Jazz live
Publié le 25 Août 2013

Jazz Campus en Clunisois (III) : le triomphe de la petite histoire de l'opéra de "Tous Dehors"

« Tous dehors » avec Géraldine Keller dedans pour la première fois, et quelle première fois ! Le concert de clôture de l’édition 2013 de « Jazz Campus en Clunisois » a mis tout le monde K.O. debout : standing ovation immédiate et spontanée, rappel obligatoire, et bonheur partagé pour les uns (très nombreux) d’avoir assisté à un spectacle dont on ne vantera jamais assez les immenses mérites, et pour les autres d’avoir encore une fois tenu le pari fou de cette traversée de l’opéra qui respecte profondément et s’amuse en même temps de tout ce beau répertoire, dans une lignée que n’aurait pas désavoué Spike Jones, mais qui en transcende la portée de façon quasi hallucinante.

 

« Tous Dehors » : Géraldine Keller (sop), Laurent Dehors (ts, ss, cl, b-cl, cb-cl, voix), David Chevallier (g, bjo, voix), Matthew Bourne (p, voix), Gérald Chevillon (bass-sax, ss, fl, perc, tp, voix), Jean-Marc Quillet (perc, tp, voix), Sylvain Thévenard (son), Hervé Samson (lumières)

 

La somme de travail que représente cette proposition est telle que seuls ceux que les défis fascinent se risquent à s’y glisser. Demandez à François Raulin, qui était là hier soir et qui a remplacé une fois Matthew Bourne, ou à Catherine Delaunay qui s’est trouvée une fois aussi en lieu et place de Gérald Chevillon ! Ils vous diront que ce qu’a écrit Laurent Dehors est magnifique, mais très difficile… Et pourtant, on les connaît, ils ne sont pas les derniers de la classe !

 

Alors Géraldine Keller, elle aussi convoquée pour remplacer Anne Magouët au pied levé (retenue par un concert baroque) a un peu hésité. Et puis elle a écouté le disque, et la qualité du travail effectué par Laurent Dehors l’a convaincue : « a priori, j’aime bien le répertoire chanté tel qu’il a été écrit, même si je n’ai pas du tout l’habitude de chanter ça. Mais ce qu’a fait Laurent va bien au-delà d’une simple utilisation de thèmes classiques, pour s’en servir, ou s’en moquer. Il leur fait rendre un nouveau son, leur donne une dimension actuelle, inouïe, c’est très fort (1). Donc j’ai décidé de franchir le pas… » Géraldine est connue et appréciée dans le champ de la musique contemporaine, dans celui du théâtre musical (collaborations régulières avec le « Théâtre de la Voix » de Christine Dormoy), et comme improvisatrice (duos avec Joëlle Léandre, ou Jean-Luc Capozzo). Son passage à l’opéra revu et transfiguré par le clarinettiste normand est une incontestable réussite : elle possède les hauteurs de voix requises, la variété des timbres, la puissance, le sens du phrasé aérien en suspens (son air de Pamina était tout simplement admirable), et elle a une présence physique naturelle qui lui permet de donner au final du « Casta Diva – hommage à Mireille Mathieu » une dimension rock/pop music a tomber par terre. 

 

J’avais déjà rendu compte l’été dernier de ce spectacle (lors du festival de La Tour d’Aigues), je n’ai rien à enlever, seulement dire que cette « immersion musicale décalée » est un bain de jouvence qui devrait tourner partout et être l’objet de prescriptions médicales en cas de déprime, grave ou légère. Je vois très bien ça sur la scène nautique des « Rendez-vous de l’Erdre » (tout ça pour vous donner, chers lecteurs, rendez-vous à Nantes la semaine prochaine), et je souhaite que de nombreuses assemblées puissent en jouir à l’occasion. 

 

Le samedi, « Jazz Campus en Clunisois » fête son stage et donne l’occasion aux ateliers de restituer leur travail. Citons ceux qui ont éclaboussé de leur classe cette entreprise, qui ne se paye pas de mots : Jean-Luc Capozzo, Sophia Domancich, Laurent Dehors, François Raulin, Cyril Hernandez, Fabien Dubois, Jean-Paul Autin et Michel Deltruc. Il faut que tout ça puisse perdurer.

