Jazz live
Publié le 30 Juin 2017

Oloron (3): Yaron Herman, l'esprit et la lettre Y

Aux baguettes d’une batterie peuplée de deux caisses claires, regard fixe sur le clavier de son portable, métronome faisant feu de tous bois, il s’affiche en machine dure. Pourtant dès que sa voix fluette file dans l’air en réverbération fluide Ziv Ravitz fait figure vivante d’un Robert Wyatt revenu flâner, feu follet dans le XXIe siècle.

Yaron Herman (p, keyb), Bastien Burger (elb, key, voc), Ziv Ravitz (dm, voc)

Des Rives et des Notes, Salle Jéliote, Oloron Ste Marie (64400), 29 juin

Yaron Herman aime prendre des risques.« C’est une des facettes de la création musicale qui me fait avancer » Ainsi pour certains ancrés dans le jazz stricto sensu (?) classé réserve de chasse pour oreilles doctes, son dernier opus Y (Blue Note/Universal) devrait être relégué, à l’instar des films, en catégorie X. Donc soumis à minima à l’avis parental sinon voué aux majeurs et vaccinés en matière de musiques improvisées. L’avantage de la scène fait qu’on en peut appréhender non pas la genèse sonore mais bien le spectacle vécu dans son entier. Dans toute sa dimension de « musique à vivre » pour reprendre une expression signée Bernard Lubat. Dès lors le trio révèle tous ses angles de vue, de vie, en live cash toutes ses perceptions dans le champs des possibles. On Y découvre de l’habituel, du bien fait-bien entendu version trio piano jazz (Spark) jusqu’au plus tourmenté dans la trajectoire à force de sinusoïdes ou de tournants, de retournements de situations (Side Jump) Le pianiste Y multiplie les appels comme autant d’échos, de flux sanguins cherchant à accrocher l’attention, l’émotion du public au travers de formules mélodiques ou rythmiques en quelques notes répétées, en accords, en motifs de couleur. Lignes d’un chant à construire, raison d’une conversation à engager pour et par l’écoute. Au centre du terrain (on a tendance à l’oublier mais  Yaron Herman s’en fut aux Etats Unis avec l’idée première de devenir…basketteur en NBA) le piano distribue, impulse, dirige le jeu. La voix, les voix (Bastien Burger, Ziv Ravitz en sus de leur ouvrage d’appui rythmique) livrées à la limite de l’intime mais traitées en mode sonore aérien, spatial aident pourtant à établir des séquence de dialogue, de partage à deux, à trois musiciens. Il demeure ainsi une bonne part d’improvisation donc d’imprévisible. Dans un pareil environnement de « work in progress« , de mouvement, les couleurs (musicales) donnent de la profondeur à l’évolution des contenus. Une certaine touche poétique question langage également « On a beaucoup cherché, beaucoup bossé notre musique pour trouver des enchainements originaux dans les plans et arrière-plans. Maintenant cela peut en dérouter certains…C’est un choix » assume Yaron.

0145D9F7-E69C-46DD-97E8-91FF71777FB0 2

Et pour clore le concert avec au bout du compte un double rappel de la part du public béarnais conquis in fine, une séquence en duo autour du piano. L’un –Yaron Herman– égrène, courbé sur le clavier, une mélodie qui parait faite de notes simples, alignées en bout à bout telle une séquence de montage vidéo. L’autre –Ziv Ravitz « mon ami, mon frère qui comprend mes intentions avant même que  musicalement je les exprime » confie le pianiste – penché sur le ventre du piano l’accompagne de ses mains, en percussions frappées à même le bois à l’intérieur de l’instrument. Figures libres sur lesquelles on goûterait à les Y revoir sans compter. Par esprit d’ouverture (aventure?). Par plaisir.

Robert Latxague

PS: la photo de une montre Yaron Herman coiffé d’un béret béarnais de chez Laulhère, produit traditionnel fabriqué à Oloron depuis…170 ans. Cadeau du festival.

