Biréli Lagrène enchante Gaveau

08 May 2022 #

Samedi 7 mai, Biréli Lagrène se produisait, en solo, sur les planches de la prestigieuse salle parisienne. Un concert éblouissant qui prouve une fois encore combien le guitariste a de trésors dans les oreilles.

Ça n’arrive pas à chaque concert qu’on voit, mais parfois on a du mal à trouver les mots pour expliquer ce qu’on a entendu. Comment voulez vous rendre compte d’une musique où chaque morceau est un monde en soi et chaque accord une porte ouverte vers l’inouï ?

Ce soir Biréli n’avait rien préparé, comme à chaque fois qu’il se produit dans le plus simple apparat. On a retrouvé quelques fragments des morceaux du superbe “Solo Suites”, qui vient de sortir sur le label PeeWee! (c’est un Choc Jazzmag), mais pour l’essentiel il s’est laissé porter par son imagination et sa fantaisie. Quelques secondes de réflexion et le voilà qui déroule une mélodie aérienne, touché exquis, accompagnée d’accords oniriques (mon Dieu ces accords !), avec la même assurance que s’il lisait une partition.

Une invention à la Bach se transforme en morceau de bravoure country puis en blues, quelques échos de standards et citations facétieuses. Il y a de la vulnérabilité (Biréli nous avoue qu’il est un peu nerveux au début du concert) mais surtout beaucoup d’humour, et des instants de magie qu’il multiplie à volonté. Quelques effets, par touches presque subliminales, une guitare acoustique et une électrique : il n’a presque rien sur lui et nous donne tout un monde.

Plus tard, il ira chercher la basse électrique cachée derrière l’ampli, expliquera timidement qu’il ne voulait pas venir à Paris sans elle, et se lancera dans une improvisation renversante où s’invite bientôt (on devine que c’était trop tentant), un Donna Lee vertigineux qui, avec son style à la Jaco, fait immanquablement penser à la version sidérante qu’en avait enregistré pour son premier album le « meilleur bassiste du monde », comme Pastorius aimait à se présenter.

Une chanson avec sa fille Zoé et quelques rappels chaleureusement réclamés plus tard, on se rend compte que “Solo Suites” n’a levé qu’un petit bout de voile sur son imagination illimitée, et qu’il aurait presque pu enregistrer ce concert pour en sortir bientôt un deuxième volume tout aussi renversant. Une soirée qu’on n’oubliera pas et qui, on l’espère très fort, en appelle beaucoup d’autre. Longue vie à Biréli ! Yazid Kouloughli

Brève de jazz

Adieu à Daniel Farhi

Nous venons d'apprendre la disparition de Daniel Farhi. Cofondateur avec son frère Alain du premier New Morning, à Genève en 1976 avant d’être transplanté à Paris, cet infatigable passionné, à qui l’on doit l’une des plus belles aventures du jazz, est décédé vendredi à l’âge de 77 ans.

Chick Corea s’en est allé

C’est avec une grande tristesse que nous venons d'apprendre la disparition du légendaire pianiste Chick Corea, à l'âge de 79 ans. Sideman inoubliable, leader à nul autre pareil, il n'avait jamais cessé de partager les musiques auxquelles il avait dédié sa vie.

Dispositif Jazz Migration

Musicien.ne.s, vous avez jusqu'au 15 janvier 2021 pour proposer votre candidature au dispositif Jazz Migration et bénéficier d'un accompagnement artistique et professionnel ainsi que d'une tournée en France et en Europe. https://jazzmigration.com/postuler/

EN KIOSQUE

20220501 - N° 748 - 100 pages

De Herbie Hancock à Roy Ayers en passant par George Duke, Stanley Clarke, Patrice Rushen et Billy Cobham mais aussi...