Bruno Ducret en Trio ‘Catastrophes’ au Triton - Jazz Magazine
Jazz live
Publié le 9 Mar 2026 • Par Xavier Prévost

Bruno Ducret en Trio ‘Catastrophes’ au Triton

Un projet tout neuf, après un tour de chauffe en décembre dernier à l’Atelier du Plateau. Un trio à cordes d’une nomenclature plutôt inusitée : deux violoncelles et une contrebasse

photo Maxim François

Bruno Ducret et Fanny Lasfargues sont deux personnalités familières pour le monde du jazz et de son entour 

photo Maxim François

La violoncelliste québécoise Émilie Girard-Charest, formée à Montréal puis à Lyon, est plus souvent sur les scènes de musique contemporaine

photo Maxim François

L’idée conductrice de ‘Catastrophes’, c’est un répertoire à entrées multiples, qui bifurque au fil du concert, en fondu enchaîné d’un thème à l’autre, avec des choix pluriels selon le schéma ci-dessous,distribué au public, et avec des espaces d’improvisation

CATASTROPHES’

Bruno Ducret & Émilie Girard-Charest (violoncelles, voix), Fanny Lasfargues (contrebasse, voix)

Les Lilas, Le Triton, 7 mars 2026, 20h30

photo Maxim François

Le concert commence par un ostinato rythmique des deux violoncelles, tandis que la contrebasse suit une autre voie. Puis un seul maintient la pulsation, tandis que d’autres chemins s’esquissent chez les musiciennes. Une douce consonance chambriste s’installe, alors que progressivement des tensions harmoniques entraînent la musique vers les dissonances. Le consonant, c’est le plaisir ; le dissonant c’est la jouissance. Un peu comme lorsque Thelonious Monk écrase simultanément le do et le do dièse : un frisson canaille s’empare de nous. Consonance et dissonance se côtoient, se jaugent, s’affrontent et s’unissent le cas échéant : c’est la vie même. Et la voix se joint aux instruments : chant, cris, vociférations gutturales…. La palette s’étoffe. Et toujours le soin jaloux de la musique, ouvragée avec précision, et passion. On parcourt une foule d’univers, de modes de jeu et de fantaisies. Nulle catastrophe dans ces rebonds et bifurcations, rien que le plaisir du jeu, et pour nous celui de l’écoute. Nulle catastrophe au sens tragique. Mais plutôt le dénouement, ou le retour vers la source d’un cycle. Quelque sens que nous donnions à ce mot, je retiens que ce concert nous a réjouis par ses subtilités, ses audaces et ses surprises : ce n’est pas ‘la cata’ : c’est un pur bonheur.

Xavier Prévost