Jazz live
Publié le 4 Fév 2015

Stéphane Payen chez les Trois Frères

Le 2 février dernier, le saxophoniste Stéphane Payen dialoguait avec Guillaume Orti puis faisait entendre son Workshop. Jazzmag y était.

 Les Trois Frères, Paris (75), le 2 février 2015.

 

Guillaume Orti, Stéphane Payen (saxes) + Magic Malik (flûtes, percussions, voix), Frédéric Bargeon-Briet (contrebasse), Khari B (voix).

 

The Workshop : Olivier Laisney (trompette), Stéphane Payen (sax alto), Guillaume Ruelland (basse) et Vincent Sauve (batterie).

 

J’arrive à la bourre. Guillaume Orti et Stéphane Payen terminent une partition pénétrante comme un soc. Probablement abordent-ils la seconde partie de ce set ouverte à leurs invités de The Bridge#7 qui après deux premiers concerts donnés la veille à la Cité universitaire dans le cadre de Sons d’hiver s’apprêtent à quitter Paris pour une tournée de sept dates dont l’émission A l’improviste rendra compte le 7 sur France Musique. Invités impromptus (et non annoncés), donc improvisation ouverte, totale, qu’inaugurent les deux saxes (alto surement pour Payen, soprano probablement pour Orti… je ne sais plus) qui se cherchent l’un l’autre au travers de folles polyphonies aux effets de mobiles, l’un en orbite de l’autre et réciproquement, solidairement en révolution autour d’arithmétiques indécises qui se dissolvent et dont il se dépouillent dans une espèce d’oubli, Orti oubliant jusqu’à la mécanique d’Adolphe Sax pour revenir à la trompe, à l’invocation-imprécation vocale, reprise au loin par Magic Malik qui est apparu, tambourinant sur la batterie présente des équations hésitantes et fauves rejointes par les amples glissandos de Frédéric Fargeon-Briet puis par un bref prêche de Khari B. Jusqu’à une lente recomposition autour de nouvelles polyphonies, nouveaux mobiles, nouveaux hoquets, jusqu’à l’apaisement d’un point d’orgue final comme un évidence.

 

Entracte, Blaise Merlin me rappelle me raconte l’histoire de ce restaurant kabyle dont l’arrière-salle, courette aveugle entre quatre murs d’immeuble, est devenu une petite salle de concert insonorisée, et où Merlin déplaça ses activités de programmateurs après avoir laissé d’autres faire l’affiche de l’Olympic Café aujourd’hui fermé à trois numéros dans la rue Léon. Et de refaire l’histoire récente du jazz dans le quartier, passée par le squat d’artistes des Falaises et le Studio des Ilettes au sud de la Goutte d’or où l’on Sunny Murray fut en résidence et dont une génération du CSNM (Daniel Zimmermann, Jean-Philippe Morel, Mathieu Donarier, Olivier Py, etc.) fit sa base autour de l’éphémère Zigh Band. On n’aura rien dit d’une autre initiative du quartier, au Nord de la Butte Montmartre, le Bab-Ilo, car déjà la musique reprend…

 

The Workshop , group-atelier né en 2011, en résidence au Chat noir à partir de 2012 et désormais une fois par mois chez Les Trois Frères. Guillaume Ruelland et Vincent Sauve d’une stupéfiante décontraction, mélange de douceur et de fermeté, une espèce de chaos rythmique legato, organisé autour de grooves multiples s’imbriquant l’un dans l’autre comme autant de roues d’un immense engrenages aux logiques tantôt sous-entendues, tantôt clairement énoncées par une pédale de clave en guise de pied de charleston. On ne sait trop comment, les deux vents articulent leurs partitions aux multiples tiroirs avec l’improvisation qui les provoque, en suscitant d’autres qui semblent s’écrire dans l’instant et dont les unissons hésitants composent de nouvelles polyphonies. A suivre le 28 mars à Radio France où il sera l’invité des concerts d’Arnaud Merlin. Quant à ceux qui aimerait entendre ce formidable batteur qu’est Vincent Sauve, ils le retrouveront au Sunset le 12 février au sein du quartette The Khu , né lors d’un stage du Nimbus Orchestra avec Steve Coleman. Franck Bergerot

|

Le 2 février dernier, le saxophoniste Stéphane Payen dialoguait avec Guillaume Orti puis faisait entendre son Workshop. Jazzmag y était.

