Jazz live
Publié le 18 Nov 2013

Le CNSM se souvient de Steve Lacy

On est en retard. Les élèves de première année du département jazz du CNSMDP sont en train de conclure leur hommage à Charlie Mingus par un morceau réunissant deux admirables compositions du maître, Goodbye Pork pie hat et Self portrait in three colors. Marta Garrett, vocaliste, a repris les paroles de Joni Mitchell, et c’est très réussi. Bastien Weeger, au sax baryton, a mis toute la sauvagerie requise dans ses interventions.cnsm 1

 

 

Mercredi 13 novembre 2013, CNSMDP (Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris) Pascal Mabit (ss) , Rémi Meurice (ss), Bastien Weeger (ss ) Gabriel boyault (ss) Steve Potts (as, ss) Melvin Marquez (ts) Filippo vignato (tb), léo pellet (tb), victor aubert (b) Grzegorz Bwlodarczyk (b),Elie Martin-Charrière (dm), Kevin Lucchetti (dm), Julian Bridges (dm)Mark Pringle (p)

 

 

 

 

 

La deuxième partie du concert est consacrée à Steve Lacy. François Théberge s’est occupé de la direction artistique. Il a été l’ami de Lacy. En quelques mots émus il évoque ce dernier avant le concert. Le saxophoniste américain Steve Potts , qui a joué pendant trente ans avec Lacy s’est également impliqué dans le projet. Il se  joint d’ailleurs aux élèves du CNSM pour les derniers  morceaux.

 Les élèves du CNSM jouent « blinks », »bone”,  the windows », « the bath », “esteem”, « the rent ». C’est une musique dont les compositions correspondent le plus souvent à des recherches ou des explorations formelles. François Théberge parle pour les désigner de « cartes postales abstraites ». Abstraites, peut-être, sans doute, mais surtout très colorées. Elles ont de l’allant, de l’entrain, et pour résumer les choses : elles sonnent. Certaines d’entre elles, comme « the rent » dégagent une réelle euphorie collective : on se souvient alors que Steve Lacy a commencé sa carrière de musicien dans le dixieland, accompagnant des vieilles gloires comme Willie the lion Smith. Ensuite il allait rencontrer Cecil Taylor et sa carrière de musicien, après un virage en épingle à cheveux, s’orienterait vers le free jazz.cnsm 2

Les jeunes musiciens du CNSM jouent cette musique avec conviction. Sur « Blinks », la sonorité de Pascal Mabit au saxophone soprano évoque celle du maître : forte, tranchante, granitique, on a presque envie de dire : incorruptible. Son duo avec le batteur Kevin Lucchetti est un des beaux moments du concert. Sur « the rent », Steve Potts accompagne les élèves du CNSM, et les encourage avec générosité. Il prend un chorus en jouant en même temps du soprano et du sax alto. Melvin Marquez, impeccable et intense au sax ténor, fait un pas de côté pour admirer la chose.

Après le concert , on va voir François Théberge pour essayer d’en savoir un peu plus sur ce musicien américain qui a vécu trente ans à Paris. Théberge est en train de remercier les musiciens. Il a un mot gentil pour saluer la performance de chacun. Il est plus réservé pour parler de Steve Lacy. Il a peur que ses mots le trahissent, craint de n’être  pas à la hauteur de son ami : « Je suis un musicien, vous savez, je parle très mal…Steve Lacy, on ne peut pas le résumer, c’est toute une expérience de vie… ». Les yeux fixés vers un horizon indéfinissable, incommunicable, il se souvient d’une master class de Steve Lacy en 2001 : « Il a écouté un musicien…et il n’a rien dit. Son silence a duré longtemps, peut-être une minute…mais tout le monde a compris ce qu’il voulait signifier ». En se faisant un peu violence, il ajoute quelques mots de plus  : « il rendait les choses simples…Ce n’était pas quelqu’un qui voulait passer pour un pseudo-intellectuel, comme tant de musiciens aujourd’hui…Et c’était en même temps quelqu’un de très léger… j’ai des souvenirs de lui qui…». Il s’arrête , un peu découragé : « Tout ça ce ne sont que des mots….Tout ce que je peux vous dire, c’est que je sais ce qu’il aimait en musique et que ce soir, s’il avait écouté ces jeunes musiciens, eh bien, il aurait aimé… ». Steve Potts est juste à côté, il a entendu la fin de la conversation : « Oui, ce soir, Steve aurait aimé la musique ».

