One Of These Nights d’Eagles : retour en 1975
Eagles en 1975. Photo : Ken Regan
Le succès extraordinaire du quatrième album d’Eagles fit entrer le groupe de Glenn Frey, Bernie Leadon, Don Felder, Randy Meisner et Don Henley dans une autre dimension. Visite guidée de la “Deluxe Edition” qui vient de paraître.
Par Julien Ferté
The Long Goodbye, Act III : c’est ainsi que se nomme la tournée actuelle d’Eagles aux États-Unis, celle d’un groupe aujourd’hui composé de Don Henley, Joe Walsh, Timothy B. Schmit, Vince Gill et Deacon Frey et qui, comme Fleetwood Mac ou Journey est devenu une vénérable institution, une icône de la culture populaire, au-delà même de la musique. Seule différence avec les années 1970 et 1980, décennies de leurs suprématie artistique et commerciale : Eagles ne règne désormais que par la grâce du live. Sortiraient-ils aujourd’hui un chef-d’œuvre que son impact serait sans doute minime comparé à leur capacité à continuer de rassembler des foules XXL pour leurs concerts.

When Eagles could fly… Photo : Norman Seeff.
En revanche, la ressortie de leurs classic albums continue de procurer un plaisir incomparable. Ainsi, neuf ans après la “40th Anniversary Edition” d’“Hotel California”, leur “Thriller” à eux (leur plus gros succès commercial restera cependant pour toujours leur “Greatest Hits” de 1982 : plus de 40 millions d’exemplaires vendus !), c’est “One Of These Nights” qui bénéficie du traitement de faveur “‘Deluxe”.
Et l’on (re)découvre avec ravissement les huit chansons et le fameux instrumental Journey Of The Sorcerer – sorte de cadeau d’adieu de Bernie Leadon – dans un nouveau mix somptueux, à déguster sur le CD ou le blu-ray, en Atmos ou en hi-res stereo.
Et il faut bien l’avouer : cinquante ans après, “One Of These Nights” n’a absolument rien perdu de sa magnificence. “Hotel California” est aussi un chef-d’œuvre, l’album le plus populaire du groupe grâce à sa chanson-titre, mais la pureté musicale de ce quatrième opus est incomparable : songwriting on ne peut mieux ciselé (on pourrait citer toutes les chansons), qualité des arrangements (ah !, les cordes dans Journey Of The Sorcerer) et de la production (Bill Szymczyk, of course), distribution parfaite des rôles côté chant (les cinq desperados s’y collent tous au moins une fois), équilibre idéal entre rock, country et pop.
Les CD 2 et 3 contiennent un concert capté à l’Anaheim Stadium le 28 septembre 1975 et remarquablement enregistré. Parmi les guests, un certain Joe Walsh venu chanter son Rocky Mountain Way (sans sa talk box), qui n’allait pas tarder à remplacer Bernie Leadon, usé, pour ne pas dire carbonisé par le rock and roll lifestyle.
Pourvu que peu à peu les autres albums d’Eagles soient réédités avec autant de soin !
CD ou LP Eagles : “One Of These Nights Deluxe Edition” (Asylum Records / Rhino, éditions 3 CD/1 blu-ray ou 3 LP).
