Jazz live
Publié le 7 Nov 2012

Ambrose Akinmusire concentré sur un jazz singulier

Etait-ce l’effet de l’Election Day en cours à cette heure là outre Atlantique ? Les deux premières personnes croisées à l’entrée du club attaquaient directement hier sur l’économie : « Une affiche comme celle d’Ambrose ça fait du monde oui, heureusement d’ailleurs. Parce que bon, faire tourner un club aujourd’hui à Paris, c’est pas coton. On nous prend tellement de fric… » affirme Stéphane Portet le patron du club de la rue des Lombards une grimace au coin des lèvres.

Ambrose Akinmusire Quintet

Ambrose Akinmusire (tp), Walter Smith (ts), Sam Harris (p), Harish Ragavan (b), Justin Brown (dm)

Sunside, Paris, 6 novembre

 

« C’est vrai que tenir un établissement de ce type aujourd’hui devient compliqué, à cause des charges fixes notamment. Ces problématiques financières finissent toujours par se répercuter sur les programmations… » renchérit  Xavier Felgeyrolles qui connaît la situation et compatit sous ses trois casquettes d’agent d’artistes, de directeur de festival (Jazz en Tête, Clermont Ferrand) et producteur de disques (Space Time Records). A ce dernier titre il préfère d’ailleurs parler de sa dernière « petite entreprise » qui lui a fait « produire un disque à New York au compte de Donald Brown mais avec comme invité Kenny Garreth, Wallace Roney et Ravi Coltrane, excusez du peu…Tous trois devaient venir pour jouer sur un ou deux thèmes, question de moyens toujours évidemment. Au final ils sont présents chacun sur quatre ou cinq … T’en fais pas ce sont des copains m’a dit Donald en rigolant pour me rassurer sans doute … » Un disque au minimum donc, en préparation,  lequel devrait venir au sortir de l’hiver.

Et le concert ? Et la musique live du trompettiste américain, véritable chou chou du public français, dans cette histoire d’un soir ? Venons en au jazz donc, en partant d’un autre avis recueilli , celui de Caroline, jazz fan allemande de Paris fidèle des programmes du Sunside Sunset : « J’ai remarqué que souvent les musiciens se livrent ici davantage lors du second set. On les sent alors plus dans la place, comme libérés, tout à leur envie de donner… » La remarque vaut aussi pour l’orchestre d’Ambrose Akinmusire. Sans doute parce que la moitié de la première partie du concert fut consacrée à des nouvelles compositions un peu moins rôdées sur scène. Au total pourtant deux heures de musique ont célébré une homogénéité, une qualité individuelle autant que collective au sein du groupe. Question personnalité celle de Sam Harris ressort prioritairement à l’écoute. Trois fois lancé seul au piano il affiche une inspiration sans faille, assumant, l’air de rien et sans forcer le trait, une vraie aventure mélodique au travers d’autant de prises de risques successives (exemple d’un beau Regret no more exécuté en un face à face de sonorités très soft avec le leader) Dans son jeu fait de force tranquille et de foisonnements raisonnés Justin Brown se retrouve lui aussi placé en premier plan sans l’avoir vraiment recherché. Précision, finesse, intensité, autant de traits qui marquent son jeu à l’image de l’utilisation judicieuse des timbres de ses cymbales. Une batterie qui chante juste y compris hors partition, façon Billy Higgins, Brian Blade ou Dédé Ceccarelli, ça se remarque forcément. Singularité aussi du côté d’Ambrose Akinmusire lui même que l’on a connu plutôt explosif dans d’autres histoires musicales, l’orchestre de Michel Portal notamment. Dans le contexte de son propre quintet le jeune trompettiste affiche un calme, une volonté de respect sinon de laisser faire vis à vis de l’expression musicale de ses musiciens. Témoin sa drôle de posture entre ses interventions de soliste, assis tailleur ou carrément agenouillé au devant de la scène en position de concentration ou d’écoute absolue. Comment ne pas noter  également une volonté manifeste de sa part de rester dans le sillon de sonorités toujours empreintes de maîtrise, oscillant entre  tonalités velours très douces et prolongement du souffle servis nature, sans pic ni flèches vibrantes plantée dans des cibles d’aigue extrême. A peine l’embouchure laisse-t-elle échapper au besoin quelques frises de vibrato ou d’harmoniques travaillées. Une retenue calculée, une succession de moments d’apaisement très construits qui n’obèrent pas pour autant une certaine efficacité voire une musique gainée  question allant ou intensité, dans les unissons et échanges avec Walter Smith en particulier. Mon voisin du moment, québécois vivant depuis dix ans dans la capitale quitta la salle sur cet avis fondé « Un jazz d’une telle qualité me donne envie d’y regarder de plus près dans le programme des clubs parisiens  » Yes you can !

