Jazz live
Publié le 19 Mai 2016

Final de l'Europa Jazz, trombones, bruits de coulisses et autres amusements

Il ne faut pas confondre le final de l’Europa Jazz et la finale de l’Europa ligue. Et je ne plaisante pas, ou à peine. Mais lisez plutôt.

Il y a quelques années, un directeur de festival de jazz situé dans les Pyrénées-Orientales est approché par un client, qui lui demande de bien vouloir lui réserver des places pour le concert de Jean-Jacques Goldman. Ce directeur répond poliment qu’il n’organise aucun concert avec Jean-Jacques Goldman, et il conseille à son « client » de se renseigner plus avant. Quelques jours plus tard, dans une salle prévue à cet effet, Steve Coleman joue avec ses « Five Elements » à l’invitation de ce festival de jazz, et quelques minutes après le début du concert le même « client » se présente devant le même directeur et lui demande quand Jean-Jacques Goldman va apparaître. Affable et souriant, le directeur comprend la méprise, raccompagne son client vers la sortie, lui rembourse ses places, et l’incident est clos.

La musique demande parfois une écoute très fine. Prenez « Un Poco Loco », ce trio un peu fou en effet, lauréat de « Jazz Migration » cette année. A priori ils ont un répertoire de thèmes bop bien connus, écrits par Dizzy Gillespie, Kenny Dorham et quelques autres, et ils explorent pour leur prochain disque l’univers de « West Side Story », la grande comédie musicale de Leonard Bernstein. Sauf que ce répertoire ils le détournent, ils le découpent en rondelles, allongent une note par ici, raccourcissent un thème par là, accélèrent le tempo, ralentissent sans prévenir, bref ils « jouent » au sens le plus fort et basique du terme, avec cette musique, avec eux-mêmes, avec nos nerfs, avec notre écoute, et ce « jeu » est évidemment délicatement jouissif pour peu qu’on en saisisse, même de loin, les règles. Il n’est pas jusqu’aux titres des pièces interprétées qui puissent entrainer équivoques et sourires. Ainsi « Manteca » de Gillespie, que Fidel Fourneyron (trombone) traduisit un jour par « saindoux », ce qui est la bonne traduction, devant un parterre de gens amusés se demandant ce que les « seins » venaient faire dans l’histoire, doux ou pas, quand dans les Landes (dont notre tromboniste est originaire) tout le monde sait de quoi il s’agit. La culture du cochon n’est pas ce qu’on pourrait croire…

Un Poco Loco : Fidel Fourneyron (tb), Geoffroy Gesser (ts, cl), Sébastien Belliah (b)

Sébastien Belliah

Sébastien Belliah

Geoffroy Gesser

Geoffroy Gesser

Fidel Fourneyron

Fidel Fourneyron

Donc on pouvait, hier, venir écouter des trombonistes : Fidel d’abord, et puis Ray Anderson, invité du trio de François Ripoche (ts) avec Sébastien Boisseau à la contrebasse et Simon Goubert à la batterie. Une création pleine de sève, de verve, sur des thèmes de la plume du saxophoniste nantais et du tromboniste, qui a mis en évidence, outre les talents partagés des uns et des autres, la façon dont un tromboniste peut jouer avec son instrument pour le faire sonner dans le registre de la douceur la plus extrême, avant de passer à une rage cuivrée, signe apparent d’une colère violente. Les unissons trombone/saxophone, présents aussi bien dans le trio « Un Poco Loco » que dans le quartet de François Ripoche, sont également des moments délicieux, bien conduits, à leur juste place. Mais on pouvait aussi écouter des contrebassistes, Sébastien Belliah avec « Un Poco Loco », Sébastien Boisseau avec Ripoche et Paul Rogers à 17.00 à la Fonderie, avec Paul Dunmall (ts) et Mark Sanders (dm).

Deep Whole : Paul Dunmall (ts, Ewi), Paul Rogers (b), Mark Sanders (dm)

Paul Rogers

Paul Rogers

 

Un trio qui emmène sur les rives de l’improvisation radicale, avec ses risques et ses beautés. En l’occurence, plus de beautés que de dérapages, avec un Paul Dunmall au son plein, parfois rugueux, au phrasé qui fleure bon la marque des grands (Rollins, Coltrane), un Mark Sanders attaché à « bruiter » autant qu’à battre, et un Paul Rogers décidément virtuose, mais aussi et surtout musicien aux doigts aériens et à la pensée musicale d’une riche complexité.

