BANLIEUES BLEUES-SYLVAIN DANIEL ‘Palimpseste’

04 Apr 2018 #Festivals

Soirée montreuilloise du festival Banlieues Bleues, autour d'un thème inspiré par les ruines de Detroit, la Motor City Town (Hello Motown Records !), ville sinistrée par la crise des industries métallurgiques et automobiles.

SYLVAIN DANIEL ‘Palimpseste, voyage imaginaire dans les ruines de Detroit’

Sylvain Daniel (guitare basse), Laurent Bardainne (saxophone ténor), Manuel Peskine (piano, piano électrique), Mathieu Penot (batterie), Yves Le Guen & Laurent Simoni (création vidéo sur des photos d’Yves Marchand & Romain Meffre)

Montreuil, La Marbrerie, 3 avril 2018, 20h30

L’ endroit est presque insolite : une salle en forme de vieil entrepôt, coursives obscures pour accéder, dance floor en béton, bar du rez-de-chaussée à jardin, et côté cour un bar/restauration en contre-haut. À l’heure dite les musiciens s’installent, la musique s’impose, et le brouhaha du parterre s’estompe. La musique, pourtant celle du disque récemment paru ( »Palimpseste », ONJ Records/l’autre distribution, Choc Jazz Magazine), est différente, sous les effets conjugués du concert et des images mouvantes en fond de scène.

La musique et le disque ont été inspirés par le livre The Ruins of Detroit (Detroit, vestige du rêve américain, éditions Steidl) de Romain Meffre et Yves Marchand. Derrière les musiciens, sur deux panneaux disposés en trompe-l’œil, les images de la ville sinistrée défilent lentement. La musique mêle les différentes composantes de la production artistique de cette ville dans le hip hop, l’électro, et avant cela l’historique influence du label Motown de Berry Gordy, et peut-être même la violence pré-hard rock du groupe MC5 (Motor City Five). Autant dire que ça décoiffe, que ça déménage, et que ça décibèle très fort. Dans les premières minutes un excès d’infra-basse (le sub, les extrêmes graves du subwoofer pour ceux que le français indispose) rendait difficile une perception fine de la musique, qui pourtant le méritait. Mais très vite on est parvenu à un équilibre raisonnable : beau travail car ce type de musique dans ce genre de bâtiment n’est pas spécialement aisé à sonoriser. Musicalement, on circule entre toutes les musiques déjà citées et un jazz très ouvert, parfois lyrique, toujours percutant. Un solo de batterie très explosif me fait regretter les finesses poly-rythmiques d’un autre batteur, tout aussi explosif, quelques jours plus tôt à la Dynamo des Banlieues Bleues, dans le groupe de Laurent Bardainne, le sax qui officie ce soir. Mais après tout le solo est ‘raccord’ avec le climat sonore, et le groupe est d’une très belle qualité musicale. Le plus étonnant est que Sylvain Daniel n’est jamais allé à Detroit, et c’est peut-être parce que cette réalité est en partie fantasmée que l’imaginaire est si puissant.

Le projet a vu le jour dans le cadre de l’atelier de l’ONJ Fabric : l’Orchestre National de Jazz offre aux musiciens membres de l’orchestre la possibilité de développer leur travail personnel et d’éditer un disque. L’aspect visuel est une réussite : les images parlent éloquemment, leur mise en scène les magnifie, la musique s’appuie sur elles, sans se laisser étouffer, mais en leur laissant un plein espace d’expression. Donc ce concert multi-média est une vraie réussite ce qui, dans ce domaine, est relativement rare….

Xavier Prévost

 

Le projet sur le site de l’ONJ

http://www.onj.org/petites-formes/palimpseste/

Lien vers le livre d’Yves Marchand et Romain Meffre

http://www.marchandmeffre.com/detroit

 

 

Brève de jazz

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Cet été, Jazz Magazine est fier et heureux d’affirmer sa présence en kiosques avec un numéro exceptionnel de 150 pages....