Dix huitième édition de Jazz à St Rémy du 17 au 19 septembre
Dix-huitième édition de Jazz à St Rémy du 17 au 19 septembre : des New Sketches of Spain à la Dolce Vita
En ce week end de septembre, c’est un plaisir que de retrouver St Rémy au coeur du triangle d’or des Alpilles, dans le Parc Naturel Régional, à courte distance d’Arles et d’Avignon pour la dix-huitième édition du festival de jazz et les Journées du patrimoine. Le jazz a sa place dans ce festival bon enfant, emmené jusqu’à présent par Bernard Chambre qui en assurait la direction artistique et pris en charge par une équipe formidable de bénévoles, tous à leur poste avec efficacité et générosité pour que ces soirées soient réussies!
Le festival existe sous sa forme actuelle depuis que les bénévoles de l’association Jazz à St Rémy sous l’impulsion de Bernard Chambre et d’Alain Brunet ont oeuvré à sa mise en place en 2008. Cette année c’est d’ailleurs Alain Brunet, par ailleurs responsable de Jazz en Tech à Céret dans les Pyrénées Orientales qui en assume la présidence.
Des animations apéro swings avec des groupes locaux de talent sont prévues chaque soir dès 19 heures sur le parvis de l’Alpilium, la salle de concert.
Vendredi 18 Septembre, l’Alpilium, 20h 30
Erik Truffaz (tp), Antonio Lizana (voc, as, fl). Renaud Gabriel Pion (bcl)) Oscar Lago (g), Arin Keshishi (elb) Manuel de la Torre (dm), Vincent Thomas (perc) Sara Sanchez (danse) + guest star Louis Winsberg (elg)

En cette année du centenaire de la naissance de Miles Davis, les hommages n’ont pas tardé à pleuvoir sur la planète jazz mais il en est un qui a particulièrement retenu notre attention, la recréation des Sketches of Spain, enregistré en novembre 1959 et en mars 1960 avec des compositions et des arrangements de Gil Evans (album Masterpiece sur le label Columbia). Considéré comme l’un des grands albums de Miles juste après Kind Of Blue de 1959 où figurait déjà une composition de Bill Evans « Flamenco Sketches », s’il a rencontré quelques critiques à l’époque, car très écrit et laissant peu de place à l’improvisation, correspondait à un engouement général pour la musique espagnole et plus généralement les folklores. N’était -il pas l’ouverture du jazz aux musiques du monde ? Sketches of Spain s’aventurait du côté des musiques « ethniques » ( l’effet Alan Lomax) et le producteur Georges Avakian engagea Gil Evans pour des arrangements spécifiques comme ce solo de flûte de pan recueilli par Alan Lomax en 1953 en Galice chez un éleveur de porcs, qui devint logiquement « Pan Piper ». Gil Evans connaissait et s’entendait bien avec Miles, de quatorze ans son cadet. Nous entendions le même son, pas forcément les détails avouait-il et Miles de renchérir : « il a une si grande compréhension de ce que je veux dire que que ça sonne exactement comme je l’imaginais » Entente parfaite qui se concrétisa par quatre albums en collaboration Miles ahead, Porgy and Bess, Sketches of Spain et Quiet Nights. L’écoute de Cante Jondo andalou inspira à Gil Evans « Solea » qui plut à Miles découvrant ces musiques liées à la tradition populaire espagnole (notamment le Concierto de Aranjuez de Joaquin Rodrigo en 1939 qui occupe toute la face A du disque). Fasciné par certaines expressions du patrimoine culturel espagnol comme la « saeta » , genre musical chanté dans les rues de Séville du haut des balcons pendant les processions et fanfares de la Semaine sainte, il s’enthousiasma pour le flamenco. D’autant que la poésie de Garcia Lorca, traduite par Langston Hughes, intellectuel de la Harlem Renaissance dressait un parallèle entre blues et flamenco. Ces trois morceaux furent enregistrés en mars 1960 ainsi que « Will O The Wisp » d’après la musique du ballet de Manuel de Falla El amor brujo sur lequel Miles jouait à la trompette la partie de guitare qui pouvait prendre une dimension vocale plutôt exceptionnelle dans un album instrumental. Un Noir de St Louis pensant comme un Espagnol voire un matador… Voilà qui amusait Miles, on s’en doute, il alla jusqu’à faire figurer (par son dessinateur-costumier de l’époque) sur la pochette de l’album une silhouette cambrée qui devint son logo de Miles chez Columbia. Tout ce passage s’adosse au livre de l’expert Franck Bergerot Miles de A à Z chez Castor Music en 2012.
Le numéro spécial de mai 2026 de Jazz Magazine consacré à Miles est très éclairant sur ces New Sketches of Spain, le nouveau projet du trompettiste franco-suisse Eric Truffaz et du saxophoniste chanteur andalou Antonio Lizana, révélation de ces dernières années depuis son passage à la Scène Musicale dans un hommage à Paco de Lucia. C’est d’ailleurs François Lacharme, programmateur de la Scène musicale qui suggéra l’idée de ces « Nouvelles Esquisses d’Espagne», une réécriture singulière de cette musique. C’est à une performance scénique, un coup réussi pour cette formation de sept musiciens et une danseuse flamenca ( plus sur les derniers titres le guitariste Louis Winsberg venu en régional de l’étape). Une transposition ce soir au coeur des Alpilles de la musique « espagnole » du Prince des Ténèbres, qui aimait tant, selon les mots de Fredéric Goaty dans son éditorial, suivre des directions en musique dont lui seul (et encore!) savait où elles allaient le mener.

