Jazz live
Publié le 12 Août 2016

Marciac : de Kazami Washington à Michel Camilo

M. le Préfet du Gers devient un fin connaisseur des choses du jazz. Accompagnant d’abord  Bernard Cazeneuve venu certifier lia sécurité des sites du festival, Pierre Ory est retourné sous le chapiteau de Marciac écouter David Sanchez et Michel Camilo, après avoir assisté à un concert de latin jazz à Vic Fezensac pour Tempo Latino.

Jazz in Marciac, Chapiteau, 9, 10 aout

Dianne Reeves (voc), Romero Lubambo, (elg, g), Peter Martin (p), Reginald Veai (elb, b), Terreon Gully (dm)

Kamasi Washington (ts), Ryan Porter (tb), Rickey Washington (ss), Patrice Quinn (voc), Brandon Coleman (keyb), Abraham « Miles «  Mosley (b), Antonio Austin, Ronald Brunner (dm)

David Sanchez (ts, ss), Luis Perdomo (p), Ricky Rodriguez (b), E.J. Strickland (dm)

Michel Camilo (p), Ricky Rodriguez (b), Dafnis Prieto (dm)

Elle entre en scène, souriante,  dans une longue robe aux couleurs rutilantes, dominante claire de jaune et de vert. Ce soir à Marciac, façon diva, il faut l‘écouter et la regarder. Sur ce concert Dianne Reeves grave un DVD qui sera estampillé Live in Marciac. On remarque tout de suite sa voix bien sur, tessiture ample mais sans en abuser, sans monter dans les tours comme certains trompettistes, acrobates adeptes des sommets d’aigües vertigineuses, soyeuse et puissante à la fois, bien dans la lignée des grandes dames du jazz. Mais la vraie signature peut-être, question de goût et d’attention portée à l’exercice, passe par sa façon nature dont elle scatte, relax, en nuance, provocant, pulsant sans le paraître de ces traits ludiques l’ensemble de l’orchestre (Dreams, de Pat Metheny svp…) Des musiciens qu’elles présentent en faisant le show, tel un tel un thème funky à souhait, elle sort en exergue le guitariste, Romero Lubambo « mon frère d’une autre mère » Occasion d’un duo acoustique sur un thème de Gershwin (Our love is here to stay) subtilement muté en une belle bossa sucrée à point. S’y ajoute en soutien  sans réserve les graves de la basse de Reginald Veal, autre compagne de longue date. Qui dit enregistrement dit souvent invité, histoire de corser l’affiche. Ce soir, un harmoniciste, Grégoire Maret, habitué des studios new Yorkais. Légère touche de blues, de notes bleues (Ce qui n’empêche pas de noter ce même soir la présence d’un autre harmonica riches de couleurs, celui d’Olivier Ker Ourio, sur scène lui avec un invité également, et pas n’importe lequel, le guitariste Sylvain Luc sur la scène de l’Astrada, derrière église à cinq cent mètres du chapiteau, mais bon tout voir tout entendre, à l’impossible -marciacais- nul n’est tenu…écouter pourtant le CD paru récemment, L’Orchès Péï / Bonsai Records, enregistré live au Paris Jazz Festival) Pleine d’allant, gorgée d’un  groove permanent (DReams) Dianne Reeves élargit sa palette. Moins fondamentalement jazz qu’auparavant, davantage porté vers un univers pop soul (Beautiful) Une façon de célébrer sans doute à l’image de « tous mes concerts de cette année…mon 59e anniversaire » Un secret bien gardé sauf  vis à vis de « mon public »

