Jazz live
Publié le 21 Juil 2015

Retour sur la soirée jazz du festival GUITARALDE à Hendaye (64)

 

Pour la quatrième année consécutive, la ville de Hendaye a accueilli le festival GUITARALDE initié par le guitariste Jean-Marie ECAY et son ami David GALLET. Trois soirées consacrées aux multiples facettes de la guitare avec un panel stylistique très varié (classique, blues, jazz, pop, musiques du monde…). C’est qu’ici, on cultive l’œcuménisme et tout le monde, artistes comme festivaliers, semble y trouver son compte. C’est à la soirée consacrée au jazz qu’il m’a été donné d’assister, avec Christian ESCOUDÉ en tête d’affiche, mais d’autres bonnes surprises nous attendaient autour de l’événement…

 

19h : « Guitar apéro » avec Jean-Marie ECAY (g), Alberto ARTETA (ts), Kike ARZA (b) et Juan Manuel URRIZA (dms), centre de thalassothérapie Serge Blanco

21h : Christian ESCOUDÉ (g), Florent GAC (org) et Charles « Lolo » BELLONZI (dms), domaine du château d’Abbadia

23h30 : « After » avec Alejandro MINGOT (g), Kike ARZA (b) et Juan Manuel URRIZA (dms), le Soko


C’est en terrasse, au bord de la piscine du centre de thalassothérapie Serge Blanco que s’est installé le quartette constitué par Jean-Marie ECAY pour ouvrir cette deuxième soirée de festival. L’occasion pour ce grand guitariste, aussi talentueux que modeste et sympathique, de jouer avec d’anciens élèves du conservatoire Musikene de San Sebastian, et l’occasion pour les festivaliers de bénéficier d’un concert gratuit et de siroter un verre à l’heure de l’apéro. De la musique gratuite, certes, mais néanmoins exigeante, car ECAY et son équipe ont choisi de rendre hommage au grand Wayne SHORTER. Leur répertoire du jour est donc consacré aux magnifiques compositions du saxophoniste, un challenge que le guitariste basque avait déjà relevé il y a quelques années en compagnie de son confrère Patrick Manouguian. Challenge, car jouer des thèmes de Shorter n’a absolument rien de guitaristique, de même qu’improviser sur ses grilles aux couleurs harmoniques impressionnistes rend hors sujet les plans et autres clichés bebop. Pas d’autres alternatives pour le soliste que de fouiller en son « chant intérieur » et d’improviser de manière réellement mélodique. Le guitariste s’en sort diablement bien et je me délecte une fois de plus de la fluidité de ses idées, de la solidité son placement rythmique et du côté aventureux de certaines de ses phrases. Quel plaisir d’écouter Jean-Marie jouer à domicile dans un contexte « jazz jazz » (!), bien démarqué de la formation fusion de Billy COBHAM avec qui il continue de sillonner la planète, et dont, soit dit en passant, la musique me parle beaucoup moins. Le saxophoniste Alberto ARTETA n’est pas en reste et ses interventions me font découvrir un soliste inspiré, dont les phrases ont une belle intensité. Le seul bémol ressenti lors de ce concert mise-en-bouche a concerné la section rythmique : à plusieurs reprises, elle m’a semblé manquer de puissance et de conviction, trop en retrait par rapport aux solistes. Le batteur Juan Manuel URRIZA en particulier me paraissait manquer d’implication, semblant presque s’excuser de jouer, et j’ai un peu vite mis ça sur le compte d’un manque de métier chez ce jeune musicien. J’avoue m’être bien trompé car quelques heures plus tard, au sein du trio d’Alejandro MINGOT, Juan Manuel et le bassiste Kike ARZA allaient fournir une prestation de haute volée…

 

