est la musique et le corps en avant : Miles Ahead. Miles Davis fut l’être le plus civilisé, le plus aimant que l’on puisse entendre. Un comédien hors pair doué d’une voix sculptée par la colère et que tout le monde imite. »
On s’était retrouvés dans un café parisien pour qu’il me rende son article, et ce jour-là, il m’avait offert, pourquoi, je ne sais pas, l’un des disques de sa compactothèque, “Sunny Side Up” de Dizzy Gillespie. « Tiens, tu ne l’as pas celui-là, non ? » Merci Francis.

Dans Jazzmag, tout le monde se souvient de ses entretiens “Au carrefour des arts”, souvent en tandem avec Philippe Carles (Georges Pérec !), sa Vie du Jazz (dont je lui avais timidement demandé qu’elle soit régulière, après une première livraison à l’été 1990), et puis, aussi, comme pour Jaco, les plus belles  choses jamais écrites sur Michel Portal. Personne n’a jamais mieux raconté Michel Portal que Francis Marmande. Fred Goaty