Jazz live
Publié le 29 Jan 2015

Joëlle Léandre Tentet "Can You Hear Me" au Petit faucheux (Tours)

On peut, on doit se réjouir que Joëlle Léandre ait réussi à trouver les moyens de ce projet en grand format créé en septembre dernier au festival Musica de Strasbourg, joué hier sur notre mythique scène tourangelle, et dès ce soir à l’Arsenal de Metz. L’administrateur Thierry Bongarts (Taklit Productions) n’a pas ménagé ses efforts pour que, en dehors des scènes partenaires, Drac Centre, Spedidam, Adami, Onda et Conservatoire d’Orléans, pardonnez si j’en oublie, soient de la partie. Une petite pierre supplémentaire aura été amenée par le Département de musicologie de l’université de Tours sous la forme d’une répétition publique suivie d’une rencontre avec les musiciens, organisées la veille par votre serviteur dans le cadre des Rencontres Avant…Avec initiées avec le Petit faucheux (la dernière en date avait été consacrée fin 2014 au projet Over the Hills, avec le précieux concours de Ludovic Florin).

Joëlle Léandre Tentet « Can You Hear Me »

Petit faucheux, Tours, mardi 28 janvier

Joëlle Léandre contrebasse, composition, direction
Jean-Brice Godet clarinettes
Alexandra Grimal saxophones alto et ténor
Jean-Luc Cappozzo trompette
Christiane Bopp trombone
Théo Ceccaldi violon
Séverine Morfin alto
Valentin Ceccaldi violoncelle
Guillaume Aknine guitare électrique
Florian Satche marimba, xylophone, batterie, percussions


2015 01 28 Joëlle Léandre tentet   Rémi -0004

 

Can You Hear Me  se présente comme une « œuvre ouverte », dans la tradition des expérimentations des années 1960, largement impulsées et nourries par les tenants de ladite « Ecole américaine », de John Cage à Morton Feldman ou Earle Brown. On sait comment une certaine musique savante et beaucoup de musiciens issus du (free) jazz ont fait leur miel de tous les échanges écriture/improvisation, dans un contexte alors bouillonnant. Rompue aux techniques comme au répertoire de la musique contemporaine, Joëlle Léandre, sans jamais vouloir faire carrière d’interprète, n’en a jamais non plus vraiment quitté les rives. Sa passion, son obsession même pour le brassage entre écriture et oralité, entre texte et geste, la théâtralité, la place faite à la voix, toutes ces qualités sont intactes chez elle.

 

2015 01 28 Joëlle Léandre tentet   Rémi -0010

 

Pour avoir chroniqué (Choc dans notre n°629) un précédent enregistrement de Can You Hear Me avec des partenaires autrichiens en 2009 (Leo Records), j’ai peut-être réussi plus facilement que d’autres à isoler ou reconnaître certaines parties « composées », lesquelles n’ont pour ainsi dire pas varié, de même que l’instrumentation intacte. Le quatuor que forme la contrebassiste avec violon, alto et violoncelle demeure le pivot de cette grande fresque nourrie d’histoire personnelle et de signes d’attachement à la tradition occidentale – ainsi du très beau choral qui en occupe le centre. A l’évidence, Can You Hear Me concentre beaucoup de ce que Joëlle Léandre a déjà, ou pas encore, ou pas réussi à faire entendre autour d’elle… Son regard décalé, son enthousiasme, ses colères. Mais la chair de la musique appartient aussi aux nouvelles voix qui la nourrissent et se l’approprient au gré de configurations changeantes (du solo au tutti). Ici, la compositrice exige que tous alimentent un seul son, là que chacun(e) fasse entendre sa voix unique. La note Ré se loge un peu partout comme le plus ténu et en même temps le plus audible des fils conducteurs. Des pupitres se forment et se déforment, des complicités se nouent, en un équilibre toujours réalisé entre l’écriture et la spontanéité.  

 

2015 01 28 Joëlle Léandre tentet   Rémi -0028

 

L’affaire n’est pas close : un enregistrement réalisé à partir des concerts de Tours et Metz est annoncé sur le label Ayler Records. Une façon de répondre plus largement, on l’espère, à la question pressante, presque urgente posée par le titre de l’œuvre – à ce seul mot d’oeuvre il faut la voir se gausser, et pourtant… Avant le noir final, le chant unique de Joëlle Léandre se termine par un long tautogramme en g : « grave…gaieté…grinçante…gueule…guêpe… guerrière …. » On ne cherche pas longtemps qui se cache derrière. Vincent Cotro


Photos Rémi Angeli

 

En concert jeudi 29 janvier, 20h à l’Arsenal de Metz.