Malgré la coupure, en dépit d’un long changement de plateau le passage de l’Une à l’Autre, cela fait un choc. Une grosse claque de (puissance-trop?-) sonore  à vrai dire, à grand renfort  de riffs répétés plus des soli de dix minutes chrono balancés sans annonce, sans coup férir (Change of the guard) Le tout projeté dans la salle sur un fond de martèlement binaire à deux batteries. Epic, le triple album foisonnant le laissait entendre mais en mode très arrangé, finalisé. Livrée en live, la horde de Kamasi Washington ne plaisante pas avec le matériau musical traité en brut. Me revient alors cette  pensée de Thomas de Pourquery (Blindtest JazzMag 685) parlant du free notamment chez des figures comme Gato Barbieri , Albert Ayler ou Phroah Sanders et qui souligne leur engagement dans la musique « des moments de chaos paroxystique…un grouillement organique anarchique… » Dans le produit musical le jeune saxophoniste originaire du quartier chaud d’Inglewood à Los Angeles, on retrouve ce côté débridé, limite sauvage expression directe d’une forme de cri violent, de message à tonalité politique et sociétal. Pour passer aussitôt à une séquence d’apaisement, cool, classique, façon balade (Clair de Lune) Il associe son travail, son père, saxophoniste, lui aussi très coltranien au soprano (Cherokee Pops) Sur scène Kamasi Washington distribue les soli comme autant de rôles, mettant en valeur ses partenaires. A vrai dire le long exposé à deux batteurs, annoncé en « dialogue » ne paraît pas franchement indispensable. Miles Mosley, bassiste reconnaissable à son béret très Che Guevara fait, lui, un numéro perso original, très funky,, doublant sa basse sursaturée d’une voix forcée, en mode sonore épais façon Hendrix ou Jack Bruce. A propos de son enfin, celui du leader confirme des racines, des influences avouées: Pharoa Sanders mais surtout Rollins, dans l’attaque, les articulation caractérisants son phrasé au saxophone ténor.

Attention ! Le jazz, la musique vivante ne peut, ne doit pas s’alimenter que de battements de mains recherchés, provoqués, par riffs et autres onomatopées chantés, ovations ou poussées collective au moment du bis vers le bord de scène organisés en guise de plébiscite. Quelle que soit la nature du festival,es moyens, son rang, place doit être laissée à l’intelligence, la créativité, la finesse du propos musical explicité. On doit donc toujours garder la possibilité d’écouter aussi Gonzalo Rubalcaba, David Sanchez, Luis Perdomo, Horacio El Negro Hernandez et consort à volume constant, avec la tranquillité d’esprit, la juste attention requises.

Une colonne d’air exploitée tout en maîtrise, non sans une certaine retenue parfois, une attitude susceptible de dérouter certains auditeurs. Pourtant le son du ténor de David Sanchez sort bien rond, bien plein avec du grain lorsqu’il attaque dans l’aigu. Si l’on se concentre sur l’écoute -pas toujours aisé le dit exercice sous un chapiteau de cent mètres de long- on perçoit une finesse certaine, une inspiration dans la manière d’utiliser son instrument. Sanchez le portoricain ne fait pas éclater son cuivre, au contraire. Il procède par séduction, par caresses. On pense à Wayne Shorter. De même le discours de son pianiste (Luis Perdomo, de Caracas, Venezuela, partenaire aussi d’un autre portoricain, l’altiste Miguel Zenon. A écouter un album de piano solo, Montage/@hotonemusic)) s’affiche clair, limpide, alimenté d’une qualité de toucher constante. Du piano jazz certifié conforme. témoin l’intro piano basse sur le joliment nommé Wave under silk  « Les thèmes joués n’ont pas encore été enregistrés. Cela se fera bientôt » confie le saxophoniste de sa voix douce. David Sanchez, patiemment, méthodiquement construit ses interventions, ses séquences de soli ponctuant de long thèmes. Ainsi a-on a le temps de profiter de son talent.

Camilo au piano, je me répète, c’est…M. 100000 volts ! Sa conviction exprimée, sa vélocité  sur le clavier ne lui font jamais défaut. Sa virtuosité expressionniste, son look-sourire éternel, cheveux plaqués gominés- qu’on dirait sortie des Sopranos il faut faire avec. Michel Camilo en mille notes  (tendance plutôt dominante chez lui) comme en une on le reconnait aussitôt. A Marciac il est venu « avec un trio latino, St Domingue+ Puerto Rico, basse+ Cuba, la batterie brillantissime de Dafnis Preto » From within ou On Fire se trouvent emballés à vitesse grand V. Danza Lucumi du compositeur cubain mythique, Ernesto Lecuona pris sur tempo moyen dévoile à l’inverse un jeu très délié s’appuyant sur une superbe pédale de basse. En conclusion, en bis réclamé par le public qui en veut encore, le pianiste dominicain livre en point d’orgue sa version de Take Five. On doit le croire sur parole: Dave Brubeck est une de ses influences majeures. De cette complexité, de ces pièges rythmiques il s’en sort évidemment une fois encore avec aisance. Ecouter Michel Camilo en concert, ça parait facile tellement ça coule de source. La marque d’un brio certain, sans doute.

