Manu Codjia Archives - Jazz Magazine

Le 1er mai de François Jeanneau à Louise Jallu, ce seront quatre générations qui se retrouveront sur la scène du Triton pour célébrer la mémoire de Michel Portal disparu le 12 février 2026.

Jean-Pierre Vivante, le patron du Triton a décidé de réunir les musiciens qui ont collaboré d’une manière ou d’une autre avec Michel Portal. Beaucoup ont disparu, d’autres se sont avérés indisponibles. Mais François Jeanneau, son aîné de sept mois, éternel jeune homme, sera là, ainsi que Daniel Humair leur cadet de trois ans, et Henri Texier de dix ans, mais tous deux complices de bien de leurs aventures communes. Avec le contrebassiste Jean-Paul Celea, voilà déjà un complice idéal dans la génération suivante.
Claude Barthélémy, le guitariste de Turbulence et le clarinettiste “héritier” Louis Sclavis joueront les rôles de passeurs entre une certaine “folie Portal” (celle de l’époque Châteauvallon) et les vagues suivantes contemporaines de la rue des Lombards, de l’ONJ, d’une modernité fin de siècle et d’une post-modernité à suivre, parmi lesquelles Michel Portal aima se produire avec les trompettistes Airelle Besson et Médéric Collignon, le guitariste Manu Codjia, les pianistes Grégoire Letouvet, le contrebassiste Stéphane Kerecki et Alexandre Perrot, les batteurs Louis Moutin et Franck Vaillant. Il y aura évidemment le clarinettiste Thomas Savy. Il y aura des archets, ceux du violoniste Régis Huby et du violoncelliste Vincent Courtois. Karsten Hochapfel doublera probablement à la guitare et au violoncelle. Il fallait un bandonéon, ce sera Louis Jallu qui avait invité Michel Portal au Triton en 2023.
Ils seront tous là pour une soirée qui sera longue, il y aura des larmes, il y a aura du rire et les bénéfices de ce concert seront versés à la Fondation Recherche Alzheimer. Franck Bergerot

Avant son concert au Bal Blomet le 23 octobre dans le cadre des Jeudis Jazz Magazine, entourée de solistes d’exception, la cheffe d’orchestre, pianiste et compositrice majeure de la scène jazz hexagonale parle de son nouvel album “African Rhapsody”.

« Ma vision de l’Afrique rend hommage à Duke Ellington, aux femmes et aux textes des poètes de la négritude, à travers une musique que j’ai voulue joyeuse et jubilatoire, mais aussi profonde et spirituelle », confiait Leïla Olivesi à Lionel Eskenazi dans notre numéro 786 daté octobre 2025. Et c’est peu dire que son nouvel album, “African Rhapsody” (sortie le 17/10 sur le label Attention Fragile, distribué par l’Autre Distribution), reflète parfaitement cette vision sensuelle inspirée par les plus grands esprits. “African Rhapsody” est d’ailleurs récompensé d’un Choc dans ce même numéro par Pascal Anquetil, dont on ne peut que partager l’enthousiasme. Il a raison, oui, il est rigoureusement impossible de « ne pas tomber sous le charme de [cette] écriture fine et fluide qui sait avec élégance se ressourcer dans le passé (l’école française mais aussi Duke Ellington, Wayne Shorter) pour mieux cultiver le présent et féconder l’avenir », car c’est bien ça que l’on recherche aujourd’hui dans le jazz créatif, cette volonté de s’inventer des lendemains qui chantent sans rien oublier des leçons des grands maîtres.

Pour venir écouter Leïla Olivesi et son orchestre au Bal Blomet, réservez ici !

Et comment mieux mener à bien cette mission essentielle qu’entourée de, tout simplement, les meilleurs, la crème de la crème des solistes de la scène jazz hexagonale : Baptiste Herbin au saxophone alto, Adrien Sanchez au saxophone ténor, Jean-Charles Richard aux saxophones baryton et soprano, Quentin Ghomari à la trompette, Manu Codjia à la guitare, Yoni Zelnik à la contrebasse, Donald Kontomanou à la batterie et Camille Bertault au chant. Un véritable all stars pour une musique qui invitera forcément au rêve, en compagnie d’une cheffe d’orchestre qui fait désormais partie intégrante des grandes figures du jazz actuel. Noadya Arnoux

Photo : Solène Person