Mais d’abord, direction le domaine du château d’Abbadia. On a beau connaître le site, l’effet est le même à chaque fois : la beauté du lieu est à tomber par terre. Le concert du trio de Christian ESCOUDÉ est déjà entamé depuis une vingtaine de minutes, je m’efforce donc rapidement de prendre ma place dans le public et d’attraper au vol les sons qui emplissent le crépuscule naissant. Et justement, c’est cette immédiateté du son qui frappe d’emblée. Celui de la guitare, droit et claquant, sans aucun artifice, qui se marie parfaitement à celui de l’orgue Hammond de Florent GAC. A leur écoute, je me fais une fois de plus la même remarque : autant la relation guitare/piano peut s’avérer désastreuse entre de mauvaises mains, autant les sonorités de la guitare et de l’orgue semblent s’emboiter naturellement, sans empiètement aucun en terme de registres et de fréquences. Rajoutez à ça la batterie, et vous obtenez la formule magique d’un type de trio qui fit ravage dans les années 1950-60. La formation de ce soir s’inscrit clairement dans l’héritage des trios historiques de Jimmy SMITH et de Wes MONTGOMERY, entre autres, mais avec une touche européenne indéniable. Le choix d’un medley – pardon, d’un florilège de chansons françaises contribue par exemple à une certaine démarcation des modèles américains. Difficile aussi de ne pas penser, au vu de sa disparition récente, au formidable trio qu’avait l’immense Eddy LOUISS avec René THOMAS et Kenny CLARKE. Et paf ! Juste au moment où je me fais la réfection, v’la-t-y pas qu’ESCOUDÉ entame l’arpège de « Blue Tempo » qui figure sur l’album de 1968 du trio en question ! Bel hommage et bel exemple de passation du flambeau, car si il y a bien une fraîcheur certaine et de la prise de risque dans le propos des trois musiciens, c’est tout de même le côté roots qui ressort avant tout. Cette musique a incontestablement le poids de ses racines. Ecouter la pulse et les solos de Charles BELLONZI, c’est revisiter une leçon d’histoire de la batterie jazz et redécouvrir, pour certains, tout le vocabulaire légué par Kenny CLARKE, Max ROACH et les autres. Pas étonnant que ce monsieur ait influencé une bonne partie des batteurs français actuels. Florent GAC à l’orgue, plus jeune que ses compagnons de scène, a parfaitement assimilé la tradition et en connaît les codes. J’ai le souvenir de l’avoir entendu pour la première fois il y a quelques années au festival de Capbreton avec Hugo LIPPI à la guitare et Mourad BENHAMMOU à la batterie. C’est un soliste brillant au phrasé magnifique, et un accompagnateur efficace même si, à mes oreilles, il a tendance à un peu trop « piquer » ses basses, ce qui leur enlève du liant et le côté « ronflant » des walking bass lines que j’affectionne. Mais là, je chipote…Quant à Christian ESCOUDÉ, il y a toujours autant d’autorité et de poids dans ses notes. Certaines accrochent, bien sûr, tout n’est pas propre et fluide dans le toucher de grand monsieur de la guitare, mais l’essentiel n’est pas là. Ce qui compte, c’est l’intensité, voire l’urgence de ses phrases, pétries de bebop, mais avec certains virages inattendus. On sent que le guitariste aime prendre des risques, et c’est tant mieux puisque, solidement épaulé par ses camarades, il sait qu’il n’y aura pas de blessés à l’arrivée. Quelques mots, donc, pour résumer ce concert : tradition, transmission, mais aussi fraîcheur et goût de l’aventure. Grande classe…

 

Allez, retour au front de mer vers le Soko, un petit bar attenant au casino. C’est le moment de découvrir le guitariste Alejandro MINGOT et de retrouver Kike ARZA et Juan Manuel URRIZA entendus quelques heures auparavant avec Jean-Marie ECAY. Dès les premières notes de guitare, on repère l’influence majeure de ce jeune musicien : John SCOFIELD. Même son, « sali » d’un bel overdrive, même recherche de la phrase anguleuse, mêmes mimiques… Pendant les premières minutes, j’avoue avoir été un peu agacé par autant de mimétisme. Le copier/coller qui condamne le musicien à jouer « pareil que mais en moins bien » est un processus d’apprentissage naturel et fort louable dans l’intimité de sa pièce à musique. C’est par contre bien moins légitime sur scène. Toutefois, dans le cas d’Alejandro, j’allai bien vite quitter mes a priori pour être finalement embarqué dans son univers. D’abord, influence Sco ou pas, le garçon joue terrible, c’est indéniable. Ses compositions sonnent, et lorsqu’il propose la relecture d’un standard, elle prend une tournure personnelle qui différencie sa version des autres. Christian ESCOUDÉ et ses musiciens resteront d’ailleurs un bon moment accoudé au bar à ne pas en perdre une miette. Et puis et surtout, quelle ne fût pas ma surprise de retrouver une section rythmique tonique, très réactive, avec un beau son acoustique, bref, tout l’inverse de ce que j’avais entendu chez Blanco. Là, les interventions d’ARZA et d’URRIZA étaient simplement parfaites. Un régal ! Le set du trio sera suivi d’une courte jam session où Jean-Marie ECAY lancera un « Solar » musclé, rejoint par un jeune bassiste et par son saxophoniste Alberto ARTETA. Finalement, invité à prendre la guitare par Jean-Marie, votre chroniqueur aura même le plaisir de jouer « You Don’t Know What Love Is », suggérant au batteur une tournerie néo-orléanaise second line, ce qu’il s’empressa de faire groover grave. A la fin, chaleureuses poignées de mains avec les espagnols, et en quelques minutes, le matériel était plié car il fallait absolument libérer les lieux à 2h pile… Finie, la période des bœufs qui s’éternisaient jusqu’au petit matin ! Mais chacun rentre chez soi, des notes plein la tête, ravi d’avoir vécu ces instants de partage « autour de la guitare »…

Cette année, je n’ai pu assister qu’à une seule des trois soirées, et c’est bien là toute la différence entre aller au concert, et vivre l’expérience d’un festival dans son intégralité. J’espère que ça me sera possible lors de la cinquième édition parce que, comme dirait mon fils qui a bientôt douze ans, c’était trop bien !

