Jazz live
Publié le 28 Juil 2017

Marciac: JL Guilhaumon, capitaine d'un navire touchant aux 40e, sans parallèle

Marciac fête cette année son 40e anniversaire. L’un des plus volumineux festivals de Jazz en Europe, en jours, en nombre de concerts, en taille de noms inscrits sur l’affiche résonne entre les murs d’un village rural de quelques centaines d’âmes habituellement tranquille. Jean-Louis Guihaumon, son boss incontournable justifie la singulière métamorphose.

JAZZ M: Savez vous exactement combien de concerts le public peut-il écouter à Marciac ?

JLG: Exactement maintenant non, je ne les ai pas tous répertoriés. Déjà sur 17 jours à deux sets par soirées sous le chapiteau, et autant dans la salle de l’Astrada, on peut faire un premier compte simple. S l’on y ajoute tous ceux fgurants sur les scènes annexes du village, disons que le chiffre total doit tourner autour de cent cinquante concerts en direct.

JAZZ M: Peut-on dire que l’on trouve tout le jazz maintenant au festival de Marciac  ?

JLG: J’ai la faiblesse de le penser…au  bout de quarante années de programmation suivie. Tous les jazz donc tous les styles, toutes les musiques cousines également.

JAZZ M: A quelle condition un musicien, un orchestre de jazz peut-il se procure au sein du festival  ?

JLG: Des conditions ? Quelles conditions ?…Non il n’en existe aucune à mes yeux. i est ouvert à tous les musiciens ouvrant dans la musique de jazz. Les scènes sont là pour ça. Et l’entrée dans le festival peut relever de cas très différents. Un exemple: Youn Sun Nah a commencé comme chargée d’enseignement  pour la casse de jazz du collège. L’année suivante elle passait à l’Astrada. cette fois, sur la grande scène…un joli parcours non ? Et que dire d’Emile Parisien qui a débuté le jazz en tant qu’élève dans la classe spéciale, au collège.  Sans doute révélation no 1, la meilleure réussite, du festival. Un symbole à mes yeux en tous cas.  Je le répète: il n’y pas de pré-requis. Simplement nous essayons de bien construire les soirées. Donc les musiciens prennent la place qu’il faut au bon moment. Et pour en venir à ce quarantième anniversaire, j’ai souhaité faire revenir des artistes que nous avons suivi, qui nous ont donné une bonne part de plaisir. Exemple: Roberto Fonseca déjà présent l’an passé travaillait sur son projet Abuc, la restitution de la part d’africanité dans sa musique cubaine. Il m’a juste fait écouter trois morceaux à peine mixés sur son iPhone. Cette année il présente son spectacle in extenso. Cette possibilité d’inviter, suivre un musicien pour l’originalité de sa proposition artistique, c’est ce que j’appelle la singularité de Marciac.

JAZZ M: Que rôle se trouve dévolu à l’Astrada, la salle couverte construite spécialement à Marciac?

JLG: Un rôle double. D’abord, sur l’année entière elle est au service du territoire, le village, le département pour abriter, offrir au public local des évènements culturels différents. Ensuite dans le cadre du festival elle permet de découvrir de nouveaux talents, des expériences musicales, des projets spécifiques.

JAZZ: Votre nom se trouve lié de très près au festival ? Marciac est-ce la chose de Jean-Louis Guilhaumon ?

JLG: Certainement pas! Marciac, soyons clair, est le festival de neuf cents bénévoles qui travaillent pour le mettre en oeuvre. Bon quand il s’agit de bâtir la programmation j’y apporte une part de subjectif. Ceci dit j’essaie toujours de me mettre à la place du public. Je fais donc des propositions en ce sens au Conseil d’Administration. Comme directeur j’ai le privilège d’accueillir des artistes prestigieux, de vivre le plaisir des rencontres, des découvertes…et quelquefois de pouvoir monter effectivement le concert de mes rêves.

JAZZ M : On vous dit très demandeur d’exclusivité. Pourquoi?