 

Robert Latxague

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Etait-ce l’effet de l’Election Day en cours à cette heure là outre Atlantique ? Les deux premières personnes croisées à l’entrée du club attaquaient directement hier sur l’économie : « Une affiche comme celle d’Ambrose ça fait du monde oui, heureusement d’ailleurs. Parce que bon, faire tourner un club aujourd’hui à Paris, c’est pas coton. On nous prend tellement de fric… » affirme Stéphane Portet le patron du club de la rue des Lombards une grimace au coin des lèvres.

Ambrose Akinmusire Quintet

Ambrose Akinmusire (tp), Walter Smith (ts), Sam Harris (p), Harish Ragavan (b), Justin Brown (dm)

Sunside, Paris, 6 novembre

 

« C’est vrai que tenir un établissement de ce type aujourd’hui devient compliqué, à cause des charges fixes notamment. Ces problématiques financières finissent toujours par se répercuter sur les programmations… » renchérit  Xavier Felgeyrolles qui connaît la situation et compatit sous ses trois casquettes d’agent d’artistes, de directeur de festival (Jazz en Tête, Clermont Ferrand) et producteur de disques (Space Time Records). A ce dernier titre il préfère d’ailleurs parler de sa dernière « petite entreprise » qui lui a fait « produire un disque à New York au compte de Donald Brown mais avec comme invité Kenny Garreth, Wallace Roney et Ravi Coltrane, excusez du peu…Tous trois devaient venir pour jouer sur un ou deux thèmes, question de moyens toujours évidemment. Au final ils sont présents chacun sur quatre ou cinq … T’en fais pas ce sont des copains m’a dit Donald en rigolant pour me rassurer sans doute … » Un disque au minimum donc, en préparation,  lequel devrait venir au sortir de l’hiver.

Et le concert ? Et la musique live du trompettiste américain, véritable chou chou du public français, dans cette histoire d’un soir ? Venons en au jazz donc, en partant d’un autre avis recueilli , celui de Caroline, jazz fan allemande de Paris fidèle des programmes du Sunside Sunset : « J’ai remarqué que souvent les musiciens se livrent ici davantage lors du second set. On les sent alors plus dans la place, comme libérés, tout à leur envie de donner… » La remarque vaut aussi pour l’orchestre d’Ambrose Akinmusire. Sans doute parce que la moitié de la première partie du concert fut consacrée à des nouvelles compositions un peu moins rôdées sur scène. Au total pourtant deux heures de musique ont célébré une homogénéité, une qualité individuelle autant que collective au sein du groupe. Question personnalité celle de Sam Harris ressort prioritairement à l’écoute. Trois fois lancé seul au piano il affiche une inspiration sans faille, assumant, l’air de rien et sans forcer le trait, une vraie aventure mélodique au travers d’autant de prises de risques successives (exemple d’un beau Regret no more exécuté en un face à face de sonorités très soft avec le leader) Dans son jeu fait de force tranquille et de foisonnements raisonnés Justin Brown se retrouve lui aussi placé en premier plan sans l’avoir vraiment recherché. Précision, finesse, intensité, autant de traits qui marquent son jeu à l’image de l’utilisation judicieuse des timbres de ses cymbales. Une batterie qui chante juste y compris hors partition, façon Billy Higgins, Brian Blade ou Dédé Ceccarelli, ça se remarque forcément. Singularité aussi du côté d’Ambrose Akinmusire lui même que l’on a connu plutôt explosif dans d’autres histoires musicales, l’orchestre de Michel Portal notamment. Dans le contexte de son propre quintet le jeune trompettiste affiche un calme, une volonté de respect sinon de laisser faire vis à vis de l’expression musicale de ses musiciens. Témoin sa drôle de posture entre ses interventions de soliste, assis tailleur ou carrément agenouillé au devant de la scène en position de concentration ou d’écoute absolue. Comment ne pas noter  également une volonté manifeste de sa part de rester dans le sillon de sonorités toujours empreintes de maîtrise, oscillant entre  tonalités velours très douces et prolongement du souffle servis nature, sans pic ni flèches vibrantes plantée dans des cibles d’aigue extrême. A peine l’embouchure laisse-t-elle échapper au besoin quelques frises de vibrato ou d’harmoniques travaillées. Une retenue calculée, une succession de moments d’apaisement très construits qui n’obèrent pas pour autant une certaine efficacité voire une musique gainée  question allant ou intensité, dans les unissons et échanges avec Walter Smith en particulier. Mon voisin du moment, québécois vivant depuis dix ans dans la capitale quitta la salle sur cet avis fondé « Un jazz d’une telle qualité me donne envie d’y regarder de plus près dans le programme des clubs parisiens  » Yes you can !

