Jazz live
Publié le 23 Nov 2014

Pas de solitude pour le Melquíadès 4tet : Julien Lourau est l'invité

Melquíadès, c’est le prophète gitan qui hante les pages du roman célébrissime de García Marquez, Cent ans de solitude. C’est aussi le nom d’un quartette formé de jeunes musiciens membres du Collectif Koa (Montpellier) dont l’album “Koa Roi” avait été ciblé “révélation !” dans notre magazine. Ce groupe s’est produit au château d’Eymet avec Julien Lourau en invité. Une programmation due à  Laurent Pasquon et à son équipe de Maquiz’Art, qui se démènent comme de beaux diables pour faire de leur ‘Off’ un festival (automno-hivernal) incontournable de la scène jazzistique française contemporaine.

 

 

Melquíadès 4tet & Julien Lourau

Samedi 22 novembre 2014, Le Château, Eymet (24-Dordogne)

Julien Lourau, Matthieu Chédeville (ts, ss), Matia Levrero (g), Alfred Vilayleck (b), Julien Grégoire (dm) .

De l’avis presque général, le second set fut “meilleur” que le premier : plus emporté, plus capteur d’adhésion, plus libéré en un mot qui vaut surtout pour les musiciens. D’un avis plus particulier, le premier set préparait le second, ou plutôt préparait un public chaleureux et toujours prêt à s’enthousiasmer à un voyage sonore multidirectionnel, balançant entre Est européen et Ouest sud-américain avec un passage inévitable par l’Orient. N’oublions pas l’essentiel : tout est ici repensé et si les emprunts ne manquent pas – l’ami Hans (Kuijper) a tout de suite identifié Conference of the Birds –, tout se déroule dans un tourbillon d’où les musiciens s’entendent pour faire remonter une espèce de magma sophistiqué. Détente/tension, retour au calme/déchaînement percussif sous contrôle,  pas question de s’installer. Entrons un peu dans détail. Pour commencer, un thème  arabisant mais avec une pulsation funk vous mettait dans le bain avec une lutte ténor versus guitare (ou l’inverse) menée par Matthieu Chédeville et Matia Levrero. Ce guitariste a l’âme sud, c’est lui qui a composé l’essentiel du répertoire joué, à l’exception d’un thème écrit par Julien Lourau, Orient, qui a d’ailleurs enchaîné sur La Danse des guerriers d’un certain Ivan Papazoff (de ce patronyme je ne connais que le peintre surréalisant bulgare). Le thème suivant, Mappamundi, a rappelé à quelques parcoureurs de monde la chacarera nord-argentine avant que Mister Tcha ne rende un hommage blakanique à un ami du compositeur, Tcha Linberger, un authentique gitan belge qui joue de la musique authentiquement manouche (non jazzifiée). Le duo avec Mathieu Chédeville unplugged fut très apprécié. Et Julien Lourau ? me demanderez-vous, puisqu’il était LE musicien connu de la soirée. Plutôt en retrait dans cette première partie, il se montra beaucoup plus “dedans” par la suite. Laquelle commença par une introduction assez free à un thème carpathien, Nosferatu, ceci explique peut-être cela… avant de prendre des allures stevecolemanienne avec des riffs rythmiques en saccade joués en duo de sopranos. Pas étonnant : ces jeunes gens on suivi des master-classes du maître ès-rythmes complexes (mais pas que), l’ont invité à Montpellier dans le cadre du Collectif Koa. Julien Grégoire en fit la démonstration moins dans un ou deux solos assez spectaculaires que dans une pulsation fournie, appuyée de temps à autre par Julien Lourau sur les clés de son ténor. On en dira autant d’Alfred Vilayleck, infatigablement carré tout en sachant rester mélodieux. Musique enrichie de multitudes écoutes et de multitudes expériences intra et extra muros, Melquíadès délivre une énergie communicative. Le quartette et leur invité impeccable dans un contexte dont il est fatalement moins familier que ses comparses habitués à jouer ensemble viennent d’enregistrer un album. On espère – et les musiciens aussi naturellement – qu’il pourra restituer toute la ferveur qu’ils savent susciter en live. FRS

