Kyle Eastwood au Chatelet - Jazz Magazine
Jazz live
Publié le 19 Avr 2026

Kyle Eastwood au Chatelet

10 avril 2026

Habitué des scènes françaises, Kyle Eastwood proposait une soirée particulière au public de Châtelet, avec la déclinaison « symphonique » du programme « Eastwood by Eastwood » avec lequel il tourne régulièrement et qui présente une sélection de thèmes empruntés à la filmographie paternelle.

Pour l’occasion, le quintet habituel d’Eastwood (Andrew McCormack au piano, Chris Higginbottom à la batterie, Brandon Allen aux saxophones, Quentin Collins à la trompette et au bugle) est associé à l’Orchestre symphonique FA7, habitué des projets liés au cinéma, placé sous la direction du chef luxembourgeois Gast Waltzing, également responsable des arrangements.

C’est l’orchestre seul qui ouvre la soirée, avec une « Eastwood Overture » en forme de medley de différents thèmes, avant que le groupe ne rejoigne la scène, précédé d’une courte introduction en vidéo assurée en duo par Kyle et Clint. Le répertoire ne diffère pas de celui des concerts habituels du quintet, et reprend celui de l’album Eastwood Symphonic, paru en 2023, ainsi que les arrangements du même disque. Il mêle compositions signées par les plus grands noms de la musique de film – Lalo Shifrin, Ennio Morricone, John Williams – et issus des plumes de Clint et Kyle Eastwood et de leurs collaborateurs. Leader discret, ce dernier, qui passe de la basse électrique à la contrebasse, ne prend la parole que pour présenter les autres participants, des extraits d’entretien en vidéo avec son père assurant quelques transitions.

La présence de l’orchestre symphonique apporte une dimension supplémentaire aux titres les plus spectaculaires comme le thème de Dirty Harry ou celui de Pour Une Poignée de Dollars, mais frôle par moment le décoratif sur les compositions les plus sentimentales, à l’image de l’air de Sur la route de Madison, visiblement très attendu. Bird offre au quintet le prétexte nécessaire pour un morceau sans l’orchestre, une version enlevée du « Cool Blues » de Charlie Parker qui donne envie d’en entendre plus dans ce registre. C’est le thème immédiatement reconnaissable de Le Bon, la Brute et le Truand qui fait office de rappel à cette soirée très réussie, même s’il manquait peut-être un petit élément de surprise…

Frédéric Adrian