 

Robert Latxague

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Etait-ce l’effet de l’Election Day en cours à cette heure là outre Atlantique ? Les deux premières personnes croisées à l’entrée du club attaquaient directement hier sur l’économie : « Une affiche comme celle d’Ambrose ça fait du monde oui, heureusement d’ailleurs. Parce que bon, faire tourner un club aujourd’hui à Paris, c’est pas coton. On nous prend tellement de fric… » affirme Stéphane Portet le patron du club de la rue des Lombards une grimace au coin des lèvres.

Ambrose Akinmusire Quintet

Ambrose Akinmusire (tp), Walter Smith (ts), Sam Harris (p), Harish Ragavan (b), Justin Brown (dm)

Sunside, Paris, 6 novembre

 

« C’est vrai que tenir un établissement de ce type aujourd’hui devient compliqué, à cause des charges fixes notamment. Ces problématiques financières finissent toujours par se répercuter sur les programmations… » renchérit  Xavier Felgeyrolles qui connaît la situation et compatit sous ses trois casquettes d’agent d’artistes, de directeur de festival (Jazz en Tête, Clermont Ferrand) et producteur de disques (Space Time Records). A ce dernier titre il préfère d’ailleurs parler de sa dernière « petite entreprise » qui lui a fait « produire un disque à New York au compte de Donald Brown mais avec comme invité Kenny Garreth, Wallace Roney et Ravi Coltrane, excusez du peu…Tous trois devaient venir pour jouer sur un ou deux thèmes, question de moyens toujours évidemment. Au final ils sont présents chacun sur quatre ou cinq … T’en fais pas ce sont des copains m’a dit Donald en rigolant pour me rassurer sans doute … » Un disque au minimum donc, en préparation,  lequel devrait venir au sortir de l’hiver.

Et le concert ? Et la musique live du trompettiste américain, véritable chou chou du public français, dans cette histoire d’un soir ? Venons en au jazz donc, en partant d’un autre avis recueilli , celui de Caroline, jazz fan allemande de Paris fidèle des programmes du Sunside Sunset : « J’ai remarqué que souvent les musiciens se livrent ici davantage lors du second set. On les sent alors plus dans la place, comme libérés, tout à leur envie de donner… » La remarque vaut aussi pour l’orchestre d’Ambrose Akinmusire. Sans doute parce que la moitié de la première partie du concert fut consacrée à des nouvelles compositions un peu moins rôdées sur scène. Au total pourtant deux heures de musique ont célébré une homogénéité, une qualité individuelle autant que collective au sein du groupe. Question personnalité celle de Sam Harris ressort prioritairement à l’écoute. Trois fois lancé seul au piano il affiche une inspiration sans faille, assumant, l’air de rien et sans forcer le trait, une vraie aventure mélodique au travers d’autant de prises de risques successives (exemple d’un beau Regret no more exécuté en un face à face de sonorités très soft avec le leader) Dans son jeu fait de force tranquille et de foisonnements raisonnés Justin Brown se retrouve lui aussi placé en premier plan sans l’avoir vraiment recherché. Précision, finesse, intensité, autant de traits qui marquent son jeu à l’image de l’utilisation judicieuse des timbres de ses cymbales. Une batterie qui chante juste y compris hors partition, façon Billy Higgins, Brian Blade ou Dédé Ceccarelli, ça se remarque forcément. Singularité aussi du côté d’Ambrose Akinmusire lui même que l’on a connu plutôt explosif dans d’autres histoires musicales, l’orchestre de Michel Portal notamment. Dans le contexte de son propre quintet le jeune trompettiste affiche un calme, une volonté de respect sinon de laisser faire vis à vis de l’expression musicale de ses musiciens. Témoin sa drôle de posture entre ses interventions de soliste, assis tailleur ou carrément agenouillé au devant de la scène en position de concentration ou d’écoute absolue. Comment ne pas noter  également une volonté manifeste de sa part de rester dans le sillon de sonorités toujours empreintes de maîtrise, oscillant entre  tonalités velours très douces et prolongement du souffle servis nature, sans pic ni flèches vibrantes plantée dans des cibles d’aigue extrême. A peine l’embouchure laisse-t-elle échapper au besoin quelques frises de vibrato ou d’harmoniques travaillées. Une retenue calculée, une succession de moments d’apaisement très construits qui n’obèrent pas pour autant une certaine efficacité voire une musique gainée  question allant ou intensité, dans les unissons et échanges avec Walter Smith en particulier. Mon voisin du moment, québécois vivant depuis dix ans dans la capitale quitta la salle sur cet avis fondé « Un jazz d’une telle qualité me donne envie d’y regarder de plus près dans le programme des clubs parisiens  » Yes you can !