 

En attendant, encore merci à Monsieur ECAY et longue vie à GUITARALDE !

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Pour la quatrième année consécutive, la ville de Hendaye a accueilli le festival GUITARALDE initié par le guitariste Jean-Marie ECAY et son ami David GALLET. Trois soirées consacrées aux multiples facettes de la guitare avec un panel stylistique très varié (classique, blues, jazz, pop, musiques du monde…). C’est qu’ici, on cultive l’œcuménisme et tout le monde, artistes comme festivaliers, semble y trouver son compte. C’est à la soirée consacrée au jazz qu’il m’a été donné d’assister, avec Christian ESCOUDÉ en tête d’affiche, mais d’autres bonnes surprises nous attendaient autour de l’événement…

 

19h : « Guitar apéro » avec Jean-Marie ECAY (g), Alberto ARTETA (ts), Kike ARZA (b) et Juan Manuel URRIZA (dms), centre de thalassothérapie Serge Blanco

21h : Christian ESCOUDÉ (g), Florent GAC (org) et Charles « Lolo » BELLONZI (dms), domaine du château d’Abbadia

23h30 : « After » avec Alejandro MINGOT (g), Kike ARZA (b) et Juan Manuel URRIZA (dms), le Soko


C’est en terrasse, au bord de la piscine du centre de thalassothérapie Serge Blanco que s’est installé le quartette constitué par Jean-Marie ECAY pour ouvrir cette deuxième soirée de festival. L’occasion pour ce grand guitariste, aussi talentueux que modeste et sympathique, de jouer avec d’anciens élèves du conservatoire Musikene de San Sebastian, et l’occasion pour les festivaliers de bénéficier d’un concert gratuit et de siroter un verre à l’heure de l’apéro. De la musique gratuite, certes, mais néanmoins exigeante, car ECAY et son équipe ont choisi de rendre hommage au grand Wayne SHORTER. Leur répertoire du jour est donc consacré aux magnifiques compositions du saxophoniste, un challenge que le guitariste basque avait déjà relevé il y a quelques années en compagnie de son confrère Patrick Manouguian. Challenge, car jouer des thèmes de Shorter n’a absolument rien de guitaristique, de même qu’improviser sur ses grilles aux couleurs harmoniques impressionnistes rend hors sujet les plans et autres clichés bebop. Pas d’autres alternatives pour le soliste que de fouiller en son « chant intérieur » et d’improviser de manière réellement mélodique. Le guitariste s’en sort diablement bien et je me délecte une fois de plus de la fluidité de ses idées, de la solidité son placement rythmique et du côté aventureux de certaines de ses phrases. Quel plaisir d’écouter Jean-Marie jouer à domicile dans un contexte « jazz jazz » (!), bien démarqué de la formation fusion de Billy COBHAM avec qui il continue de sillonner la planète, et dont, soit dit en passant, la musique me parle beaucoup moins. Le saxophoniste Alberto ARTETA n’est pas en reste et ses interventions me font découvrir un soliste inspiré, dont les phrases ont une belle intensité. Le seul bémol ressenti lors de ce concert mise-en-bouche a concerné la section rythmique : à plusieurs reprises, elle m’a semblé manquer de puissance et de conviction, trop en retrait par rapport aux solistes. Le batteur Juan Manuel URRIZA en particulier me paraissait manquer d’implication, semblant presque s’excuser de jouer, et j’ai un peu vite mis ça sur le compte d’un manque de métier chez ce jeune musicien. J’avoue m’être bien trompé car quelques heures plus tard, au sein du trio d’Alejandro MINGOT, Juan Manuel et le bassiste Kike ARZA allaient fournir une prestation de haute volée…

 