Avec l’ andalou de Cadiz, autant cantaor flamenco » que saxophoniste jazz et la danse enflammée “baile” de Sara Sanchez aux costumes chatoyants, Erik Truffaz a mis au point un spectacle total. Il est sans doute le trompettiste au son droit, clair qui a su rendre hommage à Miles d’une certaine façon à travers ses disques, depuis ses débuts. Je me souviens de son premier succès, puis à l’orée du siècle de son Bending New Corners ( Blue Note) accompagné du chanteur hip hop Nya, dans une orientation électro-jazz, sur d’envoûtants drum’n’ bass. Il a enchaîné depuis des projets sérieusement réfléchis, des plus créatifs comme El Tiempo De La Revoluciòn toujours sur Blue Note . S’il a pu faire penser parfois dans le jeu éthéré, une certaine attitude à son idole, il partage avec le jeune saxophoniste alto Antonio Lizana ce goût des mélanges de styles et des formations. Cet été, les spectateurs chanceux de Jazz à Vienne et du festival de Radio France à Montpellier il a joué un rôle décisif dans l’orchestre de Maria Schneider en Europe pour ces deux seules dates!

L’intérêt réel de ce projet est de pousser bien plus loin que Miles Davis et Gil Evans leur vision de la musique espagnole. Sketches of Spain donnait une version très personnelle, fantasmée sans doute, ancrée dans une certain sens du tragique, du « cante jondo », de la « saeta », d’une certaine solennité de la tradition. S’entourer de musiciens espagnols et d’une danseuse flamenca à la gestuelle étonnante, très personnelle dans son ressenti de la musique, c’est revenir avec une certaine légitimité voire une authenticité au coeur de cette musique. J’avoue avoir été bluffée par la succession de tableaux sonores et visuels, l’ explosion de sons, de chants et de couleurs qui évoquent la magie de la corrida, Picasso autant que le jazz. En jouant des traditionnelles flamencas, bulerias et autres danses sévillanes, ces nouvelles esquisses font dialoguer une Espagne rêvée avec la vraie, celle du flamenco et des Noces de sang de Lorca. Lizana plonge au cœur même du « cante jondo » avec ce sens du « duende » que je ne saurais définir mais qu’il a assurément.