Robert Latxague

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M. le Préfet du Gers devient un fin connaisseur des choses du jazz. Accompagnant d’abord  Bernard Cazeneuve venu certifier lia sécurité des sites du festival, Pierre Ory est retourné sous le chapiteau de Marciac écouter David Sanchez et Michel Camilo, après avoir assisté à un concert de latin jazz à Vic Fezensac pour Tempo Latino.

Jazz in Marciac, Chapiteau, 9, 10 aout

Dianne Reeves (voc), Romero Lubambo, (elg, g), Peter Martin (p), Reginald Veai (elb, b), Terreon Gully (dm)

Kamasi Washington (ts), Ryan Porter (tb), Rickey Washington (ss), Patrice Quinn (voc), Brandon Coleman (keyb), Abraham « Miles «  Mosley (b), Antonio Austin, Ronald Brunner (dm)

David Sanchez (ts, ss), Luis Perdomo (p), Ricky Rodriguez (b), E.J. Strickland (dm)

Michel Camilo (p), Ricky Rodriguez (b), Dafnis Prieto (dm)

Elle entre en scène, souriante,  dans une longue robe aux couleurs rutilantes, dominante claire de jaune et de vert. Ce soir à Marciac, façon diva, il faut l‘écouter et la regarder. Sur ce concert Dianne Reeves grave un DVD qui sera estampillé Live in Marciac. On remarque tout de suite sa voix bien sur, tessiture ample mais sans en abuser, sans monter dans les tours comme certains trompettistes, acrobates adeptes des sommets d’aigües vertigineuses, soyeuse et puissante à la fois, bien dans la lignée des grandes dames du jazz. Mais la vraie signature peut-être, question de goût et d’attention portée à l’exercice, passe par sa façon nature dont elle scatte, relax, en nuance, provocant, pulsant sans le paraître de ces traits ludiques l’ensemble de l’orchestre (Dreams, de Pat Metheny svp…) Des musiciens qu’elles présentent en faisant le show, tel un tel un thème funky à souhait, elle sort en exergue le guitariste, Romero Lubambo « mon frère d’une autre mère » Occasion d’un duo acoustique sur un thème de Gershwin (Our love is here to stay) subtilement muté en une belle bossa sucrée à point. S’y ajoute en soutien  sans réserve les graves de la basse de Reginald Veal, autre compagne de longue date. Qui dit enregistrement dit souvent invité, histoire de corser l’affiche. Ce soir, un harmoniciste, Grégoire Maret, habitué des studios new Yorkais. Légère touche de blues, de notes bleues (Ce qui n’empêche pas de noter ce même soir la présence d’un autre harmonica riches de couleurs, celui d’Olivier Ker Ourio, sur scène lui avec un invité également, et pas n’importe lequel, le guitariste Sylvain Luc sur la scène de l’Astrada, derrière église à cinq cent mètres du chapiteau, mais bon tout voir tout entendre, à l’impossible -marciacais- nul n’est tenu…écouter pourtant le CD paru récemment, L’Orchès Péï / Bonsai Records, enregistré live au Paris Jazz Festival) Pleine d’allant, gorgée d’un  groove permanent (DReams) Dianne Reeves élargit sa palette. Moins fondamentalement jazz qu’auparavant, davantage porté vers un univers pop soul (Beautiful) Une façon de célébrer sans doute à l’image de « tous mes concerts de cette année…mon 59e anniversaire » Un secret bien gardé sauf  vis à vis de « mon public »