JLG: Pour une raison simple: nous sommes peut-être devenus un grand festival. Mais Marciac reste un petit village. De plus de par sa situation en août, le festival figure parmi les derniers de l’été. Beaucoup de tournées sont déjà terminées. Voilà donc notre pari: un festival dans un implanté au fond d’un territoire rural, enclavé doit attirer des milliers de spectateurs obligés de voyager vers nous pour y parvenir. C’est bien l’affiche qui peut avant tout les attirer, non ? L’exclusivité dont on parle, je ne la vois-pas moi comme une choses négative. Au contraire elle bénéficie au public.

JAZZ M: L’image de Marciac ne représente pas qu’un évènement musical toutefois ?

JLG: J’ai dit un jour en plaisantant que le jazz n’y est qu’un aimable prétexte…Je caricature, bien sur. Mais notre réussite vient également de plusieurs autres facteurs. Nous sommes dans une grande région, aujourd’hui l’Occitanie, renommée pour nombre de plaisirs: la gastronomie, les vins, l’Armagnac. En résumé les signes de la qualité du bien vivre en proximité, dans un village, en accord avec le patrimoine. Aucune raison de s’en priver.

JAZZ M: Pourquoi l’extension du festival a-t-elle conduit Marciac à empiéter sur les dates de l’autre festival qui vous précède dans le calendrier, Tempo Latino situé à Vic-Fezensac, à trente kilomètres à peine de vous ?

JLG: Soyons clairs: pour moi nous ne nous situons pas dans un même concept musical. Sur ces quelques jours je ne programme pas de musiques latines. Les registres étant différents, ces deux manifestaions  doivent intéresser, drainent des publics distincts. Et puis quand mêm, j’ai quelques obligations moi aussi quant aux artistes: Norah Jones ou Herbie Hancock en fin de tournée fin juillet ne seraient donc pas venus à Marciac cette année.. Je ne pouvais pas priver notre public de ces grands noms, de leur superbe musique.

Propos recueillis par Robert Latxague.

Marciac, Chapiteau, 28 juillet

21 H:  Katia-Marielle Labèque; Norah Jones

|

Marciac fête cette année son 40e anniversaire. L’un des plus volumineux festivals de Jazz en Europe, en jours, en nombre de concerts, en taille de noms inscrits sur l’affiche résonne entre les murs d’un village rural de quelques centaines d’âmes habituellement tranquille. Jean-Louis Guihaumon, son boss incontournable justifie la singulière métamorphose.

JAZZ M: Savez vous exactement combien de concerts le public peut-il écouter à Marciac ?

JLG: Exactement maintenant non, je ne les ai pas tous répertoriés. Déjà sur 17 jours à deux sets par soirées sous le chapiteau, et autant dans la salle de l’Astrada, on peut faire un premier compte simple. S l’on y ajoute tous ceux fgurants sur les scènes annexes du village, disons que le chiffre total doit tourner autour de cent cinquante concerts en direct.

JAZZ M: Peut-on dire que l’on trouve tout le jazz maintenant au festival de Marciac  ?

JLG: J’ai la faiblesse de le penser…au  bout de quarante années de programmation suivie. Tous les jazz donc tous les styles, toutes les musiques cousines également.

JAZZ M: A quelle condition un musicien, un orchestre de jazz peut-il se procure au sein du festival  ?