Le final de l’Europa Jazz est à peine lancé que déjà il nous offre des moments sublimes. Nous n’avons pas assisté au concert d’Avishai Cohen (b), mais la présence de très nombreux spectateurs était liée à la prestation de l’ancien accompagnateur de Brad Mehldau. Ray Anderson sera en solo tout à l’heure (12.15) à la Collégiale St Pierre-La-Cour, puis nous aurons le trio inédit de Sophia Domancich (p) avec Simon Goubert et Paul Rogers, car Eric Vloeimans a du annuler sa prestation. (Fonderie, 17.00). La soirée s’annonce grandiose, avec Joachim Kühn et Émile Parisien, puis Gary Peacock (b) avec Marc Copland (p) et Joey Baron (dm). Là, on ne refuse rien et on ne se dérobe pas.

Philippe Méziat|Il ne faut pas confondre le final de l’Europa Jazz et la finale de l’Europa ligue. Et je ne plaisante pas, ou à peine. Mais lisez plutôt.

Il y a quelques années, un directeur de festival de jazz situé dans les Pyrénées-Orientales est approché par un client, qui lui demande de bien vouloir lui réserver des places pour le concert de Jean-Jacques Goldman. Ce directeur répond poliment qu’il n’organise aucun concert avec Jean-Jacques Goldman, et il conseille à son « client » de se renseigner plus avant. Quelques jours plus tard, dans une salle prévue à cet effet, Steve Coleman joue avec ses « Five Elements » à l’invitation de ce festival de jazz, et quelques minutes après le début du concert le même « client » se présente devant le même directeur et lui demande quand Jean-Jacques Goldman va apparaître. Affable et souriant, le directeur comprend la méprise, raccompagne son client vers la sortie, lui rembourse ses places, et l’incident est clos.

La musique demande parfois une écoute très fine. Prenez « Un Poco Loco », ce trio un peu fou en effet, lauréat de « Jazz Migration » cette année. A priori ils ont un répertoire de thèmes bop bien connus, écrits par Dizzy Gillespie, Kenny Dorham et quelques autres, et ils explorent pour leur prochain disque l’univers de « West Side Story », la grande comédie musicale de Leonard Bernstein. Sauf que ce répertoire ils le détournent, ils le découpent en rondelles, allongent une note par ici, raccourcissent un thème par là, accélèrent le tempo, ralentissent sans prévenir, bref ils « jouent » au sens le plus fort et basique du terme, avec cette musique, avec eux-mêmes, avec nos nerfs, avec notre écoute, et ce « jeu » est évidemment délicatement jouissif pour peu qu’on en saisisse, même de loin, les règles. Il n’est pas jusqu’aux titres des pièces interprétées qui puissent entrainer équivoques et sourires. Ainsi « Manteca » de Gillespie, que Fidel Fourneyron (trombone) traduisit un jour par « saindoux », ce qui est la bonne traduction, devant un parterre de gens amusés se demandant ce que les « seins » venaient faire dans l’histoire, doux ou pas, quand dans les Landes (dont notre tromboniste est originaire) tout le monde sait de quoi il s’agit. La culture du cochon n’est pas ce qu’on pourrait croire…

Un Poco Loco : Fidel Fourneyron (tb), Geoffroy Gesser (ts, cl), Sébastien Belliah (b)