Malgré la coupure, en dépit d’un long changement de plateau le passage de l’Une à l’Autre, cela fait un choc. Une grosse claque de (puissance-trop?-) sonore  à vrai dire, à grand renfort  de riffs répétés plus des soli de dix minutes chrono balancés sans annonce, sans coup férir (Change of the guard) Le tout projeté dans la salle sur un fond de martèlement binaire à deux batteries. Epic, le triple album foisonnant le laissait entendre mais en mode très arrangé, finalisé. Livrée en live, la horde de Kamasi Washington ne plaisante pas avec le matériau musical traité en brut. Me revient alors cette  pensée de Thomas de Pourquery (Blindtest JazzMag 685) parlant du free notamment chez des figures comme Gato Barbieri , Albert Ayler ou Phroah Sanders et qui souligne leur engagement dans la musique « des moments de chaos paroxystique…un grouillement organique anarchique… » Dans le produit musical le jeune saxophoniste originaire du quartier chaud d’Inglewood à Los Angeles, on retrouve ce côté débridé, limite sauvage expression directe d’une forme de cri violent, de message à tonalité politique et sociétal. Pour passer aussitôt à une séquence d’apaisement, cool, classique, façon balade (Clair de Lune) Il associe son travail, son père, saxophoniste, lui aussi très coltranien au soprano (Cherokee Pops) Sur scène Kamasi Washington distribue les soli comme autant de rôles, mettant en valeur ses partenaires. A vrai dire le long exposé à deux batteurs, annoncé en « dialogue » ne paraît pas franchement indispensable. Miles Mosley, bassiste reconnaissable à son béret très Che Guevara fait, lui, un numéro perso original, très funky,, doublant sa basse sursaturée d’une voix forcée, en mode sonore épais façon Hendrix ou Jack Bruce. A propos de son enfin, celui du leader confirme des racines, des influences avouées: Pharoa Sanders mais surtout Rollins, dans l’attaque, les articulation caractérisants son phrasé au saxophone ténor.

Attention ! Le jazz, la musique vivante ne peut, ne doit pas s’alimenter que de battements de mains recherchés, provoqués, par riffs et autres onomatopées chantés, ovations ou poussées collective au moment du bis vers le bord de scène organisés en guise de plébiscite. Quelle que soit la nature du festival,es moyens, son rang, place doit être laissée à l’intelligence, la créativité, la finesse du propos musical explicité. On doit donc toujours garder la possibilité d’écouter aussi Gonzalo Rubalcaba, David Sanchez, Luis Perdomo, Horacio El Negro Hernandez et consort à volume constant, avec la tranquillité d’esprit, la juste attention requises.

Une colonne d’air exploitée tout en maîtrise, non sans une certaine retenue parfois, une attitude susceptible de dérouter certains auditeurs. Pourtant le son du ténor de David Sanchez sort bien rond, bien plein avec du grain lorsqu’il attaque dans l’aigu. Si l’on se concentre sur l’écoute -pas toujours aisé le dit exercice sous un chapiteau de cent mètres de long- on perçoit une finesse certaine, une inspiration dans la manière d’utiliser son instrument. Sanchez le portoricain ne fait pas éclater son cuivre, au contraire. Il procède par séduction, par caresses. On pense à Wayne Shorter. De même le discours de son pianiste (Luis Perdomo, de Caracas, Venezuela, partenaire aussi d’un autre portoricain, l’altiste Miguel Zenon. A écouter un album de piano solo, Montage/@hotonemusic)) s’affiche clair, limpide, alimenté d’une qualité de toucher constante. Du piano jazz certifié conforme. témoin l’intro piano basse sur le joliment nommé Wave under silk  « Les thèmes joués n’ont pas encore été enregistrés. Cela se fera bientôt » confie le saxophoniste de sa voix douce. David Sanchez, patiemment, méthodiquement construit ses interventions, ses séquences de soli ponctuant de long thèmes. Ainsi a-on a le temps de profiter de son talent.

Camilo au piano, je me répète, c’est…M. 100000 volts ! Sa conviction exprimée, sa vélocité  sur le clavier ne lui font jamais défaut. Sa virtuosité expressionniste, son look-sourire éternel, cheveux plaqués gominés- qu’on dirait sortie des Sopranos il faut faire avec. Michel Camilo en mille notes  (tendance plutôt dominante chez lui) comme en une on le reconnait aussitôt. A Marciac il est venu « avec un trio latino, St Domingue+ Puerto Rico, basse+ Cuba, la batterie brillantissime de Dafnis Preto » From within ou On Fire se trouvent emballés à vitesse grand V. Danza Lucumi du compositeur cubain mythique, Ernesto Lecuona pris sur tempo moyen dévoile à l’inverse un jeu très délié s’appuyant sur une superbe pédale de basse. En conclusion, en bis réclamé par le public qui en veut encore, le pianiste dominicain livre en point d’orgue sa version de Take Five. On doit le croire sur parole: Dave Brubeck est une de ses influences majeures. De cette complexité, de ces pièges rythmiques il s’en sort évidemment une fois encore avec aisance. Ecouter Michel Camilo en concert, ça parait facile tellement ça coule de source. La marque d’un brio certain, sans doute.