JLG: Des conditions ? Quelles conditions ?…Non il n’en existe aucune à mes yeux. i est ouvert à tous les musiciens ouvrant dans la musique de jazz. Les scènes sont là pour ça. Et l’entrée dans le festival peut relever de cas très différents. Un exemple: Youn Sun Nah a commencé comme chargée d’enseignement  pour la casse de jazz du collège. L’année suivante elle passait à l’Astrada. cette fois, sur la grande scène…un joli parcours non ? Et que dire d’Emile Parisien qui a débuté le jazz en tant qu’élève dans la classe spéciale, au collège.  Sans doute révélation no 1, la meilleure réussite, du festival. Un symbole à mes yeux en tous cas.  Je le répète: il n’y pas de pré-requis. Simplement nous essayons de bien construire les soirées. Donc les musiciens prennent la place qu’il faut au bon moment. Et pour en venir à ce quarantième anniversaire, j’ai souhaité faire revenir des artistes que nous avons suivi, qui nous ont donné une bonne part de plaisir. Exemple: Roberto Fonseca déjà présent l’an passé travaillait sur son projet Abuc, la restitution de la part d’africanité dans sa musique cubaine. Il m’a juste fait écouter trois morceaux à peine mixés sur son iPhone. Cette année il présente son spectacle in extenso. Cette possibilité d’inviter, suivre un musicien pour l’originalité de sa proposition artistique, c’est ce que j’appelle la singularité de Marciac.

JAZZ M: Que rôle se trouve dévolu à l’Astrada, la salle couverte construite spécialement à Marciac?

JLG: Un rôle double. D’abord, sur l’année entière elle est au service du territoire, le village, le département pour abriter, offrir au public local des évènements culturels différents. Ensuite dans le cadre du festival elle permet de découvrir de nouveaux talents, des expériences musicales, des projets spécifiques.

JAZZ: Votre nom se trouve lié de très près au festival ? Marciac est-ce la chose de Jean-Louis Guilhaumon ?

JLG: Certainement pas! Marciac, soyons clair, est le festival de neuf cents bénévoles qui travaillent pour le mettre en oeuvre. Bon quand il s’agit de bâtir la programmation j’y apporte une part de subjectif. Ceci dit j’essaie toujours de me mettre à la place du public. Je fais donc des propositions en ce sens au Conseil d’Administration. Comme directeur j’ai le privilège d’accueillir des artistes prestigieux, de vivre le plaisir des rencontres, des découvertes…et quelquefois de pouvoir monter effectivement le concert de mes rêves.

JAZZ M : On vous dit très demandeur d’exclusivité. Pourquoi?

JLG: Pour une raison simple: nous sommes peut-être devenus un grand festival. Mais Marciac reste un petit village. De plus de par sa situation en août, le festival figure parmi les derniers de l’été. Beaucoup de tournées sont déjà terminées. Voilà donc notre pari: un festival dans un implanté au fond d’un territoire rural, enclavé doit attirer des milliers de spectateurs obligés de voyager vers nous pour y parvenir. C’est bien l’affiche qui peut avant tout les attirer, non ? L’exclusivité dont on parle, je ne la vois-pas moi comme une choses négative. Au contraire elle bénéficie au public.

JAZZ M: L’image de Marciac ne représente pas qu’un évènement musical toutefois ?

JLG: J’ai dit un jour en plaisantant que le jazz n’y est qu’un aimable prétexte…Je caricature, bien sur. Mais notre réussite vient également de plusieurs autres facteurs. Nous sommes dans une grande région, aujourd’hui l’Occitanie, renommée pour nombre de plaisirs: la gastronomie, les vins, l’Armagnac. En résumé les signes de la qualité du bien vivre en proximité, dans un village, en accord avec le patrimoine. Aucune raison de s’en priver.

JAZZ M: Pourquoi l’extension du festival a-t-elle conduit Marciac à empiéter sur les dates de l’autre festival qui vous précède dans le calendrier, Tempo Latino situé à Vic-Fezensac, à trente kilomètres à peine de vous ?

JLG: Soyons clairs: pour moi nous ne nous situons pas dans un même concept musical. Sur ces quelques jours je ne programme pas de musiques latines. Les registres étant différents, ces deux manifestaions  doivent intéresser, drainent des publics distincts. Et puis quand mêm, j’ai quelques obligations moi aussi quant aux artistes: Norah Jones ou Herbie Hancock en fin de tournée fin juillet ne seraient donc pas venus à Marciac cette année.. Je ne pouvais pas priver notre public de ces grands noms, de leur superbe musique.

Propos recueillis par Robert Latxague.

