Thierry Eliez, le groove et la vitalité

25 Mar 2019 #

Le Festival Jazz au Confluent de Conflans Sainte-Honorine a offert aux spectateurs d’Ile de France l’occasion -rare-d’écouter Thierry Eliez.

Thierry Eliez (piano), André Ceccarelli (batterie), Ivan Gélugne (basse), Conflans Sainte Honorine, Samedi 16 mars 2019

Il semble que toutes les phrases qui naissent sous les doigts de Thierry Eliez aient les hanches qui ondulent. Le jeu du pianiste se caractérise par sa vitalité, son exubérance, sa joie, et aussi quelques jardins secrets debussistes sur lesquels il ouvrira brièvement la porte pendant le concert. Avec sa main droite sur coussin d’air il est une sorte de fontaine à groove. Ce qui est très beau dans ce trio, c’est que l’exubérance de Thierry Eliez trouve son point d’équlibre et de compensation dans la sobriété d’André Ceccarelli.

 

Quelle merveille d’entendre jouer ce batteur! Il fait penser à un chat: tout en souplesse et patte de velours, et puis, tout-à-coup, crac, la griffure. C’est absolument délectable d’ouïr tout ce qu’il peut faire avec des balais. Son art des ponctuations. Et des enluminures. Il ne semble pas seulement au sommet de son art, mais au sommet de sa sagesse musicale. Un maître. Quant à Ivan Gélugne, à la basse, il fait beaucoup plus que d’arbitrer les débats. Il a une belle manière de faire enfler le son de sa contrebasse aux moments les plus opportuns. Les moments les plus inoubliables du concert restent néanmoins pour moi ces échanges entre André Ceccarelli et Thierry Eliez, on dirait une conversation de haute volée traversée d’éclats de rires musicaux. Et Frida, magnifique composition de Thierry Eliez, qui touche par son lyrisme.

 

L’association Jazz au Confluent (avec son nouveau président Jean Gaultier) a eu le nez creux en invitant le trio de Thierry Eliez comme point d’orgue du festival. De manière générale, la qualité et l’écléctisme de ce festival, qui réunissant tous les styles et toutes les générations, apparaît comme un compromis idéal. Et comme cette association de bénévoles fait un travail de terrain (et de fourmi) pour faire connaître et aimer le jazz hors des sentiers battus, par exemple au collège, cela méritait d’être souligné, et salué.

Texte: JF Mondot
Dessins: Annie-Claire Alvoët (autres dessins, peintures, gravures à découvrir sur son site: www.annie-claire.com)

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20221101 - N° 754 - 84 pages

Un piano, une contrebasse, une batterie : c’est la formule magique qui unit depuis des décennies les meilleurs solistes de...