Acantha Lang au New Morning - Jazz Magazine
Jazz live
Publié le 8 Juil 2026

Acantha Lang au New Morning

1er juillet

Pari de programmation réussi pour le New Morning : bien qu’elle n’ait qu’un album autoproduit non distribué en France à son actif et qu’elle ne se soit produite à Paris qu’une seule fois à Paris (au Bizz’Art en septembre 2023), c’est une salle mieux que bien remplie qui attendait la chanteuse. Originaire de la Nouvelle-Orléans, Acantha Lang a longtemps travaillé dans les cabarets de New York avant de s’installer à Londres. Repérée pendant le confinement de 2020 par une série de vidéos intitulée « Standing On The Shoulders Of…Great Soul Legends », qui la voyait reprendre à sa façon les grands classiques du genre, elle avait lancé dans la foulée sa carrière personnelle avec une série de EP puis un album, « Beautiful Dreams », sorti en 2023.

Accompagnée de son orchestre régulier (Emlyn Francis à la guitare, Ernie McKone à la basse, Westley Joseph à la batterie, Andrew Noble aux claviers, Jim Hunt au saxophone et Shanti Jayasinha à la trompette) renforcé de deux choristes dont je n’ai pas, c’est le répertoire de ce disque, dont une bonne partie du public est visiblement familier, que la chanteuse revisite dans le premier set, avec des titres à l’efficacité incontestable comme Sugar Woman, Beautiful Dreams ou Lois Lang, dédié à sa mère et qu’elle introduit longuement. Souvent comparée à Aretha Franklin, Gladys Knight ou Mavis Staple pour son approche vocale, Lang ne se contente pas d’un rôle de clone, et c’est bien sa propre personnalité qui transparaît dans son chant, d’autant qu’elle se concentre exclusivement sur son propre répertoire jusqu’au dernier morceau du set, une reprise enlevée du Grandma’s Hands de Bill Withers, qu’elle justifie par le fait que sa propre grand-mère avait plus de tempérament que celle de l’auteur !

Pour le second set, Lang fait le choix audacieux de présenter de nouvelles chansons, prévues pour un prochain album attendu pour 2027, mais le public réagit avec autant d’enthousiaste à ce répertoire encore inédit qu’aux titres déjà connus. Là encore, le set ne comprend qu’une seule reprise, I’d Rather Be Blind, Cripple & Crazy d’O.V. Wright – pas exactement une évidence ! -, qu’elle s’approprie sans aucune difficulté, avant de revenir au répertoire de « Beautiful Dreams ». Le rappel est demandé avec ferveur, et c’est à nouveau un de ses titres,  He Said / She Said, qui vient clôturer un concert sans aucun temps faible – que la principale intéressée présentera sur ses réseaux sociaux comme « une des meilleures soirées de tous les temps » ! Difficile de la contredire sur ce point… Il est temps qu’Acantha Lang ait l’opportunité de présenter plus largement sa musique sur les scènes des clubs et festivals français !

Frédéric Adrian