Jazz live
Publié le 5 Août 2016

Les aventures de Martial et David au château Guiraud. Avec Élodie, Alice et le paon.

Dès l’arrivée, il a braillé. Le paon du château Guiraud. On ne saura jamais pourquoi, ou pour qui. Élodie, Alice, les deux, moi peut-être ? En tous cas pendant le concert, il s’est fait entendre chaque fois que nous avons applaudi Martial Solal et David Liebman. Mais impossible de savoir s’il criaillait pour ou contre. Décidément, les signes que nous adressent les animaux sont souvent indéchiffrables. La musique aussi, d’ailleurs…

Martial Solal (p), David Liebman (ss, ts, fl)

Le morceau final, en bis, Lover Man, nous a plongés dans une immense douceur. Au terme d’un concert d’une heure et un peu plus, dans un contexte légèrement humide et assez considérablement froid, les deux instrumentistes ont joué le jeu avec flamme. Des standards comme Night And Day, par exemple, où Liebman se saisit du ténor pour le faire sonner comme Ben Webster savait si bien le faire, au point que Monsieur Solal, du coup, évoque assez bien Art Tatum. Et des pièces de la composition de l’ancien saxophoniste de Miles Davis, comme G.I.G. qui joue joliment sur le mot « gig » et sur les initiales de George et Ira Gershwin. C’est Martial qui présente ces morceaux, avec son ironie décapante. Au fond, à son âge, on dirait qu’il ne risque plus rien.

Mais… voire ! Le risque d’être là et de jouer au chat et à la souris avec Liebman n’est pas négligeable. Et puis le risque de se surprendre encore sur des pièces connues, ou au contraire de se lancer à accompagner au mieux les thèmes nouveaux. On ne peut qu’admirer, et penser à toutes les occurrences de ses rencontres avec des joueurs de saxophone soprano. Pas très nombreuses et jamais à son initiative : Bechet le 12 mars 1957, avec déjà The Man I Love, une session dans laquelle on ne sait qui admirer le plus, Bechet qui se confronte sans crainte à un jeu de piano moderne, ou Solal qui titille le sopraniste venu de Louisiane sans le déstabiliser. Et puis le 23 juin 1999, Michel Portal, mais le soprano n’est là qu’un instrument parmi d’autres. On trouve bien plus souvent des dialogues avec des altistes (Lee Konitz).

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Dave Liebman et Éric Séva

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Martial Solal montre le disque « Électrodes » à son épouse et à Dave Liebman

Après le concert, et tandis qu’Éric Séva venu en voisin dialogue en admiration et amitié avec « Lieb », je montre et fais signer à Martial le disque qu’il avait enregistré avec son trio de l’époque, des musiciens inconnus (saxes, cordes), sur des pièces de la plume de Michel Magne. Un exemplaire assez rare, Martial avoue ne pas avoir ce disque, je le dis au passage. Si d’aventure un lecteur en possède deux exemplaires… Cet homme est non seulement un pianiste exceptionnel et unique en son genre, mais il est, a été, et reste, d’une modestie confondante. Lire son livre de souvenirs c’est, entre autres, comprendre le sens profond de cette position existentielle. Car il a fait le métier, accepté ce qui se présentait, travaillé sa technique, repris son apprentissage complet une fois dans sa vie, et il est là, à 89 ans, frais, dispos, drôle, et toujours aussi peu content de lui. Et puis lucide sur son jeu, toujours prêt à expliquer en quoi consiste l’improvisation, regardez le DVD qui est sorti récemment de son duo à « Sons d’hiver » avec Bernard Lubat.

Le Château Guiraud est un Premier Cru Classé (1855) de Sauternes. Quand vous arrivez au château, vers 20.00 (le concert est prévu à 21.00) on vous accueille dans une salle commune où vous pouvez déguster le « Petit Guiraud » de l’année (second vin), manger ce que vous avez apporté, mais surtout goûter aux préparations du traiteur maison. Tout cela pour une somme assez modique. Le concert coûte 25 euros, et il est organisé dans le cadre du festival « Jazz And Wine », qui, hier soir, a bien failli se nommer « Jazz And Rain ». Come Rain Or Come Shine ?

