Olga Amelchenko : centenaire Coltrane au Bal Blomet - Jazz Magazine
Jazz live
Publié le 25 Sep 2026 • Par Xavier Prévost

Olga Amelchenko : centenaire Coltrane au Bal Blomet

C’est le premier des concerts mensuels de Jazz Magazine en ce lieu pour la nouvelle saison 2026-2027. La veille c’était le centième anniversaire de la naissance de John Coltrane, mais rituellement les concerts Jazz Magazine au Bal Blomet ont lieu le jeudi, une fois par mois : centenaire plus un jour, donc. Est-ce parce que Coltrane a commencé au sax alto, avant de devenir célèbre au ténor et au soprano, que le choix s’est porté sur Olga Amelchenko qui joue de l’alto ? En tout cas c’est une très belle idée de convier cette grande musicienne.

OLGA AMELCHENKO ‘Pour l’amour de John Coltrane’

Olga Amelchenko (saxophone alto), Paul Lay (piano), Sandro Zerafa (guitare), Étienne Renard (contrebasse), Jesús Vega (batterie)

Paris, Bal Blomet, 24 septembre2026, 20h

Le choix du répertoire est orienté vers la période Atlantic (1959-1961). Dans le premier thème les improvisations sont proches de la structure, en suivant des lignes qui collent aux accords, quitte à enrichir la grille d’accords de passage sous-entendus. On y entend aussi l’écho de Night In Tunisia , source structurelle et harmonique du propos. Puis ce sera Syeeda’s Song Flute , avant une séquence en trio sax-basse-batterie, en hommage à Elvin Jones : intro du batteur aux mailloches, jeu de timbres ronds sur toutes les peaux, avant l’entrée de ses partenaires, et une montée en effervescence avec le choc des baguettes sur tempo plus que vif. Rejoint par la guitare, le trio se fait quartette pour Satellite . Puis le quintette se reconstitue. À mesure que le temps passe, tout le groupe (et spécialement la saxophoniste) évolue d’une expressivité maîtrisée à une hyper-expressivité libérée. Et, comme la saxophoniste, Paul Lay et Sandro Zerafa nous ont embarqués par leurs improvisations jusqu’au vertige. Autrement dit, et au-delà de l’hommage circonstanciel, un très beau moment de musique, d’une belle intensité, salué comme il se doit par le très nombreux public ; et le chroniqueur a lui aussi manifesté bruyamment son enthousiasme.

Xavier Prévost (texte et photos)