Festival Des Rives et des Notes, Oloron Sainte Marie

Vendredi 30 juin  21 h ,Yilian Canizares « Invocación »

samedi 1er Juillet 17 h Tingvall trio; 21 h Miguel Zenon, quartet Tipico !

  

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Aux baguettes d’une batterie peuplée de deux caisses claires, regard fixe sur le clavier de son portable, métronome faisant feu de tous bois, il s’affiche en machine dure. Pourtant dès que sa voix fluette file dans l’air en réverbération fluide Ziv Ravitz fait figure vivante d’un Robert Wyatt revenu flâner, feu follet dans le XXIe siècle.

Yaron Herman (p, keyb), Bastien Burger (elb, key, voc), Ziv Ravitz (dm, voc)

Des Rives et des Notes, Salle Jéliote, Oloron Ste Marie (64400), 29 juin

Yaron Herman aime prendre des risques.« C’est une des facettes de la création musicale qui me fait avancer » Ainsi pour certains ancrés dans le jazz stricto sensu (?) classé réserve de chasse pour oreilles doctes, son dernier opus Y (Blue Note/Universal) devrait être relégué, à l’instar des films, en catégorie X. Donc soumis à minima à l’avis parental sinon voué aux majeurs et vaccinés en matière de musiques improvisées. L’avantage de la scène fait qu’on en peut appréhender non pas la genèse sonore mais bien le spectacle vécu dans son entier. Dans toute sa dimension de « musique à vivre » pour reprendre une expression signée Bernard Lubat. Dès lors le trio révèle tous ses angles de vue, de vie, en live cash toutes ses perceptions dans le champs des possibles. On Y découvre de l’habituel, du bien fait-bien entendu version trio piano jazz (Spark) jusqu’au plus tourmenté dans la trajectoire à force de sinusoïdes ou de tournants, de retournements de situations (Side Jump) Le pianiste Y multiplie les appels comme autant d’échos, de flux sanguins cherchant à accrocher l’attention, l’émotion du public au travers de formules mélodiques ou rythmiques en quelques notes répétées, en accords, en motifs de couleur. Lignes d’un chant à construire, raison d’une conversation à engager pour et par l’écoute. Au centre du terrain (on a tendance à l’oublier mais  Yaron Herman s’en fut aux Etats Unis avec l’idée première de devenir…basketteur en NBA) le piano distribue, impulse, dirige le jeu. La voix, les voix (Bastien Burger, Ziv Ravitz en sus de leur ouvrage d’appui rythmique) livrées à la limite de l’intime mais traitées en mode sonore aérien, spatial aident pourtant à établir des séquence de dialogue, de partage à deux, à trois musiciens. Il demeure ainsi une bonne part d’improvisation donc d’imprévisible. Dans un pareil environnement de « work in progress« , de mouvement, les couleurs (musicales) donnent de la profondeur à l’évolution des contenus. Une certaine touche poétique question langage également « On a beaucoup cherché, beaucoup bossé notre musique pour trouver des enchainements originaux dans les plans et arrière-plans. Maintenant cela peut en dérouter certains…C’est un choix » assume Yaron.

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Et pour clore le concert avec au bout du compte un double rappel de la part du public béarnais conquis in fine, une séquence en duo autour du piano. L’un –Yaron Herman– égrène, courbé sur le clavier, une mélodie qui parait faite de notes simples, alignées en bout à bout telle une séquence de montage vidéo. L’autre –Ziv Ravitz « mon ami, mon frère qui comprend mes intentions avant même que  musicalement je les exprime » confie le pianiste – penché sur le ventre du piano l’accompagne de ses mains, en percussions frappées à même le bois à l’intérieur de l’instrument. Figures libres sur lesquelles on goûterait à les Y revoir sans compter. Par esprit d’ouverture (aventure?). Par plaisir.

Robert Latxague

PS: la photo de une montre Yaron Herman coiffé d’un béret béarnais de chez Laulhère, produit traditionnel fabriqué à Oloron depuis…170 ans. Cadeau du festival.

Festival Des Rives et des Notes, Oloron Sainte Marie

Vendredi 30 juin  21 h ,Yilian Canizares « Invocación »

samedi 1er Juillet 17 h Tingvall trio; 21 h Miguel Zenon, quartet Tipico !