Tête renversée, yeux clos, le four de sa bouche grand ouvert, comme aveugle, la voix étrange de Lizana s’élève, imposant sa couleur, son cri rauque, plainte, muée en plainte, gémissement, renforcée par les improvisations fougueuses, expressionnistes qu’il enchaîne sans transition. Il cultive les deux traditions, réunit les deux mondes, connaît les deux langages. Il chante, crie, stratosphérise avec son instrument s’accompagnant volontiers de palmas. Le rythme l’emporte avec le pilonnement continu du très jeune batteur (21 ans ) Manuel de la Torre et du percussionniste Vincent Thomas, par ailleurs tourneur ! Que dire quand Sara Sanchez, si charnelle, entre en scène, sautant littéralement sur le parquet prévu en faisant claquer ses talons.


Plus encore qu’à la danseuse flamenca (façon Carmen ou Noces de sang de Carlos Saura et Antonio Gades son chorégraphe, réunissant la nouvelle de Mérimée, l’opéra de Georges Bizet aux danses flamencos de Paco de Lucia…) elle évoque le combat du torero dans l’arène qui affronte le taureau, elle provoque en se rapprochant dangereusement de la corne saxophone de Lizana.


Mais de l’autre côté de la scène, veillent le trompettiste et le clarinettiste basse suisse, apparemment impassible, Renaud Garcia Pons, auteur du formidable travail d’arrangement des timbres, dans un éclatement de formes saisissant de l’orchestre. Ainsi la set list comporte pas moins de treize ou quatorze titres fragmentés à partir des compositions de l’original quatre ou cinq, le concierto occupant toute la face A du disque de Miles).

« Aranjuez » commence le programme et si on peut craindre d’entendre l’adagio tellement repris par des jazzmen dont Chick Corea, et même Richard Anthony, la guitare classique, espagnole expose le thème magnifiquement. Erik Truffaz coiffé de son lesterien « pork pie hat », entre en scène et attaque son premier solo, avant que ne résonne celui d’ d’Antonio Lizana plus tendu. Cadence, phrases ascendantes sur la pulsation. En fait le « concierto » est éclaté en trois fragments avec un « Aranjuez Dream » au centre qui reprend quelque peu El Tiempo De La Revoluciòn».

Puis c’est « Rocas » de Renaud Gabriel Pion, emporté au-dessus du tremplin rythmique, une cavalerie fièvreuse, cavalcade où Antonio Lizana s’élance avant de dialoguer avec la trompette plus aigüe.
« Saeta » a Papà annoncée par Lizana est nettement plus imprégné de l’esprit flamenco, ce titre de Sketches of Spain est repris dans une version plus que recomposée. « The Pan Piper » initial, commencé à la clarinette basse au boisé renforcé est intitulé « Swann », se poursuivant tout naturellement à la flûte avec des effets électroniques, de l’écho ( il y en aura très peu ) que lance Eric Truffaz.
Difficile de toute se remémorer. Me vient en mémoire un duo frénétique chant sax danse. Et c’est l’entracte, une première ? annonce Eric Truffaz ce qui permet à tous de souffler, à la tension de retomber quelque peu.
J’ai cru reconnaître quand le spectacle reprendra dans « Hechicero » quelques échos de « l’Amour Sorcier » ( El amor Brujo) le ballet de Manuel de Falla, devenu chez Miles The Will o Wisp où les gémissements étranges et malaisants parfois de Lizana,entretiennent un échange « call response » avec la trompette puis c’est encore un numéro de danse époustouflant ( je ne m’en lasse pas) qui s’apparente à des claquettes.
« Homage to Solea », cette figure du flamenco que je ne saurais décrire autrement que par un ralentissement, comme un ressenti en profondeur.
Dans « Le Soleil d’ Eline », de Truffaz en l’honneur de sa fille, Louis Winsberg entre en scène, ajoutant l’électrique de sa guitare à celle incroyable de Oscar Lago juste avant le final. Tous les soufflants unis, soit trois lignes qui se croisent nuançant les timbres du grave à l’aigu. Ce New Sketches of Spain déstructuré, recomposé a comme son modèle ouvert le jazz à certaines traditions de la musique espagnole et gitane, se jouant de l’ombre et de la lumière écrasantes dans une arène de Séville. Respectant le tragique de ces combats à Mort dans l’après midi.
Samedi 19 Septembre, l’Alpilium, 20h.30
Stefano Di Battista (as, ss), Matteo Cutello (tp), Fred Nardin (p), Daniele Sorrentino (b), André Ceccarelli (dm)
Après l’ Andalousie revisitée au soleil noir de Miles, on part en terre italienne avec le plus romain des Italiens qui vivent en France, Stefano Di Battista, saxophoniste alto et soprano virtuose. Et ce qualificatif si décrié n’est pas de trop en ce qui le concerne. Va-t-on s’acheminer vers un Espagne/ Italie, revivre un match qui n’a pas eu lieu puisque certains auront beau jeu de proclamer que l’Espagne est championne du Monde alors que l’Italie a raté sa sélection ?Je n’entrerai pas dans le débat car pour apprécier cette Dolce Vita du quintet de Di Battista, cela aide d’ avoir du sang italien, d’ aimer tout à la fois, le bel canto, l’opéra, les chansons napolitaines et … la musique de films. Cet histrion volubile, plus sérieux qu’il n’y paraît quand on le voit s’agiter en scène, a réuni un quintet de rêve qui met en valeur le projet aidé par le pianiste Fred Nardin aux arrangements de ces morceaux repris de la tradition musicale italienne. Sans le solennel voire le tragique de la musique et danse flamenca. Des tempéraments latins qui s’affrontent, s’opposent assurément.