Marciac, Chapiteau, 28 juillet

21 H:  Katia-Marielle Labèque; Norah Jones

|

Marciac fête cette année son 40e anniversaire. L’un des plus volumineux festivals de Jazz en Europe, en jours, en nombre de concerts, en taille de noms inscrits sur l’affiche résonne entre les murs d’un village rural de quelques centaines d’âmes habituellement tranquille. Jean-Louis Guihaumon, son boss incontournable justifie la singulière métamorphose.

JAZZ M: Savez vous exactement combien de concerts le public peut-il écouter à Marciac ?

JLG: Exactement maintenant non, je ne les ai pas tous répertoriés. Déjà sur 17 jours à deux sets par soirées sous le chapiteau, et autant dans la salle de l’Astrada, on peut faire un premier compte simple. S l’on y ajoute tous ceux fgurants sur les scènes annexes du village, disons que le chiffre total doit tourner autour de cent cinquante concerts en direct.

JAZZ M: Peut-on dire que l’on trouve tout le jazz maintenant au festival de Marciac  ?

JLG: J’ai la faiblesse de le penser…au  bout de quarante années de programmation suivie. Tous les jazz donc tous les styles, toutes les musiques cousines également.

JAZZ M: A quelle condition un musicien, un orchestre de jazz peut-il se procure au sein du festival  ?

JLG: Des conditions ? Quelles conditions ?…Non il n’en existe aucune à mes yeux. i est ouvert à tous les musiciens ouvrant dans la musique de jazz. Les scènes sont là pour ça. Et l’entrée dans le festival peut relever de cas très différents. Un exemple: Youn Sun Nah a commencé comme chargée d’enseignement  pour la casse de jazz du collège. L’année suivante elle passait à l’Astrada. cette fois, sur la grande scène…un joli parcours non ? Et que dire d’Emile Parisien qui a débuté le jazz en tant qu’élève dans la classe spéciale, au collège.  Sans doute révélation no 1, la meilleure réussite, du festival. Un symbole à mes yeux en tous cas.  Je le répète: il n’y pas de pré-requis. Simplement nous essayons de bien construire les soirées. Donc les musiciens prennent la place qu’il faut au bon moment. Et pour en venir à ce quarantième anniversaire, j’ai souhaité faire revenir des artistes que nous avons suivi, qui nous ont donné une bonne part de plaisir. Exemple: Roberto Fonseca déjà présent l’an passé travaillait sur son projet Abuc, la restitution de la part d’africanité dans sa musique cubaine. Il m’a juste fait écouter trois morceaux à peine mixés sur son iPhone. Cette année il présente son spectacle in extenso. Cette possibilité d’inviter, suivre un musicien pour l’originalité de sa proposition artistique, c’est ce que j’appelle la singularité de Marciac.

JAZZ M: Que rôle se trouve dévolu à l’Astrada, la salle couverte construite spécialement à Marciac?

JLG: Un rôle double. D’abord, sur l’année entière elle est au service du territoire, le village, le département pour abriter, offrir au public local des évènements culturels différents. Ensuite dans le cadre du festival elle permet de découvrir de nouveaux talents, des expériences musicales, des projets spécifiques.

JAZZ: Votre nom se trouve lié de très près au festival ? Marciac est-ce la chose de Jean-Louis Guilhaumon ?

JLG: Certainement pas! Marciac, soyons clair, est le festival de neuf cents bénévoles qui travaillent pour le mettre en oeuvre. Bon quand il s’agit de bâtir la programmation j’y apporte une part de subjectif. Ceci dit j’essaie toujours de me mettre à la place du public. Je fais donc des propositions en ce sens au Conseil d’Administration. Comme directeur j’ai le privilège d’accueillir des artistes prestigieux, de vivre le plaisir des rencontres, des découvertes…et quelquefois de pouvoir monter effectivement le concert de mes rêves.

JAZZ M : On vous dit très demandeur d’exclusivité. Pourquoi?

