Maïlys Maronne à la Petite Halle

24 Oct 2018 #

Le groupe de maïlys Maronne, qui fêtait la sortie de son premier disque, Animus Volandi, a proposé à la Petite Halle un concert passionnant et emballant.

Maïlys Maronne (composition, claviers, voix), Reno Silva Couto (sax alto ) Philippe Burneau (basse) , Tilo Bertholo (batterie) + Magic malik (flûte), la Petite halle, avenue Jean Jaurès 75019 Paris, 12 octobre 2018

Après deux ou trois morceaux , l’univers, les compositions, et même le jeu de piano de Maïlys Maronne me font irrésistiblement songer à la grande Carla Bley. J’y retrouve cette manière de créer des comptines entêtantes, faussement bancales, ce goût pour les musiques répétitives, ou faussement répétitives,  que l’on fait dérailler avec un amour minutieux. Mais je décèle aussi bien d’autres éléments qui viennent d’ailleurs, le goût des cycles rythmiques complexes et des superpositions, quelques pincées d’électroniques, l’utilisation du chant pour ajouter de la matière aux unissons, tout cela compose un monde sonore très personnel qui, tout en étant très réfléchi garde une fraîcheur enfantine.

L’un des secrets de cette musique, je crois, réside dans le choix des musiciens et dans les rapports de  complémentarité qui circulent entre eux. Pour compléter les casse-têtes chinois qu’elle aime bien créer sur ses claviers, Maïlys Maronne a su s’entourer d’un saxophoniste alto au lyrisme immédiat et rayonnant et d’une  rythmique ccapable de grooves émaciés. Le batteur Tilo Bertholo, en particulier,  impressionne.  Pas du genre qui arrose un peu partout, non, mais du genre plutôt qui met tous ses coups dans le mille.

 

Parmi les morceaux joués ce soir, je retiens le très beau Rhinoféroce, avec sa petite mélodie orientale nue et tremblante (au début…)  et ce Invitation rebaptisé à juste titre Cosmic Invitation, car tout se passe comme si ce vénérable standard était tombé dans un trou noir, délayé, étiré à l’extrème, et pourtant toujours reconnaissable .

Et quand la flûte de Magic Malik vient se rajouter au groupe sur le dernier morceau, Experimental Cycle, c’est un moment formidable, où l’on peut admirer notamment cette manière d’utiliser et de faire tourner les unissons (ici, souvent, flûte, sax, piano) qui donne une belle puissance d’envol à la musique. Merveilleuse et emballante découverte que ce groupe,  dont j’écouterai le  premier disque, Animus Volandi, pour constater qu’il répond en tout point à l’expérience enthousiasmante du concert.

Texte: Jean-François Mondot

Dessins : Annie-Claire Alvoët : Autres textes, dessins, gravures à découvrir sur son site  www.annie-claire.com  (pour commander des dessins qui figurent sur ce blog, s’adresser à l’artiste, annie_claire@hotmail.com)  

Brève de jazz

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C'est sans doute le pianiste le plus rare de notre époque, à tous les sens du terme: si l'ont tient bien nos tablettes, l'immense Bill Carrothers ne s'était plus produit à Paris depuis... 2011! Alors, pour une fois qu'il quitte sa retraite du fin fond du Michigan, on ne manquera pas sous aucun prétexte son unique date au Duc des Lombards ce jeudi 6 décembre, qui plus dans l’intimité d'un solo, configuration dans laquelle il nous a livré ses plus grands disques.

Palmarès.

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Un Marquis au Duc

Alors qu'on est encore sous le choc de la disparition précoce de Roy Hargrove, c'est l'un des trompettistes les plus en vue de la jeune génération qui se produira les 5 et 6 novembre au Duc des Lombards, en la personne de Marquis Hill. Pour la présentation de son nouvel album « Modern Flows II », le Chicagoan sera entouré d'un quintette de grande classe où l'on retrouvera notamment Logan Richardson au saxophone, ainsi que la nouvelle valeur montante du vibraphone, Joel Ross.

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20181201 - N° 712 - 116 pages

Le 6 janvier 1999, Michel Petrucciani s’éteignait à New York. Quelques mois plus tôt, le jazzman le plus populaire de...