Biarritz: Septeto Santiaguero, festival afro-cubain
Festival Biarritz Amérique Latine, Gare du Midi, Biarritz (64200), 30 septembre
Fernando Dewar Webster (tres), Inocencio Heredia, Girardo Bravo (voc,perc), Delvis Yirat (g), Carlos danger, Yoilan Zamora (perc), Pedro Dominico (b), Alain Dragoni (tp)

Ça pourrait paraître juste un fait du jour, de la nuit plutôt. Pourtant à l’évidence chaque concert qui marque d’une année sur l’autre ce festival consacré à l’image se termine par une démonstration collective de danse transformant le pied de la scène de la Gare du Midi en dance floor improvisé. Ce soir là la prestation du combo cubain titulaire des lieux emblématiques de Santiago, ville ès-musique cubaine, La Casa de la Trova ou La Casa de la Musica n’a surtout pas dérogé à la…tentation. Conséquence des montées de chaleurs typiques au son montuno ou son d’oriente importés des terres de l’île. Avec en substrat démultiplicateur un rythme de base chaloupé, syncope de la fameuse clave, innervé d’un chant en mix appel/réponse (Vamos pa’la fiesta) La basse chauffe le tout conséquemment chevauchant temps forts ou contretemps tel un fer rougeoyant sur la forge. Et déjà ça danse ferme côté gauche, au pied des escaliers de secours…Le reste passe, au choix, via les assauts d’une trompette en tutti d’aigües,motifs de contrechants furieux. Ou quand le cuatro, cette guitare singulière à quatre cordes marque déposée du son cubain se met à chanter à son tour, tissant en une improvisation enjouée autant de points mélodiques à partir du métier consommé de Fernando Deware, leader historique de l’orchestre.

Le septeto voyage de longue date depuis Cuba vers tous les continents ou presque. Il trimballe dans son répertoire des compositions référencées dans l’histoire de la chanson cubaine. Lagrimas Negras, composition devenue un hit signé Miguel Matamoros enregistrée notamment avec la voix de la légende portoricaine, Ruben Blades, place sur le devant la scène en accompagnement de voix langoureuses, guitares, jets de trompette appuyés sur le tapis de rebonds souples des tambours. Ou encore, en reprise de la succes story du Buena Vista Social Club, une version très fidèle de Que le den la candela. Plus dans un titre qui résume la production propre du groupe un dit Popurri de el Septeto de Santiago, facteur de rumba ou de guaracha propices à un déhanchement festif sous l’impact métronomique des tambours,congas et autres tumbadoras, aidés du métal tonitruant des frappes de cloches métalliques Et ça ne manque pas, évidemment: dans la salle devenue de baile, à Biarritz comme sans doute ailleurs, la vague de danse, mouvante, sensuelle se propage des deux côtés puis au centre de la Gare du Midi.


On aura droit aussi à un ou deux boléros (Los ejes de mi carreta) histoire de ralentir le rythme et profiter de la suavité de la mélodie. Avant un final où la pulsion afro-cubaine reprendra son leadership. « Vamos a bailar » annonce le chanteur Giraldo Bravo dit « El Flaco » en sautant lestement au milieu des danseurs et danseuses (surtout) dès les premières mesures du concluant Esa Familia, motif poyrythmique lancé en engrenage de pas accélérés sur le plancher biarrot. Il y est certes question d’oublier les cataclysmes potentiels de la vie quotidienne cubaine. Mais à ce moment précis sur comme au bas de la scène, brûle avant tout le feu de la danse à tout prix…
Robert Latxague