Robert Latxague

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M. le Préfet du Gers devient un fin connaisseur des choses du jazz. Accompagnant d’abord  Bernard Cazeneuve venu certifier lia sécurité des sites du festival, Pierre Ory est retourné sous le chapiteau de Marciac écouter David Sanchez et Michel Camilo, après avoir assisté à un concert de latin jazz à Vic Fezensac pour Tempo Latino.

Jazz in Marciac, Chapiteau, 9, 10 aout

Dianne Reeves (voc), Romero Lubambo, (elg, g), Peter Martin (p), Reginald Veai (elb, b), Terreon Gully (dm)

Kamasi Washington (ts), Ryan Porter (tb), Rickey Washington (ss), Patrice Quinn (voc), Brandon Coleman (keyb), Abraham « Miles «  Mosley (b), Antonio Austin, Ronald Brunner (dm)

David Sanchez (ts, ss), Luis Perdomo (p), Ricky Rodriguez (b), E.J. Strickland (dm)

Michel Camilo (p), Ricky Rodriguez (b), Dafnis Prieto (dm)

Elle entre en scène, souriante,  dans une longue robe aux couleurs rutilantes, dominante claire de jaune et de vert. Ce soir à Marciac, façon diva, il faut l‘écouter et la regarder. Sur ce concert Dianne Reeves grave un DVD qui sera estampillé Live in Marciac. On remarque tout de suite sa voix bien sur, tessiture ample mais sans en abuser, sans monter dans les tours comme certains trompettistes, acrobates adeptes des sommets d’aigües vertigineuses, soyeuse et puissante à la fois, bien dans la lignée des grandes dames du jazz. Mais la vraie signature peut-être, question de goût et d’attention portée à l’exercice, passe par sa façon nature dont elle scatte, relax, en nuance, provocant, pulsant sans le paraître de ces traits ludiques l’ensemble de l’orchestre (Dreams, de Pat Metheny svp…) Des musiciens qu’elles présentent en faisant le show, tel un tel un thème funky à souhait, elle sort en exergue le guitariste, Romero Lubambo « mon frère d’une autre mère » Occasion d’un duo acoustique sur un thème de Gershwin (Our love is here to stay) subtilement muté en une belle bossa sucrée à point. S’y ajoute en soutien  sans réserve les graves de la basse de Reginald Veal, autre compagne de longue date. Qui dit enregistrement dit souvent invité, histoire de corser l’affiche. Ce soir, un harmoniciste, Grégoire Maret, habitué des studios new Yorkais. Légère touche de blues, de notes bleues (Ce qui n’empêche pas de noter ce même soir la présence d’un autre harmonica riches de couleurs, celui d’Olivier Ker Ourio, sur scène lui avec un invité également, et pas n’importe lequel, le guitariste Sylvain Luc sur la scène de l’Astrada, derrière église à cinq cent mètres du chapiteau, mais bon tout voir tout entendre, à l’impossible -marciacais- nul n’est tenu…écouter pourtant le CD paru récemment, L’Orchès Péï / Bonsai Records, enregistré live au Paris Jazz Festival) Pleine d’allant, gorgée d’un  groove permanent (DReams) Dianne Reeves élargit sa palette. Moins fondamentalement jazz qu’auparavant, davantage porté vers un univers pop soul (Beautiful) Une façon de célébrer sans doute à l’image de « tous mes concerts de cette année…mon 59e anniversaire » Un secret bien gardé sauf  vis à vis de « mon public »

