Jazz Magazine n°676 - septembre 2015

L’autre Coleman par Frédéric Goaty

J’espère que Steve Coleman me pardonnera ce titre en forme de clin d’oeil à la première interview qu’il avait accordée à Jazz Magazine, fin 1988. Titrée “Un nommé Coleman”, elle faisait bien sûr référence au plus célèbre d’entre eux, Ornette. Au delà de l’homonymie, la tentation de rapprocher ces deux altistes était grande.
Comme le Prime Time du maître texan, les Five Elements de Steve Coleman mélangeaient dans une forme d’urgence créative le jazz et le funk. Quant au fameux concept M’Base, il intriguait tout autant que l’Harmolodie. Au gré de cet entretien, durant lequel il était soigneusement resté sur la défensive, Dany Michel et moi avions fi ni par le piquer au vif en citant Von Freeman (« Il a toute l’histoire du jazz en lui »), Prince (« J’aimerais jouer avec lui, mais dans des circonstances différentes »), Public Enemy (« Un groupe de rap très créatif ») et, forcément, Ornette (« Les gens qui pensent que je joue comme lui n’ont pas bien écouté ma musique »).
Depuis, Steve Coleman a fait plusieurs fois le tour du monde, n’a jamais cessé d’évoluer, pour à son tour devenir un maître, influent, respecté par ses pairs et toujours prompt à révéler des jeunes talents. Vingt ans après les concerts légendaires du Hot Brass, son comeback parisien