Philippe Méziat|Dès l’arrivée, il a braillé. Le paon du château Guiraud. On ne saura jamais pourquoi, ou pour qui. Élodie, Alice, les deux, moi peut-être ? En tous cas pendant le concert, il s’est fait entendre chaque fois que nous avons applaudi Martial Solal et David Liebman. Mais impossible de savoir s’il criaillait pour ou contre. Décidément, les signes que nous adressent les animaux sont souvent indéchiffrables. La musique aussi, d’ailleurs…

Martial Solal (p), David Liebman (ss, ts, fl)

Le morceau final, en bis, Lover Man, nous a plongés dans une immense douceur. Au terme d’un concert d’une heure et un peu plus, dans un contexte légèrement humide et assez considérablement froid, les deux instrumentistes ont joué le jeu avec flamme. Des standards comme Night And Day, par exemple, où Liebman se saisit du ténor pour le faire sonner comme Ben Webster savait si bien le faire, au point que Monsieur Solal, du coup, évoque assez bien Art Tatum. Et des pièces de la composition de l’ancien saxophoniste de Miles Davis, comme G.I.G. qui joue joliment sur le mot « gig » et sur les initiales de George et Ira Gershwin. C’est Martial qui présente ces morceaux, avec son ironie décapante. Au fond, à son âge, on dirait qu’il ne risque plus rien.

Mais… voire ! Le risque d’être là et de jouer au chat et à la souris avec Liebman n’est pas négligeable. Et puis le risque de se surprendre encore sur des pièces connues, ou au contraire de se lancer à accompagner au mieux les thèmes nouveaux. On ne peut qu’admirer, et penser à toutes les occurrences de ses rencontres avec des joueurs de saxophone soprano. Pas très nombreuses et jamais à son initiative : Bechet le 12 mars 1957, avec déjà The Man I Love, une session dans laquelle on ne sait qui admirer le plus, Bechet qui se confronte sans crainte à un jeu de piano moderne, ou Solal qui titille le sopraniste venu de Louisiane sans le déstabiliser. Et puis le 23 juin 1999, Michel Portal, mais le soprano n’est là qu’un instrument parmi d’autres. On trouve bien plus souvent des dialogues avec des altistes (Lee Konitz).

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Dave Liebman et Éric Séva

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Martial Solal montre le disque « Électrodes » à son épouse et à Dave Liebman

Après le concert, et tandis qu’Éric Séva venu en voisin dialogue en admiration et amitié avec « Lieb », je montre et fais signer à Martial le disque qu’il avait enregistré avec son trio de l’époque, des musiciens inconnus (saxes, cordes), sur des pièces de la plume de Michel Magne. Un exemplaire assez rare, Martial avoue ne pas avoir ce disque, je le dis au passage. Si d’aventure un lecteur en possède deux exemplaires… Cet homme est non seulement un pianiste exceptionnel et unique en son genre, mais il est, a été, et reste, d’une modestie confondante. Lire son livre de souvenirs c’est, entre autres, comprendre le sens profond de cette position existentielle. Car il a fait le métier, accepté ce qui se présentait, travaillé sa technique, repris son apprentissage complet une fois dans sa vie, et il est là, à 89 ans, frais, dispos, drôle, et toujours aussi peu content de lui. Et puis lucide sur son jeu, toujours prêt à expliquer en quoi consiste l’improvisation, regardez le DVD qui est sorti récemment de son duo à « Sons d’hiver » avec Bernard Lubat.

Le Château Guiraud est un Premier Cru Classé (1855) de Sauternes. Quand vous arrivez au château, vers 20.00 (le concert est prévu à 21.00) on vous accueille dans une salle commune où vous pouvez déguster le « Petit Guiraud » de l’année (second vin), manger ce que vous avez apporté, mais surtout goûter aux préparations du traiteur maison. Tout cela pour une somme assez modique. Le concert coûte 25 euros, et il est organisé dans le cadre du festival « Jazz And Wine », qui, hier soir, a bien failli se nommer « Jazz And Rain ». Come Rain Or Come Shine ?