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Melquíadès, c’est le prophète gitan qui hante les pages du roman célébrissime de García Marquez, Cent ans de solitude. C’est aussi le nom d’un quartette formé de jeunes musiciens membres du Collectif Koa (Montpellier) dont l’album “Koa Roi” avait été ciblé “révélation !” dans notre magazine. Ce groupe s’est produit au château d’Eymet avec Julien Lourau en invité. Une programmation due à  Laurent Pasquon et à son équipe de Maquiz’Art, qui se démènent comme de beaux diables pour faire de leur ‘Off’ un festival (automno-hivernal) incontournable de la scène jazzistique française contemporaine.

 

 

Melquíadès 4tet & Julien Lourau

Samedi 22 novembre 2014, Le Château, Eymet (24-Dordogne)

Julien Lourau, Matthieu Chédeville (ts, ss), Matia Levrero (g), Alfred Vilayleck (b), Julien Grégoire (dm) .

De l’avis presque général, le second set fut “meilleur” que le premier : plus emporté, plus capteur d’adhésion, plus libéré en un mot qui vaut surtout pour les musiciens. D’un avis plus particulier, le premier set préparait le second, ou plutôt préparait un public chaleureux et toujours prêt à s’enthousiasmer à un voyage sonore multidirectionnel, balançant entre Est européen et Ouest sud-américain avec un passage inévitable par l’Orient. N’oublions pas l’essentiel : tout est ici repensé et si les emprunts ne manquent pas – l’ami Hans (Kuijper) a tout de suite identifié Conference of the Birds –, tout se déroule dans un tourbillon d’où les musiciens s’entendent pour faire remonter une espèce de magma sophistiqué. Détente/tension, retour au calme/déchaînement percussif sous contrôle,  pas question de s’installer. Entrons un peu dans détail. Pour commencer, un thème  arabisant mais avec une pulsation funk vous mettait dans le bain avec une lutte ténor versus guitare (ou l’inverse) menée par Matthieu Chédeville et Matia Levrero. Ce guitariste a l’âme sud, c’est lui qui a composé l’essentiel du répertoire joué, à l’exception d’un thème écrit par Julien Lourau, Orient, qui a d’ailleurs enchaîné sur La Danse des guerriers d’un certain Ivan Papazoff (de ce patronyme je ne connais que le peintre surréalisant bulgare). Le thème suivant, Mappamundi, a rappelé à quelques parcoureurs de monde la chacarera nord-argentine avant que Mister Tcha ne rende un hommage blakanique à un ami du compositeur, Tcha Linberger, un authentique gitan belge qui joue de la musique authentiquement manouche (non jazzifiée). Le duo avec Mathieu Chédeville unplugged fut très apprécié. Et Julien Lourau ? me demanderez-vous, puisqu’il était LE musicien connu de la soirée. Plutôt en retrait dans cette première partie, il se montra beaucoup plus “dedans” par la suite. Laquelle commença par une introduction assez free à un thème carpathien, Nosferatu, ceci explique peut-être cela… avant de prendre des allures stevecolemanienne avec des riffs rythmiques en saccade joués en duo de sopranos. Pas étonnant : ces jeunes gens on suivi des master-classes du maître ès-rythmes complexes (mais pas que), l’ont invité à Montpellier dans le cadre du Collectif Koa. Julien Grégoire en fit la démonstration moins dans un ou deux solos assez spectaculaires que dans une pulsation fournie, appuyée de temps à autre par Julien Lourau sur les clés de son ténor. On en dira autant d’Alfred Vilayleck, infatigablement carré tout en sachant rester mélodieux. Musique enrichie de multitudes écoutes et de multitudes expériences intra et extra muros, Melquíadès délivre une énergie communicative. Le quartette et leur invité impeccable dans un contexte dont il est fatalement moins familier que ses comparses habitués à jouer ensemble viennent d’enregistrer un album. On espère – et les musiciens aussi naturellement – qu’il pourra restituer toute la ferveur qu’ils savent susciter en live. FRS

