Yes Archives - Jazz Magazine

Le double LP original, douze CD, un blu-ray : le chef-d’œuvre prog rock de Jon Anderson, Steve Howe, Rick Wakeman, Chris Squire et Alan White ressort dans un coffret à la (dé)mesure de ce classique de 1973.
Par
Julien Ferté

C’était en 2003. Pour célébrer le trentième anniversaire de sa parution, “Tales From Topographic Oceans” avait été réédité en double CD “expanded & remastered” : aux quatre epics d’une vingtaine de minutes qui squattaient chaque face du double 33-tours original avaient été ajoutées deux versions de travail inédites de Dance Of The Dawn et de Giants Under The Sun. Un livret de vingt pages accompagnait le digipack : liner notes de Mike Tiano, paroles et quelques photos. Nous étions déjà comblés.
[Avance rapide.]
Vendredi 6 février 2026 : “Tales From Topographic Oceans” ressort dans une nouvelle definitive version lovée cette fois dans un coffret au format LP du même style que ceux consacrés à “The Yes Album” (paru en 2023), “Fragile” (2024) et “Close To The Edge” (2025). Ce rythme annuel n’est pas pour nous déplaire.


Steve Howe, Rick Wakeman, Alan White, Jon Anderson et Chris Squire

Ces dernières années, les rééditions “Deluxe” ou “Super Deluxe” se sont multipliées. Les admirateurs de longue date des grandes figures de ce rock qu’on dit désormais classic – de Yes à King Crimson en passant par Pink Floyd, les Rolling Stones, Bob Dylan, Bruce Springsteen et Led Zeppelin, pour n’en citer que quelques-uns – ont beaucoup du mal à résister à ces objets du désir certes pas à la portée de toutes bourses, mais qui invitent à revisiter-redécouvrir un disque majeur dans les grandes largeurs. Seuls les supports dits “physiques” peuvent encore permettre un tel déploiement éditorial.



Ainsi, la definitive version de “Tales From Topographic Oceans” est à ce jour la plus copieuse des trois consacrées aux magnum opus de Yes cités plus haut : deux LP (le double 33-tours original, remasterisé), douze (!) CD et un blu-ray. L’impressionnante somme de CD est divisée en six parties : l’“Original Album remastered” (mais qu’est devenue l’introduction instrumentale de The Revealing Science Of God / Dance Of The Dawn qui nous faisait rêver avant de plonger dans le grand bain ?! Lisez plus bas…), les “Steven Wilson 2026 Remixes” (les débats sur ce nouveau mixage vont comme de coutume provoquer des débats sans fin chez les hardcore fanatics de Yes, qu’on sait extrêmement pointilleux et exigeants), les “Steven Wilson Instrumental 2026 Remixes” (n’en déplaise, peut-être, à Jon Anderson, très belle expérience que de redécouvrir cet album ainsi), les “Rarities” (trois CD de Single Edits et de version In Progress dont une bonne partie figuraient dans la réédition de 2003 évoquée plus haut et dans celle de 2016 publiée par le label Panegyric, déjà labélisée “Definitive”, et dont le maousse coffret qui nous occupe aujourd’hui est une extension), “Live 1973”, avec des extraits de concerts captés à Manchester le 28 novembre et Cardiff le 1er décembre et, enfin, “Live At Hallenstadion Zürich Switzerland” (le 21 avril 1974).



Le blu-ray audiophile, passage obligé des coffrets des années 2020, contient les quatre epics en Dolby Atmos, DTS-Surround, DTS-Stereo (on retrouve, ô joie, l’intro de The Revealing Science Of God / Dance Of The Dawn dans ces trois versions), DTS-Stereo (2026 Remaster) et Instrumental (là aussi, notre chère intro n’a pas été coupée).
Le livret de seize pages ? Outre les paroles (encore heureux) et tous les détails discographiques (obligatoires), il contient un remarquable essai de Syd Schwartz, dont le travail dans le coffret “The Complete Live At The Plugged Nickel 1965” de Miles Davis vient d’être salué dans Jazz Magazine.
Votre humble serviteur explore depuis quelques jours les grands fonds de ces “océans topographiques” et livrera ses impressions musicales dans le prochain numéro de Jazz Magazine : deux semaines supplémentaires ne seront pas de trop pour en saisir la somme de richesses, de nuances et de douces folies.