Philippe Méziat|Dès l’arrivée, il a braillé. Le paon du château Guiraud. On ne saura jamais pourquoi, ou pour qui. Élodie, Alice, les deux, moi peut-être ? En tous cas pendant le concert, il s’est fait entendre chaque fois que nous avons applaudi Martial Solal et David Liebman. Mais impossible de savoir s’il criaillait pour ou contre. Décidément, les signes que nous adressent les animaux sont souvent indéchiffrables. La musique aussi, d’ailleurs…

Martial Solal (p), David Liebman (ss, ts, fl)

Le morceau final, en bis, Lover Man, nous a plongés dans une immense douceur. Au terme d’un concert d’une heure et un peu plus, dans un contexte légèrement humide et assez considérablement froid, les deux instrumentistes ont joué le jeu avec flamme. Des standards comme Night And Day, par exemple, où Liebman se saisit du ténor pour le faire sonner comme Ben Webster savait si bien le faire, au point que Monsieur Solal, du coup, évoque assez bien Art Tatum. Et des pièces de la composition de l’ancien saxophoniste de Miles Davis, comme G.I.G. qui joue joliment sur le mot « gig » et sur les initiales de George et Ira Gershwin. C’est Martial qui présente ces morceaux, avec son ironie décapante. Au fond, à son âge, on dirait qu’il ne risque plus rien.

Mais… voire ! Le risque d’être là et de jouer au chat et à la souris avec Liebman n’est pas négligeable. Et puis le risque de se surprendre encore sur des pièces connues, ou au contraire de se lancer à accompagner au mieux les thèmes nouveaux. On ne peut qu’admirer, et penser à toutes les occurrences de ses rencontres avec des joueurs de saxophone soprano. Pas très nombreuses et jamais à son initiative : Bechet le 12 mars 1957, avec déjà The Man I Love, une session dans laquelle on ne sait qui admirer le plus, Bechet qui se confronte sans crainte à un jeu de piano moderne, ou Solal qui titille le sopraniste venu de Louisiane sans le déstabiliser. Et puis le 23 juin 1999, Michel Portal, mais le soprano n’est là qu’un instrument parmi d’autres. On trouve bien plus souvent des dialogues avec des altistes (Lee Konitz).

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Dave Liebman et Éric Séva

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Martial Solal montre le disque « Électrodes » à son épouse et à Dave Liebman

Après le concert, et tandis qu’Éric Séva venu en voisin dialogue en admiration et amitié avec « Lieb », je montre et fais signer à Martial le disque qu’il avait enregistré avec son trio de l’époque, des musiciens inconnus (saxes, cordes), sur des pièces de la plume de Michel Magne. Un exemplaire assez rare, Martial avoue ne pas avoir ce disque, je le dis au passage. Si d’aventure un lecteur en possède deux exemplaires… Cet homme est non seulement un pianiste exceptionnel et unique en son genre, mais il est, a été, et reste, d’une modestie confondante. Lire son livre de souvenirs c’est, entre autres, comprendre le sens profond de cette position existentielle. Car il a fait le métier, accepté ce qui se présentait, travaillé sa technique, repris son apprentissage complet une fois dans sa vie, et il est là, à 89 ans, frais, dispos, drôle, et toujours aussi peu content de lui. Et puis lucide sur son jeu, toujours prêt à expliquer en quoi consiste l’improvisation, regardez le DVD qui est sorti récemment de son duo à « Sons d’hiver » avec Bernard Lubat.

Le Château Guiraud est un Premier Cru Classé (1855) de Sauternes. Quand vous arrivez au château, vers 20.00 (le concert est prévu à 21.00) on vous accueille dans une salle commune où vous pouvez déguster le « Petit Guiraud » de l’année (second vin), manger ce que vous avez apporté, mais surtout goûter aux préparations du traiteur maison. Tout cela pour une somme assez modique. Le concert coûte 25 euros, et il est organisé dans le cadre du festival « Jazz And Wine », qui, hier soir, a bien failli se nommer « Jazz And Rain ». Come Rain Or Come Shine ?

