Le jazz est centenaire 6 : il y a cent ans Jelly Roll Morton enregistrait avec ses Red Hot Peppers. - Jazz Magazine
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Publié le 23 Sep 2026

Le jazz est centenaire 6 : il y a cent ans Jelly Roll Morton enregistrait avec ses Red Hot Peppers.

Hélas, j’ai laissé passé la date. C’était les 15 et 21 septembre, à Chicago, dans la salle de bal du Webster Hotel. La Victor Talking Machine Company y avait installé dès le 13, et jusqu’au 18 décembre, son nouveau matériel d’enregistrement Orthophonic conçu l’année précédente par Western Electric. La gravure du son ne se faisait plus pas l’intermédiaire d’une membrane vibrante, mais par le transfert d’ondes électrique. Parmi les divers artistes qui enregistrèrent à cet occasion (Pablo Casals, Jacques Thibaud et Alfred Cortot, les Dixieland Jug Blowers, etc.), on croise le 15, sous le nom de groupe Red Hot Peppers qu’il conserverait pour ses enregistrements jusqu’en 1928, Jelly Roll Morton. Il était entouré de George Mitchell (cornet), Kid Ory (trombone), Omer Simeon (clarinette), Johnny St. Cyr (banjo), John Lindsay (contrebasse) et Andrew Hilaire (batterie), avec trois titres au programme: Black Bottom Stomp, Smokehouse Blues et, le chef d’œuvre des chefs d’œuvre de cette séance, The Chant. On admirera l »écriture orchestrale méticuleuse et foisonnante animée par d’excellents improvisateurs avec une mention spéciale pour Omer Simeon.

Le 21, Barney Bigard et Darnell Howard se partageant les parties de clarinette, Jelly Roll ajoutait à ces qualités d’arrangeur de petites “mises en scène” sous la forme de brefs dialogues introductifs entre Morton et St. Cyr et d’effets bruitistes confiés à Marty Bloom, auteur de chanson travaillant pour la compagnie d’édition Melrose qui manageait Jelly Roll. Au répertoire: Sidewalk Blues, Dead Man Blues et Steamboat Stomp.

On notera néanmoins cette critique parue à Londres en janvier 1927 dans Melody Maker : « On ne saurait nier que ces musiciens sont de merveilleux artistes. Néanmoins, nous est présentée ici une vision du blues et du jazz qui n’est pas contemporaine, mais datée de six ans. » Le critique poursuit en déplorant l’orchestration grossière et la médiocrité des effets comiques. Avec le recul, on peut y voir, comme le fit le musicologue Gunther Schuller “la fusion triomphale” de la composition et de l’improvisation.