Kyoto Jazz Massive avec Echoes Of A New Dawn Orchestra au Paris Jazz Festival
Parc Floral de Paris, 6 septembre
C’est (déjà) le dernier rendez-vous de l’année pour le Paris Jazz Festival, et le public, largement composé d’habitués, a répondu présent pour remplir le chapiteau du Parc Floral et découvrir la proposition musicale du jour. Celle-ci est particulièrement audacieuse, puisqu’il s’agit de la déclinaison « live » du projet Kyoto Jazz Massive. A l’origine, il s’agit d’un projet électro monté à Kyoto, au Japon, dans les années 1990 par deux frères DJ et producteurs, Shuya et Yoshihiro Okino, popularisé au début des années 1990 par le « taste maker » Gilles Peterson. Depuis quelques années, sous l’impulsion du DJ français Etienne Atn Dupuy, habitué des platines du New Morning, il connaît une déclinaison live avec le Echoes Of A New Dawn Orchestra, issu du collectif Echoes Of, également habitué des soirées rue des Petites Ecuries.
Après une série de dates festivalières cet été en France et dans le reste de l’Europe, l’ensemble donnait pour l’occasion son dernier concert avec le répertoire du dernier disque en date, « KJM EOANDO », sorti en 2024, dans l’attente d’un nouvel album dont l’enregistrement s’est terminé quelques semaines plus tôt. Shuya Okino, qui a fait le voyage du Japon spécialement pour l’occasion, dirige l’orchestre sur scène, présente les morceaux et assure quelques chœurs. Il est entouré par les membres du Echoes Of A New Dawn Orchestra (Carel Cleril à la basse, Jean-Baptiste Palies à la batterie, Eli Frot aux claviers, James Müller aux percussions, Kevin Le Bellec à la guitare, Roman Reidid à la trompette et les choristes Indy Eka et Agyei Osei) ainsi que par la chanteuse britannique Vanessa Freeman, figure de la scène électro londonienne depuis le milieu 1990.
Si l’instrumental d’ouverture peine à faire réagir un public probablement peu familier du groupe, l’arrivée des trois voix et les encouragements de Vanessa Freeman ne tardent pas à faire monter la température sous la chapiteau. Il y a quelques départs – moins que je ne l’aurais imaginé -, sans doute habitués à une musique moins épicée, mais la plus grande partie des spectateurs se laissent emporter par la puissance de feu de l’ensemble et se lève pour danser. Le répertoire repose essentiellement sur celui des disques les plus récents, et des titres comme Power ou Stand Up prennent leur pleine dimension dans leur déclinaison live, portés par la voix exceptionnelle de Freeman et ses inflexions gospelisantes. Mais si celle-ci est évidemment l’arme secrète du groupe, la réussite découle vraiment d’un travail d’ensemble et de la puissance du jeu collectif, chaque soliste se mettant au service du son global. Impossible cependant de ne pas souligner la qualité du travail des deux choristes Indy Eka et Agyei Osei dont les harmonies à la précision infaillible viennent apporter une dimension supplémentaire au son d’ensemble.
Sans surprise, le chapiteau leur réserve un triomphe mérité, et le rappel, devant un public intégralement conquis, est une évidence qui confirme qu’une programmation ambitieuse, à l’écart des sentiers rebattus, peut trouver son audience…
Frédéric Adrian