Sébastien Belliah

Sébastien Belliah

Geoffroy Gesser

Geoffroy Gesser

Fidel Fourneyron

Fidel Fourneyron

Donc on pouvait, hier, venir écouter des trombonistes : Fidel d’abord, et puis Ray Anderson, invité du trio de François Ripoche (ts) avec Sébastien Boisseau à la contrebasse et Simon Goubert à la batterie. Une création pleine de sève, de verve, sur des thèmes de la plume du saxophoniste nantais et du tromboniste, qui a mis en évidence, outre les talents partagés des uns et des autres, la façon dont un tromboniste peut jouer avec son instrument pour le faire sonner dans le registre de la douceur la plus extrême, avant de passer à une rage cuivrée, signe apparent d’une colère violente. Les unissons trombone/saxophone, présents aussi bien dans le trio « Un Poco Loco » que dans le quartet de François Ripoche, sont également des moments délicieux, bien conduits, à leur juste place. Mais on pouvait aussi écouter des contrebassistes, Sébastien Belliah avec « Un Poco Loco », Sébastien Boisseau avec Ripoche et Paul Rogers à 17.00 à la Fonderie, avec Paul Dunmall (ts) et Mark Sanders (dm).

Deep Whole : Paul Dunmall (ts, Ewi), Paul Rogers (b), Mark Sanders (dm)

Paul Rogers

Paul Rogers

 

Un trio qui emmène sur les rives de l’improvisation radicale, avec ses risques et ses beautés. En l’occurence, plus de beautés que de dérapages, avec un Paul Dunmall au son plein, parfois rugueux, au phrasé qui fleure bon la marque des grands (Rollins, Coltrane), un Mark Sanders attaché à « bruiter » autant qu’à battre, et un Paul Rogers décidément virtuose, mais aussi et surtout musicien aux doigts aériens et à la pensée musicale d’une riche complexité.

Le final de l’Europa Jazz est à peine lancé que déjà il nous offre des moments sublimes. Nous n’avons pas assisté au concert d’Avishai Cohen (b), mais la présence de très nombreux spectateurs était liée à la prestation de l’ancien accompagnateur de Brad Mehldau. Ray Anderson sera en solo tout à l’heure (12.15) à la Collégiale St Pierre-La-Cour, puis nous aurons le trio inédit de Sophia Domancich (p) avec Simon Goubert et Paul Rogers, car Eric Vloeimans a du annuler sa prestation. (Fonderie, 17.00). La soirée s’annonce grandiose, avec Joachim Kühn et Émile Parisien, puis Gary Peacock (b) avec Marc Copland (p) et Joey Baron (dm). Là, on ne refuse rien et on ne se dérobe pas.

Philippe Méziat|Il ne faut pas confondre le final de l’Europa Jazz et la finale de l’Europa ligue. Et je ne plaisante pas, ou à peine. Mais lisez plutôt.

Il y a quelques années, un directeur de festival de jazz situé dans les Pyrénées-Orientales est approché par un client, qui lui demande de bien vouloir lui réserver des places pour le concert de Jean-Jacques Goldman. Ce directeur répond poliment qu’il n’organise aucun concert avec Jean-Jacques Goldman, et il conseille à son « client » de se renseigner plus avant. Quelques jours plus tard, dans une salle prévue à cet effet, Steve Coleman joue avec ses « Five Elements » à l’invitation de ce festival de jazz, et quelques minutes après le début du concert le même « client » se présente devant le même directeur et lui demande quand Jean-Jacques Goldman va apparaître. Affable et souriant, le directeur comprend la méprise, raccompagne son client vers la sortie, lui rembourse ses places, et l’incident est clos.

La musique demande parfois une écoute très fine. Prenez « Un Poco Loco », ce trio un peu fou en effet, lauréat de « Jazz Migration » cette année. A priori ils ont un répertoire de thèmes bop bien connus, écrits par Dizzy Gillespie, Kenny Dorham et quelques autres, et ils explorent pour leur prochain disque l’univers de « West Side Story », la grande comédie musicale de Leonard Bernstein. Sauf que ce répertoire ils le détournent, ils le découpent en rondelles, allongent une note par ici, raccourcissent un thème par là, accélèrent le tempo, ralentissent sans prévenir, bref ils « jouent » au sens le plus fort et basique du terme, avec cette musique, avec eux-mêmes, avec nos nerfs, avec notre écoute, et ce « jeu » est évidemment délicatement jouissif pour peu qu’on en saisisse, même de loin, les règles. Il n’est pas jusqu’aux titres des pièces interprétées qui puissent entrainer équivoques et sourires. Ainsi « Manteca » de Gillespie, que Fidel Fourneyron (trombone) traduisit un jour par « saindoux », ce qui est la bonne traduction, devant un parterre de gens amusés se demandant ce que les « seins » venaient faire dans l’histoire, doux ou pas, quand dans les Landes (dont notre tromboniste est originaire) tout le monde sait de quoi il s’agit. La culture du cochon n’est pas ce qu’on pourrait croire…