Mais d’abord, direction le domaine du château d’Abbadia. On a beau connaître le site, l’effet est le même à chaque fois : la beauté du lieu est à tomber par terre. Le concert du trio de Christian ESCOUDÉ est déjà entamé depuis une vingtaine de minutes, je m’efforce donc rapidement de prendre ma place dans le public et d’attraper au vol les sons qui emplissent le crépuscule naissant. Et justement, c’est cette immédiateté du son qui frappe d’emblée. Celui de la guitare, droit et claquant, sans aucun artifice, qui se marie parfaitement à celui de l’orgue Hammond de Florent GAC. A leur écoute, je me fais une fois de plus la même remarque : autant la relation guitare/piano peut s’avérer désastreuse entre de mauvaises mains, autant les sonorités de la guitare et de l’orgue semblent s’emboiter naturellement, sans empiètement aucun en terme de registres et de fréquences. Rajoutez à ça la batterie, et vous obtenez la formule magique d’un type de trio qui fit ravage dans les années 1950-60. La formation de ce soir s’inscrit clairement dans l’héritage des trios historiques de Jimmy SMITH et de Wes MONTGOMERY, entre autres, mais avec une touche européenne indéniable. Le choix d’un medley – pardon, d’un florilège de chansons françaises contribue par exemple à une certaine démarcation des modèles américains. Difficile aussi de ne pas penser, au vu de sa disparition récente, au formidable trio qu’avait l’immense Eddy LOUISS avec René THOMAS et Kenny CLARKE. Et paf ! Juste au moment où je me fais la réfection, v’la-t-y pas qu’ESCOUDÉ entame l’arpège de « Blue Tempo » qui figure sur l’album de 1968 du trio en question ! Bel hommage et bel exemple de passation du flambeau, car si il y a bien une fraîcheur certaine et de la prise de risque dans le propos des trois musiciens, c’est tout de même le côté roots qui ressort avant tout. Cette musique a incontestablement le poids de ses racines. Ecouter la pulse et les solos de Charles BELLONZI, c’est revisiter une leçon d’histoire de la batterie jazz et redécouvrir, pour certains, tout le vocabulaire légué par Kenny CLARKE, Max ROACH et les autres. Pas étonnant que ce monsieur ait influencé une bonne partie des batteurs français actuels. Florent GAC à l’orgue, plus jeune que ses compagnons de scène, a parfaitement assimilé la tradition et en connaît les codes. J’ai le souvenir de l’avoir entendu pour la première fois il y a quelques années au festival de Capbreton avec Hugo LIPPI à la guitare et Mourad BENHAMMOU à la batterie. C’est un soliste brillant au phrasé magnifique, et un accompagnateur efficace même si, à mes oreilles, il a tendance à un peu trop « piquer » ses basses, ce qui leur enlève du liant et le côté « ronflant » des walking bass lines que j’affectionne. Mais là, je chipote…Quant à Christian ESCOUDÉ, il y a toujours autant d’autorité et de poids dans ses notes. Certaines accrochent, bien sûr, tout n’est pas propre et fluide dans le toucher de grand monsieur de la guitare, mais l’essentiel n’est pas là. Ce qui compte, c’est l’intensité, voire l’urgence de ses phrases, pétries de bebop, mais avec certains virages inattendus. On sent que le guitariste aime prendre des risques, et c’est tant mieux puisque, solidement épaulé par ses camarades, il sait qu’il n’y aura pas de blessés à l’arrivée. Quelques mots, donc, pour résumer ce concert : tradition, transmission, mais aussi fraîcheur et goût de l’aventure. Grande classe…

 

Allez, retour au front de mer vers le Soko, un petit bar attenant au casino. C’est le moment de découvrir le guitariste Alejandro MINGOT et de retrouver Kike ARZA et Juan Manuel URRIZA entendus quelques heures auparavant avec Jean-Marie ECAY. Dès les premières notes de guitare, on repère l’influence majeure de ce jeune musicien : John SCOFIELD. Même son, « sali » d’un bel overdrive, même recherche de la phrase anguleuse, mêmes mimiques… Pendant les premières minutes, j’avoue avoir été un peu agacé par autant de mimétisme. Le copier/coller qui condamne le musicien à jouer « pareil que mais en moins bien » est un processus d’apprentissage naturel et fort louable dans l’intimité de sa pièce à musique. C’est par contre bien moins légitime sur scène. Toutefois, dans le cas d’Alejandro, j’allai bien vite quitter mes a priori pour être finalement embarqué dans son univers. D’abord, influence Sco ou pas, le garçon joue terrible, c’est indéniable. Ses compositions sonnent, et lorsqu’il propose la relecture d’un standard, elle prend une tournure personnelle qui différencie sa version des autres. Christian ESCOUDÉ et ses musiciens resteront d’ailleurs un bon moment accoudé au bar à ne pas en perdre une miette. Et puis et surtout, quelle ne fût pas ma surprise de retrouver une section rythmique tonique, très réactive, avec un beau son acoustique, bref, tout l’inverse de ce que j’avais entendu chez Blanco. Là, les interventions d’ARZA et d’URRIZA étaient simplement parfaites. Un régal ! Le set du trio sera suivi d’une courte jam session où Jean-Marie ECAY lancera un « Solar » musclé, rejoint par un jeune bassiste et par son saxophoniste Alberto ARTETA. Finalement, invité à prendre la guitare par Jean-Marie, votre chroniqueur aura même le plaisir de jouer « You Don’t Know What Love Is », suggérant au batteur une tournerie néo-orléanaise second line, ce qu’il s’empressa de faire groover grave. A la fin, chaleureuses poignées de mains avec les espagnols, et en quelques minutes, le matériel était plié car il fallait absolument libérer les lieux à 2h pile… Finie, la période des bœufs qui s’éternisaient jusqu’au petit matin ! Mais chacun rentre chez soi, des notes plein la tête, ravi d’avoir vécu ces instants de partage « autour de la guitare »…

Cette année, je n’ai pu assister qu’à une seule des trois soirées, et c’est bien là toute la différence entre aller au concert, et vivre l’expérience d’un festival dans son intégralité. J’espère que ça me sera possible lors de la cinquième édition parce que, comme dirait mon fils qui a bientôt douze ans, c’était trop bien !