 

Philippe Méziat

 

(1) et de citer, par exemple, l’adaptation de l’air du froid, de Purcell, dont il faut bien dire que le rendu sur scène est incroyable de tension dramatique. En quoi, en effet, Laurent Dehors va bien au-delà de son « modèle » Spike Jones.

|

« Tous dehors » avec Géraldine Keller dedans pour la première fois, et quelle première fois ! Le concert de clôture de l’édition 2013 de « Jazz Campus en Clunisois » a mis tout le monde K.O. debout : standing ovation immédiate et spontanée, rappel obligatoire, et bonheur partagé pour les uns (très nombreux) d’avoir assisté à un spectacle dont on ne vantera jamais assez les immenses mérites, et pour les autres d’avoir encore une fois tenu le pari fou de cette traversée de l’opéra qui respecte profondément et s’amuse en même temps de tout ce beau répertoire, dans une lignée que n’aurait pas désavoué Spike Jones, mais qui en transcende la portée de façon quasi hallucinante.

 

« Tous Dehors » : Géraldine Keller (sop), Laurent Dehors (ts, ss, cl, b-cl, cb-cl, voix), David Chevallier (g, bjo, voix), Matthew Bourne (p, voix), Gérald Chevillon (bass-sax, ss, fl, perc, tp, voix), Jean-Marc Quillet (perc, tp, voix), Sylvain Thévenard (son), Hervé Samson (lumières)

 

La somme de travail que représente cette proposition est telle que seuls ceux que les défis fascinent se risquent à s’y glisser. Demandez à François Raulin, qui était là hier soir et qui a remplacé une fois Matthew Bourne, ou à Catherine Delaunay qui s’est trouvée une fois aussi en lieu et place de Gérald Chevillon ! Ils vous diront que ce qu’a écrit Laurent Dehors est magnifique, mais très difficile… Et pourtant, on les connaît, ils ne sont pas les derniers de la classe !

 

Alors Géraldine Keller, elle aussi convoquée pour remplacer Anne Magouët au pied levé (retenue par un concert baroque) a un peu hésité. Et puis elle a écouté le disque, et la qualité du travail effectué par Laurent Dehors l’a convaincue : « a priori, j’aime bien le répertoire chanté tel qu’il a été écrit, même si je n’ai pas du tout l’habitude de chanter ça. Mais ce qu’a fait Laurent va bien au-delà d’une simple utilisation de thèmes classiques, pour s’en servir, ou s’en moquer. Il leur fait rendre un nouveau son, leur donne une dimension actuelle, inouïe, c’est très fort (1). Donc j’ai décidé de franchir le pas… » Géraldine est connue et appréciée dans le champ de la musique contemporaine, dans celui du théâtre musical (collaborations régulières avec le « Théâtre de la Voix » de Christine Dormoy), et comme improvisatrice (duos avec Joëlle Léandre, ou Jean-Luc Capozzo). Son passage à l’opéra revu et transfiguré par le clarinettiste normand est une incontestable réussite : elle possède les hauteurs de voix requises, la variété des timbres, la puissance, le sens du phrasé aérien en suspens (son air de Pamina était tout simplement admirable), et elle a une présence physique naturelle qui lui permet de donner au final du « Casta Diva – hommage à Mireille Mathieu » une dimension rock/pop music a tomber par terre. 

 

J’avais déjà rendu compte l’été dernier de ce spectacle (lors du festival de La Tour d’Aigues), je n’ai rien à enlever, seulement dire que cette « immersion musicale décalée » est un bain de jouvence qui devrait tourner partout et être l’objet de prescriptions médicales en cas de déprime, grave ou légère. Je vois très bien ça sur la scène nautique des « Rendez-vous de l’Erdre » (tout ça pour vous donner, chers lecteurs, rendez-vous à Nantes la semaine prochaine), et je souhaite que de nombreuses assemblées puissent en jouir à l’occasion. 

 

Le samedi, « Jazz Campus en Clunisois » fête son stage et donne l’occasion aux ateliers de restituer leur travail. Citons ceux qui ont éclaboussé de leur classe cette entreprise, qui ne se paye pas de mots : Jean-Luc Capozzo, Sophia Domancich, Laurent Dehors, François Raulin, Cyril Hernandez, Fabien Dubois, Jean-Paul Autin et Michel Deltruc. Il faut que tout ça puisse perdurer.