Un Poco Loco : Fidel Fourneyron (tb), Geoffroy Gesser (ts, cl), Sébastien Belliah (b)

Sébastien Belliah

Sébastien Belliah

Geoffroy Gesser

Geoffroy Gesser

Fidel Fourneyron

Fidel Fourneyron

Donc on pouvait, hier, venir écouter des trombonistes : Fidel d’abord, et puis Ray Anderson, invité du trio de François Ripoche (ts) avec Sébastien Boisseau à la contrebasse et Simon Goubert à la batterie. Une création pleine de sève, de verve, sur des thèmes de la plume du saxophoniste nantais et du tromboniste, qui a mis en évidence, outre les talents partagés des uns et des autres, la façon dont un tromboniste peut jouer avec son instrument pour le faire sonner dans le registre de la douceur la plus extrême, avant de passer à une rage cuivrée, signe apparent d’une colère violente. Les unissons trombone/saxophone, présents aussi bien dans le trio « Un Poco Loco » que dans le quartet de François Ripoche, sont également des moments délicieux, bien conduits, à leur juste place. Mais on pouvait aussi écouter des contrebassistes, Sébastien Belliah avec « Un Poco Loco », Sébastien Boisseau avec Ripoche et Paul Rogers à 17.00 à la Fonderie, avec Paul Dunmall (ts) et Mark Sanders (dm).

Deep Whole : Paul Dunmall (ts, Ewi), Paul Rogers (b), Mark Sanders (dm)

Paul Rogers

Paul Rogers

 

Un trio qui emmène sur les rives de l’improvisation radicale, avec ses risques et ses beautés. En l’occurence, plus de beautés que de dérapages, avec un Paul Dunmall au son plein, parfois rugueux, au phrasé qui fleure bon la marque des grands (Rollins, Coltrane), un Mark Sanders attaché à « bruiter » autant qu’à battre, et un Paul Rogers décidément virtuose, mais aussi et surtout musicien aux doigts aériens et à la pensée musicale d’une riche complexité.

Le final de l’Europa Jazz est à peine lancé que déjà il nous offre des moments sublimes. Nous n’avons pas assisté au concert d’Avishai Cohen (b), mais la présence de très nombreux spectateurs était liée à la prestation de l’ancien accompagnateur de Brad Mehldau. Ray Anderson sera en solo tout à l’heure (12.15) à la Collégiale St Pierre-La-Cour, puis nous aurons le trio inédit de Sophia Domancich (p) avec Simon Goubert et Paul Rogers, car Eric Vloeimans a du annuler sa prestation. (Fonderie, 17.00). La soirée s’annonce grandiose, avec Joachim Kühn et Émile Parisien, puis Gary Peacock (b) avec Marc Copland (p) et Joey Baron (dm). Là, on ne refuse rien et on ne se dérobe pas.

Philippe Méziat|Il ne faut pas confondre le final de l’Europa Jazz et la finale de l’Europa ligue. Et je ne plaisante pas, ou à peine. Mais lisez plutôt.

Il y a quelques années, un directeur de festival de jazz situé dans les Pyrénées-Orientales est approché par un client, qui lui demande de bien vouloir lui réserver des places pour le concert de Jean-Jacques Goldman. Ce directeur répond poliment qu’il n’organise aucun concert avec Jean-Jacques Goldman, et il conseille à son « client » de se renseigner plus avant. Quelques jours plus tard, dans une salle prévue à cet effet, Steve Coleman joue avec ses « Five Elements » à l’invitation de ce festival de jazz, et quelques minutes après le début du concert le même « client » se présente devant le même directeur et lui demande quand Jean-Jacques Goldman va apparaître. Affable et souriant, le directeur comprend la méprise, raccompagne son client vers la sortie, lui rembourse ses places, et l’incident est clos.