Malgré la coupure, en dépit d’un long changement de plateau le passage de l’Une à l’Autre, cela fait un choc. Une grosse claque de (puissance-trop?-) sonore  à vrai dire, à grand renfort  de riffs répétés plus des soli de dix minutes chrono balancés sans annonce, sans coup férir (Change of the guard) Le tout projeté dans la salle sur un fond de martèlement binaire à deux batteries. Epic, le triple album foisonnant le laissait entendre mais en mode très arrangé, finalisé. Livrée en live, la horde de Kamasi Washington ne plaisante pas avec le matériau musical traité en brut. Me revient alors cette  pensée de Thomas de Pourquery (Blindtest JazzMag 685) parlant du free notamment chez des figures comme Gato Barbieri , Albert Ayler ou Phroah Sanders et qui souligne leur engagement dans la musique « des moments de chaos paroxystique…un grouillement organique anarchique… » Dans le produit musical le jeune saxophoniste originaire du quartier chaud d’Inglewood à Los Angeles, on retrouve ce côté débridé, limite sauvage expression directe d’une forme de cri violent, de message à tonalité politique et sociétal. Pour passer aussitôt à une séquence d’apaisement, cool, classique, façon balade (Clair de Lune) Il associe son travail, son père, saxophoniste, lui aussi très coltranien au soprano (Cherokee Pops) Sur scène Kamasi Washington distribue les soli comme autant de rôles, mettant en valeur ses partenaires. A vrai dire le long exposé à deux batteurs, annoncé en « dialogue » ne paraît pas franchement indispensable. Miles Mosley, bassiste reconnaissable à son béret très Che Guevara fait, lui, un numéro perso original, très funky,, doublant sa basse sursaturée d’une voix forcée, en mode sonore épais façon Hendrix ou Jack Bruce. A propos de son enfin, celui du leader confirme des racines, des influences avouées: Pharoa Sanders mais surtout Rollins, dans l’attaque, les articulation caractérisants son phrasé au saxophone ténor.

Attention ! Le jazz, la musique vivante ne peut, ne doit pas s’alimenter que de battements de mains recherchés, provoqués, par riffs et autres onomatopées chantés, ovations ou poussées collective au moment du bis vers le bord de scène organisés en guise de plébiscite. Quelle que soit la nature du festival,es moyens, son rang, place doit être laissée à l’intelligence, la créativité, la finesse du propos musical explicité. On doit donc toujours garder la possibilité d’écouter aussi Gonzalo Rubalcaba, David Sanchez, Luis Perdomo, Horacio El Negro Hernandez et consort à volume constant, avec la tranquillité d’esprit, la juste attention requises.

Une colonne d’air exploitée tout en maîtrise, non sans une certaine retenue parfois, une attitude susceptible de dérouter certains auditeurs. Pourtant le son du ténor de David Sanchez sort bien rond, bien plein avec du grain lorsqu’il attaque dans l’aigu. Si l’on se concentre sur l’écoute -pas toujours aisé le dit exercice sous un chapiteau de cent mètres de long- on perçoit une finesse certaine, une inspiration dans la manière d’utiliser son instrument. Sanchez le portoricain ne fait pas éclater son cuivre, au contraire. Il procède par séduction, par caresses. On pense à Wayne Shorter. De même le discours de son pianiste (Luis Perdomo, de Caracas, Venezuela, partenaire aussi d’un autre portoricain, l’altiste Miguel Zenon. A écouter un album de piano solo, Montage/@hotonemusic)) s’affiche clair, limpide, alimenté d’une qualité de toucher constante. Du piano jazz certifié conforme. témoin l’intro piano basse sur le joliment nommé Wave under silk  « Les thèmes joués n’ont pas encore été enregistrés. Cela se fera bientôt » confie le saxophoniste de sa voix douce. David Sanchez, patiemment, méthodiquement construit ses interventions, ses séquences de soli ponctuant de long thèmes. Ainsi a-on a le temps de profiter de son talent.

Camilo au piano, je me répète, c’est…M. 100000 volts ! Sa conviction exprimée, sa vélocité  sur le clavier ne lui font jamais défaut. Sa virtuosité expressionniste, son look-sourire éternel, cheveux plaqués gominés- qu’on dirait sortie des Sopranos il faut faire avec. Michel Camilo en mille notes  (tendance plutôt dominante chez lui) comme en une on le reconnait aussitôt. A Marciac il est venu « avec un trio latino, St Domingue+ Puerto Rico, basse+ Cuba, la batterie brillantissime de Dafnis Preto » From within ou On Fire se trouvent emballés à vitesse grand V. Danza Lucumi du compositeur cubain mythique, Ernesto Lecuona pris sur tempo moyen dévoile à l’inverse un jeu très délié s’appuyant sur une superbe pédale de basse. En conclusion, en bis réclamé par le public qui en veut encore, le pianiste dominicain livre en point d’orgue sa version de Take Five. On doit le croire sur parole: Dave Brubeck est une de ses influences majeures. De cette complexité, de ces pièges rythmiques il s’en sort évidemment une fois encore avec aisance. Ecouter Michel Camilo en concert, ça parait facile tellement ça coule de source. La marque d’un brio certain, sans doute.

