Giovanni Mirabassi Trio au Sunside - Jazz Magazine
Jazz live
Publié le 27 Sep 2026 • Par Xavier Prévost

Giovanni Mirabassi Trio au Sunside

Le plus parisien des pianistes italiens a rassemblé à New York un trio : à la contrebasse son compatriote Gianluca Renzi (avec qui il a enregistré, en Europe, au Japon….), un musicien établi là-bas depuis 2008 ; et à la batterie Colin Stranahan, venu du Colorado, basé à Brooklyn, pédagogue réputé et pilier de la scène new-yorkaise. Ensemble ils ont enregistré dans le Queens, en janvier 2025 (avec le guitariste Peter Bernstein sur deux titres) ce disque publié sous le label Jazz Eleven

https://www.giovannimirabassi.com/product-page/the-nyc-sessions-vol-1-giovanni-mirabassi-trio

C’était la première fois que Giovanni Mirabassi enregistrait tout un disque de standards. Et en ce mois de septembre le bassiste et le batteur ont rejoint le pianiste à Paris pour deux soirées au Sunside

GIOVANNI MIRABASSI ‘The New-York Sessions’

Giovanni Mirabassi (piano), Gianluca Renzi (contrebasse), Colin Stranahan (batterie)

Paris, Sunside, 25 septembre 2026, 21h30

Le programme reprendra les standards qui figurent sur le disque, mais pas seulement : au deuxième set nous en aurons un nouveau…. qui devrait figurer sur le prochain disque. Tout commence avec Dancing In The Dark (pas la chanson de Bruce Springsteen, mais celle de la comédie musicale The Band Wagon , immortalisé par Sinatra, Tony Bennett, Cannonball Adderley, Bill Evans….), qui sera suivi de Moon And Sand . Le propos est lyrique, les phrases et les improvisations sont très expressives; quand la main droite du pianiste improvise, la main gauche ne se contente pas de souligner les harmonies par des accords. Elle déclenche des contre-chants, des mélodies souterraines qui dressent un nouveau paysage. Les solos du bassiste sont d’une impressionnante richesse musicale ; dans l’accompagnement, il souligne parfois d’un sourire le vertige d’une phrase très volubile de piano qui atterrit in extremis sur le terme de la mesure. Et les impros du batteur se déclinent entre un solo accompagné, et souligné par ses partenaires, ou des dialogues ‘mesure pour mesure’. On est en permanence dans la finesse et la complicité, la joie de jouer et de se surprendre. Pour clore le premier set Giovanni Mirabassi demande au public s’il n’a rien contre une ballade, pour une conclusion provisoire. Le public est pour, et nous aurons Body and Soul , version ‘plus que lente’ avec mille détours, avant une coda rhapsodique. Un régal !

Au deuxième set, après Love Is A Many Splendored Thing (qui fut naguère adapté en français pour Luis Mariano, mais on préfère l’original….), vient un standard pour le disque à venir, puis une intro-mystère et un thème du disque, dans une grande vivacité, avant la magie conclusive avec A Child Is Born : déconstruit, reconstruit, entre absolue lenteur, grande retenue, et quelques cavalcades : très beau trio, très belle soirée. On espère que ce groupe va se faire entendre urbi et orbi (la visite du pape dont les médias nous gavent ces jours-ci fait des dégâts dans mon langage….)

Xavier Prévost (texte et photos)