Jean-François Mondot

Dessin: Annie-Claire Alvoët


 

|

On est en retard. Les élèves de première année du département jazz du CNSMDP sont en train de conclure leur hommage à Charlie Mingus par un morceau réunissant deux admirables compositions du maître, Goodbye Pork pie hat et Self portrait in three colors. Marta Garrett, vocaliste, a repris les paroles de Joni Mitchell, et c’est très réussi. Bastien Weeger, au sax baryton, a mis toute la sauvagerie requise dans ses interventions.cnsm 1

 

 

Mercredi 13 novembre 2013, CNSMDP (Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris) Pascal Mabit (ss) , Rémi Meurice (ss), Bastien Weeger (ss ) Gabriel boyault (ss) Steve Potts (as, ss) Melvin Marquez (ts) Filippo vignato (tb), léo pellet (tb), victor aubert (b) Grzegorz Bwlodarczyk (b),Elie Martin-Charrière (dm), Kevin Lucchetti (dm), Julian Bridges (dm)Mark Pringle (p)

 

 

 

 

 

La deuxième partie du concert est consacrée à Steve Lacy. François Théberge s’est occupé de la direction artistique. Il a été l’ami de Lacy. En quelques mots émus il évoque ce dernier avant le concert. Le saxophoniste américain Steve Potts , qui a joué pendant trente ans avec Lacy s’est également impliqué dans le projet. Il se  joint d’ailleurs aux élèves du CNSM pour les derniers  morceaux.

 Les élèves du CNSM jouent « blinks », »bone”,  the windows », « the bath », “esteem”, « the rent ». C’est une musique dont les compositions correspondent le plus souvent à des recherches ou des explorations formelles. François Théberge parle pour les désigner de « cartes postales abstraites ». Abstraites, peut-être, sans doute, mais surtout très colorées. Elles ont de l’allant, de l’entrain, et pour résumer les choses : elles sonnent. Certaines d’entre elles, comme « the rent » dégagent une réelle euphorie collective : on se souvient alors que Steve Lacy a commencé sa carrière de musicien dans le dixieland, accompagnant des vieilles gloires comme Willie the lion Smith. Ensuite il allait rencontrer Cecil Taylor et sa carrière de musicien, après un virage en épingle à cheveux, s’orienterait vers le free jazz.cnsm 2

Les jeunes musiciens du CNSM jouent cette musique avec conviction. Sur « Blinks », la sonorité de Pascal Mabit au saxophone soprano évoque celle du maître : forte, tranchante, granitique, on a presque envie de dire : incorruptible. Son duo avec le batteur Kevin Lucchetti est un des beaux moments du concert. Sur « the rent », Steve Potts accompagne les élèves du CNSM, et les encourage avec générosité. Il prend un chorus en jouant en même temps du soprano et du sax alto. Melvin Marquez, impeccable et intense au sax ténor, fait un pas de côté pour admirer la chose.

Après le concert , on va voir François Théberge pour essayer d’en savoir un peu plus sur ce musicien américain qui a vécu trente ans à Paris. Théberge est en train de remercier les musiciens. Il a un mot gentil pour saluer la performance de chacun. Il est plus réservé pour parler de Steve Lacy. Il a peur que ses mots le trahissent, craint de n’être  pas à la hauteur de son ami : « Je suis un musicien, vous savez, je parle très mal…Steve Lacy, on ne peut pas le résumer, c’est toute une expérience de vie… ». Les yeux fixés vers un horizon indéfinissable, incommunicable, il se souvient d’une master class de Steve Lacy en 2001 : « Il a écouté un musicien…et il n’a rien dit. Son silence a duré longtemps, peut-être une minute…mais tout le monde a compris ce qu’il voulait signifier ». En se faisant un peu violence, il ajoute quelques mots de plus  : « il rendait les choses simples…Ce n’était pas quelqu’un qui voulait passer pour un pseudo-intellectuel, comme tant de musiciens aujourd’hui…Et c’était en même temps quelqu’un de très léger… j’ai des souvenirs de lui qui…». Il s’arrête , un peu découragé : « Tout ça ce ne sont que des mots….Tout ce que je peux vous dire, c’est que je sais ce qu’il aimait en musique et que ce soir, s’il avait écouté ces jeunes musiciens, eh bien, il aurait aimé… ». Steve Potts est juste à côté, il a entendu la fin de la conversation : « Oui, ce soir, Steve aurait aimé la musique ».