http://www.arsenal-metz.fr/fr/coproductions/can-you-hear-me_d.html

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On peut, on doit se réjouir que Joëlle Léandre ait réussi à trouver les moyens de ce projet en grand format créé en septembre dernier au festival Musica de Strasbourg, joué hier sur notre mythique scène tourangelle, et dès ce soir à l’Arsenal de Metz. L’administrateur Thierry Bongarts (Taklit Productions) n’a pas ménagé ses efforts pour que, en dehors des scènes partenaires, Drac Centre, Spedidam, Adami, Onda et Conservatoire d’Orléans, pardonnez si j’en oublie, soient de la partie. Une petite pierre supplémentaire aura été amenée par le Département de musicologie de l’université de Tours sous la forme d’une répétition publique suivie d’une rencontre avec les musiciens, organisées la veille par votre serviteur dans le cadre des Rencontres Avant…Avec initiées avec le Petit faucheux (la dernière en date avait été consacrée fin 2014 au projet Over the Hills, avec le précieux concours de Ludovic Florin).

Joëlle Léandre Tentet « Can You Hear Me »

Petit faucheux, Tours, mardi 28 janvier

Joëlle Léandre contrebasse, composition, direction
Jean-Brice Godet clarinettes
Alexandra Grimal saxophones alto et ténor
Jean-Luc Cappozzo trompette
Christiane Bopp trombone
Théo Ceccaldi violon
Séverine Morfin alto
Valentin Ceccaldi violoncelle
Guillaume Aknine guitare électrique
Florian Satche marimba, xylophone, batterie, percussions


2015 01 28 Joëlle Léandre tentet   Rémi -0004

 

Can You Hear Me  se présente comme une « œuvre ouverte », dans la tradition des expérimentations des années 1960, largement impulsées et nourries par les tenants de ladite « Ecole américaine », de John Cage à Morton Feldman ou Earle Brown. On sait comment une certaine musique savante et beaucoup de musiciens issus du (free) jazz ont fait leur miel de tous les échanges écriture/improvisation, dans un contexte alors bouillonnant. Rompue aux techniques comme au répertoire de la musique contemporaine, Joëlle Léandre, sans jamais vouloir faire carrière d’interprète, n’en a jamais non plus vraiment quitté les rives. Sa passion, son obsession même pour le brassage entre écriture et oralité, entre texte et geste, la théâtralité, la place faite à la voix, toutes ces qualités sont intactes chez elle.

 

2015 01 28 Joëlle Léandre tentet   Rémi -0010

 

Pour avoir chroniqué (Choc dans notre n°629) un précédent enregistrement de Can You Hear Me avec des partenaires autrichiens en 2009 (Leo Records), j’ai peut-être réussi plus facilement que d’autres à isoler ou reconnaître certaines parties « composées », lesquelles n’ont pour ainsi dire pas varié, de même que l’instrumentation intacte. Le quatuor que forme la contrebassiste avec violon, alto et violoncelle demeure le pivot de cette grande fresque nourrie d’histoire personnelle et de signes d’attachement à la tradition occidentale – ainsi du très beau choral qui en occupe le centre. A l’évidence, Can You Hear Me concentre beaucoup de ce que Joëlle Léandre a déjà, ou pas encore, ou pas réussi à faire entendre autour d’elle… Son regard décalé, son enthousiasme, ses colères. Mais la chair de la musique appartient aussi aux nouvelles voix qui la nourrissent et se l’approprient au gré de configurations changeantes (du solo au tutti). Ici, la compositrice exige que tous alimentent un seul son, là que chacun(e) fasse entendre sa voix unique. La note Ré se loge un peu partout comme le plus ténu et en même temps le plus audible des fils conducteurs. Des pupitres se forment et se déforment, des complicités se nouent, en un équilibre toujours réalisé entre l’écriture et la spontanéité.  

 

2015 01 28 Joëlle Léandre tentet   Rémi -0028

 

L’affaire n’est pas close : un enregistrement réalisé à partir des concerts de Tours et Metz est annoncé sur le label Ayler Records. Une façon de répondre plus largement, on l’espère, à la question pressante, presque urgente posée par le titre de l’œuvre – à ce seul mot d’oeuvre il faut la voir se gausser, et pourtant… Avant le noir final, le chant unique de Joëlle Léandre se termine par un long tautogramme en g : « grave…gaieté…grinçante…gueule…guêpe… guerrière …. » On ne cherche pas longtemps qui se cache derrière. Vincent Cotro


Photos Rémi Angeli

 

En concert jeudi 29 janvier, 20h à l’Arsenal de Metz.