Stefano Di Battista joue d’expérience, lui qui a appris le métier dans la variété avant de venir en France encouragé par le pianiste Jean Pierre Como. Adoubé par Aldo Romano et appelé par Laurent Cugny, il participa à l’ ONJ de 1994 avec son compatriote le trompettiste Flavio Boltro. Sideman reconnu, c’est sur scène, dans l’instant, qu’il sait transporter le public car il est avant tout un musicien de jazz, un saxophoniste dont le timbre, le phrasé, l’élégance s’imposent avec des aigus acérés qui enlèvent toute joliesse, toute mièvrerie à ses cansonette populaires.

On ne sait jamais comment prendre ses facéties, il s’agenouille, devant « papa », André Ceccarelli, qui, imperturbable, tient la baraque, nous assenant des chabada qu’on entend plus guère. La batterie jazz diablement efficace . Oui, pas de problème, Laissez entrer sa majesté le jazz.
Di Battista poursuit son hommage aux grands compositeurs de la musique italienne « grandissimi musicisti », les superlatifs abondent dans cet italien français accessible, emphatique et comique. S’il n’était un immense musicien de jazz, il pourrait incarner l’un de ces acteurs inoubliables de la comédie italienne des années soixante, jamais exempte d’un fort esprit d’auto-dérision. Il a tout de l’entertainer et il lui faudrait un partenaire, comme Frank Sinatra avec Dino Martin qui pouvaient bavarder, plaisanter et augmenter la durée du show à Vegas au Sands pour la plus grande joie du public. Avec le jeune trompettiste sicilien, Matteo Cutello, salué par le maestro Enrico Rava, parti faire ses classes à Boston avec son jumeau saxophoniste, Di Battista adopte une esthétique de bop /hard bop en une front line impeccable, lui laissant souvent les clés de la maison.