 Les Trois Frères, Paris (75), le 2 février 2015.

 

Guillaume Orti, Stéphane Payen (saxes) + Magic Malik (flûtes, percussions, voix), Frédéric Bargeon-Briet (contrebasse), Khari B (voix).

 

The Workshop : Olivier Laisney (trompette), Stéphane Payen (sax alto), Guillaume Ruelland (basse) et Vincent Sauve (batterie).

 

J’arrive à la bourre. Guillaume Orti et Stéphane Payen terminent une partition pénétrante comme un soc. Probablement abordent-ils la seconde partie de ce set ouverte à leurs invités de The Bridge#7 qui après deux premiers concerts donnés la veille à la Cité universitaire dans le cadre de Sons d’hiver s’apprêtent à quitter Paris pour une tournée de sept dates dont l’émission A l’improviste rendra compte le 7 sur France Musique. Invités impromptus (et non annoncés), donc improvisation ouverte, totale, qu’inaugurent les deux saxes (alto surement pour Payen, soprano probablement pour Orti… je ne sais plus) qui se cherchent l’un l’autre au travers de folles polyphonies aux effets de mobiles, l’un en orbite de l’autre et réciproquement, solidairement en révolution autour d’arithmétiques indécises qui se dissolvent et dont il se dépouillent dans une espèce d’oubli, Orti oubliant jusqu’à la mécanique d’Adolphe Sax pour revenir à la trompe, à l’invocation-imprécation vocale, reprise au loin par Magic Malik qui est apparu, tambourinant sur la batterie présente des équations hésitantes et fauves rejointes par les amples glissandos de Frédéric Fargeon-Briet puis par un bref prêche de Khari B. Jusqu’à une lente recomposition autour de nouvelles polyphonies, nouveaux mobiles, nouveaux hoquets, jusqu’à l’apaisement d’un point d’orgue final comme un évidence.

 

Entracte, Blaise Merlin me rappelle me raconte l’histoire de ce restaurant kabyle dont l’arrière-salle, courette aveugle entre quatre murs d’immeuble, est devenu une petite salle de concert insonorisée, et où Merlin déplaça ses activités de programmateurs après avoir laissé d’autres faire l’affiche de l’Olympic Café aujourd’hui fermé à trois numéros dans la rue Léon. Et de refaire l’histoire récente du jazz dans le quartier, passée par le squat d’artistes des Falaises et le Studio des Ilettes au sud de la Goutte d’or où l’on Sunny Murray fut en résidence et dont une génération du CSNM (Daniel Zimmermann, Jean-Philippe Morel, Mathieu Donarier, Olivier Py, etc.) fit sa base autour de l’éphémère Zigh Band. On n’aura rien dit d’une autre initiative du quartier, au Nord de la Butte Montmartre, le Bab-Ilo, car déjà la musique reprend…

 

The Workshop , group-atelier né en 2011, en résidence au Chat noir à partir de 2012 et désormais une fois par mois chez Les Trois Frères. Guillaume Ruelland et Vincent Sauve d’une stupéfiante décontraction, mélange de douceur et de fermeté, une espèce de chaos rythmique legato, organisé autour de grooves multiples s’imbriquant l’un dans l’autre comme autant de roues d’un immense engrenages aux logiques tantôt sous-entendues, tantôt clairement énoncées par une pédale de clave en guise de pied de charleston. On ne sait trop comment, les deux vents articulent leurs partitions aux multiples tiroirs avec l’improvisation qui les provoque, en suscitant d’autres qui semblent s’écrire dans l’instant et dont les unissons hésitants composent de nouvelles polyphonies. A suivre le 28 mars à Radio France où il sera l’invité des concerts d’Arnaud Merlin. Quant à ceux qui aimerait entendre ce formidable batteur qu’est Vincent Sauve, ils le retrouveront au Sunset le 12 février au sein du quartette The Khu , né lors d’un stage du Nimbus Orchestra avec Steve Coleman. Franck Bergerot

|

Le 2 février dernier, le saxophoniste Stéphane Payen dialoguait avec Guillaume Orti puis faisait entendre son Workshop. Jazzmag y était.

