Catherine Delaunay célèbre Octave Mirbeau.
Ce soir, au Souffle Continu, rue Gerbier dans le 11e arrondissement de Paris, Catherine Delaunay présentait son nouveau disque “L’Homme des Damps” produit chez Nato par Jean Rochard.
Le Souffle Continu, un disquaire-libraire hors du commun, au service de “l’indépendance” musicale. Sous un mur couvert des pochettes des rééditions Souffle Continu Records consacrées à ces musiques aujourd’hui oubliées (Cohelmec, Dharma, Matchi Oul, François Tusques, Siegfried Kessler, Jef Gilson, François Jeanneau…) qui s’improvisèrent en France dans les années 1970, préfigurant bien des aventures à venir, la clarinettiste Catherine Delaunay interpréta-improvisa, avec son compagnon le saxophoniste Pascal Van den Heuvel, les musiques que lui inspira la découverte d’un voisin inattendu, hélas décédé depuis plus d’un siècle, Octave Mirbeau (1848-1917) qui vécut dans un domaine auprès de chez eux. De ce lieu, ce journaliste, écrivain, pamphlétaire, fit un rendez-vous des arts, de la pensée progressiste, avec la nature. “L’homme des Damps” – puisque les Damps est le nom donné localement à cette géographie où se trouvait son domaine – est le titre de cet album qui est aussi un petit livre réunissant une admirable portrait de notre humaniste et le détail des instrumentistes, vocalistes et récitante – qui se succèdent, s’assemblent et se dispersent tout au long des crédits artistiques, de solo en fanfare. Catherine Delaunay se voit ainsi invitée par Jean Rochard à renouer avec les réussites du siècle dernier sur le même label des “Voix d’Itxassou” autrefois commandé à Tony Coe ou “Oyaté” à Tony Hymas. Je filais à l’anglaise, sitôt le petit récital achevé, pressé de me préparer demain matin pour un départ en Bretagne… qui me fera manquer jeudi prochain le concert à l’Atelier du Plateau d’un nouveau trio réunissant Catherine Delaunay, Sophia Domancich et Vincent Courtois. Franck Bergerot