« Tu vuὁ fa l’americano» commence allègrement le programme, une « cansoneta napoletana » de Renato Carosone de 1956, entre swing et tarentelle, ironisant sur la fascination de la jeunesse d’après guerre pour le mode de vie américain, les ragazzi se pavanant au volant d’immenses américaines. Sur le final les deux soufflants rivalisent dans des aigus acérés et growlent de bon coeur comme les klaxons de la rue. Puis commence un hommage au cinéma et au film palmé à Cannes de Roberto Begnini (qui ne tourne plus depuis longtemps ) La vita è bella, à qui certains reprochèrent d’avoir représenté les camps. Un moment enthousiasmant, sur un up tempo, les soufflants jouent le thème oscarisé de Nicola Piovani en 1999, l’un des grands compositeurs à qui on doit la B.O des films de Fellini Ginger et Fred, mais aussi le Caro Diario de Nanni Moretti. Fred Nardin ajoute un solo brillant.
On enchaîne avec la mélodie de Caruso, le tube de Lucio Dalla. Il y a deux ans, ici même, avec ces complices de Lucky ones, en hommage au regretté Sylvain Luc, Stefano di Battista était arrivé nonchalamment sur scène, accueilli par une voix féminine qui lui lançait Te voglio bene assai à quoi il répliqua en chantant ce Caruso de Lucio Dalla. Le ton était donné, le concert fut joyeux. Le solo de trompette de Matteo Cuttello déplie toutes les nuances de la mélodie. L ‘écriture est conçue pour favoriser les échanges complices, chacun ayant un espace de jeu nettement défini dans lequel il peut évoluer et se faire entendre s’il souligne la mélodie, souveraine. Nardin reprend le thème et Di Battista revient au soprano, la rythmique soutenant par un délicat jeu des balais sur la caisse claire. Toujours en première ligne, Matteo Cutello entame un Via con me chaleureux, entraînant, arrangé d’après le tube de Paolo Conte.
Ce soir, Stefano di Battista qui connaît la chanson modifie le répertoire, ressort des pépites qui ne figurent pas sur l’album enregistré en 2024 chez Warner. Il connaît son Morricone par coeur- celui-ci a tout de même écrit plus de cinq cent bandes originales, lui a dédié un album entier Morricone Stories, et il reprend seul la mélodie émouvante du dernier film de Sergio Leone C’era una volta in America, le thème de Deborah’s, lyrique et pourtant dépouillé qu’ont joué violoncellistes, pianistes, chanteurs lyrique ou pop. On pense au documentaire de Giuseppe Tornatore qui retrace dans Ennio les liens entre musique et cinéma, ses doutes quant à sa légitimité…
Fred Nardin enchaîne une autre mélodie nettement moins connue de Morricone « Apertura della Caccia » tirée du Novecento de Bertolucci, rejoint par Di Battista au soprano qui rend l’atmosphère dramatique et rurale de la chasse. Et c’est au tour du très grand Armando Trovajoli dans ce titre étrange du répertoire romain « Roma non fa la stupida stasera », supplique romantique adressée à la ville, prenant la lune, les étoiles et le vent ponentino comme complices pour séduire sa belle. Ce pianiste de jazz élégant qui accompagna les jazzmen de passage, Chet Baker, Duke Ellington aimait s’aventurer dans l’intime et la fragilité des sentiments et il composa les thèmes de Parfum de femme, d’ Une journée particulière, de Nous nous sommes tant aimés, les comédies amères, ironiques et si humaines de Risi, Scola…Mélancolie des thèmes choisis que vient renforcer à la guitare un autre Italien, le guitariste Vittorio Silvestri. Pour finir avant de reprendre la « Dolce Vita » de Nino Rota, pour une aubade dans les gradins de chaque côté de la scène avec le trompettiste, on entend l’un des thèmes les plus connus d’Ennio The Good, the Bad and the Ugly avec les cris de coyote qui transformèrent significativement ce thème musical. Où Stefano prend même des accents coltraniens.
Il est certain qu’il aime improviser, inventer, relier toutes ces mélodies avec cette sprezzatura, qualité italienne difficilement traduisible, cette décontraction qui n’exclut pas un grand professionnalisme. Avec style et tempérament, Di Battista joue tout le temps, à tous les sens du terme, enchaîne les idées avec volubilité laissant son lyrisme déborder. Il trouve dans l’ inspiration du moment des histoires à raconter. Tout se joue dans un échange permanent, ludique, au fil des idées de chacun, faisant en sorte que la musique soit celle que l’on attendait… C’est la cohésion, la musicalité et la vivacité de ce groupe que l’on garde en mémoire.

Euphorisant final de ce festival chaleureux, festif qui s’achève après deux belles soirées pour moi. On se retrouve sur le parvis de l’Alpilium où l’orchestre du frère de Cabu anime les deriners instants de cette édition, après la présentation et les remerciements aux bénévoles qu’il faudrait citer tous, des merveilleuses cuisinières aux chauffeurs sans oublier la disponibilité de l’accueil, la billetterie, du bar. Au pays de Van Gogh, on rentre heureux dans la nuit étoilée…
Sophie Chambon