Jerry Bergonzi, la force tranquille

07 Apr 2018 #Le Jazz Live

Un set au Duc des Lombards, avec Jerry Bergonzi, grand maître du saxophone post-coltranien.

Jerry Bergonzi, (sax tenor), Renato Chicco (orgue)Andrea Michelutti (batterie), 23 mars 2017, Duc des Lombards

Un set avec Jerry Bergonzi. Il se présente en trio,  et propose un joli bouquet de standards et de compositions, cueilli avec soin, arrangé avec goût, avec une répartition très sûre entre morceaux très connus, un peu connus, pas connus. Au menu: Witchcraft, Solar, Theme for Honeyboy, Soultrane, Blue Cue, Double Bill, Come rain or come shine…

 

C’est le genre de soirée où l’on est en confiance, on l’est d’autant plus que le maître des lieux affiche une sérénité parfaite. Curieux contraste, d’ailleurs , entre l’impression  visuelle et l’impression auditive: le débit impétueux, volubile des phrases de Bergonzi suggère des images qui  ne sont pas totalement raccords avec cette impression de force tranquille qu’il dégage, même dans les passages up-tempo.  Bergonzi semble avoir tout digéré, Coleman Hawkins, Coltrane, Brecker. Il est en total contrôle de l’instrument y compris dans les dérapages ou dans les étranglements dont il aime à épicer son jeu, pour ne pas laisser ses arpèges se refermer sur lui. Sa sonorité offre un bon équilibre de qualités apparemment antinomiques, c’est rugueux mais velouté, il y a des ébréchures et de la patine, avec dans les ballades des petits moments  getziens, des échappées dans le diaphane.

Bergonzi est accompagné à l’orgue par Renato Chicco, qui apporte beaucoup de groove et  d’énergie, avec des entrées en matière toujours swingantes et pimpantes.

Le batteur Andrea Michelutti a une présence agressive mais pertinente, il se soucie fort peu d’être coloriste, mais de surtout de mettre du charbon dans la locomotive, et il le fait très bien. Tous deux, batteur et organiste permettent à Jerry Bergonzi de jouer avec une décontraction sereine, comme un oiseau profitant des courants ascendants.  On goûte de formidables 4/4 exécutés dans les règles de l’art et un Come rain or Come shine à tempo vif pour couronner le tout. Du sax qui se déguste comme un très bon whisky.

Post scriptum: Jerry Bergonzi est également un pédagogue respecté, dont les conseils profitables sont dispensés sur internet ou au cours de master-classes. En farfouillant dans le monde virtuel, je trouve un compte-rendu d’une master-class de 2009, où le maître prononce cette phrase: « Quand je joue je ne pense pas. Je pense quand je travaille ».

texte : JF Mondot

Dessins: AC Alvoët

autres dessins, peintures, gravures à découvrir sur son site www.annie-claire.com   ou en se rendant à la Chapelle Saint Charles de Soissons où Annie-Claire Alvoët expose des oeuvres récentes en compagnie d’un collectif d’artistes. 

Pour acquérir les dessins figurant sur ce blog, s’adresser directement à l’artiste:

annie_claire@hotmail.com

Brève de jazz

Stan Getz à l’Espace Cardin le 27 novembre 1979 – samedi 3 et dimanche 4 novembre à 18h dans Les Légendes du Jazz de Jérôme Badini sur France Musique

Après Miles Davis en 2015, Charles Mingus en 2016 et Ella Fitzgerald en 2017, un autre trésor vient de ressurgir des archives Ina - Radio France… Jérôme Badini y a déniché une nouvelle pépite, celle que nous offrait le 27 novembre 1979, dans le superbe écrin de l’Espace Cardin, le saxophoniste Stan Getz. Une retransmission France Musique jamais rediffusée dans son intégralité et n'ayant fait l'objet d'aucune parution phonographique et spécialement re-masterisée pour Les Légendes du jazz par l’Ina.

MARTIAL SOLAL en solo Salle Gaveau le 23 janvier 2019

Pour ceux qui n'iront pas l'écouter à Munich le 14 décembre 2018, et même pour ceux qui auront fait ce voyage, car on ne s'en lasse pas, réservez votre soirée du mercredi 23 janvier 2019 à Paris : MARTIAL SOLAL revient Salle GAVEAU, mais plus en trio comme en 1962-63 : en SOLO. Réservez votre soirée..... et vos places ! http://www.sallegaveau.com/spectacles/martial-solal-piano-solo

BON ANNIVERSAIRE MARTIAL !!!

MARTIAL SOLAL, notre héros du piano syncopimprovisé fête aujourd'hui ses 91 ans. Le 26 septembre il jouera à Vienne, en Autriche, au Porgy and Bess ; et en décembre il jouera à Münich. Les organisateurs autrichiens et allemands ont conservé leurs oreilles ouvertes aux disques de ces derniers mois : «Masters in Bordeaux», avec Dave Liebman, et le fantastique solo de Gütersloh en novembre dernier «My One And Only Love, Live at Theater Gütersloh, European Jazz Legends #15» (sans parler des formidables inédits de Los Angeles 1966 !). Amis programmateurs de l'hexagone, seriez-vous frileux ? Xavier Prévost https://www.porgy.at/en/events/8968/

EN KIOSQUE

20181001 - N° 710 - 100 pages

L’histoire du jazz est traversée de moments de grâce pas toujours connus du grand public. Pour remettre en lumière les...