La musique demande parfois une écoute très fine. Prenez « Un Poco Loco », ce trio un peu fou en effet, lauréat de « Jazz Migration » cette année. A priori ils ont un répertoire de thèmes bop bien connus, écrits par Dizzy Gillespie, Kenny Dorham et quelques autres, et ils explorent pour leur prochain disque l’univers de « West Side Story », la grande comédie musicale de Leonard Bernstein. Sauf que ce répertoire ils le détournent, ils le découpent en rondelles, allongent une note par ici, raccourcissent un thème par là, accélèrent le tempo, ralentissent sans prévenir, bref ils « jouent » au sens le plus fort et basique du terme, avec cette musique, avec eux-mêmes, avec nos nerfs, avec notre écoute, et ce « jeu » est évidemment délicatement jouissif pour peu qu’on en saisisse, même de loin, les règles. Il n’est pas jusqu’aux titres des pièces interprétées qui puissent entrainer équivoques et sourires. Ainsi « Manteca » de Gillespie, que Fidel Fourneyron (trombone) traduisit un jour par « saindoux », ce qui est la bonne traduction, devant un parterre de gens amusés se demandant ce que les « seins » venaient faire dans l’histoire, doux ou pas, quand dans les Landes (dont notre tromboniste est originaire) tout le monde sait de quoi il s’agit. La culture du cochon n’est pas ce qu’on pourrait croire…

Un Poco Loco : Fidel Fourneyron (tb), Geoffroy Gesser (ts, cl), Sébastien Belliah (b)

Sébastien Belliah

Sébastien Belliah

Geoffroy Gesser

Geoffroy Gesser

Fidel Fourneyron

Fidel Fourneyron

Donc on pouvait, hier, venir écouter des trombonistes : Fidel d’abord, et puis Ray Anderson, invité du trio de François Ripoche (ts) avec Sébastien Boisseau à la contrebasse et Simon Goubert à la batterie. Une création pleine de sève, de verve, sur des thèmes de la plume du saxophoniste nantais et du tromboniste, qui a mis en évidence, outre les talents partagés des uns et des autres, la façon dont un tromboniste peut jouer avec son instrument pour le faire sonner dans le registre de la douceur la plus extrême, avant de passer à une rage cuivrée, signe apparent d’une colère violente. Les unissons trombone/saxophone, présents aussi bien dans le trio « Un Poco Loco » que dans le quartet de François Ripoche, sont également des moments délicieux, bien conduits, à leur juste place. Mais on pouvait aussi écouter des contrebassistes, Sébastien Belliah avec « Un Poco Loco », Sébastien Boisseau avec Ripoche et Paul Rogers à 17.00 à la Fonderie, avec Paul Dunmall (ts) et Mark Sanders (dm).

Deep Whole : Paul Dunmall (ts, Ewi), Paul Rogers (b), Mark Sanders (dm)

Paul Rogers

Paul Rogers

 

Un trio qui emmène sur les rives de l’improvisation radicale, avec ses risques et ses beautés. En l’occurence, plus de beautés que de dérapages, avec un Paul Dunmall au son plein, parfois rugueux, au phrasé qui fleure bon la marque des grands (Rollins, Coltrane), un Mark Sanders attaché à « bruiter » autant qu’à battre, et un Paul Rogers décidément virtuose, mais aussi et surtout musicien aux doigts aériens et à la pensée musicale d’une riche complexité.

Le final de l’Europa Jazz est à peine lancé que déjà il nous offre des moments sublimes. Nous n’avons pas assisté au concert d’Avishai Cohen (b), mais la présence de très nombreux spectateurs était liée à la prestation de l’ancien accompagnateur de Brad Mehldau. Ray Anderson sera en solo tout à l’heure (12.15) à la Collégiale St Pierre-La-Cour, puis nous aurons le trio inédit de Sophia Domancich (p) avec Simon Goubert et Paul Rogers, car Eric Vloeimans a du annuler sa prestation. (Fonderie, 17.00). La soirée s’annonce grandiose, avec Joachim Kühn et Émile Parisien, puis Gary Peacock (b) avec Marc Copland (p) et Joey Baron (dm). Là, on ne refuse rien et on ne se dérobe pas.

Philippe Méziat