 

Philippe Méziat

 

(1) et de citer, par exemple, l’adaptation de l’air du froid, de Purcell, dont il faut bien dire que le rendu sur scène est incroyable de tension dramatique. En quoi, en effet, Laurent Dehors va bien au-delà de son « modèle » Spike Jones.

|

« Tous dehors » avec Géraldine Keller dedans pour la première fois, et quelle première fois ! Le concert de clôture de l’édition 2013 de « Jazz Campus en Clunisois » a mis tout le monde K.O. debout : standing ovation immédiate et spontanée, rappel obligatoire, et bonheur partagé pour les uns (très nombreux) d’avoir assisté à un spectacle dont on ne vantera jamais assez les immenses mérites, et pour les autres d’avoir encore une fois tenu le pari fou de cette traversée de l’opéra qui respecte profondément et s’amuse en même temps de tout ce beau répertoire, dans une lignée que n’aurait pas désavoué Spike Jones, mais qui en transcende la portée de façon quasi hallucinante.

 

« Tous Dehors » : Géraldine Keller (sop), Laurent Dehors (ts, ss, cl, b-cl, cb-cl, voix), David Chevallier (g, bjo, voix), Matthew Bourne (p, voix), Gérald Chevillon (bass-sax, ss, fl, perc, tp, voix), Jean-Marc Quillet (perc, tp, voix), Sylvain Thévenard (son), Hervé Samson (lumières)

 

La somme de travail que représente cette proposition est telle que seuls ceux que les défis fascinent se risquent à s’y glisser. Demandez à François Raulin, qui était là hier soir et qui a remplacé une fois Matthew Bourne, ou à Catherine Delaunay qui s’est trouvée une fois aussi en lieu et place de Gérald Chevillon ! Ils vous diront que ce qu’a écrit Laurent Dehors est magnifique, mais très difficile… Et pourtant, on les connaît, ils ne sont pas les derniers de la classe !

 

Alors Géraldine Keller, elle aussi convoquée pour remplacer Anne Magouët au pied levé (retenue par un concert baroque) a un peu hésité. Et puis elle a écouté le disque, et la qualité du travail effectué par Laurent Dehors l’a convaincue : « a priori, j’aime bien le répertoire chanté tel qu’il a été écrit, même si je n’ai pas du tout l’habitude de chanter ça. Mais ce qu’a fait Laurent va bien au-delà d’une simple utilisation de thèmes classiques, pour s’en servir, ou s’en moquer. Il leur fait rendre un nouveau son, leur donne une dimension actuelle, inouïe, c’est très fort (1). Donc j’ai décidé de franchir le pas… » Géraldine est connue et appréciée dans le champ de la musique contemporaine, dans celui du théâtre musical (collaborations régulières avec le « Théâtre de la Voix » de Christine Dormoy), et comme improvisatrice (duos avec Joëlle Léandre, ou Jean-Luc Capozzo). Son passage à l’opéra revu et transfiguré par le clarinettiste normand est une incontestable réussite : elle possède les hauteurs de voix requises, la variété des timbres, la puissance, le sens du phrasé aérien en suspens (son air de Pamina était tout simplement admirable), et elle a une présence physique naturelle qui lui permet de donner au final du « Casta Diva – hommage à Mireille Mathieu » une dimension rock/pop music a tomber par terre. 

 

J’avais déjà rendu compte l’été dernier de ce spectacle (lors du festival de La Tour d’Aigues), je n’ai rien à enlever, seulement dire que cette « immersion musicale décalée » est un bain de jouvence qui devrait tourner partout et être l’objet de prescriptions médicales en cas de déprime, grave ou légère. Je vois très bien ça sur la scène nautique des « Rendez-vous de l’Erdre » (tout ça pour vous donner, chers lecteurs, rendez-vous à Nantes la semaine prochaine), et je souhaite que de nombreuses assemblées puissent en jouir à l’occasion. 

 

Le samedi, « Jazz Campus en Clunisois » fête son stage et donne l’occasion aux ateliers de restituer leur travail. Citons ceux qui ont éclaboussé de leur classe cette entreprise, qui ne se paye pas de mots : Jean-Luc Capozzo, Sophia Domancich, Laurent Dehors, François Raulin, Cyril Hernandez, Fabien Dubois, Jean-Paul Autin et Michel Deltruc. Il faut que tout ça puisse perdurer.