 

En attendant, encore merci à Monsieur ECAY et longue vie à GUITARALDE !

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Pour la quatrième année consécutive, la ville de Hendaye a accueilli le festival GUITARALDE initié par le guitariste Jean-Marie ECAY et son ami David GALLET. Trois soirées consacrées aux multiples facettes de la guitare avec un panel stylistique très varié (classique, blues, jazz, pop, musiques du monde…). C’est qu’ici, on cultive l’œcuménisme et tout le monde, artistes comme festivaliers, semble y trouver son compte. C’est à la soirée consacrée au jazz qu’il m’a été donné d’assister, avec Christian ESCOUDÉ en tête d’affiche, mais d’autres bonnes surprises nous attendaient autour de l’événement…

 

19h : « Guitar apéro » avec Jean-Marie ECAY (g), Alberto ARTETA (ts), Kike ARZA (b) et Juan Manuel URRIZA (dms), centre de thalassothérapie Serge Blanco

21h : Christian ESCOUDÉ (g), Florent GAC (org) et Charles « Lolo » BELLONZI (dms), domaine du château d’Abbadia

23h30 : « After » avec Alejandro MINGOT (g), Kike ARZA (b) et Juan Manuel URRIZA (dms), le Soko


C’est en terrasse, au bord de la piscine du centre de thalassothérapie Serge Blanco que s’est installé le quartette constitué par Jean-Marie ECAY pour ouvrir cette deuxième soirée de festival. L’occasion pour ce grand guitariste, aussi talentueux que modeste et sympathique, de jouer avec d’anciens élèves du conservatoire Musikene de San Sebastian, et l’occasion pour les festivaliers de bénéficier d’un concert gratuit et de siroter un verre à l’heure de l’apéro. De la musique gratuite, certes, mais néanmoins exigeante, car ECAY et son équipe ont choisi de rendre hommage au grand Wayne SHORTER. Leur répertoire du jour est donc consacré aux magnifiques compositions du saxophoniste, un challenge que le guitariste basque avait déjà relevé il y a quelques années en compagnie de son confrère Patrick Manouguian. Challenge, car jouer des thèmes de Shorter n’a absolument rien de guitaristique, de même qu’improviser sur ses grilles aux couleurs harmoniques impressionnistes rend hors sujet les plans et autres clichés bebop. Pas d’autres alternatives pour le soliste que de fouiller en son « chant intérieur » et d’improviser de manière réellement mélodique. Le guitariste s’en sort diablement bien et je me délecte une fois de plus de la fluidité de ses idées, de la solidité son placement rythmique et du côté aventureux de certaines de ses phrases. Quel plaisir d’écouter Jean-Marie jouer à domicile dans un contexte « jazz jazz » (!), bien démarqué de la formation fusion de Billy COBHAM avec qui il continue de sillonner la planète, et dont, soit dit en passant, la musique me parle beaucoup moins. Le saxophoniste Alberto ARTETA n’est pas en reste et ses interventions me font découvrir un soliste inspiré, dont les phrases ont une belle intensité. Le seul bémol ressenti lors de ce concert mise-en-bouche a concerné la section rythmique : à plusieurs reprises, elle m’a semblé manquer de puissance et de conviction, trop en retrait par rapport aux solistes. Le batteur Juan Manuel URRIZA en particulier me paraissait manquer d’implication, semblant presque s’excuser de jouer, et j’ai un peu vite mis ça sur le compte d’un manque de métier chez ce jeune musicien. J’avoue m’être bien trompé car quelques heures plus tard, au sein du trio d’Alejandro MINGOT, Juan Manuel et le bassiste Kike ARZA allaient fournir une prestation de haute volée…

 