 Les Trois Frères, Paris (75), le 2 février 2015.

 

Guillaume Orti, Stéphane Payen (saxes) + Magic Malik (flûtes, percussions, voix), Frédéric Bargeon-Briet (contrebasse), Khari B (voix).

 

The Workshop : Olivier Laisney (trompette), Stéphane Payen (sax alto), Guillaume Ruelland (basse) et Vincent Sauve (batterie).

 

J’arrive à la bourre. Guillaume Orti et Stéphane Payen terminent une partition pénétrante comme un soc. Probablement abordent-ils la seconde partie de ce set ouverte à leurs invités de The Bridge#7 qui après deux premiers concerts donnés la veille à la Cité universitaire dans le cadre de Sons d’hiver s’apprêtent à quitter Paris pour une tournée de sept dates dont l’émission A l’improviste rendra compte le 7 sur France Musique. Invités impromptus (et non annoncés), donc improvisation ouverte, totale, qu’inaugurent les deux saxes (alto surement pour Payen, soprano probablement pour Orti… je ne sais plus) qui se cherchent l’un l’autre au travers de folles polyphonies aux effets de mobiles, l’un en orbite de l’autre et réciproquement, solidairement en révolution autour d’arithmétiques indécises qui se dissolvent et dont il se dépouillent dans une espèce d’oubli, Orti oubliant jusqu’à la mécanique d’Adolphe Sax pour revenir à la trompe, à l’invocation-imprécation vocale, reprise au loin par Magic Malik qui est apparu, tambourinant sur la batterie présente des équations hésitantes et fauves rejointes par les amples glissandos de Frédéric Fargeon-Briet puis par un bref prêche de Khari B. Jusqu’à une lente recomposition autour de nouvelles polyphonies, nouveaux mobiles, nouveaux hoquets, jusqu’à l’apaisement d’un point d’orgue final comme un évidence.

 

Entracte, Blaise Merlin me rappelle me raconte l’histoire de ce restaurant kabyle dont l’arrière-salle, courette aveugle entre quatre murs d’immeuble, est devenu une petite salle de concert insonorisée, et où Merlin déplaça ses activités de programmateurs après avoir laissé d’autres faire l’affiche de l’Olympic Café aujourd’hui fermé à trois numéros dans la rue Léon. Et de refaire l’histoire récente du jazz dans le quartier, passée par le squat d’artistes des Falaises et le Studio des Ilettes au sud de la Goutte d’or où l’on Sunny Murray fut en résidence et dont une génération du CSNM (Daniel Zimmermann, Jean-Philippe Morel, Mathieu Donarier, Olivier Py, etc.) fit sa base autour de l’éphémère Zigh Band. On n’aura rien dit d’une autre initiative du quartier, au Nord de la Butte Montmartre, le Bab-Ilo, car déjà la musique reprend…

 

The Workshop , group-atelier né en 2011, en résidence au Chat noir à partir de 2012 et désormais une fois par mois chez Les Trois Frères. Guillaume Ruelland et Vincent Sauve d’une stupéfiante décontraction, mélange de douceur et de fermeté, une espèce de chaos rythmique legato, organisé autour de grooves multiples s’imbriquant l’un dans l’autre comme autant de roues d’un immense engrenages aux logiques tantôt sous-entendues, tantôt clairement énoncées par une pédale de clave en guise de pied de charleston. On ne sait trop comment, les deux vents articulent leurs partitions aux multiples tiroirs avec l’improvisation qui les provoque, en suscitant d’autres qui semblent s’écrire dans l’instant et dont les unissons hésitants composent de nouvelles polyphonies. A suivre le 28 mars à Radio France où il sera l’invité des concerts d’Arnaud Merlin. Quant à ceux qui aimerait entendre ce formidable batteur qu’est Vincent Sauve, ils le retrouveront au Sunset le 12 février au sein du quartette The Khu , né lors d’un stage du Nimbus Orchestra avec Steve Coleman. Franck Bergerot

|

Le 2 février dernier, le saxophoniste Stéphane Payen dialoguait avec Guillaume Orti puis faisait entendre son Workshop. Jazzmag y était.

