Jazz live
Publié le 8 Août 2014

Jazz em Agosto va au cinéma

Le festival lisboète se poursuit dans la bonne humeur générale, grâce à une organisation aussi compétente que décontractée, un public bigarré (amateurs de musiques aventureuses et néophytes curieux se pressent tous les soirs à l’entrée du parc du Gulbenkian, toutes générations confondues), des musiciens locaux de plus accueillants, et bien sûr les artistes du festival, disponibles et détendus.


the-breath-courses-through-us


Ajoutez à cela une petite salle de cinéma où sont projetés en fin d’après-midi des documentaires sur la musique, alternant œuvres aimées (« Step Across de Border » (1990) de Nicolas Humbert et Werner Penzel, classique du film musical prenant pour sujet Fred Frith, « Basse Continue » (2008) de Christine Baudillon, qui permet de compléter par l’image et le son les propos tenus par Joëlle Léandre dans son livre « A Voix Basse », et « The Soul of a Man » (2003) de Wim Wenders, segment apartenant à la série d’œuvres cinématographiques sur le blues produites par Martin Scorsese et dans lequel on peut entendre James Blood Ulmer et Marc Ribot, entre autres, donner leur version du genre), et découvertes plus (« The Breath Courses Through Us » (2014), d’Alan Roth, métrage passionnant et sans prétention narrant, à l’aide d’images d’archives et d’entretiens éclairants, l’histoire du New York Art Quartet, composé de Roswell Rudd, John Tchicai, Reggie Workman et Milford Graves, de ses débuts dans les années 60 à sa reformation à l’orée du 21e siècle en compagnie d’Amiri Baraka), ou moins (« Dancing to a Different Drummer » de Julian Benedikt (version director’s cut, 2002), prenant pour sujet Chico Hamilton mais pâtissant de sérieux défauts de traitement et de contenu, en dépit de moyens manifestement supérieurs à ceux dont a disposé le film sur le New York Art Quartet) réussis. Si vous voulez voir le célèbre et swinguant batteur faire ses courses au supermarché pendant dix minutes, ou écouter sa femme dire combien elle l’aime tout en coupant des carottes dans sa cuisine, ce film est pour vous. Tout n’est pas à jeter (les propos que tient Hamilton à Roman Polanski sur son expérience de compositeur pour le cinéma retiennent l’attention), mais le réalisateur fait montre d’un manque de rigueur confinant par moments à l’embarras pur et simple, sans compter que la plupart des extraits de concerts filmés dans les années 80-90 ne montrent pas le batteur au sommet de son inspiration, le jazz-fusion mâtiné de rock qu’il défendait à cette époque ayant pris un sacré coup de vieux. La prochaine projection consistera en un concert filmé de Terje Rypdal & the Chasers en 1985 à Jazz em Agosto, permettant au festival de donner à voir et à entendre une partie de ses archives.

 

David Cristol

|Le festival lisboète se poursuit dans la bonne humeur générale, grâce à une organisation aussi compétente que décontractée, un public bigarré (amateurs de musiques aventureuses et néophytes curieux se pressent tous les soirs à l’entrée du parc du Gulbenkian, toutes générations confondues), des musiciens locaux accueillants, et bien sûr les artistes du festival, flamboyants sur scène, disponibles et détendus à la ville.

Ajoutez à cela une petite salle de cinéma où sont projetés en fin d’après-midi des documentaires sur la musique, alternant œuvres aimées (« Step Across de Border » (1990) de Nicolas Humbert et Werner Penzel, classique du film musical prenant pour sujet Fred Frith, « Basse Continue » (2008) de Christine Baudillon, qui permet de compléter par l’image et le son les propos tenus par Joëlle Léandre dans son livre « A Voix Basse », et « The Soul of a Man » (2003) de Wim Wenders, segment apartenant à la série d’œuvres cinématographiques sur le blues produites par Martin Scorsese et dans lequel on peut entendre James Blood Ulmer et Marc Ribot, entre autres, donner leur version du genre), et découvertes plus (« The Breath Courses Through Us » (2014), d’Alan Roth, métrage passionnant et sans prétention narrant, à l’aide d’images d’archives et d’entretiens éclairants, l’histoire du New York Art Quartet, composé de Roswell Rudd, John Tchicai, Reggie Workman et Milford Graves, de ses débuts dans les années 60 à sa reformation à l’orée du 21e siècle en compagnie d’Amiri Baraka), ou moins (« Dancing to a Different Drummer » de Julian Benedikt (1993, ici dans une version director’s cut, 2002), consacré à Chico Hamilton mais pâtissant de sérieux défauts, en dépit de moyens manifestement supérieurs à ceux dont a disposé le film sur le New York Art Quartet) réussies. Si vous voulez voir le célèbre batteur, disparu en 2013 à l’âge respectable de 92 ans, faire ses courses au supermarché pendant dix minutes, ou écouter sa femme dire combien elle l’aime en touillant la popote dans sa cuisine, ce film est pour vous. Tout n’est pas à jeter (les propos que tient Hamilton à Roman Polanski sur son expérience de compositeur pour le cinéma retiennent l’attention), mais le réalisateur fait preuve d’un manque de rigueur confinant par moments à l’embarras pur et simple, sans compter que les extraits de concerts filmés à la fin des années 80 ne montrent pas le batteur au sommet de son inspiration, la fusion swing-rock qu’il défendait à l’époque ayant pris un sacré coup de vieux. Le ponpon est remporté par la tentative du percussionniste de se muer en crooner, sur fond de nappes de DX7 : ouch! La dernière projection consistera en un concert filmé de Terje Rypdal & the Chasers en 1985 à Jazz em Agosto, permettant au festival de donner à voir et à entendre une partie de ses archives.