 

Robert Latxague

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Etait-ce l’effet de l’Election Day en cours à cette heure là outre Atlantique ? Les deux premières personnes croisées à l’entrée du club attaquaient directement hier sur l’économie : « Une affiche comme celle d’Ambrose ça fait du monde oui, heureusement d’ailleurs. Parce que bon, faire tourner un club aujourd’hui à Paris, c’est pas coton. On nous prend tellement de fric… » affirme Stéphane Portet le patron du club de la rue des Lombards une grimace au coin des lèvres.

Ambrose Akinmusire Quintet

Ambrose Akinmusire (tp), Walter Smith (ts), Sam Harris (p), Harish Ragavan (b), Justin Brown (dm)

Sunside, Paris, 6 novembre

 

« C’est vrai que tenir un établissement de ce type aujourd’hui devient compliqué, à cause des charges fixes notamment. Ces problématiques financières finissent toujours par se répercuter sur les programmations… » renchérit  Xavier Felgeyrolles qui connaît la situation et compatit sous ses trois casquettes d’agent d’artistes, de directeur de festival (Jazz en Tête, Clermont Ferrand) et producteur de disques (Space Time Records). A ce dernier titre il préfère d’ailleurs parler de sa dernière « petite entreprise » qui lui a fait « produire un disque à New York au compte de Donald Brown mais avec comme invité Kenny Garreth, Wallace Roney et Ravi Coltrane, excusez du peu…Tous trois devaient venir pour jouer sur un ou deux thèmes, question de moyens toujours évidemment. Au final ils sont présents chacun sur quatre ou cinq … T’en fais pas ce sont des copains m’a dit Donald en rigolant pour me rassurer sans doute … » Un disque au minimum donc, en préparation,  lequel devrait venir au sortir de l’hiver.

Et le concert ? Et la musique live du trompettiste américain, véritable chou chou du public français, dans cette histoire d’un soir ? Venons en au jazz donc, en partant d’un autre avis recueilli , celui de Caroline, jazz fan allemande de Paris fidèle des programmes du Sunside Sunset : « J’ai remarqué que souvent les musiciens se livrent ici davantage lors du second set. On les sent alors plus dans la place, comme libérés, tout à leur envie de donner… » La remarque vaut aussi pour l’orchestre d’Ambrose Akinmusire. Sans doute parce que la moitié de la première partie du concert fut consacrée à des nouvelles compositions un peu moins rôdées sur scène. Au total pourtant deux heures de musique ont célébré une homogénéité, une qualité individuelle autant que collective au sein du groupe. Question personnalité celle de Sam Harris ressort prioritairement à l’écoute. Trois fois lancé seul au piano il affiche une inspiration sans faille, assumant, l’air de rien et sans forcer le trait, une vraie aventure mélodique au travers d’autant de prises de risques successives (exemple d’un beau Regret no more exécuté en un face à face de sonorités très soft avec le leader) Dans son jeu fait de force tranquille et de foisonnements raisonnés Justin Brown se retrouve lui aussi placé en premier plan sans l’avoir vraiment recherché. Précision, finesse, intensité, autant de traits qui marquent son jeu à l’image de l’utilisation judicieuse des timbres de ses cymbales. Une batterie qui chante juste y compris hors partition, façon Billy Higgins, Brian Blade ou Dédé Ceccarelli, ça se remarque forcément. Singularité aussi du côté d’Ambrose Akinmusire lui même que l’on a connu plutôt explosif dans d’autres histoires musicales, l’orchestre de Michel Portal notamment. Dans le contexte de son propre quintet le jeune trompettiste affiche un calme, une volonté de respect sinon de laisser faire vis à vis de l’expression musicale de ses musiciens. Témoin sa drôle de posture entre ses interventions de soliste, assis tailleur ou carrément agenouillé au devant de la scène en position de concentration ou d’écoute absolue. Comment ne pas noter  également une volonté manifeste de sa part de rester dans le sillon de sonorités toujours empreintes de maîtrise, oscillant entre  tonalités velours très douces et prolongement du souffle servis nature, sans pic ni flèches vibrantes plantée dans des cibles d’aigue extrême. A peine l’embouchure laisse-t-elle échapper au besoin quelques frises de vibrato ou d’harmoniques travaillées. Une retenue calculée, une succession de moments d’apaisement très construits qui n’obèrent pas pour autant une certaine efficacité voire une musique gainée  question allant ou intensité, dans les unissons et échanges avec Walter Smith en particulier. Mon voisin du moment, québécois vivant depuis dix ans dans la capitale quitta la salle sur cet avis fondé « Un jazz d’une telle qualité me donne envie d’y regarder de plus près dans le programme des clubs parisiens  » Yes you can !

 

Robert Latxague