http://www.arsenal-metz.fr/fr/coproductions/can-you-hear-me_d.html

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On peut, on doit se réjouir que Joëlle Léandre ait réussi à trouver les moyens de ce projet en grand format créé en septembre dernier au festival Musica de Strasbourg, joué hier sur notre mythique scène tourangelle, et dès ce soir à l’Arsenal de Metz. L’administrateur Thierry Bongarts (Taklit Productions) n’a pas ménagé ses efforts pour que, en dehors des scènes partenaires, Drac Centre, Spedidam, Adami, Onda et Conservatoire d’Orléans, pardonnez si j’en oublie, soient de la partie. Une petite pierre supplémentaire aura été amenée par le Département de musicologie de l’université de Tours sous la forme d’une répétition publique suivie d’une rencontre avec les musiciens, organisées la veille par votre serviteur dans le cadre des Rencontres Avant…Avec initiées avec le Petit faucheux (la dernière en date avait été consacrée fin 2014 au projet Over the Hills, avec le précieux concours de Ludovic Florin).

Joëlle Léandre Tentet « Can You Hear Me »

Petit faucheux, Tours, mardi 28 janvier

Joëlle Léandre contrebasse, composition, direction
Jean-Brice Godet clarinettes
Alexandra Grimal saxophones alto et ténor
Jean-Luc Cappozzo trompette
Christiane Bopp trombone
Théo Ceccaldi violon
Séverine Morfin alto
Valentin Ceccaldi violoncelle
Guillaume Aknine guitare électrique
Florian Satche marimba, xylophone, batterie, percussions


2015 01 28 Joëlle Léandre tentet   Rémi -0004

 

Can You Hear Me  se présente comme une « œuvre ouverte », dans la tradition des expérimentations des années 1960, largement impulsées et nourries par les tenants de ladite « Ecole américaine », de John Cage à Morton Feldman ou Earle Brown. On sait comment une certaine musique savante et beaucoup de musiciens issus du (free) jazz ont fait leur miel de tous les échanges écriture/improvisation, dans un contexte alors bouillonnant. Rompue aux techniques comme au répertoire de la musique contemporaine, Joëlle Léandre, sans jamais vouloir faire carrière d’interprète, n’en a jamais non plus vraiment quitté les rives. Sa passion, son obsession même pour le brassage entre écriture et oralité, entre texte et geste, la théâtralité, la place faite à la voix, toutes ces qualités sont intactes chez elle.

 

2015 01 28 Joëlle Léandre tentet   Rémi -0010

 

Pour avoir chroniqué (Choc dans notre n°629) un précédent enregistrement de Can You Hear Me avec des partenaires autrichiens en 2009 (Leo Records), j’ai peut-être réussi plus facilement que d’autres à isoler ou reconnaître certaines parties « composées », lesquelles n’ont pour ainsi dire pas varié, de même que l’instrumentation intacte. Le quatuor que forme la contrebassiste avec violon, alto et violoncelle demeure le pivot de cette grande fresque nourrie d’histoire personnelle et de signes d’attachement à la tradition occidentale – ainsi du très beau choral qui en occupe le centre. A l’évidence, Can You Hear Me concentre beaucoup de ce que Joëlle Léandre a déjà, ou pas encore, ou pas réussi à faire entendre autour d’elle… Son regard décalé, son enthousiasme, ses colères. Mais la chair de la musique appartient aussi aux nouvelles voix qui la nourrissent et se l’approprient au gré de configurations changeantes (du solo au tutti). Ici, la compositrice exige que tous alimentent un seul son, là que chacun(e) fasse entendre sa voix unique. La note Ré se loge un peu partout comme le plus ténu et en même temps le plus audible des fils conducteurs. Des pupitres se forment et se déforment, des complicités se nouent, en un équilibre toujours réalisé entre l’écriture et la spontanéité.  

 

2015 01 28 Joëlle Léandre tentet   Rémi -0028

 

L’affaire n’est pas close : un enregistrement réalisé à partir des concerts de Tours et Metz est annoncé sur le label Ayler Records. Une façon de répondre plus largement, on l’espère, à la question pressante, presque urgente posée par le titre de l’œuvre – à ce seul mot d’oeuvre il faut la voir se gausser, et pourtant… Avant le noir final, le chant unique de Joëlle Léandre se termine par un long tautogramme en g : « grave…gaieté…grinçante…gueule…guêpe… guerrière …. » On ne cherche pas longtemps qui se cache derrière. Vincent Cotro


Photos Rémi Angeli

 

En concert jeudi 29 janvier, 20h à l’Arsenal de Metz.

