Maxime Sanchez trio
38 Riv Paris 9 juillet 2026
Maxime SANCHEZ p, clavier électronique, Adrien SANCHEZ ts, clavier électronique, Teun VEERBRUGGEN dms
Dans le cadre de la Carte Blanche que lui propose le 38 Riv, Maxime Sanchez faisait entendre un pan de son travail que je ne soupçonnais pas. Et il faut bien lui rendre cette justice: ce n’est pas l’homme de la répétition. Chacun de ses projets propose un climat original qui ne ressemble nullement aux autres. On a pu l’entendre avec l’excellent quartet Flash Pig, en trio avec Guilhem Flouzat et Florent Nisse, en duo avec le contrebassiste Blaise Chevalier, en solo, invité par d’autres formations… Et c’est chaque fois chanson nouvelle!
Jeudi dernier, à 7 h et demie (19 h 30 comme disent les jeunes, et même 19 h 30 pile: la ponctualité est la politesse du 38 Riv!), Maxime lève le voile sur une nouvelle exploration. Il fait délicieusement frais dans ce sous-sol de la rue de Rivoli. Public attentif mais clairsemé (soir de match?). Et nous vile embarqués dans ce qui semble être une séance de work in progress. Le répertoire est déterminé, mais on a quand même l’impression qu’on assiste à une séance de travail: essai, expérimentation, écoute mutuelle des musiciens. Les frères Sanchez se partagent entre leur instrument – un large ténor pour Adrien et le petit Yamaha droit pour Maxime … et un clavier et une console. Ce qui donne parfois un cadrage et une gestuelle particulière: Maxime est de dos lorsqu’il s’occupe de son électronique, regardant de côté la partition posée à angle droit sur le piano. Adrien peut se distraire de son biniou pour fourrager brusquement dans les potards… Et nous voici embarqués dans cette musique qui s’invente sous nos oreilles.
Plusieurs morceaux se construisent à partir de riffs simples et souvent répétés, sur une harmonie très consonante. La batterie sèche et plutôt minimale peut doubler le phrasé du clavier. Au milieu des morceaux originaux se glissent quelques pièces familières – Time Remembered de Bill Evans, qui justement n’est pas du tout joué « à la Bill Evans » par un pianiste qui en est pourtant tout à fait capable…
Une heure de rêve donc dans l’intimité de ces musiciens inventifs… Et quand on ressort, il fait encore jour!
Yvan Amar