JAZZ SUR LE VIF : Gary Brunton trio, Joachim Kühn solo

19 Sep 2022 #Concerts

Reprise de la saison ‘Jazz sur le Vif’ à la Maison de la Radio (et de la Musique) avec un trio très attendu après deux CD, ‘Night Bus’ ; et un concert en solo de Joachim Kühn : un événement non moins attendu

GARY BRUNTON  «Night Bus»

Bojan Z (piano), Gary Brunton (contrebasse), Simon Goubert (batterie)

Paris, Maison de la Radio, studio 104, 17 septembre 2022, 19h30

Le trio Night Bus pendant la balance

Le trio s’est bâti sur la rencontre, à la fin des années 80 au CIM, l’école de jazz de Paris, entre le pianiste venu de Yougoslavie et le contrebassiste britannique. Ils avaient l’un et l’autre une grande admiration pour le batteur, compagnon de route du trio de Michel Graillier, un groupe qui se produisait souvent au CIM. Et ce n’est pas un hasard si le concert commence par une ballade à la mémoire de Mickey. Les thèmes, composés par Gary Brunton, parcourent tout le spectre du jazz. Ici une construction anguleuse, en plein vertige bebop. Là un ballade, entre Mingus et Strayhorn, qui s’embarque vers une sorte de soul jazz. Une intro en solo de Simon Goubert nous entraîne vers un océan de polyrythmie, entre éclats et nuances infinies. Dans un solo, Bojan Z fait dialoguer mains droite et gauche avant de les confondre dans un unisson funambule. Et Gary Brunton mène la danse, ferme sur les lignes de basse, et lyrique quand il le faut. Britannité oblige : le contrebassiste a choisi d’aborder également le répertoire de David Bowie, d’abord en solo, puis en trio. Beau concert, et rappel chaleureux d’un public très enthousiaste à qui sera offert une sorte de ballade folky qui bientôt va s’enflammer en bouquet final

Le concert du trio Night Bus sera diffusé sur France Musique, à une date pas encore annoncée

JOACHIM KÜHN solo

Joachim Kühn, piano

Paris, Maison de la Radio, studio 104, 17 septembre 2022, 21h

Joachim Kühn pendant la balance, vers 17h

Le pianiste s’était fait plutôt rare à Paris ces dernières années. Si ma mémoire est bonne (ou plutôt si mes archives sont fiables….), Joachim Kühn n’était pas venu au studio 104 depuis le 20 décembre 2003, où il avait joué en trio avec Jean-Paul Celea et Wolfgang Reisinger.

Face au clavier, Joachim Kühn alterne des caresses mélodiques et des emballements dignes d’une sorte d’allegro barbaro. Souvent une ligne de main gauche, assez constante, sera le tremplin d’échappées de plus en plus vertigineuses. Il effleure le répertoire de son récent disque «Touch The Light» (ACT Music), nous offrant au passage une version recueillie du très beau Warm Canto de Mal Waldron. Et puis le voilà parti vers une sorte de joute de lignes et de rythmes entre les deux mains, pour construire une espèce de labyrinthe d’où surgira une sorte d’évidence ; c’est comme un sortilège. Le pianiste nous offrira aussi deux compositions d’Ornette Coleman, avec lequel il a joué et enregistré dans les années 90, et un thème des Doors. C’est une libre déambulation musicale qui fait de l‘auditoire son captif. Rappelé à deux reprises, il nous offrira notamment une version de Stardust entre tradition et infinie liberté. Public conquis, chroniqueur inclus.

Le concert de Joachim Kühn sera diffusé sur France Musique le samedi 24 septembre à 19h dans le Jazz Club d’Yvan Amar

Les vidéos des deux parties du concert seront mises en ligne sur le site de Radio France au mois de Novembre

Le chroniqueur s’est extrait de son fauteuil dès la fin de l’ultime rappel, pour courir au Métro Ranelagh et attraper le dernier RER ‘E’, qui naguère partait de Saint Lazare vers une heure du matin. Aujourd’hui, bien que l’on soit samedi, le dernier part à 22h58…. Calvaire des mélomanes jazzophiles à peine noctambules ! Il est 22h54, j’éviterai l’habituelle galère des métros + attente + bus + marche à pied. Ouf !

Xavier Prévost 

Brève de jazz

Disparition de Giuseppe Pino.

C’est avec une tristesse infinie que nous avons appris cette nuit la disparition de notre ami et collaborateur historique de Jazz Magazine Giuseppe Pino. Il a immortalisé les plus grands noms du jazz, ses photos ont illustré d'innombrables couverture de Jazz Magazine et de pochettes de disques.

Adieu à Daniel Farhi

Nous venons d'apprendre la disparition de Daniel Farhi. Cofondateur avec son frère Alain du premier New Morning, à Genève en 1976 avant d’être transplanté à Paris, cet infatigable passionné, à qui l’on doit l’une des plus belles aventures du jazz, est décédé vendredi à l’âge de 77 ans.

Chick Corea s’en est allé

C’est avec une grande tristesse que nous venons d'apprendre la disparition du légendaire pianiste Chick Corea, à l'âge de 79 ans. Sideman inoubliable, leader à nul autre pareil, il n'avait jamais cessé de partager les musiques auxquelles il avait dédié sa vie.

EN KIOSQUE

20221101 - N° 754 - 84 pages

Un piano, une contrebasse, une batterie : c’est la formule magique qui unit depuis des décennies les meilleurs solistes de...