David Cristol|

Le festival lisboète se poursuit dans la bonne humeur générale, grâce à une organisation aussi compétente que décontractée, un public bigarré (amateurs de musiques aventureuses et néophytes curieux se pressent tous les soirs à l’entrée du parc du Gulbenkian, toutes générations confondues), des musiciens locaux de plus accueillants, et bien sûr les artistes du festival, disponibles et détendus.


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Ajoutez à cela une petite salle de cinéma où sont projetés en fin d’après-midi des documentaires sur la musique, alternant œuvres aimées (« Step Across de Border » (1990) de Nicolas Humbert et Werner Penzel, classique du film musical prenant pour sujet Fred Frith, « Basse Continue » (2008) de Christine Baudillon, qui permet de compléter par l’image et le son les propos tenus par Joëlle Léandre dans son livre « A Voix Basse », et « The Soul of a Man » (2003) de Wim Wenders, segment apartenant à la série d’œuvres cinématographiques sur le blues produites par Martin Scorsese et dans lequel on peut entendre James Blood Ulmer et Marc Ribot, entre autres, donner leur version du genre), et découvertes plus (« The Breath Courses Through Us » (2014), d’Alan Roth, métrage passionnant et sans prétention narrant, à l’aide d’images d’archives et d’entretiens éclairants, l’histoire du New York Art Quartet, composé de Roswell Rudd, John Tchicai, Reggie Workman et Milford Graves, de ses débuts dans les années 60 à sa reformation à l’orée du 21e siècle en compagnie d’Amiri Baraka), ou moins (« Dancing to a Different Drummer » de Julian Benedikt (version director’s cut, 2002), prenant pour sujet Chico Hamilton mais pâtissant de sérieux défauts de traitement et de contenu, en dépit de moyens manifestement supérieurs à ceux dont a disposé le film sur le New York Art Quartet) réussis. Si vous voulez voir le célèbre et swinguant batteur faire ses courses au supermarché pendant dix minutes, ou écouter sa femme dire combien elle l’aime tout en coupant des carottes dans sa cuisine, ce film est pour vous. Tout n’est pas à jeter (les propos que tient Hamilton à Roman Polanski sur son expérience de compositeur pour le cinéma retiennent l’attention), mais le réalisateur fait montre d’un manque de rigueur confinant par moments à l’embarras pur et simple, sans compter que la plupart des extraits de concerts filmés dans les années 80-90 ne montrent pas le batteur au sommet de son inspiration, le jazz-fusion mâtiné de rock qu’il défendait à cette époque ayant pris un sacré coup de vieux. La prochaine projection consistera en un concert filmé de Terje Rypdal & the Chasers en 1985 à Jazz em Agosto, permettant au festival de donner à voir et à entendre une partie de ses archives.

 

David Cristol

|Le festival lisboète se poursuit dans la bonne humeur générale, grâce à une organisation aussi compétente que décontractée, un public bigarré (amateurs de musiques aventureuses et néophytes curieux se pressent tous les soirs à l’entrée du parc du Gulbenkian, toutes générations confondues), des musiciens locaux accueillants, et bien sûr les artistes du festival, flamboyants sur scène, disponibles et détendus à la ville.