 Les Trois Frères, Paris (75), le 2 février 2015.

 

Guillaume Orti, Stéphane Payen (saxes) + Magic Malik (flûtes, percussions, voix), Frédéric Bargeon-Briet (contrebasse), Khari B (voix).

 

The Workshop : Olivier Laisney (trompette), Stéphane Payen (sax alto), Guillaume Ruelland (basse) et Vincent Sauve (batterie).

 

J’arrive à la bourre. Guillaume Orti et Stéphane Payen terminent une partition pénétrante comme un soc. Probablement abordent-ils la seconde partie de ce set ouverte à leurs invités de The Bridge#7 qui après deux premiers concerts donnés la veille à la Cité universitaire dans le cadre de Sons d’hiver s’apprêtent à quitter Paris pour une tournée de sept dates dont l’émission A l’improviste rendra compte le 7 sur France Musique. Invités impromptus (et non annoncés), donc improvisation ouverte, totale, qu’inaugurent les deux saxes (alto surement pour Payen, soprano probablement pour Orti… je ne sais plus) qui se cherchent l’un l’autre au travers de folles polyphonies aux effets de mobiles, l’un en orbite de l’autre et réciproquement, solidairement en révolution autour d’arithmétiques indécises qui se dissolvent et dont il se dépouillent dans une espèce d’oubli, Orti oubliant jusqu’à la mécanique d’Adolphe Sax pour revenir à la trompe, à l’invocation-imprécation vocale, reprise au loin par Magic Malik qui est apparu, tambourinant sur la batterie présente des équations hésitantes et fauves rejointes par les amples glissandos de Frédéric Fargeon-Briet puis par un bref prêche de Khari B. Jusqu’à une lente recomposition autour de nouvelles polyphonies, nouveaux mobiles, nouveaux hoquets, jusqu’à l’apaisement d’un point d’orgue final comme un évidence.

 

Entracte, Blaise Merlin me rappelle me raconte l’histoire de ce restaurant kabyle dont l’arrière-salle, courette aveugle entre quatre murs d’immeuble, est devenu une petite salle de concert insonorisée, et où Merlin déplaça ses activités de programmateurs après avoir laissé d’autres faire l’affiche de l’Olympic Café aujourd’hui fermé à trois numéros dans la rue Léon. Et de refaire l’histoire récente du jazz dans le quartier, passée par le squat d’artistes des Falaises et le Studio des Ilettes au sud de la Goutte d’or où l’on Sunny Murray fut en résidence et dont une génération du CSNM (Daniel Zimmermann, Jean-Philippe Morel, Mathieu Donarier, Olivier Py, etc.) fit sa base autour de l’éphémère Zigh Band. On n’aura rien dit d’une autre initiative du quartier, au Nord de la Butte Montmartre, le Bab-Ilo, car déjà la musique reprend…

 

The Workshop , group-atelier né en 2011, en résidence au Chat noir à partir de 2012 et désormais une fois par mois chez Les Trois Frères. Guillaume Ruelland et Vincent Sauve d’une stupéfiante décontraction, mélange de douceur et de fermeté, une espèce de chaos rythmique legato, organisé autour de grooves multiples s’imbriquant l’un dans l’autre comme autant de roues d’un immense engrenages aux logiques tantôt sous-entendues, tantôt clairement énoncées par une pédale de clave en guise de pied de charleston. On ne sait trop comment, les deux vents articulent leurs partitions aux multiples tiroirs avec l’improvisation qui les provoque, en suscitant d’autres qui semblent s’écrire dans l’instant et dont les unissons hésitants composent de nouvelles polyphonies. A suivre le 28 mars à Radio France où il sera l’invité des concerts d’Arnaud Merlin. Quant à ceux qui aimerait entendre ce formidable batteur qu’est Vincent Sauve, ils le retrouveront au Sunset le 12 février au sein du quartette The Khu , né lors d’un stage du Nimbus Orchestra avec Steve Coleman. Franck Bergerot