Jean-François Mondot

Dessin: Annie-Claire Alvoët


 

|

On est en retard. Les élèves de première année du département jazz du CNSMDP sont en train de conclure leur hommage à Charlie Mingus par un morceau réunissant deux admirables compositions du maître, Goodbye Pork pie hat et Self portrait in three colors. Marta Garrett, vocaliste, a repris les paroles de Joni Mitchell, et c’est très réussi. Bastien Weeger, au sax baryton, a mis toute la sauvagerie requise dans ses interventions.cnsm 1

 

 

Mercredi 13 novembre 2013, CNSMDP (Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris) Pascal Mabit (ss) , Rémi Meurice (ss), Bastien Weeger (ss ) Gabriel boyault (ss) Steve Potts (as, ss) Melvin Marquez (ts) Filippo vignato (tb), léo pellet (tb), victor aubert (b) Grzegorz Bwlodarczyk (b),Elie Martin-Charrière (dm), Kevin Lucchetti (dm), Julian Bridges (dm)Mark Pringle (p)

 

 

 

 

 

La deuxième partie du concert est consacrée à Steve Lacy. François Théberge s’est occupé de la direction artistique. Il a été l’ami de Lacy. En quelques mots émus il évoque ce dernier avant le concert. Le saxophoniste américain Steve Potts , qui a joué pendant trente ans avec Lacy s’est également impliqué dans le projet. Il se  joint d’ailleurs aux élèves du CNSM pour les derniers  morceaux.

 Les élèves du CNSM jouent « blinks », »bone”,  the windows », « the bath », “esteem”, « the rent ». C’est une musique dont les compositions correspondent le plus souvent à des recherches ou des explorations formelles. François Théberge parle pour les désigner de « cartes postales abstraites ». Abstraites, peut-être, sans doute, mais surtout très colorées. Elles ont de l’allant, de l’entrain, et pour résumer les choses : elles sonnent. Certaines d’entre elles, comme « the rent » dégagent une réelle euphorie collective : on se souvient alors que Steve Lacy a commencé sa carrière de musicien dans le dixieland, accompagnant des vieilles gloires comme Willie the lion Smith. Ensuite il allait rencontrer Cecil Taylor et sa carrière de musicien, après un virage en épingle à cheveux, s’orienterait vers le free jazz.cnsm 2

Les jeunes musiciens du CNSM jouent cette musique avec conviction. Sur « Blinks », la sonorité de Pascal Mabit au saxophone soprano évoque celle du maître : forte, tranchante, granitique, on a presque envie de dire : incorruptible. Son duo avec le batteur Kevin Lucchetti est un des beaux moments du concert. Sur « the rent », Steve Potts accompagne les élèves du CNSM, et les encourage avec générosité. Il prend un chorus en jouant en même temps du soprano et du sax alto. Melvin Marquez, impeccable et intense au sax ténor, fait un pas de côté pour admirer la chose.

Après le concert , on va voir François Théberge pour essayer d’en savoir un peu plus sur ce musicien américain qui a vécu trente ans à Paris. Théberge est en train de remercier les musiciens. Il a un mot gentil pour saluer la performance de chacun. Il est plus réservé pour parler de Steve Lacy. Il a peur que ses mots le trahissent, craint de n’être  pas à la hauteur de son ami : « Je suis un musicien, vous savez, je parle très mal…Steve Lacy, on ne peut pas le résumer, c’est toute une expérience de vie… ». Les yeux fixés vers un horizon indéfinissable, incommunicable, il se souvient d’une master class de Steve Lacy en 2001 : « Il a écouté un musicien…et il n’a rien dit. Son silence a duré longtemps, peut-être une minute…mais tout le monde a compris ce qu’il voulait signifier ». En se faisant un peu violence, il ajoute quelques mots de plus  : « il rendait les choses simples…Ce n’était pas quelqu’un qui voulait passer pour un pseudo-intellectuel, comme tant de musiciens aujourd’hui…Et c’était en même temps quelqu’un de très léger… j’ai des souvenirs de lui qui…». Il s’arrête , un peu découragé : « Tout ça ce ne sont que des mots….Tout ce que je peux vous dire, c’est que je sais ce qu’il aimait en musique et que ce soir, s’il avait écouté ces jeunes musiciens, eh bien, il aurait aimé… ». Steve Potts est juste à côté, il a entendu la fin de la conversation : « Oui, ce soir, Steve aurait aimé la musique ».