  

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Aux baguettes d’une batterie peuplée de deux caisses claires, regard fixe sur le clavier de son portable, métronome faisant feu de tous bois, il s’affiche en machine dure. Pourtant dès que sa voix fluette file dans l’air en réverbération fluide Ziv Ravitz fait figure vivante d’un Robert Wyatt revenu flâner, feu follet dans le XXIe siècle.

Yaron Herman (p, keyb), Bastien Burger (elb, key, voc), Ziv Ravitz (dm, voc)

Des Rives et des Notes, Salle Jéliote, Oloron Ste Marie (64400), 29 juin

Yaron Herman aime prendre des risques.« C’est une des facettes de la création musicale qui me fait avancer » Ainsi pour certains ancrés dans le jazz stricto sensu (?) classé réserve de chasse pour oreilles doctes, son dernier opus Y (Blue Note/Universal) devrait être relégué, à l’instar des films, en catégorie X. Donc soumis à minima à l’avis parental sinon voué aux majeurs et vaccinés en matière de musiques improvisées. L’avantage de la scène fait qu’on en peut appréhender non pas la genèse sonore mais bien le spectacle vécu dans son entier. Dans toute sa dimension de « musique à vivre » pour reprendre une expression signée Bernard Lubat. Dès lors le trio révèle tous ses angles de vue, de vie, en live cash toutes ses perceptions dans le champs des possibles. On Y découvre de l’habituel, du bien fait-bien entendu version trio piano jazz (Spark) jusqu’au plus tourmenté dans la trajectoire à force de sinusoïdes ou de tournants, de retournements de situations (Side Jump) Le pianiste Y multiplie les appels comme autant d’échos, de flux sanguins cherchant à accrocher l’attention, l’émotion du public au travers de formules mélodiques ou rythmiques en quelques notes répétées, en accords, en motifs de couleur. Lignes d’un chant à construire, raison d’une conversation à engager pour et par l’écoute. Au centre du terrain (on a tendance à l’oublier mais  Yaron Herman s’en fut aux Etats Unis avec l’idée première de devenir…basketteur en NBA) le piano distribue, impulse, dirige le jeu. La voix, les voix (Bastien Burger, Ziv Ravitz en sus de leur ouvrage d’appui rythmique) livrées à la limite de l’intime mais traitées en mode sonore aérien, spatial aident pourtant à établir des séquence de dialogue, de partage à deux, à trois musiciens. Il demeure ainsi une bonne part d’improvisation donc d’imprévisible. Dans un pareil environnement de « work in progress« , de mouvement, les couleurs (musicales) donnent de la profondeur à l’évolution des contenus. Une certaine touche poétique question langage également « On a beaucoup cherché, beaucoup bossé notre musique pour trouver des enchainements originaux dans les plans et arrière-plans. Maintenant cela peut en dérouter certains…C’est un choix » assume Yaron.

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Et pour clore le concert avec au bout du compte un double rappel de la part du public béarnais conquis in fine, une séquence en duo autour du piano. L’un –Yaron Herman– égrène, courbé sur le clavier, une mélodie qui parait faite de notes simples, alignées en bout à bout telle une séquence de montage vidéo. L’autre –Ziv Ravitz « mon ami, mon frère qui comprend mes intentions avant même que  musicalement je les exprime » confie le pianiste – penché sur le ventre du piano l’accompagne de ses mains, en percussions frappées à même le bois à l’intérieur de l’instrument. Figures libres sur lesquelles on goûterait à les Y revoir sans compter. Par esprit d’ouverture (aventure?). Par plaisir.

Robert Latxague

PS: la photo de une montre Yaron Herman coiffé d’un béret béarnais de chez Laulhère, produit traditionnel fabriqué à Oloron depuis…170 ans. Cadeau du festival.

Festival Des Rives et des Notes, Oloron Sainte Marie

Vendredi 30 juin  21 h ,Yilian Canizares « Invocación »

samedi 1er Juillet 17 h Tingvall trio; 21 h Miguel Zenon, quartet Tipico !