JLG: Pour une raison simple: nous sommes peut-être devenus un grand festival. Mais Marciac reste un petit village. De plus de par sa situation en août, le festival figure parmi les derniers de l’été. Beaucoup de tournées sont déjà terminées. Voilà donc notre pari: un festival dans un implanté au fond d’un territoire rural, enclavé doit attirer des milliers de spectateurs obligés de voyager vers nous pour y parvenir. C’est bien l’affiche qui peut avant tout les attirer, non ? L’exclusivité dont on parle, je ne la vois-pas moi comme une choses négative. Au contraire elle bénéficie au public.

JAZZ M: L’image de Marciac ne représente pas qu’un évènement musical toutefois ?

JLG: J’ai dit un jour en plaisantant que le jazz n’y est qu’un aimable prétexte…Je caricature, bien sur. Mais notre réussite vient également de plusieurs autres facteurs. Nous sommes dans une grande région, aujourd’hui l’Occitanie, renommée pour nombre de plaisirs: la gastronomie, les vins, l’Armagnac. En résumé les signes de la qualité du bien vivre en proximité, dans un village, en accord avec le patrimoine. Aucune raison de s’en priver.

JAZZ M: Pourquoi l’extension du festival a-t-elle conduit Marciac à empiéter sur les dates de l’autre festival qui vous précède dans le calendrier, Tempo Latino situé à Vic-Fezensac, à trente kilomètres à peine de vous ?

JLG: Soyons clairs: pour moi nous ne nous situons pas dans un même concept musical. Sur ces quelques jours je ne programme pas de musiques latines. Les registres étant différents, ces deux manifestaions  doivent intéresser, drainent des publics distincts. Et puis quand mêm, j’ai quelques obligations moi aussi quant aux artistes: Norah Jones ou Herbie Hancock en fin de tournée fin juillet ne seraient donc pas venus à Marciac cette année.. Je ne pouvais pas priver notre public de ces grands noms, de leur superbe musique.

Propos recueillis par Robert Latxague.

Marciac, Chapiteau, 28 juillet

21 H:  Katia-Marielle Labèque; Norah Jones

|

Marciac fête cette année son 40e anniversaire. L’un des plus volumineux festivals de Jazz en Europe, en jours, en nombre de concerts, en taille de noms inscrits sur l’affiche résonne entre les murs d’un village rural de quelques centaines d’âmes habituellement tranquille. Jean-Louis Guihaumon, son boss incontournable justifie la singulière métamorphose.

JAZZ M: Savez vous exactement combien de concerts le public peut-il écouter à Marciac ?

JLG: Exactement maintenant non, je ne les ai pas tous répertoriés. Déjà sur 17 jours à deux sets par soirées sous le chapiteau, et autant dans la salle de l’Astrada, on peut faire un premier compte simple. S l’on y ajoute tous ceux fgurants sur les scènes annexes du village, disons que le chiffre total doit tourner autour de cent cinquante concerts en direct.

JAZZ M: Peut-on dire que l’on trouve tout le jazz maintenant au festival de Marciac  ?

JLG: J’ai la faiblesse de le penser…au  bout de quarante années de programmation suivie. Tous les jazz donc tous les styles, toutes les musiques cousines également.

JAZZ M: A quelle condition un musicien, un orchestre de jazz peut-il se procure au sein du festival  ?

JLG: Des conditions ? Quelles conditions ?…Non il n’en existe aucune à mes yeux. i est ouvert à tous les musiciens ouvrant dans la musique de jazz. Les scènes sont là pour ça. Et l’entrée dans le festival peut relever de cas très différents. Un exemple: Youn Sun Nah a commencé comme chargée d’enseignement  pour la casse de jazz du collège. L’année suivante elle passait à l’Astrada. cette fois, sur la grande scène…un joli parcours non ? Et que dire d’Emile Parisien qui a débuté le jazz en tant qu’élève dans la classe spéciale, au collège.  Sans doute révélation no 1, la meilleure réussite, du festival. Un symbole à mes yeux en tous cas.  Je le répète: il n’y pas de pré-requis. Simplement nous essayons de bien construire les soirées. Donc les musiciens prennent la place qu’il faut au bon moment. Et pour en venir à ce quarantième anniversaire, j’ai souhaité faire revenir des artistes que nous avons suivi, qui nous ont donné une bonne part de plaisir. Exemple: Roberto Fonseca déjà présent l’an passé travaillait sur son projet Abuc, la restitution de la part d’africanité dans sa musique cubaine. Il m’a juste fait écouter trois morceaux à peine mixés sur son iPhone. Cette année il présente son spectacle in extenso. Cette possibilité d’inviter, suivre un musicien pour l’originalité de sa proposition artistique, c’est ce que j’appelle la singularité de Marciac.

