Yonathan Avishai, sa douceur exacte
Yonathan Avishai, Pierre Perchaud, Christophe Panzani ont donné à l’ECUJE, un concert emprunt d’une étrange et exacte douceur. Yonathan Avishai (p), Christophe Panzani (ts), Pierre Perchaud (g), 19 février 2026, l’ECUJE

Le concert laisse une impression d’élégante apesanteur. Les trois musiciens se meuvent comme des nuages : on ne les voit pas se déplacer, et tout à coup ils sont ailleurs. Yonathan Avishai décrit ce nouveau projet (c’est leur troisième concert) en précisant que la mélancolie est son point de départ. La mélancolie ? Oui, bien sûr, comme dans le morceau Super-Huit, qui se clôt par une jolie allusion à la musique de Mon Oncle. Mais surtout la douceur. Et cette manière de construire la musique tous ensemble, chacun apportant une pièce du puzzle.

On note cette belle complicité entre la guitare électrique de Pierre Perchaud et le piano de Yonathan Avishai, le premier étoffant de ses notes aigües le spectre sonore du deuxième. Christophe Panzani, avec ce son déchiré, où souffle et son s’infusent à parts égales, contribue à la poésie des paysages sonores. On sent beaucoup de retenue, beaucoup d’écoute, rien n’est forcé. La musique est à la fois flottante et concentrée. L’un des morceaux s’appelle Bienveillance. Les trois musiciens jouent manifestement dans cet état d’esprit d’ouverture et d’aventure.

Quelques standards s’invitent, If I had you, et Plaza real (Wayne Shorter). Yonathan Avishai lit un très beau poème de sa composition en français, sur la nécessité d’être précis. La justesse, dit il , c’est le domaine de responsabilité des artistes, quand tout va bien, et surtout quand tout va mal. Ce soir la musique était juste, et sa douceur, exacte.
Texte: JF Mondot
Dessins: AC Alvoet (autres dessins, peintures, gravures, à découvrir sur son site www.annie-claire.com)