  

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Aux baguettes d’une batterie peuplée de deux caisses claires, regard fixe sur le clavier de son portable, métronome faisant feu de tous bois, il s’affiche en machine dure. Pourtant dès que sa voix fluette file dans l’air en réverbération fluide Ziv Ravitz fait figure vivante d’un Robert Wyatt revenu flâner, feu follet dans le XXIe siècle.

Yaron Herman (p, keyb), Bastien Burger (elb, key, voc), Ziv Ravitz (dm, voc)

Des Rives et des Notes, Salle Jéliote, Oloron Ste Marie (64400), 29 juin

Yaron Herman aime prendre des risques.« C’est une des facettes de la création musicale qui me fait avancer » Ainsi pour certains ancrés dans le jazz stricto sensu (?) classé réserve de chasse pour oreilles doctes, son dernier opus Y (Blue Note/Universal) devrait être relégué, à l’instar des films, en catégorie X. Donc soumis à minima à l’avis parental sinon voué aux majeurs et vaccinés en matière de musiques improvisées. L’avantage de la scène fait qu’on en peut appréhender non pas la genèse sonore mais bien le spectacle vécu dans son entier. Dans toute sa dimension de « musique à vivre » pour reprendre une expression signée Bernard Lubat. Dès lors le trio révèle tous ses angles de vue, de vie, en live cash toutes ses perceptions dans le champs des possibles. On Y découvre de l’habituel, du bien fait-bien entendu version trio piano jazz (Spark) jusqu’au plus tourmenté dans la trajectoire à force de sinusoïdes ou de tournants, de retournements de situations (Side Jump) Le pianiste Y multiplie les appels comme autant d’échos, de flux sanguins cherchant à accrocher l’attention, l’émotion du public au travers de formules mélodiques ou rythmiques en quelques notes répétées, en accords, en motifs de couleur. Lignes d’un chant à construire, raison d’une conversation à engager pour et par l’écoute. Au centre du terrain (on a tendance à l’oublier mais  Yaron Herman s’en fut aux Etats Unis avec l’idée première de devenir…basketteur en NBA) le piano distribue, impulse, dirige le jeu. La voix, les voix (Bastien Burger, Ziv Ravitz en sus de leur ouvrage d’appui rythmique) livrées à la limite de l’intime mais traitées en mode sonore aérien, spatial aident pourtant à établir des séquence de dialogue, de partage à deux, à trois musiciens. Il demeure ainsi une bonne part d’improvisation donc d’imprévisible. Dans un pareil environnement de « work in progress« , de mouvement, les couleurs (musicales) donnent de la profondeur à l’évolution des contenus. Une certaine touche poétique question langage également « On a beaucoup cherché, beaucoup bossé notre musique pour trouver des enchainements originaux dans les plans et arrière-plans. Maintenant cela peut en dérouter certains…C’est un choix » assume Yaron.

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Et pour clore le concert avec au bout du compte un double rappel de la part du public béarnais conquis in fine, une séquence en duo autour du piano. L’un –Yaron Herman– égrène, courbé sur le clavier, une mélodie qui parait faite de notes simples, alignées en bout à bout telle une séquence de montage vidéo. L’autre –Ziv Ravitz « mon ami, mon frère qui comprend mes intentions avant même que  musicalement je les exprime » confie le pianiste – penché sur le ventre du piano l’accompagne de ses mains, en percussions frappées à même le bois à l’intérieur de l’instrument. Figures libres sur lesquelles on goûterait à les Y revoir sans compter. Par esprit d’ouverture (aventure?). Par plaisir.

Robert Latxague

PS: la photo de une montre Yaron Herman coiffé d’un béret béarnais de chez Laulhère, produit traditionnel fabriqué à Oloron depuis…170 ans. Cadeau du festival.

Festival Des Rives et des Notes, Oloron Sainte Marie

Vendredi 30 juin  21 h ,Yilian Canizares « Invocación »

samedi 1er Juillet 17 h Tingvall trio; 21 h Miguel Zenon, quartet Tipico !