JAZZ M: Que rôle se trouve dévolu à l’Astrada, la salle couverte construite spécialement à Marciac?

JLG: Un rôle double. D’abord, sur l’année entière elle est au service du territoire, le village, le département pour abriter, offrir au public local des évènements culturels différents. Ensuite dans le cadre du festival elle permet de découvrir de nouveaux talents, des expériences musicales, des projets spécifiques.

JAZZ: Votre nom se trouve lié de très près au festival ? Marciac est-ce la chose de Jean-Louis Guilhaumon ?

JLG: Certainement pas! Marciac, soyons clair, est le festival de neuf cents bénévoles qui travaillent pour le mettre en oeuvre. Bon quand il s’agit de bâtir la programmation j’y apporte une part de subjectif. Ceci dit j’essaie toujours de me mettre à la place du public. Je fais donc des propositions en ce sens au Conseil d’Administration. Comme directeur j’ai le privilège d’accueillir des artistes prestigieux, de vivre le plaisir des rencontres, des découvertes…et quelquefois de pouvoir monter effectivement le concert de mes rêves.

JAZZ M : On vous dit très demandeur d’exclusivité. Pourquoi?

JLG: Pour une raison simple: nous sommes peut-être devenus un grand festival. Mais Marciac reste un petit village. De plus de par sa situation en août, le festival figure parmi les derniers de l’été. Beaucoup de tournées sont déjà terminées. Voilà donc notre pari: un festival dans un implanté au fond d’un territoire rural, enclavé doit attirer des milliers de spectateurs obligés de voyager vers nous pour y parvenir. C’est bien l’affiche qui peut avant tout les attirer, non ? L’exclusivité dont on parle, je ne la vois-pas moi comme une choses négative. Au contraire elle bénéficie au public.

JAZZ M: L’image de Marciac ne représente pas qu’un évènement musical toutefois ?

JLG: J’ai dit un jour en plaisantant que le jazz n’y est qu’un aimable prétexte…Je caricature, bien sur. Mais notre réussite vient également de plusieurs autres facteurs. Nous sommes dans une grande région, aujourd’hui l’Occitanie, renommée pour nombre de plaisirs: la gastronomie, les vins, l’Armagnac. En résumé les signes de la qualité du bien vivre en proximité, dans un village, en accord avec le patrimoine. Aucune raison de s’en priver.

JAZZ M: Pourquoi l’extension du festival a-t-elle conduit Marciac à empiéter sur les dates de l’autre festival qui vous précède dans le calendrier, Tempo Latino situé à Vic-Fezensac, à trente kilomètres à peine de vous ?

JLG: Soyons clairs: pour moi nous ne nous situons pas dans un même concept musical. Sur ces quelques jours je ne programme pas de musiques latines. Les registres étant différents, ces deux manifestaions  doivent intéresser, drainent des publics distincts. Et puis quand mêm, j’ai quelques obligations moi aussi quant aux artistes: Norah Jones ou Herbie Hancock en fin de tournée fin juillet ne seraient donc pas venus à Marciac cette année.. Je ne pouvais pas priver notre public de ces grands noms, de leur superbe musique.

Propos recueillis par Robert Latxague.

Marciac, Chapiteau, 28 juillet

21 H:  Katia-Marielle Labèque; Norah Jones