Mais d’abord, direction le domaine du château d’Abbadia. On a beau connaître le site, l’effet est le même à chaque fois : la beauté du lieu est à tomber par terre. Le concert du trio de Christian ESCOUDÉ est déjà entamé depuis une vingtaine de minutes, je m’efforce donc rapidement de prendre ma place dans le public et d’attraper au vol les sons qui emplissent le crépuscule naissant. Et justement, c’est cette immédiateté du son qui frappe d’emblée. Celui de la guitare, droit et claquant, sans aucun artifice, qui se marie parfaitement à celui de l’orgue Hammond de Florent GAC. A leur écoute, je me fais une fois de plus la même remarque : autant la relation guitare/piano peut s’avérer désastreuse entre de mauvaises mains, autant les sonorités de la guitare et de l’orgue semblent s’emboiter naturellement, sans empiètement aucun en terme de registres et de fréquences. Rajoutez à ça la batterie, et vous obtenez la formule magique d’un type de trio qui fit ravage dans les années 1950-60. La formation de ce soir s’inscrit clairement dans l’héritage des trios historiques de Jimmy SMITH et de Wes MONTGOMERY, entre autres, mais avec une touche européenne indéniable. Le choix d’un medley – pardon, d’un florilège de chansons françaises contribue par exemple à une certaine démarcation des modèles américains. Difficile aussi de ne pas penser, au vu de sa disparition récente, au formidable trio qu’avait l’immense Eddy LOUISS avec René THOMAS et Kenny CLARKE. Et paf ! Juste au moment où je me fais la réfection, v’la-t-y pas qu’ESCOUDÉ entame l’arpège de « Blue Tempo » qui figure sur l’album de 1968 du trio en question ! Bel hommage et bel exemple de passation du flambeau, car si il y a bien une fraîcheur certaine et de la prise de risque dans le propos des trois musiciens, c’est tout de même le côté roots qui ressort avant tout. Cette musique a incontestablement le poids de ses racines. Ecouter la pulse et les solos de Charles BELLONZI, c’est revisiter une leçon d’histoire de la batterie jazz et redécouvrir, pour certains, tout le vocabulaire légué par Kenny CLARKE, Max ROACH et les autres. Pas étonnant que ce monsieur ait influencé une bonne partie des batteurs français actuels. Florent GAC à l’orgue, plus jeune que ses compagnons de scène, a parfaitement assimilé la tradition et en connaît les codes. J’ai le souvenir de l’avoir entendu pour la première fois il y a quelques années au festival de Capbreton avec Hugo LIPPI à la guitare et Mourad BENHAMMOU à la batterie. C’est un soliste brillant au phrasé magnifique, et un accompagnateur efficace même si, à mes oreilles, il a tendance à un peu trop « piquer » ses basses, ce qui leur enlève du liant et le côté « ronflant » des walking bass lines que j’affectionne. Mais là, je chipote…Quant à Christian ESCOUDÉ, il y a toujours autant d’autorité et de poids dans ses notes. Certaines accrochent, bien sûr, tout n’est pas propre et fluide dans le toucher de grand monsieur de la guitare, mais l’essentiel n’est pas là. Ce qui compte, c’est l’intensité, voire l’urgence de ses phrases, pétries de bebop, mais avec certains virages inattendus. On sent que le guitariste aime prendre des risques, et c’est tant mieux puisque, solidement épaulé par ses camarades, il sait qu’il n’y aura pas de blessés à l’arrivée. Quelques mots, donc, pour résumer ce concert : tradition, transmission, mais aussi fraîcheur et goût de l’aventure. Grande classe…

 

Allez, retour au front de mer vers le Soko, un petit bar attenant au casino. C’est le moment de découvrir le guitariste Alejandro MINGOT et de retrouver Kike ARZA et Juan Manuel URRIZA entendus quelques heures auparavant avec Jean-Marie ECAY. Dès les premières notes de guitare, on repère l’influence majeure de ce jeune musicien : John SCOFIELD. Même son, « sali » d’un bel overdrive, même recherche de la phrase anguleuse, mêmes mimiques… Pendant les premières minutes, j’avoue avoir été un peu agacé par autant de mimétisme. Le copier/coller qui condamne le musicien à jouer « pareil que mais en moins bien » est un processus d’apprentissage naturel et fort louable dans l’intimité de sa pièce à musique. C’est par contre bien moins légitime sur scène. Toutefois, dans le cas d’Alejandro, j’allai bien vite quitter mes a priori pour être finalement embarqué dans son univers. D’abord, influence Sco ou pas, le garçon joue terrible, c’est indéniable. Ses compositions sonnent, et lorsqu’il propose la relecture d’un standard, elle prend une tournure personnelle qui différencie sa version des autres. Christian ESCOUDÉ et ses musiciens resteront d’ailleurs un bon moment accoudé au bar à ne pas en perdre une miette. Et puis et surtout, quelle ne fût pas ma surprise de retrouver une section rythmique tonique, très réactive, avec un beau son acoustique, bref, tout l’inverse de ce que j’avais entendu chez Blanco. Là, les interventions d’ARZA et d’URRIZA étaient simplement parfaites. Un régal ! Le set du trio sera suivi d’une courte jam session où Jean-Marie ECAY lancera un « Solar » musclé, rejoint par un jeune bassiste et par son saxophoniste Alberto ARTETA. Finalement, invité à prendre la guitare par Jean-Marie, votre chroniqueur aura même le plaisir de jouer « You Don’t Know What Love Is », suggérant au batteur une tournerie néo-orléanaise second line, ce qu’il s’empressa de faire groover grave. A la fin, chaleureuses poignées de mains avec les espagnols, et en quelques minutes, le matériel était plié car il fallait absolument libérer les lieux à 2h pile… Finie, la période des bœufs qui s’éternisaient jusqu’au petit matin ! Mais chacun rentre chez soi, des notes plein la tête, ravi d’avoir vécu ces instants de partage « autour de la guitare »…

Cette année, je n’ai pu assister qu’à une seule des trois soirées, et c’est bien là toute la différence entre aller au concert, et vivre l’expérience d’un festival dans son intégralité. J’espère que ça me sera possible lors de la cinquième édition parce que, comme dirait mon fils qui a bientôt douze ans, c’était trop bien !

 

En attendant, encore merci à Monsieur ECAY et longue vie à GUITARALDE !