COFFRET Yes : “Tales From Topographic Oceans – Definitive Version” (Atlantic Rhino / Warner Music, sortie le 6 février).
Photo : © Barrie Wentz

La nouvelle réédition “Super Deluxe” de “Close To The Edge” de Yes est-elle vraiment “la version définitive” de ce chef-d’œuvre enregistré en 1972 ? La réponse est oui.
Par
Fred Goaty

Après “The Yes Album” et “Fragile”, la belle série de rééditions “Super Deluxe” des classic albums de Yes continue avec “Close To The Edge”, que d’aucuns considèrent à juste titre comme l’acmé de leur foisonnante discographie inaugurée en 1969.
Comme de coutume, le superbe coffret format 30cm contient un 33-tours histoire de retrouver les frissons d’antan (si vous êtes toujours équipé.e d’une platine vinyle), cinq CD et un blu-ray, sans oublier le non moins rituel livret de douze pages richement illustré avec ses liner notes signées Sid Schwartz. Apporté en mains propres par une fée (une amie de Jon Anderson sans doute) aux bureaux de l’Académie Tangentielle, cet objet-disque continue de nous faire croire, sinon à l’avenir, du moins au présent des disques dits “physiques”, qui restent qu’on le veuille ou non le support idéal pour se replonger dans les règles de l’art dans une œuvre majeure comme “Close To The Edge”.

Pour le “making of” de cet album emblématique du prog rock et qui a marqué plusieurs générations, on se reportera à la (passionnante) story détaillée de notre vieil ami Julien Ferté figurant dans le nouveau numéro de Jazz Magazine, actuellement en vente chez vos marchands de journaux (ou vos kiosques) préférés. Vous en apprendrez de belles sur Jon Anderson, Steve Howe, Rick Wakeman, Chris Squire, Bill Bruford et Alan White.
De notre côté, ouvrons donc ce coffret, pour tomber sur le dessin original de Roger Dean qui illustrait la “pochette qui s’ouvre” du 33-tours original, et sur lequel sont fichés grâce à de petites encoches les cinq CD et le blu-ray. « On en mangerait ! », oserait-on dire. Au gré du LP, des cinq CD ou du blu-ray, on découvre ou redécouvre l’album original remasterisé, les remixes 2025 de Steven Wilson (il s’y était déjà collé en 2013 pour la réédition Panegyric et a travaillé tranquillement puisqu’aucun mmbre de Yes ne s’est investi dans cette réédition), qui nous offre cette fois une version instrumentale de l’album (et c’est tout à fait passionnant à écouter pour saisir les moindres détails de la maestria des quatre instrumentistes du groupe – no offense Jon…), moult rarities (versioxxns single, rough, dry… notre préféré étant la studio run-through de Siberia), un “Live At The Rainbow, London, England” gravé le 16 décembre 1972 et, last but not least, les délices pour audiophiles : les mixes Atmos et 5.1 DTS-HD MA figurant sur le blu-ray – j’avoue cependant que les bons vieux mixes stéréo ont toujours un effet magique sur mes oreilles vintages…
Alors, faut-il investir dans cette nouvelle réédition “définitive” si vous avez déjà celle de 2013 ? Si vous êtes un hardcore fanatic, oui. Car un tel album mérite vraiment qu’on s’y abandonne avec tout le confort moderne.
PS : Le prochain magnum opus de Yes à bénéficier du traitement “Super Deluxe” sera-t-il “Tales Fom Topographic Ocean”, “Relayer” ou “90125” ? Restez branchés.

Coffret Yes : “Close To The Edge” (Atlantic / Rhino, déjà dans les bacs).
Photo ouverture : © Barry Plumer (Atlantic / Rhino).

Bill Bruford (bientôt sur le départ), Rick Wakeman (chapeau Rick !), Jon ANderson, Chris Squire et Steve Howe : les Yesmen. Photo : Neal Preston (Atlantic / Rhino).

Bill Bruford (bientôt sur le départ), Rick Wakeman (chapeau Rick !), Jon Anderson, Chris Squire et Steve Howe : les Yesmen. Photo : Neal Preston (Atlantic / Rhino).