http://www.arsenal-metz.fr/fr/coproductions/can-you-hear-me_d.html

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On peut, on doit se réjouir que Joëlle Léandre ait réussi à trouver les moyens de ce projet en grand format créé en septembre dernier au festival Musica de Strasbourg, joué hier sur notre mythique scène tourangelle, et dès ce soir à l’Arsenal de Metz. L’administrateur Thierry Bongarts (Taklit Productions) n’a pas ménagé ses efforts pour que, en dehors des scènes partenaires, Drac Centre, Spedidam, Adami, Onda et Conservatoire d’Orléans, pardonnez si j’en oublie, soient de la partie. Une petite pierre supplémentaire aura été amenée par le Département de musicologie de l’université de Tours sous la forme d’une répétition publique suivie d’une rencontre avec les musiciens, organisées la veille par votre serviteur dans le cadre des Rencontres Avant…Avec initiées avec le Petit faucheux (la dernière en date avait été consacrée fin 2014 au projet Over the Hills, avec le précieux concours de Ludovic Florin).

Joëlle Léandre Tentet « Can You Hear Me »

Petit faucheux, Tours, mardi 28 janvier

Joëlle Léandre contrebasse, composition, direction
Jean-Brice Godet clarinettes
Alexandra Grimal saxophones alto et ténor
Jean-Luc Cappozzo trompette
Christiane Bopp trombone
Théo Ceccaldi violon
Séverine Morfin alto
Valentin Ceccaldi violoncelle
Guillaume Aknine guitare électrique
Florian Satche marimba, xylophone, batterie, percussions


2015 01 28 Joëlle Léandre tentet   Rémi -0004

 

Can You Hear Me  se présente comme une « œuvre ouverte », dans la tradition des expérimentations des années 1960, largement impulsées et nourries par les tenants de ladite « Ecole américaine », de John Cage à Morton Feldman ou Earle Brown. On sait comment une certaine musique savante et beaucoup de musiciens issus du (free) jazz ont fait leur miel de tous les échanges écriture/improvisation, dans un contexte alors bouillonnant. Rompue aux techniques comme au répertoire de la musique contemporaine, Joëlle Léandre, sans jamais vouloir faire carrière d’interprète, n’en a jamais non plus vraiment quitté les rives. Sa passion, son obsession même pour le brassage entre écriture et oralité, entre texte et geste, la théâtralité, la place faite à la voix, toutes ces qualités sont intactes chez elle.

 

2015 01 28 Joëlle Léandre tentet   Rémi -0010

 

Pour avoir chroniqué (Choc dans notre n°629) un précédent enregistrement de Can You Hear Me avec des partenaires autrichiens en 2009 (Leo Records), j’ai peut-être réussi plus facilement que d’autres à isoler ou reconnaître certaines parties « composées », lesquelles n’ont pour ainsi dire pas varié, de même que l’instrumentation intacte. Le quatuor que forme la contrebassiste avec violon, alto et violoncelle demeure le pivot de cette grande fresque nourrie d’histoire personnelle et de signes d’attachement à la tradition occidentale – ainsi du très beau choral qui en occupe le centre. A l’évidence, Can You Hear Me concentre beaucoup de ce que Joëlle Léandre a déjà, ou pas encore, ou pas réussi à faire entendre autour d’elle… Son regard décalé, son enthousiasme, ses colères. Mais la chair de la musique appartient aussi aux nouvelles voix qui la nourrissent et se l’approprient au gré de configurations changeantes (du solo au tutti). Ici, la compositrice exige que tous alimentent un seul son, là que chacun(e) fasse entendre sa voix unique. La note Ré se loge un peu partout comme le plus ténu et en même temps le plus audible des fils conducteurs. Des pupitres se forment et se déforment, des complicités se nouent, en un équilibre toujours réalisé entre l’écriture et la spontanéité.  

 

2015 01 28 Joëlle Léandre tentet   Rémi -0028

 

L’affaire n’est pas close : un enregistrement réalisé à partir des concerts de Tours et Metz est annoncé sur le label Ayler Records. Une façon de répondre plus largement, on l’espère, à la question pressante, presque urgente posée par le titre de l’œuvre – à ce seul mot d’oeuvre il faut la voir se gausser, et pourtant… Avant le noir final, le chant unique de Joëlle Léandre se termine par un long tautogramme en g : « grave…gaieté…grinçante…gueule…guêpe… guerrière …. » On ne cherche pas longtemps qui se cache derrière. Vincent Cotro


Photos Rémi Angeli

 

En concert jeudi 29 janvier, 20h à l’Arsenal de Metz.

http://www.arsenal-metz.fr/fr/coproductions/can-you-hear-me_d.html