 

Philippe Méziat

 

(1) et de citer, par exemple, l’adaptation de l’air du froid, de Purcell, dont il faut bien dire que le rendu sur scène est incroyable de tension dramatique. En quoi, en effet, Laurent Dehors va bien au-delà de son « modèle » Spike Jones.

|

« Tous dehors » avec Géraldine Keller dedans pour la première fois, et quelle première fois ! Le concert de clôture de l’édition 2013 de « Jazz Campus en Clunisois » a mis tout le monde K.O. debout : standing ovation immédiate et spontanée, rappel obligatoire, et bonheur partagé pour les uns (très nombreux) d’avoir assisté à un spectacle dont on ne vantera jamais assez les immenses mérites, et pour les autres d’avoir encore une fois tenu le pari fou de cette traversée de l’opéra qui respecte profondément et s’amuse en même temps de tout ce beau répertoire, dans une lignée que n’aurait pas désavoué Spike Jones, mais qui en transcende la portée de façon quasi hallucinante.

 

« Tous Dehors » : Géraldine Keller (sop), Laurent Dehors (ts, ss, cl, b-cl, cb-cl, voix), David Chevallier (g, bjo, voix), Matthew Bourne (p, voix), Gérald Chevillon (bass-sax, ss, fl, perc, tp, voix), Jean-Marc Quillet (perc, tp, voix), Sylvain Thévenard (son), Hervé Samson (lumières)

 

La somme de travail que représente cette proposition est telle que seuls ceux que les défis fascinent se risquent à s’y glisser. Demandez à François Raulin, qui était là hier soir et qui a remplacé une fois Matthew Bourne, ou à Catherine Delaunay qui s’est trouvée une fois aussi en lieu et place de Gérald Chevillon ! Ils vous diront que ce qu’a écrit Laurent Dehors est magnifique, mais très difficile… Et pourtant, on les connaît, ils ne sont pas les derniers de la classe !

 

Alors Géraldine Keller, elle aussi convoquée pour remplacer Anne Magouët au pied levé (retenue par un concert baroque) a un peu hésité. Et puis elle a écouté le disque, et la qualité du travail effectué par Laurent Dehors l’a convaincue : « a priori, j’aime bien le répertoire chanté tel qu’il a été écrit, même si je n’ai pas du tout l’habitude de chanter ça. Mais ce qu’a fait Laurent va bien au-delà d’une simple utilisation de thèmes classiques, pour s’en servir, ou s’en moquer. Il leur fait rendre un nouveau son, leur donne une dimension actuelle, inouïe, c’est très fort (1). Donc j’ai décidé de franchir le pas… » Géraldine est connue et appréciée dans le champ de la musique contemporaine, dans celui du théâtre musical (collaborations régulières avec le « Théâtre de la Voix » de Christine Dormoy), et comme improvisatrice (duos avec Joëlle Léandre, ou Jean-Luc Capozzo). Son passage à l’opéra revu et transfiguré par le clarinettiste normand est une incontestable réussite : elle possède les hauteurs de voix requises, la variété des timbres, la puissance, le sens du phrasé aérien en suspens (son air de Pamina était tout simplement admirable), et elle a une présence physique naturelle qui lui permet de donner au final du « Casta Diva – hommage à Mireille Mathieu » une dimension rock/pop music a tomber par terre. 

 

J’avais déjà rendu compte l’été dernier de ce spectacle (lors du festival de La Tour d’Aigues), je n’ai rien à enlever, seulement dire que cette « immersion musicale décalée » est un bain de jouvence qui devrait tourner partout et être l’objet de prescriptions médicales en cas de déprime, grave ou légère. Je vois très bien ça sur la scène nautique des « Rendez-vous de l’Erdre » (tout ça pour vous donner, chers lecteurs, rendez-vous à Nantes la semaine prochaine), et je souhaite que de nombreuses assemblées puissent en jouir à l’occasion. 

 

Le samedi, « Jazz Campus en Clunisois » fête son stage et donne l’occasion aux ateliers de restituer leur travail. Citons ceux qui ont éclaboussé de leur classe cette entreprise, qui ne se paye pas de mots : Jean-Luc Capozzo, Sophia Domancich, Laurent Dehors, François Raulin, Cyril Hernandez, Fabien Dubois, Jean-Paul Autin et Michel Deltruc. Il faut que tout ça puisse perdurer.

 

Philippe Méziat

 

(1) et de citer, par exemple, l’adaptation de l’air du froid, de Purcell, dont il faut bien dire que le rendu sur scène est incroyable de tension dramatique. En quoi, en effet, Laurent Dehors va bien au-delà de son « modèle » Spike Jones.