Robert Latxague

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M. le Préfet du Gers devient un fin connaisseur des choses du jazz. Accompagnant d’abord  Bernard Cazeneuve venu certifier lia sécurité des sites du festival, Pierre Ory est retourné sous le chapiteau de Marciac écouter David Sanchez et Michel Camilo, après avoir assisté à un concert de latin jazz à Vic Fezensac pour Tempo Latino.

Jazz in Marciac, Chapiteau, 9, 10 aout

Dianne Reeves (voc), Romero Lubambo, (elg, g), Peter Martin (p), Reginald Veai (elb, b), Terreon Gully (dm)

Kamasi Washington (ts), Ryan Porter (tb), Rickey Washington (ss), Patrice Quinn (voc), Brandon Coleman (keyb), Abraham « Miles «  Mosley (b), Antonio Austin, Ronald Brunner (dm)

David Sanchez (ts, ss), Luis Perdomo (p), Ricky Rodriguez (b), E.J. Strickland (dm)

Michel Camilo (p), Ricky Rodriguez (b), Dafnis Prieto (dm)

Elle entre en scène, souriante,  dans une longue robe aux couleurs rutilantes, dominante claire de jaune et de vert. Ce soir à Marciac, façon diva, il faut l‘écouter et la regarder. Sur ce concert Dianne Reeves grave un DVD qui sera estampillé Live in Marciac. On remarque tout de suite sa voix bien sur, tessiture ample mais sans en abuser, sans monter dans les tours comme certains trompettistes, acrobates adeptes des sommets d’aigües vertigineuses, soyeuse et puissante à la fois, bien dans la lignée des grandes dames du jazz. Mais la vraie signature peut-être, question de goût et d’attention portée à l’exercice, passe par sa façon nature dont elle scatte, relax, en nuance, provocant, pulsant sans le paraître de ces traits ludiques l’ensemble de l’orchestre (Dreams, de Pat Metheny svp…) Des musiciens qu’elles présentent en faisant le show, tel un tel un thème funky à souhait, elle sort en exergue le guitariste, Romero Lubambo « mon frère d’une autre mère » Occasion d’un duo acoustique sur un thème de Gershwin (Our love is here to stay) subtilement muté en une belle bossa sucrée à point. S’y ajoute en soutien  sans réserve les graves de la basse de Reginald Veal, autre compagne de longue date. Qui dit enregistrement dit souvent invité, histoire de corser l’affiche. Ce soir, un harmoniciste, Grégoire Maret, habitué des studios new Yorkais. Légère touche de blues, de notes bleues (Ce qui n’empêche pas de noter ce même soir la présence d’un autre harmonica riches de couleurs, celui d’Olivier Ker Ourio, sur scène lui avec un invité également, et pas n’importe lequel, le guitariste Sylvain Luc sur la scène de l’Astrada, derrière église à cinq cent mètres du chapiteau, mais bon tout voir tout entendre, à l’impossible -marciacais- nul n’est tenu…écouter pourtant le CD paru récemment, L’Orchès Péï / Bonsai Records, enregistré live au Paris Jazz Festival) Pleine d’allant, gorgée d’un  groove permanent (DReams) Dianne Reeves élargit sa palette. Moins fondamentalement jazz qu’auparavant, davantage porté vers un univers pop soul (Beautiful) Une façon de célébrer sans doute à l’image de « tous mes concerts de cette année…mon 59e anniversaire » Un secret bien gardé sauf  vis à vis de « mon public »