Jean-François Mondot

Dessin: Annie-Claire Alvoët


 

|

On est en retard. Les élèves de première année du département jazz du CNSMDP sont en train de conclure leur hommage à Charlie Mingus par un morceau réunissant deux admirables compositions du maître, Goodbye Pork pie hat et Self portrait in three colors. Marta Garrett, vocaliste, a repris les paroles de Joni Mitchell, et c’est très réussi. Bastien Weeger, au sax baryton, a mis toute la sauvagerie requise dans ses interventions.cnsm 1

 

 

Mercredi 13 novembre 2013, CNSMDP (Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris) Pascal Mabit (ss) , Rémi Meurice (ss), Bastien Weeger (ss ) Gabriel boyault (ss) Steve Potts (as, ss) Melvin Marquez (ts) Filippo vignato (tb), léo pellet (tb), victor aubert (b) Grzegorz Bwlodarczyk (b),Elie Martin-Charrière (dm), Kevin Lucchetti (dm), Julian Bridges (dm)Mark Pringle (p)

 

 

 

 

 

La deuxième partie du concert est consacrée à Steve Lacy. François Théberge s’est occupé de la direction artistique. Il a été l’ami de Lacy. En quelques mots émus il évoque ce dernier avant le concert. Le saxophoniste américain Steve Potts , qui a joué pendant trente ans avec Lacy s’est également impliqué dans le projet. Il se  joint d’ailleurs aux élèves du CNSM pour les derniers  morceaux.

 Les élèves du CNSM jouent « blinks », »bone”,  the windows », « the bath », “esteem”, « the rent ». C’est une musique dont les compositions correspondent le plus souvent à des recherches ou des explorations formelles. François Théberge parle pour les désigner de « cartes postales abstraites ». Abstraites, peut-être, sans doute, mais surtout très colorées. Elles ont de l’allant, de l’entrain, et pour résumer les choses : elles sonnent. Certaines d’entre elles, comme « the rent » dégagent une réelle euphorie collective : on se souvient alors que Steve Lacy a commencé sa carrière de musicien dans le dixieland, accompagnant des vieilles gloires comme Willie the lion Smith. Ensuite il allait rencontrer Cecil Taylor et sa carrière de musicien, après un virage en épingle à cheveux, s’orienterait vers le free jazz.cnsm 2

Les jeunes musiciens du CNSM jouent cette musique avec conviction. Sur « Blinks », la sonorité de Pascal Mabit au saxophone soprano évoque celle du maître : forte, tranchante, granitique, on a presque envie de dire : incorruptible. Son duo avec le batteur Kevin Lucchetti est un des beaux moments du concert. Sur « the rent », Steve Potts accompagne les élèves du CNSM, et les encourage avec générosité. Il prend un chorus en jouant en même temps du soprano et du sax alto. Melvin Marquez, impeccable et intense au sax ténor, fait un pas de côté pour admirer la chose.

Après le concert , on va voir François Théberge pour essayer d’en savoir un peu plus sur ce musicien américain qui a vécu trente ans à Paris. Théberge est en train de remercier les musiciens. Il a un mot gentil pour saluer la performance de chacun. Il est plus réservé pour parler de Steve Lacy. Il a peur que ses mots le trahissent, craint de n’être  pas à la hauteur de son ami : « Je suis un musicien, vous savez, je parle très mal…Steve Lacy, on ne peut pas le résumer, c’est toute une expérience de vie… ». Les yeux fixés vers un horizon indéfinissable, incommunicable, il se souvient d’une master class de Steve Lacy en 2001 : « Il a écouté un musicien…et il n’a rien dit. Son silence a duré longtemps, peut-être une minute…mais tout le monde a compris ce qu’il voulait signifier ». En se faisant un peu violence, il ajoute quelques mots de plus  : « il rendait les choses simples…Ce n’était pas quelqu’un qui voulait passer pour un pseudo-intellectuel, comme tant de musiciens aujourd’hui…Et c’était en même temps quelqu’un de très léger… j’ai des souvenirs de lui qui…». Il s’arrête , un peu découragé : « Tout ça ce ne sont que des mots….Tout ce que je peux vous dire, c’est que je sais ce qu’il aimait en musique et que ce soir, s’il avait écouté ces jeunes musiciens, eh bien, il aurait aimé… ». Steve Potts est juste à côté, il a entendu la fin de la conversation : « Oui, ce soir, Steve aurait aimé la musique ».

Jean-François Mondot

Dessin: Annie-Claire Alvoët