Ajoutez à cela une petite salle de cinéma où sont projetés en fin d’après-midi des documentaires sur la musique, alternant œuvres aimées (« Step Across de Border » (1990) de Nicolas Humbert et Werner Penzel, classique du film musical prenant pour sujet Fred Frith, « Basse Continue » (2008) de Christine Baudillon, qui permet de compléter par l’image et le son les propos tenus par Joëlle Léandre dans son livre « A Voix Basse », et « The Soul of a Man » (2003) de Wim Wenders, segment apartenant à la série d’œuvres cinématographiques sur le blues produites par Martin Scorsese et dans lequel on peut entendre James Blood Ulmer et Marc Ribot, entre autres, donner leur version du genre), et découvertes plus (« The Breath Courses Through Us » (2014), d’Alan Roth, métrage passionnant et sans prétention narrant, à l’aide d’images d’archives et d’entretiens éclairants, l’histoire du New York Art Quartet, composé de Roswell Rudd, John Tchicai, Reggie Workman et Milford Graves, de ses débuts dans les années 60 à sa reformation à l’orée du 21e siècle en compagnie d’Amiri Baraka), ou moins (« Dancing to a Different Drummer » de Julian Benedikt (1993, ici dans une version director’s cut, 2002), consacré à Chico Hamilton mais pâtissant de sérieux défauts, en dépit de moyens manifestement supérieurs à ceux dont a disposé le film sur le New York Art Quartet) réussies. Si vous voulez voir le célèbre batteur, disparu en 2013 à l’âge respectable de 92 ans, faire ses courses au supermarché pendant dix minutes, ou écouter sa femme dire combien elle l’aime en touillant la popote dans sa cuisine, ce film est pour vous. Tout n’est pas à jeter (les propos que tient Hamilton à Roman Polanski sur son expérience de compositeur pour le cinéma retiennent l’attention), mais le réalisateur fait preuve d’un manque de rigueur confinant par moments à l’embarras pur et simple, sans compter que les extraits de concerts filmés à la fin des années 80 ne montrent pas le batteur au sommet de son inspiration, la fusion swing-rock qu’il défendait à l’époque ayant pris un sacré coup de vieux. Le ponpon est remporté par la tentative du percussionniste de se muer en crooner, sur fond de nappes de DX7 : ouch! La dernière projection consistera en un concert filmé de Terje Rypdal & the Chasers en 1985 à Jazz em Agosto, permettant au festival de donner à voir et à entendre une partie de ses archives.

David Cristol|

Le festival lisboète se poursuit dans la bonne humeur générale, grâce à une organisation aussi compétente que décontractée, un public bigarré (amateurs de musiques aventureuses et néophytes curieux se pressent tous les soirs à l’entrée du parc du Gulbenkian, toutes générations confondues), des musiciens locaux de plus accueillants, et bien sûr les artistes du festival, disponibles et détendus.


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Ajoutez à cela une petite salle de cinéma où sont projetés en fin d’après-midi des documentaires sur la musique, alternant œuvres aimées (« Step Across de Border » (1990) de Nicolas Humbert et Werner Penzel, classique du film musical prenant pour sujet Fred Frith, « Basse Continue » (2008) de Christine Baudillon, qui permet de compléter par l’image et le son les propos tenus par Joëlle Léandre dans son livre « A Voix Basse », et « The Soul of a Man » (2003) de Wim Wenders, segment apartenant à la série d’œuvres cinématographiques sur le blues produites par Martin Scorsese et dans lequel on peut entendre James Blood Ulmer et Marc Ribot, entre autres, donner leur version du genre), et découvertes plus (« The Breath Courses Through Us » (2014), d’Alan Roth, métrage passionnant et sans prétention narrant, à l’aide d’images d’archives et d’entretiens éclairants, l’histoire du New York Art Quartet, composé de Roswell Rudd, John Tchicai, Reggie Workman et Milford Graves, de ses débuts dans les années 60 à sa reformation à l’orée du 21e siècle en compagnie d’Amiri Baraka), ou moins (« Dancing to a Different Drummer » de Julian Benedikt (version director’s cut, 2002), prenant pour sujet Chico Hamilton mais pâtissant de sérieux défauts de traitement et de contenu, en dépit de moyens manifestement supérieurs à ceux dont a disposé le film sur le New York Art Quartet) réussis. Si vous voulez voir le célèbre et swinguant batteur faire ses courses au supermarché pendant dix minutes, ou écouter sa femme dire combien elle l’aime tout en coupant des carottes dans sa cuisine, ce film est pour vous. Tout n’est pas à jeter (les propos que tient Hamilton à Roman Polanski sur son expérience de compositeur pour le cinéma retiennent l’attention), mais le réalisateur fait montre d’un manque de rigueur confinant par moments à l’embarras pur et simple, sans compter que la plupart des extraits de concerts filmés dans les années 80-90 ne montrent pas le batteur au sommet de son inspiration, le jazz-fusion mâtiné de rock qu’il défendait à cette époque ayant pris un sacré coup de vieux. La prochaine projection consistera en un concert filmé de Terje Rypdal & the Chasers en 1985 à Jazz em Agosto, permettant au festival de donner à voir et à entendre une partie de ses archives.

