OLGA ALMECHENKO au Jass Club Paris
Olga Amechenko as, Charlotte Wassy vcl, Enzo Carniel p, Viktor Nyberg b, Nicolas Charlier dms
3 juillet 2026
Au centre du quintet, un domino saxophone alto/voix simple, clair, convaincant et sans chichi: magnifique compatibilité entre les deux timbres et les deux phrasés de ces lignes qui se succèdent et parfois s’entremêlent. Parfois, pour quelques phrases, elles fusionnent à l’unisson, parfois elles superposent une polyphonie douce, sur des intervalles astucieux et sensibles. Leur volume est très comparable et elles se déploient à peu près dans le même registre. La voix est claire et distincte, à l’occasion bouche fermée, avec une clarté qui surprend. Le saxophone est droit et pur, presque sans vibrato, son dessin frôle pudiquement un lyrisme toujours tenu très légèrement à distance. Derrière, une rythmique sans faille, visiblement heureuse de soutenir cette musique. Enzo Carniel au piano prend peu de solos, nourris, virtuoses et inspirés. Viktor Nyberg est très juste, mat et précis, avec le vrai son d’une contrebasse pratiquement non amplifiée. Et Nicolas Charlier a une batterie robuste et sonore.
Les morceaux courts s’enchaînent sans qu’on y prenne garde et le programme s’articule autour de poèmes, suavement chantés par Charlotte Wassy et présentés par Olga Almechenko : Apollinaire, Blake, Garcia Llorca, Joseph Brodsky… et tout est traduit en anglais, ce qu’on peut regretter – on n’aura ni russe, ni espagnol ni français: le sens prime sur le son. Pourtant on découvre ainsi un havresac de nouveaux standards qui renouvelle notre mémoire.
Pas de bis pour ce deuxième set de la soirée… on s’en désole! Mais on sait bien que le vendredi soir, il y a un boeuf au Jass club, qui commence à 10 h et demie: place aux jeunes…
Yvan Amar