Malgré la coupure, en dépit d’un long changement de plateau le passage de l’Une à l’Autre, cela fait un choc. Une grosse claque de (puissance-trop?-) sonore  à vrai dire, à grand renfort  de riffs répétés plus des soli de dix minutes chrono balancés sans annonce, sans coup férir (Change of the guard) Le tout projeté dans la salle sur un fond de martèlement binaire à deux batteries. Epic, le triple album foisonnant le laissait entendre mais en mode très arrangé, finalisé. Livrée en live, la horde de Kamasi Washington ne plaisante pas avec le matériau musical traité en brut. Me revient alors cette  pensée de Thomas de Pourquery (Blindtest JazzMag 685) parlant du free notamment chez des figures comme Gato Barbieri , Albert Ayler ou Phroah Sanders et qui souligne leur engagement dans la musique « des moments de chaos paroxystique…un grouillement organique anarchique… » Dans le produit musical le jeune saxophoniste originaire du quartier chaud d’Inglewood à Los Angeles, on retrouve ce côté débridé, limite sauvage expression directe d’une forme de cri violent, de message à tonalité politique et sociétal. Pour passer aussitôt à une séquence d’apaisement, cool, classique, façon balade (Clair de Lune) Il associe son travail, son père, saxophoniste, lui aussi très coltranien au soprano (Cherokee Pops) Sur scène Kamasi Washington distribue les soli comme autant de rôles, mettant en valeur ses partenaires. A vrai dire le long exposé à deux batteurs, annoncé en « dialogue » ne paraît pas franchement indispensable. Miles Mosley, bassiste reconnaissable à son béret très Che Guevara fait, lui, un numéro perso original, très funky,, doublant sa basse sursaturée d’une voix forcée, en mode sonore épais façon Hendrix ou Jack Bruce. A propos de son enfin, celui du leader confirme des racines, des influences avouées: Pharoa Sanders mais surtout Rollins, dans l’attaque, les articulation caractérisants son phrasé au saxophone ténor.

Attention ! Le jazz, la musique vivante ne peut, ne doit pas s’alimenter que de battements de mains recherchés, provoqués, par riffs et autres onomatopées chantés, ovations ou poussées collective au moment du bis vers le bord de scène organisés en guise de plébiscite. Quelle que soit la nature du festival,es moyens, son rang, place doit être laissée à l’intelligence, la créativité, la finesse du propos musical explicité. On doit donc toujours garder la possibilité d’écouter aussi Gonzalo Rubalcaba, David Sanchez, Luis Perdomo, Horacio El Negro Hernandez et consort à volume constant, avec la tranquillité d’esprit, la juste attention requises.

Une colonne d’air exploitée tout en maîtrise, non sans une certaine retenue parfois, une attitude susceptible de dérouter certains auditeurs. Pourtant le son du ténor de David Sanchez sort bien rond, bien plein avec du grain lorsqu’il attaque dans l’aigu. Si l’on se concentre sur l’écoute -pas toujours aisé le dit exercice sous un chapiteau de cent mètres de long- on perçoit une finesse certaine, une inspiration dans la manière d’utiliser son instrument. Sanchez le portoricain ne fait pas éclater son cuivre, au contraire. Il procède par séduction, par caresses. On pense à Wayne Shorter. De même le discours de son pianiste (Luis Perdomo, de Caracas, Venezuela, partenaire aussi d’un autre portoricain, l’altiste Miguel Zenon. A écouter un album de piano solo, Montage/@hotonemusic)) s’affiche clair, limpide, alimenté d’une qualité de toucher constante. Du piano jazz certifié conforme. témoin l’intro piano basse sur le joliment nommé Wave under silk  « Les thèmes joués n’ont pas encore été enregistrés. Cela se fera bientôt » confie le saxophoniste de sa voix douce. David Sanchez, patiemment, méthodiquement construit ses interventions, ses séquences de soli ponctuant de long thèmes. Ainsi a-on a le temps de profiter de son talent.

Camilo au piano, je me répète, c’est…M. 100000 volts ! Sa conviction exprimée, sa vélocité  sur le clavier ne lui font jamais défaut. Sa virtuosité expressionniste, son look-sourire éternel, cheveux plaqués gominés- qu’on dirait sortie des Sopranos il faut faire avec. Michel Camilo en mille notes  (tendance plutôt dominante chez lui) comme en une on le reconnait aussitôt. A Marciac il est venu « avec un trio latino, St Domingue+ Puerto Rico, basse+ Cuba, la batterie brillantissime de Dafnis Preto » From within ou On Fire se trouvent emballés à vitesse grand V. Danza Lucumi du compositeur cubain mythique, Ernesto Lecuona pris sur tempo moyen dévoile à l’inverse un jeu très délié s’appuyant sur une superbe pédale de basse. En conclusion, en bis réclamé par le public qui en veut encore, le pianiste dominicain livre en point d’orgue sa version de Take Five. On doit le croire sur parole: Dave Brubeck est une de ses influences majeures. De cette complexité, de ces pièges rythmiques il s’en sort évidemment une fois encore avec aisance. Ecouter Michel Camilo en concert, ça parait facile tellement ça coule de source. La marque d’un brio certain, sans doute.

Robert Latxague