Bobby Sparks II au New Morning - Jazz Magazine
Jazz live
Publié le 26 Juin 2026

Bobby Sparks II au New Morning

23 juin 2026

Originaire du Texas, le clavier Bobby Sparks II fait ses débuts sur la riche scène gospel locale, notamment dans l’entourage de la star du genre Kirk Franklin, avant de rejoindre le monde séculier au sein du RH Factor de Roy Hargrove et du groupe de Marcus Miller puis d’intégrer la galaxie Snarky Puppy, tout en croisant, sur scène et sur disque, la route de George Benson, Lalah Hathaway, Diane Reeves, India Arie, Lizz Wright et même Prince. Il mène en parallèle une carrière personnelle discrète, avec trois albums sous son nom – le dernier est paru en 2022 – et des tournées régulières, qui sont passées à plusieurs reprises par la scène du New Morning.

Cette nouvelle visite dans le club – où les ventilateurs tentent vaillamment de faire baisser la température de quelques degrés – le voit se présenter avec un trio de pointures habitués de son univers : le saxophoniste Keith Anderson, qu’il a régulièrement côtoyé (chez Franklin, Hargroove et Miller notamment), le bassiste Jay McK et le batteur Adarian Roberts.

Pas de phase d’observation : dès son arrivée sur scène, l’ensemble joue vite et fort, à la grande satisfaction de leurs fans, qui ambiancent de leur enthousiasme une fosse bien remplie. Plus qu’à un concert au sens strict du terme, c’est à une jam session de haut niveau qu’est invité le public. Si quelques thèmes émergent ponctuellement (le Hardgroove de Roy Hargrove, occasion d’un salut au « parrain » Bernard Wright qui l’avait composé, le classique Honky Tonk de Bill Doggett…), le jeu tourne essentiellement autour de solos à rallonge que se partagent équitablement les musiciens, qui rivalisent de virtuosité… quitte parfois à se complaire dans des acrobaties  qui privilégient, à mon sens, le spectaculaire, voire l’esbrouffe, à la musique. Le batteur Adiarian Roberts, en particulier, semble ne pas pouvoir laisser passer un temps sans jouer, au risque de noyer ses partenaires. Mais la majorité du public, massée devant la scène, ne semble pas s’en plaindre et acclame chaque solo avec enthousiasme. Sparks, qui semble se considérer plus comme un membre du groupe que comme un leader, déploie de son côté la richesse de sa palette sur les différents claviers à sa disposition, s’offrant en particulier quelques beaux passages à l’orgue. Dommage cependant qu’il n’ait pas eu recours au piano de la salle…

Les contraintes de la vie quotidienne – et une certaine saturation – m’obligent à abandonner le show après le premier set, mais sans regretter le temps passé à entendre une musique, quoi qu’il en soit, à l’incontestable vitalité.

Frédéric Adrian