Montpellier, entre deux concerts : Pierre Boussaguet & Charles Lloyd - Jazz Magazine
Jazz live
Publié le 9 Juil 2026 • Par Xavier Prévost

Montpellier, entre deux concerts : Pierre Boussaguet & Charles Lloyd

Une soirée particulière : avant d’aller écouter Charles Lloyd à l’Amphithéâtre d’O à 21h, dans le cadre du festival Radio France Occitanie Montpellier, j’ai voulu découvrir, à 20h30, une partie du concert de ‘Just Duet’, un duo qui associe le contrebassiste Pierre Boussaguet à la violoniste classique Sharman Plesner pour des musiques empruntées à tous les répertoires

photo X. Prévost

Le concert de ce duo se tenait au Mas Reynes, un parc ombragé de micocouliers dont les habitants organisent régulièrement, dans leur petit lieu de spectacle, des concerts : chanson, musiques du monde, musique classique, et aussi jazz. On y écouta voici quelques année le groupe Art Deco (Doudou Gouirand, Michel Marre….), consacré à la musique de Don Cherry. Un groupe que j’avais eu l’occasion de programmer sur la grande scène du festival Radio France, dont j’ai produit et présenté pour France Musique les concerts durant près de 3 décennies

photo X. Prévost

JUST DUET’

Pierre Boussaguet (contrebasse, accordina), Sharman Plesner (violon)

Montpellier, Mas Reynes, 8 juillet 2026, 20h30

photo X. Prévost

Pour commencer le concert, Pierre Boussaguet jour de l’accordina, une sorte d’accordéon à bouche, car il se souvient qu’il a été accordéoniste avant d’être contrebassiste. Une très jolie mélodie engage le dialogue avec la violoniste. Sharman Plesner sort de son cadre pour s’aventure dans l’improvisation d’influence jazz.

photo X. Prévost

C’est très vivant, et expressif. Successivement des emprunts à Ravel, Bach, Monk aussi (l’inoxydable ‘Round About Midnight ), mais également Manha Do Carnaval , du film Orfeu Negro . Un hommage à Ray Brown, avec qui Pierre Boussaguet partagea la scène, et aussi deux disques en duo de contrebasses ; puis une évocation de Guy Lafitte, un compatriote du Sud-Ouest, avec qui le contrebassiste a souvent joué. Un très beau dialogue de jeu et d’improvisation entre les deux artistes : je quitte à regret le Mas Reynes pour filer au Domaine d’O pour écouter la fin du concert de Charles Lloyd.

photo David Abécassis

CHARLES LLOYD feat. Gerald Clayton, Harish Raghavan & Kweku Sumbry

Charles Lloyd (saxophone ténor, flûte alto), Gerald Clayton (piano), Harish Raghavan (contrebasse), Kweku Sumbry (batterie)

Montpellier, Amphithéâtre d’O, 8 juillet 2026, 21h

photo David Abécassis

Quand j’arrive vers 22h, Le saxophoniste est à la flûte alto : improvisation douce, puis soudain plus volubile. Très belle expressivité. Le vieil homme nous conte une histoire. Pendant le solo du pianiste, engagé, tempétueux, Charles Lloyd est assis tout près du piano. Il commente d’un geste certains accents de la musique, puis va vers le fond de scène pour laisser s’exprimer ses solistes, avant de revenir au micro pour un retour à l’impro et au thème. Rituel du jeu collectif

photo David Abécassis

Douceur et lyrisme toujours, au ténor cette fois, avec des envolées fugaces : Lloyd tel qu’en lui-même. Le pianiste est souvent convié à de longs solos, brillants, habités. Ses partenaires ont aussi l’occasion de s’exprimer, avec la même verve. Musique intense, public captivé. Une fausse sortie, puis un second rappel, par un public debout, au paroxysme de l’enthousiasme. Ce sera Go Down, Moses , autrement appelé Let My People Go : un classique de negro spiritual qui enracine ce final au cœur de la musique afro-américaine. Je n’ai écouté que les 40 dernière minutes de ce concert, mais je suis conquis, et même comblé : merci Charles Lloyd !

Xavier Prévost

photo David Abécassis