Mamas Gun au New Morning
19 septembre
A force de visites régulières au New Morning – ce soir marquait la cinquième en cinq ans, depuis septembre 2022 -, les Anglais de Mamas Gun se sont créés un public aussi fidèle qu’enthousiaste, au point qu’une file d’attente se forme au stand de merch avant même le début du concert. Il faut dire que, depuis le concert précédent, la bande emmenée par Andy Platts a publié un nouvel album très réussi, « DIG ! », dont le répertoire constitue le cœur du programme de la soirée, à commencer par le titre d’ouverture, l’assez irrésistible Hardest Yards. Les excursions de Platts du côté du soft-rock avec son projet parallèle Young Gun Silver Fox n’ont pas laissé de traces : c’est bien la soul qui reste au cœur du son du groupe, dans une version pop qui doit beaucoup à cette spécialité britannique qu’est la northern soul, mais sans céder aux clichés du genre – le groupe n’a d’ailleurs pas recours aux cuivres, mais propose des harmonies vocales particulièrement convaincantes.
Si les titres du nouvel album, dont nombre de spectateurs semblent déjà familiers, sont bien accueillis, les classiques du groupe comme I Need A Win ou Living On Mercy réjouissent les fans. Même si l’entracte habituel au lieu – et pour le coup, particulièrement expéditif ! – vient rompre un peu la dynamique après la chanson-titre du nouveau disque, l’ensemble n’a aucun mal à redémarrer avec un London Girls qui, pour l’occasion, fait référence aux jeunes filles parisiennes. Il faut dire que la setlist est particulièrement bien construite et permet au groupe de bien mettre en valeur son répertoire et d’entraîner avec lui un public qui ne demande que ça, d’autant qu’Andy Platts ne ménage pas ses efforts pour l’impliquer. Quand arrive le final sur Golden Days, il est encore un peu tôt, et les musiciens ne se font pas prier pour revenir pour deux titres : un emprunt à Gil Scott Heron – seule reprise de la soirée – avec Lady Day And John Coltrane en guise de clin d’œil à Brian Jackson, présent sur le dernier album, et le classique This Is The Day, dont le message positif constitue la conclusion parfaite à une soirée une fois de plus très réussie. Il serait temps que Mamas Gun ait l’occasion de tourner plus largement sur les scènes françaises…
Frédéric Adrian