Sylvain Kassap & Steve Swell à l’Atelier des Bourdons - Jazz Magazine
Jazz live
Publié le 8 Nov 2026 • Par Xavier Prévost

Sylvain Kassap & Steve Swell à l’Atelier des Bourdons

Fin d’après midi au n° 102 du Chemin des Bourdons pour écouter, en duo, le clarinettiste français et le tromboniste New Yorkais. La veille ils jouaient en trio (+ invité) avec Benjamin Duboc, et ce dimanche ils se retrouvaient, en duo, au n° 102 du Chemin des Bourdons à Gagny (Seine-Saint-Denis). Un petit lieu associatif, dans un garage transformé en petite salle de concert, qui propose souvent de belles rencontres en petits formats : duo, trio….

SYLVAIN KASSAP – STEVE SWELL duo

Sylvain Kassap (clarinette, clarinette basse, chalumeau)

Steve Swell (trombone, flûte à bec)

Gagny, Atelier des Bourdons, 8 novembre 2026, 17h

L’improvisation surgit d’un frémissement de la clarinette, bientôt rejointe par des effets percussifs du trombone : que la fête commence ! C’est une fête de la liberté, mais pas besoin de statue. Les lignes se croisent, se répondent, s’affrontent et se conjuguent : le cours naturel, toujours un peu magique, de la musique improvisée. Et cela se joue dans tout l’espace des tessitures, dans toutes les palettes de timbres et toutes les nuances de la dynamique : la vie même…. Des escapades en solo de la clarinette, et du trombone, et retour au dialogue, puis la clarinette basse entre dans le jeu. Fluide, mutine ou véhémente, la musique a tous les droits que lui donne sa liberté d’expression. Au détour d’une phrase de clarinette je crois entendre le souvenir de l’incipit de la Rhapsody in Blue, mais je suis sans doute victime de mes phantasmes analogiques. Sylvain Kassap fait résonner du son de sa clarinette la peau d’une énorme grosse caisse d’orchestre symphonique qui se trouve près de lui. Puis Steve Swell joue de la flûte à bec, pour un duo avec une clarinette dissociée en deux éléments jouée par une seule bouche, avant apparition du chalumeau. La musique se fond dans l’incertitude du présent avant de rebondir : magie encore, ou mystère…. Tacet des deux instrumentistes : fin d’une séquence ? la public, très concentré dans l’écoute, se retient d’applaudir, de peur d’attenter à la densité de l’instant. Et de ce silence transitoire ressurgissent clarinette et trombone. Quant vient une ébauche conclusive, comme un retour à la tonique, laquelle n’est que sous-entendue, car toute cette musique n’est pas foncièrement tonale, même hésitation du public, qui laisse filer un temps suspendu avant d’oser les applaudissements. Le concert est bel et bien terminé, et l’on se retrouve, comme d’usage en ce lieu, pour un verre convivial, un adjectif qui pourrait être le maître-mot de ce lieu sans pareil.

Xavier Prévost