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Pour la quatrième année consécutive, la ville de Hendaye a accueilli le festival GUITARALDE initié par le guitariste Jean-Marie ECAY et son ami David GALLET. Trois soirées consacrées aux multiples facettes de la guitare avec un panel stylistique très varié (classique, blues, jazz, pop, musiques du monde…). C’est qu’ici, on cultive l’œcuménisme et tout le monde, artistes comme festivaliers, semble y trouver son compte. C’est à la soirée consacrée au jazz qu’il m’a été donné d’assister, avec Christian ESCOUDÉ en tête d’affiche, mais d’autres bonnes surprises nous attendaient autour de l’événement…

 

19h : « Guitar apéro » avec Jean-Marie ECAY (g), Alberto ARTETA (ts), Kike ARZA (b) et Juan Manuel URRIZA (dms), centre de thalassothérapie Serge Blanco

21h : Christian ESCOUDÉ (g), Florent GAC (org) et Charles « Lolo » BELLONZI (dms), domaine du château d’Abbadia

23h30 : « After » avec Alejandro MINGOT (g), Kike ARZA (b) et Juan Manuel URRIZA (dms), le Soko


C’est en terrasse, au bord de la piscine du centre de thalassothérapie Serge Blanco que s’est installé le quartette constitué par Jean-Marie ECAY pour ouvrir cette deuxième soirée de festival. L’occasion pour ce grand guitariste, aussi talentueux que modeste et sympathique, de jouer avec d’anciens élèves du conservatoire Musikene de San Sebastian, et l’occasion pour les festivaliers de bénéficier d’un concert gratuit et de siroter un verre à l’heure de l’apéro. De la musique gratuite, certes, mais néanmoins exigeante, car ECAY et son équipe ont choisi de rendre hommage au grand Wayne SHORTER. Leur répertoire du jour est donc consacré aux magnifiques compositions du saxophoniste, un challenge que le guitariste basque avait déjà relevé il y a quelques années en compagnie de son confrère Patrick Manouguian. Challenge, car jouer des thèmes de Shorter n’a absolument rien de guitaristique, de même qu’improviser sur ses grilles aux couleurs harmoniques impressionnistes rend hors sujet les plans et autres clichés bebop. Pas d’autres alternatives pour le soliste que de fouiller en son « chant intérieur » et d’improviser de manière réellement mélodique. Le guitariste s’en sort diablement bien et je me délecte une fois de plus de la fluidité de ses idées, de la solidité son placement rythmique et du côté aventureux de certaines de ses phrases. Quel plaisir d’écouter Jean-Marie jouer à domicile dans un contexte « jazz jazz » (!), bien démarqué de la formation fusion de Billy COBHAM avec qui il continue de sillonner la planète, et dont, soit dit en passant, la musique me parle beaucoup moins. Le saxophoniste Alberto ARTETA n’est pas en reste et ses interventions me font découvrir un soliste inspiré, dont les phrases ont une belle intensité. Le seul bémol ressenti lors de ce concert mise-en-bouche a concerné la section rythmique : à plusieurs reprises, elle m’a semblé manquer de puissance et de conviction, trop en retrait par rapport aux solistes. Le batteur Juan Manuel URRIZA en particulier me paraissait manquer d’implication, semblant presque s’excuser de jouer, et j’ai un peu vite mis ça sur le compte d’un manque de métier chez ce jeune musicien. J’avoue m’être bien trompé car quelques heures plus tard, au sein du trio d’Alejandro MINGOT, Juan Manuel et le bassiste Kike ARZA allaient fournir une prestation de haute volée…

 