 

David Cristol

|Le festival lisboète se poursuit dans la bonne humeur générale, grâce à une organisation aussi compétente que décontractée, un public bigarré (amateurs de musiques aventureuses et néophytes curieux se pressent tous les soirs à l’entrée du parc du Gulbenkian, toutes générations confondues), des musiciens locaux accueillants, et bien sûr les artistes du festival, flamboyants sur scène, disponibles et détendus à la ville.

Ajoutez à cela une petite salle de cinéma où sont projetés en fin d’après-midi des documentaires sur la musique, alternant œuvres aimées (« Step Across de Border » (1990) de Nicolas Humbert et Werner Penzel, classique du film musical prenant pour sujet Fred Frith, « Basse Continue » (2008) de Christine Baudillon, qui permet de compléter par l’image et le son les propos tenus par Joëlle Léandre dans son livre « A Voix Basse », et « The Soul of a Man » (2003) de Wim Wenders, segment apartenant à la série d’œuvres cinématographiques sur le blues produites par Martin Scorsese et dans lequel on peut entendre James Blood Ulmer et Marc Ribot, entre autres, donner leur version du genre), et découvertes plus (« The Breath Courses Through Us » (2014), d’Alan Roth, métrage passionnant et sans prétention narrant, à l’aide d’images d’archives et d’entretiens éclairants, l’histoire du New York Art Quartet, composé de Roswell Rudd, John Tchicai, Reggie Workman et Milford Graves, de ses débuts dans les années 60 à sa reformation à l’orée du 21e siècle en compagnie d’Amiri Baraka), ou moins (« Dancing to a Different Drummer » de Julian Benedikt (1993, ici dans une version director’s cut, 2002), consacré à Chico Hamilton mais pâtissant de sérieux défauts, en dépit de moyens manifestement supérieurs à ceux dont a disposé le film sur le New York Art Quartet) réussies. Si vous voulez voir le célèbre batteur, disparu en 2013 à l’âge respectable de 92 ans, faire ses courses au supermarché pendant dix minutes, ou écouter sa femme dire combien elle l’aime en touillant la popote dans sa cuisine, ce film est pour vous. Tout n’est pas à jeter (les propos que tient Hamilton à Roman Polanski sur son expérience de compositeur pour le cinéma retiennent l’attention), mais le réalisateur fait preuve d’un manque de rigueur confinant par moments à l’embarras pur et simple, sans compter que les extraits de concerts filmés à la fin des années 80 ne montrent pas le batteur au sommet de son inspiration, la fusion swing-rock qu’il défendait à l’époque ayant pris un sacré coup de vieux. Le ponpon est remporté par la tentative du percussionniste de se muer en crooner, sur fond de nappes de DX7 : ouch! La dernière projection consistera en un concert filmé de Terje Rypdal & the Chasers en 1985 à Jazz em Agosto, permettant au festival de donner à voir et à entendre une partie de ses archives.

David Cristol|

Le festival lisboète se poursuit dans la bonne humeur générale, grâce à une organisation aussi compétente que décontractée, un public bigarré (amateurs de musiques aventureuses et néophytes curieux se pressent tous les soirs à l’entrée du parc du Gulbenkian, toutes générations confondues), des musiciens locaux de plus accueillants, et bien sûr les artistes du festival, disponibles et détendus.