Philippe Méziat|Dès l’arrivée, il a braillé. Le paon du château Guiraud. On ne saura jamais pourquoi, ou pour qui. Élodie, Alice, les deux, moi peut-être ? En tous cas pendant le concert, il s’est fait entendre chaque fois que nous avons applaudi Martial Solal et David Liebman. Mais impossible de savoir s’il criaillait pour ou contre. Décidément, les signes que nous adressent les animaux sont souvent indéchiffrables. La musique aussi, d’ailleurs…

Martial Solal (p), David Liebman (ss, ts, fl)

Le morceau final, en bis, Lover Man, nous a plongés dans une immense douceur. Au terme d’un concert d’une heure et un peu plus, dans un contexte légèrement humide et assez considérablement froid, les deux instrumentistes ont joué le jeu avec flamme. Des standards comme Night And Day, par exemple, où Liebman se saisit du ténor pour le faire sonner comme Ben Webster savait si bien le faire, au point que Monsieur Solal, du coup, évoque assez bien Art Tatum. Et des pièces de la composition de l’ancien saxophoniste de Miles Davis, comme G.I.G. qui joue joliment sur le mot « gig » et sur les initiales de George et Ira Gershwin. C’est Martial qui présente ces morceaux, avec son ironie décapante. Au fond, à son âge, on dirait qu’il ne risque plus rien.

Mais… voire ! Le risque d’être là et de jouer au chat et à la souris avec Liebman n’est pas négligeable. Et puis le risque de se surprendre encore sur des pièces connues, ou au contraire de se lancer à accompagner au mieux les thèmes nouveaux. On ne peut qu’admirer, et penser à toutes les occurrences de ses rencontres avec des joueurs de saxophone soprano. Pas très nombreuses et jamais à son initiative : Bechet le 12 mars 1957, avec déjà The Man I Love, une session dans laquelle on ne sait qui admirer le plus, Bechet qui se confronte sans crainte à un jeu de piano moderne, ou Solal qui titille le sopraniste venu de Louisiane sans le déstabiliser. Et puis le 23 juin 1999, Michel Portal, mais le soprano n’est là qu’un instrument parmi d’autres. On trouve bien plus souvent des dialogues avec des altistes (Lee Konitz).

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Dave Liebman et Éric Séva

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Martial Solal montre le disque « Électrodes » à son épouse et à Dave Liebman

Après le concert, et tandis qu’Éric Séva venu en voisin dialogue en admiration et amitié avec « Lieb », je montre et fais signer à Martial le disque qu’il avait enregistré avec son trio de l’époque, des musiciens inconnus (saxes, cordes), sur des pièces de la plume de Michel Magne. Un exemplaire assez rare, Martial avoue ne pas avoir ce disque, je le dis au passage. Si d’aventure un lecteur en possède deux exemplaires… Cet homme est non seulement un pianiste exceptionnel et unique en son genre, mais il est, a été, et reste, d’une modestie confondante. Lire son livre de souvenirs c’est, entre autres, comprendre le sens profond de cette position existentielle. Car il a fait le métier, accepté ce qui se présentait, travaillé sa technique, repris son apprentissage complet une fois dans sa vie, et il est là, à 89 ans, frais, dispos, drôle, et toujours aussi peu content de lui. Et puis lucide sur son jeu, toujours prêt à expliquer en quoi consiste l’improvisation, regardez le DVD qui est sorti récemment de son duo à « Sons d’hiver » avec Bernard Lubat.

Le Château Guiraud est un Premier Cru Classé (1855) de Sauternes. Quand vous arrivez au château, vers 20.00 (le concert est prévu à 21.00) on vous accueille dans une salle commune où vous pouvez déguster le « Petit Guiraud » de l’année (second vin), manger ce que vous avez apporté, mais surtout goûter aux préparations du traiteur maison. Tout cela pour une somme assez modique. Le concert coûte 25 euros, et il est organisé dans le cadre du festival « Jazz And Wine », qui, hier soir, a bien failli se nommer « Jazz And Rain ». Come Rain Or Come Shine ?

Philippe Méziat