Mais d’abord, direction le domaine du château d’Abbadia. On a beau connaître le site, l’effet est le même à chaque fois : la beauté du lieu est à tomber par terre. Le concert du trio de Christian ESCOUDÉ est déjà entamé depuis une vingtaine de minutes, je m’efforce donc rapidement de prendre ma place dans le public et d’attraper au vol les sons qui emplissent le crépuscule naissant. Et justement, c’est cette immédiateté du son qui frappe d’emblée. Celui de la guitare, droit et claquant, sans aucun artifice, qui se marie parfaitement à celui de l’orgue Hammond de Florent GAC. A leur écoute, je me fais une fois de plus la même remarque : autant la relation guitare/piano peut s’avérer désastreuse entre de mauvaises mains, autant les sonorités de la guitare et de l’orgue semblent s’emboiter naturellement, sans empiètement aucun en terme de registres et de fréquences. Rajoutez à ça la batterie, et vous obtenez la formule magique d’un type de trio qui fit ravage dans les années 1950-60. La formation de ce soir s’inscrit clairement dans l’héritage des trios historiques de Jimmy SMITH et de Wes MONTGOMERY, entre autres, mais avec une touche européenne indéniable. Le choix d’un medley – pardon, d’un florilège de chansons françaises contribue par exemple à une certaine démarcation des modèles américains. Difficile aussi de ne pas penser, au vu de sa disparition récente, au formidable trio qu’avait l’immense Eddy LOUISS avec René THOMAS et Kenny CLARKE. Et paf ! Juste au moment où je me fais la réfection, v’la-t-y pas qu’ESCOUDÉ entame l’arpège de « Blue Tempo » qui figure sur l’album de 1968 du trio en question ! Bel hommage et bel exemple de passation du flambeau, car si il y a bien une fraîcheur certaine et de la prise de risque dans le propos des trois musiciens, c’est tout de même le côté roots qui ressort avant tout. Cette musique a incontestablement le poids de ses racines. Ecouter la pulse et les solos de Charles BELLONZI, c’est revisiter une leçon d’histoire de la batterie jazz et redécouvrir, pour certains, tout le vocabulaire légué par Kenny CLARKE, Max ROACH et les autres. Pas étonnant que ce monsieur ait influencé une bonne partie des batteurs français actuels. Florent GAC à l’orgue, plus jeune que ses compagnons de scène, a parfaitement assimilé la tradition et en connaît les codes. J’ai le souvenir de l’avoir entendu pour la première fois il y a quelques années au festival de Capbreton avec Hugo LIPPI à la guitare et Mourad BENHAMMOU à la batterie. C’est un soliste brillant au phrasé magnifique, et un accompagnateur efficace même si, à mes oreilles, il a tendance à un peu trop « piquer » ses basses, ce qui leur enlève du liant et le côté « ronflant » des walking bass lines que j’affectionne. Mais là, je chipote…Quant à Christian ESCOUDÉ, il y a toujours autant d’autorité et de poids dans ses notes. Certaines accrochent, bien sûr, tout n’est pas propre et fluide dans le toucher de grand monsieur de la guitare, mais l’essentiel n’est pas là. Ce qui compte, c’est l’intensité, voire l’urgence de ses phrases, pétries de bebop, mais avec certains virages inattendus. On sent que le guitariste aime prendre des risques, et c’est tant mieux puisque, solidement épaulé par ses camarades, il sait qu’il n’y aura pas de blessés à l’arrivée. Quelques mots, donc, pour résumer ce concert : tradition, transmission, mais aussi fraîcheur et goût de l’aventure. Grande classe…

 

Allez, retour au front de mer vers le Soko, un petit bar attenant au casino. C’est le moment de découvrir le guitariste Alejandro MINGOT et de retrouver Kike ARZA et Juan Manuel URRIZA entendus quelques heures auparavant avec Jean-Marie ECAY. Dès les premières notes de guitare, on repère l’influence majeure de ce jeune musicien : John SCOFIELD. Même son, « sali » d’un bel overdrive, même recherche de la phrase anguleuse, mêmes mimiques… Pendant les premières minutes, j’avoue avoir été un peu agacé par autant de mimétisme. Le copier/coller qui condamne le musicien à jouer « pareil que mais en moins bien » est un processus d’apprentissage naturel et fort louable dans l’intimité de sa pièce à musique. C’est par contre bien moins légitime sur scène. Toutefois, dans le cas d’Alejandro, j’allai bien vite quitter mes a priori pour être finalement embarqué dans son univers. D’abord, influence Sco ou pas, le garçon joue terrible, c’est indéniable. Ses compositions sonnent, et lorsqu’il propose la relecture d’un standard, elle prend une tournure personnelle qui différencie sa version des autres. Christian ESCOUDÉ et ses musiciens resteront d’ailleurs un bon moment accoudé au bar à ne pas en perdre une miette. Et puis et surtout, quelle ne fût pas ma surprise de retrouver une section rythmique tonique, très réactive, avec un beau son acoustique, bref, tout l’inverse de ce que j’avais entendu chez Blanco. Là, les interventions d’ARZA et d’URRIZA étaient simplement parfaites. Un régal ! Le set du trio sera suivi d’une courte jam session où Jean-Marie ECAY lancera un « Solar » musclé, rejoint par un jeune bassiste et par son saxophoniste Alberto ARTETA. Finalement, invité à prendre la guitare par Jean-Marie, votre chroniqueur aura même le plaisir de jouer « You Don’t Know What Love Is », suggérant au batteur une tournerie néo-orléanaise second line, ce qu’il s’empressa de faire groover grave. A la fin, chaleureuses poignées de mains avec les espagnols, et en quelques minutes, le matériel était plié car il fallait absolument libérer les lieux à 2h pile… Finie, la période des bœufs qui s’éternisaient jusqu’au petit matin ! Mais chacun rentre chez soi, des notes plein la tête, ravi d’avoir vécu ces instants de partage « autour de la guitare »…

Cette année, je n’ai pu assister qu’à une seule des trois soirées, et c’est bien là toute la différence entre aller au concert, et vivre l’expérience d’un festival dans son intégralité. J’espère que ça me sera possible lors de la cinquième édition parce que, comme dirait mon fils qui a bientôt douze ans, c’était trop bien !

 

En attendant, encore merci à Monsieur ECAY et longue vie à GUITARALDE !