Le chenu chroniqueur s’est offert un concert complet, afin d’effacer un épisode tronqué, pour cause de transports supprimés en soirée, lors de la sortie du disque en avril (chronique ici). Second concert du jour, et deuxième d’une série de quatre puisque le quartette remet ça le lendemain, 19h30 et 22h, complet comme ce soir. Pour conjurer le mauvais sort des suppressions de desserte sur ma ligne de RER après 22h30, j’ai propulsé ma vieille et petite auto jusqu’au centre commercial, à 3 km de chez moi, où désormais la ligne 11 aboutit, et me transportera d’une traite place du Châtelet, et me fera revenir bien après 23h30.

THE HOOKUP
Géraldine Laurent (saxophone alto), Noé Huchard (piano), François Moutin (contrebasse), Louis Moutin (batterie)
Paris, Duc des Lombards, 30 janvier 2026, 22h
Le répertoire reprend les thèmes du disque (The Hookup, ‘Choc’ Jazz Magazine en avril 2025), dans la logique même de cette belle ambition artistique : redonner les airs des années 20 (1920…., avec une exception pour After You’ve Gone , millésime 1918) en les jouant au plein sens du jeu des années 2020. Ici pas de je égotiste, ni de jeu instrumental et musical hyper-maîtrisé ; l’aisance est superlative, mais ce n’est pas le sujet : on est en territoire de jouage, celui du jazz (et aussi d’autres musiques), où l’interaction règne sans partage. Les membres du quartette se sont répartis les arrangements (extrêmement libres, et féconds), mais il y a place à chaque instant pour la surprise, le pas de côté, le saut dans l’inconnu. Au départ, l’ordre des thèmes choisis dans le programme du CD est le même que lors du concert d’avril dernier, mais on bifurquera, et l’on aura aussi des standards de cette décennie qui n’y figuraient pas, ainsi qu’une entorse à la règle avec In A Sentimental Mood (1935). Des duos transversaux, de libres escapades : tout était là pour le bonheur du public comme des artistes. Le jazz est décidément une musique de liberté, dans un monde qui en manque désormais cruellement.
Xavier Prévost (texte & photos)