the-breath-courses-through-us


Ajoutez à cela une petite salle de cinéma où sont projetés en fin d’après-midi des documentaires sur la musique, alternant œuvres aimées (« Step Across de Border » (1990) de Nicolas Humbert et Werner Penzel, classique du film musical prenant pour sujet Fred Frith, « Basse Continue » (2008) de Christine Baudillon, qui permet de compléter par l’image et le son les propos tenus par Joëlle Léandre dans son livre « A Voix Basse », et « The Soul of a Man » (2003) de Wim Wenders, segment apartenant à la série d’œuvres cinématographiques sur le blues produites par Martin Scorsese et dans lequel on peut entendre James Blood Ulmer et Marc Ribot, entre autres, donner leur version du genre), et découvertes plus (« The Breath Courses Through Us » (2014), d’Alan Roth, métrage passionnant et sans prétention narrant, à l’aide d’images d’archives et d’entretiens éclairants, l’histoire du New York Art Quartet, composé de Roswell Rudd, John Tchicai, Reggie Workman et Milford Graves, de ses débuts dans les années 60 à sa reformation à l’orée du 21e siècle en compagnie d’Amiri Baraka), ou moins (« Dancing to a Different Drummer » de Julian Benedikt (version director’s cut, 2002), prenant pour sujet Chico Hamilton mais pâtissant de sérieux défauts de traitement et de contenu, en dépit de moyens manifestement supérieurs à ceux dont a disposé le film sur le New York Art Quartet) réussis. Si vous voulez voir le célèbre et swinguant batteur faire ses courses au supermarché pendant dix minutes, ou écouter sa femme dire combien elle l’aime tout en coupant des carottes dans sa cuisine, ce film est pour vous. Tout n’est pas à jeter (les propos que tient Hamilton à Roman Polanski sur son expérience de compositeur pour le cinéma retiennent l’attention), mais le réalisateur fait montre d’un manque de rigueur confinant par moments à l’embarras pur et simple, sans compter que la plupart des extraits de concerts filmés dans les années 80-90 ne montrent pas le batteur au sommet de son inspiration, le jazz-fusion mâtiné de rock qu’il défendait à cette époque ayant pris un sacré coup de vieux. La prochaine projection consistera en un concert filmé de Terje Rypdal & the Chasers en 1985 à Jazz em Agosto, permettant au festival de donner à voir et à entendre une partie de ses archives.

 

David Cristol

|Le festival lisboète se poursuit dans la bonne humeur générale, grâce à une organisation aussi compétente que décontractée, un public bigarré (amateurs de musiques aventureuses et néophytes curieux se pressent tous les soirs à l’entrée du parc du Gulbenkian, toutes générations confondues), des musiciens locaux accueillants, et bien sûr les artistes du festival, flamboyants sur scène, disponibles et détendus à la ville.

Ajoutez à cela une petite salle de cinéma où sont projetés en fin d’après-midi des documentaires sur la musique, alternant œuvres aimées (« Step Across de Border » (1990) de Nicolas Humbert et Werner Penzel, classique du film musical prenant pour sujet Fred Frith, « Basse Continue » (2008) de Christine Baudillon, qui permet de compléter par l’image et le son les propos tenus par Joëlle Léandre dans son livre « A Voix Basse », et « The Soul of a Man » (2003) de Wim Wenders, segment apartenant à la série d’œuvres cinématographiques sur le blues produites par Martin Scorsese et dans lequel on peut entendre James Blood Ulmer et Marc Ribot, entre autres, donner leur version du genre), et découvertes plus (« The Breath Courses Through Us » (2014), d’Alan Roth, métrage passionnant et sans prétention narrant, à l’aide d’images d’archives et d’entretiens éclairants, l’histoire du New York Art Quartet, composé de Roswell Rudd, John Tchicai, Reggie Workman et Milford Graves, de ses débuts dans les années 60 à sa reformation à l’orée du 21e siècle en compagnie d’Amiri Baraka), ou moins (« Dancing to a Different Drummer » de Julian Benedikt (1993, ici dans une version director’s cut, 2002), consacré à Chico Hamilton mais pâtissant de sérieux défauts, en dépit de moyens manifestement supérieurs à ceux dont a disposé le film sur le New York Art Quartet) réussies. Si vous voulez voir le célèbre batteur, disparu en 2013 à l’âge respectable de 92 ans, faire ses courses au supermarché pendant dix minutes, ou écouter sa femme dire combien elle l’aime en touillant la popote dans sa cuisine, ce film est pour vous. Tout n’est pas à jeter (les propos que tient Hamilton à Roman Polanski sur son expérience de compositeur pour le cinéma retiennent l’attention), mais le réalisateur fait preuve d’un manque de rigueur confinant par moments à l’embarras pur et simple, sans compter que les extraits de concerts filmés à la fin des années 80 ne montrent pas le batteur au sommet de son inspiration, la fusion swing-rock qu’il défendait à l’époque ayant pris un sacré coup de vieux. Le ponpon est remporté par la tentative du percussionniste de se muer en crooner, sur fond de nappes de DX7 : ouch! La dernière projection consistera en un concert filmé de Terje Rypdal & the Chasers en 1985 à Jazz em Agosto, permettant au festival de donner à voir et à entendre une partie de ses archives.

David Cristol