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Melquíadès, c’est le prophète gitan qui hante les pages du roman célébrissime de García Marquez, Cent ans de solitude. C’est aussi le nom d’un quartette formé de jeunes musiciens membres du Collectif Koa (Montpellier) dont l’album “Koa Roi” avait été ciblé “révélation !” dans notre magazine. Ce groupe s’est produit au château d’Eymet avec Julien Lourau en invité. Une programmation due à  Laurent Pasquon et à son équipe de Maquiz’Art, qui se démènent comme de beaux diables pour faire de leur ‘Off’ un festival (automno-hivernal) incontournable de la scène jazzistique française contemporaine.

 

 

Melquíadès 4tet & Julien Lourau

Samedi 22 novembre 2014, Le Château, Eymet (24-Dordogne)

Julien Lourau, Matthieu Chédeville (ts, ss), Matia Levrero (g), Alfred Vilayleck (b), Julien Grégoire (dm) .

De l’avis presque général, le second set fut “meilleur” que le premier : plus emporté, plus capteur d’adhésion, plus libéré en un mot qui vaut surtout pour les musiciens. D’un avis plus particulier, le premier set préparait le second, ou plutôt préparait un public chaleureux et toujours prêt à s’enthousiasmer à un voyage sonore multidirectionnel, balançant entre Est européen et Ouest sud-américain avec un passage inévitable par l’Orient. N’oublions pas l’essentiel : tout est ici repensé et si les emprunts ne manquent pas – l’ami Hans (Kuijper) a tout de suite identifié Conference of the Birds –, tout se déroule dans un tourbillon d’où les musiciens s’entendent pour faire remonter une espèce de magma sophistiqué. Détente/tension, retour au calme/déchaînement percussif sous contrôle,  pas question de s’installer. Entrons un peu dans détail. Pour commencer, un thème  arabisant mais avec une pulsation funk vous mettait dans le bain avec une lutte ténor versus guitare (ou l’inverse) menée par Matthieu Chédeville et Matia Levrero. Ce guitariste a l’âme sud, c’est lui qui a composé l’essentiel du répertoire joué, à l’exception d’un thème écrit par Julien Lourau, Orient, qui a d’ailleurs enchaîné sur La Danse des guerriers d’un certain Ivan Papazoff (de ce patronyme je ne connais que le peintre surréalisant bulgare). Le thème suivant, Mappamundi, a rappelé à quelques parcoureurs de monde la chacarera nord-argentine avant que Mister Tcha ne rende un hommage blakanique à un ami du compositeur, Tcha Linberger, un authentique gitan belge qui joue de la musique authentiquement manouche (non jazzifiée). Le duo avec Mathieu Chédeville unplugged fut très apprécié. Et Julien Lourau ? me demanderez-vous, puisqu’il était LE musicien connu de la soirée. Plutôt en retrait dans cette première partie, il se montra beaucoup plus “dedans” par la suite. Laquelle commença par une introduction assez free à un thème carpathien, Nosferatu, ceci explique peut-être cela… avant de prendre des allures stevecolemanienne avec des riffs rythmiques en saccade joués en duo de sopranos. Pas étonnant : ces jeunes gens on suivi des master-classes du maître ès-rythmes complexes (mais pas que), l’ont invité à Montpellier dans le cadre du Collectif Koa. Julien Grégoire en fit la démonstration moins dans un ou deux solos assez spectaculaires que dans une pulsation fournie, appuyée de temps à autre par Julien Lourau sur les clés de son ténor. On en dira autant d’Alfred Vilayleck, infatigablement carré tout en sachant rester mélodieux. Musique enrichie de multitudes écoutes et de multitudes expériences intra et extra muros, Melquíadès délivre une énergie communicative. Le quartette et leur invité impeccable dans un contexte dont il est fatalement moins familier que ses comparses habitués à jouer ensemble viennent d’enregistrer un album. On espère – et les musiciens aussi naturellement – qu’il pourra restituer toute la ferveur qu’ils savent susciter en live. FRS

