Jazz live
Publié le 2 Avr 2017

Week-end Zorn by Zorn 1: Prologue en images

Trois jours de concerts, quarante musiciens… John Zorn est de retour à la Philharmonie le temps d’un week-end, pour un de ces plateaux gargantuesques dont il a le secret. Début des festivités vendredi soir à 20 heures, avec en guise d’apéritif une projection d’un film signé Mathieu Amalric (photo).

 

AmalricVendredi soir, 20 heures, salle de conférence de la Philharmonie. Mathieu Amalric prend la parole pour présenter son film, qui n’en est pas vraiment un. L’acteur et réalisateur a fait la connaissance de John Zorn en 2009, alors qu’il participait en tant que récitant à la première française de son Shir Hashirim (le Cantique des Cantiques) à la Grande Halle de La Villette. Suite à la commande d’un portrait par la chaîne Arte, il commence à filmer son nouvel ami new-yorkais. Bientôt, la commande est oubliée, mais les tournages, eux, continuent à chaque occasion, chaque rencontre, sans but ni finalité autre que de documenter l’instant. Un éternel work-in-progress, donc, dont le montage projeté à la Philharmonie, réalisé spécialement pour l’occasion, ne représente qu’une étape forcément transitoire.

Dès les premiers instants, le niveau sonore – véritablement démentielle pour une projection – m’oblige à sortir les bouchons d’oreille que j’emporte partout par précaution. Et côté image, que voit-on ? Un musicien filmé au plus près, presque dans l’intimité : Zorn à New York, à Paris, en Italie, au Japon, en Israël… Zorn en voiture, Zorn nettoyant son saxophone, Zorn discutant, Zorn rangeant le piano à la fin d’un concert au Stone, son club du Lower East Side… Zorn en train d’écouter surtout, longuement, intensément, assis en tailleur en coulisses, sur scène, ou au milieu du public, un sourire ravi illuminant invariablement son visage. Image paradoxale pour un artiste qu’on sait si prolifique, qui semble apparaître ici comme le témoin de sa propre création, comme si cette dernière existait pour ainsi dire en-dehors de lui-même.

La création, précisément, demeure le mystère sur lequel le film ne lève qu’une partie du voile. Deux séquence passionnantes, pourtant : l’une où il fait méticuleusement répéter un trio à cordes pour la première de sa partition Freud (qu’on allait entendre le lendemain à la Cité de la Musique), l’autre, plus fascinante encore, où l’on découvre le making-of en studio du titre Conneries de l’album “Rimbaudˮ (2012). Épaulé par Amalric en récitant exalté, on y voit Zorn enregistrer successivement les bruitages les plus déments (séquence mémorable mettant en jeu sa bouche et un bol d’eau !), avant de les monter ensemble avec un soin maniaque, épaulé par l’ingénieur du son Marc Urselli. Un mélange de folie et de rigueur qui constitue sans doute l’une des clés pour comprendre le personnage, comme on le verra plus tard…

Pascal Rozat|Trois jours de concerts, quarante musiciens… John Zorn est de retour à la Philharmonie le temps d’un week-end, pour un de ces plateaux gargantuesques dont il a le secret. Début des festivités vendredi soir à 20 heures, avec en guise d’apéritif une projection d’un film signé Mathieu Amalric (photo).

 

AmalricVendredi soir, 20 heures, salle de conférence de la Philharmonie. Mathieu Amalric prend la parole pour présenter son film, qui n’en est pas vraiment un. L’acteur et réalisateur a fait la connaissance de John Zorn en 2009, alors qu’il participait en tant que récitant à la première française de son Shir Hashirim (le Cantique des Cantiques) à la Grande Halle de La Villette. Suite à la commande d’un portrait par la chaîne Arte, il commence à filmer son nouvel ami new-yorkais. Bientôt, la commande est oubliée, mais les tournages, eux, continuent à chaque occasion, chaque rencontre, sans but ni finalité autre que de documenter l’instant. Un éternel work-in-progress, donc, dont le montage projeté à la Philharmonie, réalisé spécialement pour l’occasion, ne représente qu’une étape forcément transitoire.

Dès les premiers instants, le niveau sonore – véritablement démentielle pour une projection – m’oblige à sortir les bouchons d’oreille que j’emporte partout par précaution. Et côté image, que voit-on ? Un musicien filmé au plus près, presque dans l’intimité : Zorn à New York, à Paris, en Italie, au Japon, en Israël… Zorn en voiture, Zorn nettoyant son saxophone, Zorn discutant, Zorn rangeant le piano à la fin d’un concert au Stone, son club du Lower East Side… Zorn en train d’écouter surtout, longuement, intensément, assis en tailleur en coulisses, sur scène, ou au milieu du public, un sourire ravi illuminant invariablement son visage. Image paradoxale pour un artiste qu’on sait si prolifique, qui semble apparaître ici comme le témoin de sa propre création, comme si cette dernière existait pour ainsi dire en-dehors de lui-même.

La création, précisément, demeure le mystère sur lequel le film ne lève qu’une partie du voile. Deux séquence passionnantes, pourtant : l’une où il fait méticuleusement répéter un trio à cordes pour la première de sa partition Freud (qu’on allait entendre le lendemain à la Cité de la Musique), l’autre, plus fascinante encore, où l’on découvre le making-of en studio du titre Conneries de l’album “Rimbaudˮ (2012). Épaulé par Amalric en récitant exalté, on y voit Zorn enregistrer successivement les bruitages les plus déments (séquence mémorable mettant en jeu sa bouche et un bol d’eau !), avant de les monter ensemble avec un soin maniaque, épaulé par l’ingénieur du son Marc Urselli. Un mélange de folie et de rigueur qui constitue sans doute l’une des clés pour comprendre le personnage, comme on le verra plus tard…

Pascal Rozat|Trois jours de concerts, quarante musiciens… John Zorn est de retour à la Philharmonie le temps d’un week-end, pour un de ces plateaux gargantuesques dont il a le secret. Début des festivités vendredi soir à 20 heures, avec en guise d’apéritif une projection d’un film signé Mathieu Amalric (photo).

