Jeeanne MICHARD au 38 Riv
Jeanne MICHARD Fréquence Lab # 3
Jeanne Michard ts, électronique, Rozann Bézier tb, électronique, Cosimo Severi, kb, électronique, Guillaume Marsault dms.
38 Riv Paris 30 juillet 2026
Deuxième concert de la soirée, la petite salle est pleine d’un public assez bien étalonné: pas que des vieux, mais pas que des jeunes; pas que des touristes mais pas que des Parisiens. Jeanne Michard, avec sa sage crête bleue des mers du Sud (comme on disait pour les encres lorsque j’étais petit) prévient l’assistance: c’est du jazz, mais qui flirte avec l’électro; le niveau sonore risque d’être élevé et il y a des bouchons disponibles au bar. Chacun se bouchonne donc, pour des décibels d’ailleurs assez raisonnables, même si on sent battre les basses du synthé entre son nombril et son sternum.
Le concert est une illustration des Cartes Blanches proposées par le club à des projets de création. Une musique toute neuve dont on a a la primeure et l’expérimentation, alors même qu’elle est déjà assez aboutie.
Les deux souffleuses exposent des lignes simples et mélodieuses que l’électronique va diffracter comme des arc-en-ciel avec des timbres variés et suspendus. Le saxophone de Jeanne Michard est inventif sans frime et sans démonstration inutile. Je découvre une tromboniste, Rozann Bézier, au son rond, flatteur, juste, et justement applaudie, très acoustique sous le parapluie synthétique. Le synthé de Cosimo Séveri développe des guirlandes larges et imprévues, tandis que son clavier nous accroche par son efficacité et sa virtuosité soudaine et tranquille.
Parmi quelques signatures rythmiques assez classiques, un 5/4, compliqué d’une cabriole finale pour perdre l’auditeur de bonne volonté, et montrer qu’on est conscient de l’air du temps. Le tout porté par des thèmes qui groovent et crépitent agréablement. Pile une heure, et on s’en va, content de sa soirée!
Yvan Amar