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Melquíadès, c’est le prophète gitan qui hante les pages du roman célébrissime de García Marquez, Cent ans de solitude. C’est aussi le nom d’un quartette formé de jeunes musiciens membres du Collectif Koa (Montpellier) dont l’album “Koa Roi” avait été ciblé “révélation !” dans notre magazine. Ce groupe s’est produit au château d’Eymet avec Julien Lourau en invité. Une programmation due à  Laurent Pasquon et à son équipe de Maquiz’Art, qui se démènent comme de beaux diables pour faire de leur ‘Off’ un festival (automno-hivernal) incontournable de la scène jazzistique française contemporaine.

 

 

Melquíadès 4tet & Julien Lourau

Samedi 22 novembre 2014, Le Château, Eymet (24-Dordogne)

Julien Lourau, Matthieu Chédeville (ts, ss), Matia Levrero (g), Alfred Vilayleck (b), Julien Grégoire (dm) .

De l’avis presque général, le second set fut “meilleur” que le premier : plus emporté, plus capteur d’adhésion, plus libéré en un mot qui vaut surtout pour les musiciens. D’un avis plus particulier, le premier set préparait le second, ou plutôt préparait un public chaleureux et toujours prêt à s’enthousiasmer à un voyage sonore multidirectionnel, balançant entre Est européen et Ouest sud-américain avec un passage inévitable par l’Orient. N’oublions pas l’essentiel : tout est ici repensé et si les emprunts ne manquent pas – l’ami Hans (Kuijper) a tout de suite identifié Conference of the Birds –, tout se déroule dans un tourbillon d’où les musiciens s’entendent pour faire remonter une espèce de magma sophistiqué. Détente/tension, retour au calme/déchaînement percussif sous contrôle,  pas question de s’installer. Entrons un peu dans détail. Pour commencer, un thème  arabisant mais avec une pulsation funk vous mettait dans le bain avec une lutte ténor versus guitare (ou l’inverse) menée par Matthieu Chédeville et Matia Levrero. Ce guitariste a l’âme sud, c’est lui qui a composé l’essentiel du répertoire joué, à l’exception d’un thème écrit par Julien Lourau, Orient, qui a d’ailleurs enchaîné sur La Danse des guerriers d’un certain Ivan Papazoff (de ce patronyme je ne connais que le peintre surréalisant bulgare). Le thème suivant, Mappamundi, a rappelé à quelques parcoureurs de monde la chacarera nord-argentine avant que Mister Tcha ne rende un hommage blakanique à un ami du compositeur, Tcha Linberger, un authentique gitan belge qui joue de la musique authentiquement manouche (non jazzifiée). Le duo avec Mathieu Chédeville unplugged fut très apprécié. Et Julien Lourau ? me demanderez-vous, puisqu’il était LE musicien connu de la soirée. Plutôt en retrait dans cette première partie, il se montra beaucoup plus “dedans” par la suite. Laquelle commença par une introduction assez free à un thème carpathien, Nosferatu, ceci explique peut-être cela… avant de prendre des allures stevecolemanienne avec des riffs rythmiques en saccade joués en duo de sopranos. Pas étonnant : ces jeunes gens on suivi des master-classes du maître ès-rythmes complexes (mais pas que), l’ont invité à Montpellier dans le cadre du Collectif Koa. Julien Grégoire en fit la démonstration moins dans un ou deux solos assez spectaculaires que dans une pulsation fournie, appuyée de temps à autre par Julien Lourau sur les clés de son ténor. On en dira autant d’Alfred Vilayleck, infatigablement carré tout en sachant rester mélodieux. Musique enrichie de multitudes écoutes et de multitudes expériences intra et extra muros, Melquíadès délivre une énergie communicative. Le quartette et leur invité impeccable dans un contexte dont il est fatalement moins familier que ses comparses habitués à jouer ensemble viennent d’enregistrer un album. On espère – et les musiciens aussi naturellement – qu’il pourra restituer toute la ferveur qu’ils savent susciter en live. FRS