 

AmalricVendredi soir, 20 heures, salle de conférence de la Philharmonie. Mathieu Amalric prend la parole pour présenter son film, qui n’en est pas vraiment un. L’acteur et réalisateur a fait la connaissance de John Zorn en 2009, alors qu’il participait en tant que récitant à la première française de son Shir Hashirim (le Cantique des Cantiques) à la Grande Halle de La Villette. Suite à la commande d’un portrait par la chaîne Arte, il commence à filmer son nouvel ami new-yorkais. Bientôt, la commande est oubliée, mais les tournages, eux, continuent à chaque occasion, chaque rencontre, sans but ni finalité autre que de documenter l’instant. Un éternel work-in-progress, donc, dont le montage projeté à la Philharmonie, réalisé spécialement pour l’occasion, ne représente qu’une étape forcément transitoire.

Dès les premiers instants, le niveau sonore – véritablement démentielle pour une projection – m’oblige à sortir les bouchons d’oreille que j’emporte partout par précaution. Et côté image, que voit-on ? Un musicien filmé au plus près, presque dans l’intimité : Zorn à New York, à Paris, en Italie, au Japon, en Israël… Zorn en voiture, Zorn nettoyant son saxophone, Zorn discutant, Zorn rangeant le piano à la fin d’un concert au Stone, son club du Lower East Side… Zorn en train d’écouter surtout, longuement, intensément, assis en tailleur en coulisses, sur scène, ou au milieu du public, un sourire ravi illuminant invariablement son visage. Image paradoxale pour un artiste qu’on sait si prolifique, qui semble apparaître ici comme le témoin de sa propre création, comme si cette dernière existait pour ainsi dire en-dehors de lui-même.

La création, précisément, demeure le mystère sur lequel le film ne lève qu’une partie du voile. Deux séquence passionnantes, pourtant : l’une où il fait méticuleusement répéter un trio à cordes pour la première de sa partition Freud (qu’on allait entendre le lendemain à la Cité de la Musique), l’autre, plus fascinante encore, où l’on découvre le making-of en studio du titre Conneries de l’album “Rimbaudˮ (2012). Épaulé par Amalric en récitant exalté, on y voit Zorn enregistrer successivement les bruitages les plus déments (séquence mémorable mettant en jeu sa bouche et un bol d’eau !), avant de les monter ensemble avec un soin maniaque, épaulé par l’ingénieur du son Marc Urselli. Un mélange de folie et de rigueur qui constitue sans doute l’une des clés pour comprendre le personnage, comme on le verra plus tard…

Pascal Rozat|Trois jours de concerts, quarante musiciens… John Zorn est de retour à la Philharmonie le temps d’un week-end, pour un de ces plateaux gargantuesques dont il a le secret. Début des festivités vendredi soir à 20 heures, avec en guise d’apéritif une projection d’un film signé Mathieu Amalric (photo).

 

AmalricVendredi soir, 20 heures, salle de conférence de la Philharmonie. Mathieu Amalric prend la parole pour présenter son film, qui n’en est pas vraiment un. L’acteur et réalisateur a fait la connaissance de John Zorn en 2009, alors qu’il participait en tant que récitant à la première française de son Shir Hashirim (le Cantique des Cantiques) à la Grande Halle de La Villette. Suite à la commande d’un portrait par la chaîne Arte, il commence à filmer son nouvel ami new-yorkais. Bientôt, la commande est oubliée, mais les tournages, eux, continuent à chaque occasion, chaque rencontre, sans but ni finalité autre que de documenter l’instant. Un éternel work-in-progress, donc, dont le montage projeté à la Philharmonie, réalisé spécialement pour l’occasion, ne représente qu’une étape forcément transitoire.

Dès les premiers instants, le niveau sonore – véritablement démentielle pour une projection – m’oblige à sortir les bouchons d’oreille que j’emporte partout par précaution. Et côté image, que voit-on ? Un musicien filmé au plus près, presque dans l’intimité : Zorn à New York, à Paris, en Italie, au Japon, en Israël… Zorn en voiture, Zorn nettoyant son saxophone, Zorn discutant, Zorn rangeant le piano à la fin d’un concert au Stone, son club du Lower East Side… Zorn en train d’écouter surtout, longuement, intensément, assis en tailleur en coulisses, sur scène, ou au milieu du public, un sourire ravi illuminant invariablement son visage. Image paradoxale pour un artiste qu’on sait si prolifique, qui semble apparaître ici comme le témoin de sa propre création, comme si cette dernière existait pour ainsi dire en-dehors de lui-même.

La création, précisément, demeure le mystère sur lequel le film ne lève qu’une partie du voile. Deux séquence passionnantes, pourtant : l’une où il fait méticuleusement répéter un trio à cordes pour la première de sa partition Freud (qu’on allait entendre le lendemain à la Cité de la Musique), l’autre, plus fascinante encore, où l’on découvre le making-of en studio du titre Conneries de l’album “Rimbaudˮ (2012). Épaulé par Amalric en récitant exalté, on y voit Zorn enregistrer successivement les bruitages les plus déments (séquence mémorable mettant en jeu sa bouche et un bol d’eau !), avant de les monter ensemble avec un soin maniaque, épaulé par l’ingénieur du son Marc Urselli. Un mélange de folie et de rigueur qui constitue sans doute l’une des clés pour comprendre le personnage, comme on le verra plus tard…

Pascal Rozat